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25/03/2026

Référendum en Italie: c'est aussi un "non" populaire à la trumpolâtrie de Giorgia Meloni

meloni,trump

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Les sondages sont clairs : en perdant son référendum de réforme constitutionnelle, Mme Meloni a aussi payé le désaveu populaire (de droite à gauche) que lui vaut sa soumission transatlantique à Donald Trump.


Pendant que se déroule l'invraisemblable guerre d'Iran, Giorgia Meloni a raté une réforme de la justice italienne. Son référendum visait : 1. à séparer les carrières des juges et des procureurs, 2. à scinder le Conseil supérieur de la magistrature en deux organes distincts et à désigner leurs membres par tirage au sort. Cette réforme ne voulait que dégager les tribunaux de l'emprise d'un certain courant politique : emprise presque aussi lourde en Italie qu'en France. Ce n'était pas un coup d'Etat. Et les Italiens ont dit non. On se souvient que Matteo Renzi, en 2016, avait lui aussi perdu un référendum de réforme constitutionnelle ; après quoi il avait démissionné, ce que Mme Meloni n'a pas l'intention de faire.

Cela dit, elle devrait réfléchir. Le non des Italiens au référendum ne vise pas seulement le projet de réforme judiciaire. Il vise quelque chose de plus fondamental : la posture de Mme Meloni envers Donald Trump, que beaucoup d'Italiens réprouvent et jugent humiliante pour leur pays tout entier. Ils n'apprécient pas que leur gouvernement soit soumis à l'Ubu de la Maison Blanche. Selon les derniers sondages,  les deux tiers des Italiens s'opposent à la guerre d'Iran. La cote de Trump s'effondre dans la péninsule. Au sein du parti de Mme Meloni (Fratelli d'Italia), seuls 35 % croient encore que Trump "rend le monde plus sûr". Même chez les électeurs du centre-droit (Forza Italia), 78 % jugent que la vassalité de Mme Meloni envers Trump est néfaste pour l'Italie – et 76 % des Italiens en général estiment que la présidente du Conseil devrait être "plus critique" envers Washington.

Ces événements italiens devraient achever d'instruire l'opinion française. En particulier les milieux conservateurs... Depuis janvier 2025, ces derniers s'étaient imaginé que "l'Occident" allait se lancer dans une croisade, mi-turbocapitalisme mi-Manif pour tous, sous l'égide de l'homme aux cheveux orange avec sa ligue de financiers mégalomanes, de technoïdes accélérationnistes et d'influenceurs analphabètes. Mais Donald Trump n'a en vue que sa propre gloriole et l'accumulation de capitaux dans son clan. Il se sert des conservateurs sans partager leurs principes. En le prenant pour suzerain, les conservateurs se sont déshonorés... Quant aux "nationalistes" du Vieux Continent, leur situation n'est pas meilleure : en 2025 ils se sont inféodés à un potentat qui allait s'essuyer les pieds sur les Vingt-Sept. De cette allégeance ils n'arrivent pas à se laver, tant elle témoigne contre eux.  Et elle fournit à leurs adversaires de gauche une cible idéologique ("l'internationale réactionnaire transatlantique") sans matière réelle mais de grosse apparence ; Le Monde en parle tous les jours. Cet épouvantail rendra de grands services au "camp progressiste" durant la campagne présidentielle.
Voilà ce qui apparaît en filigrane dans le référendum perdu de Giorgia Meloni.

 

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19:18 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : meloni, trump

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