01/01/2026
L’Eternel transcende le temps

Au seuil de l’an nouveau, je vous propose de méditer ce passage d'un livre du théologien Louis Bouyer :
<< L’amour divin, christique, immolé, seul plus fort que la mort, se saisit de cet autre amour – qui, par la convoitise, ne tendait qu'à la mort – pour le rectifier, le refondre... A la place du cycle, de l'éternel retour de la mort incluse dans la vie naturelle et de ses sempiternelles renaissances, voici l'une fois pour toutes de l'intervention divine. Par la descente de la grâce de l'éternel dans notre temporalité enclose s'accomplit notre passage définitif à l'immortalité, à une participation à la propre vie du Dieu transcendant.
Comme Tolkien l'a très bien vu et dit, il devait s'ensuivre une reprise et une réanimation des figures mythiques. C'est ce que nous voyons par excellence dans la Quête du Graal. S'emparant de personnalités humaines, de leurs destins jugés exemplaires, dans le roman chrétien le mythe refait surface. Mais ce n'est plus pour figurer l'éternel retour, l'Odyssée de ces dieux naturels, dieux tombés qui ne se relèvent que pour retomber à nouveau... Il narre maintenant notre Enéide spirituelle : la transplantation finale de l'homme déchu en ce foyer surnaturel de la maison céleste, où le Père à jamais l'attend, d'où le Fils est venu le chercher et où l'Esprit, avec le Fils, dans le Fils, le ramènera. >>

Louis Bouyer, Les lieux magiques de la légende du Graal (de Brocéliande à Avalon : l'imaginaire médiéval), OEIL 1986.
12:57 Publié dans Idées, Témoignage évangélique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvel an


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