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16/03/2020

Le virus nous force à renouer avec la vie intérieure

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19:57 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : coronavirus

Commentaires

> Il manque "priez" dans la liste... Mais appliquant le second conseil sur ma volumineuse pile de lecture, j'ai achevé cet après-midi le bouquin de Velibor Čolić, "Jésus et Tito" (Gaïa, 2010).
Au fil des pages de ce savoureux récit autobiographique, je tombe sur la très belle prière à Marie pour les malades :

Soyez au chevet de tous les malades du monde,
De ceux qui, à cette heure, ont perdu connaissance et vont mourir,
De ceux qui viennent de commencer leur agonie,
De ceux qui ont abandonné tout espoir de guérison,
De ceux qui crient et pleurent de douleur,
De ceux qui ne parviennent pas à se soigner faute d’argent,
De ceux qui voudraient tant marcher et demeurent immobiles,
De ceux qui voudraient se coucher et que la misère force à travailler,
De ceux qui cherchent en vain dans leur lit une position moins douloureuse,
De ceux que torturent les soucis d’une famille en détresse,
De ceux qui doivent renoncer à leur plus cher projet d’avenir,
De ceux, surtout, qui ne croient pas à une vie meilleure,
De ceux qui se révoltent et maudissent Dieu,
De ceux qui ne savent pas que le Christ,
douloureusement délaissé sur la Croix,
a souffert comme eux et pour eux.

Amen.
______

Écrit par : Valérien Kempf / | 16/03/2020

AU TEMPS

> Au temps pour moi… Le chef de l'Etat compte sur ma bonne volonté, ma discipline et mon honnêteté morale et intellectuelle plus que sur les mesures de coercition, contrairement aux rumeurs qui couraient… Ce mardi à midi, si je vais courir dans la prairie de notre domaine résidentiel en solitaire et fais une incursion dans le bois voisin, rien ne s'y opposera. Bon, il y a aussi les courses à faire, les magasins d'alimentation sont bondés et en rupture de pas mal de produits de base. C'est à leurs portes que devraient s'installer vigiles ou policiers, pour organiser le défilé des consom'acteurs, faire respecter les distances, bref garantir les nouvelles mœurs coronavirusiennes. Mais bizarrement, ce n'est pas prévu.
Finalement, le discours de la méthode Coué que nous a servi le président Macron me convainc d'une chose : la stratégie que j'ai décrite comme celle de "la part du feu" dans un précédent post est toujours en œuvre dans notre douce France.
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Écrit par : Denis / | 16/03/2020

COMME EN AMAZONIE

> Nous passons en effet à la partie "travaux pratiques" du synode sur l'Amazonie : certains de nos frères et soeurs amazoniens ne communient au Corps du Christ qu'une fois par an et, dans l'intervalle, vivent leur foi d'une autre manière : nous partageons cette situation de manière inattendue. Le désert est toujours une expérience de proximité avec le Créateur, donc avançons en confiance : Il est là, à nos côtés, dans le quotidien de nos existences.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 17/03/2020

JOUR DU SEIGNEUR

> En plus, nous avons eu la messe des dominicains sur fr2 extraordinairement prenante. Merci à eux.
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Écrit par : jean-michel / | 17/03/2020

AFFICHE

> Belle affiche semblant inverser une soif de vitesse et d'espaces très datée (en 1930 on eût sans doute vu passer un train massif à côté de la maison). Oui, c'est peut-être aussi l'occasion de réfléchir à ce que la modernité a de daté.
Celle de prier aussi, "dans [la] pièce la plus retirée" : nous sommes vraiment en Carême.
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Écrit par : Sven Laval / | 17/03/2020

BUZYN

> https://www.lepoint.fr/invites-du-point/michele-cotta/cotta-la-honteuse-confession-d-agnes-buzyn-17-03-2020-2367574_1595.php

Michèle Cotta trouve "honteuse" la confession de Mme Buzyn, "inadmissible" son attitude. C'est le propos de Mme Cotta qui est choquant : l'hématologue a reçu ordre de l'Élysée de remplacer Griveaux au pied levé, alors qu'elle était en charge de la préparation de la lutte contre le coronavirus et des dossiers sociaux. Fatiguée et sans doute désorientée, elle mène campagne à Paris de manière honorable dans les circonstances que l'on connaît. Mme Buzyn s'effondre en larmes après le premier tour : épuisement bien compréhensible et désolation devant une épidémie qu'en ministre de la Santé fraîchement destituée, elle constate en y projetant sans doute une part d'elle-même.
Mme Cotta s'émeut que cette honnêteté puisse nuire à MM. Macron et Philippe, soit : point de vue peu étonnant de la part du 'Point'. Un peu d'humanité, dans ce temps de crise, serait pourtant le bienvenu.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 18/03/2020

"UN DIEU POUR VOUS FAIRE TENIR"

> La vie intérieure? Connais pas.
Macron a bien fait de confiner tout-le-monde. Mais ce n'est pas ça qui me fera entrer dans le silence et la contemplation ces jours-ci.
Avec trois gosses de zéro à quatre ans, le confinement s'apparente à un nouveau Verdun pour moi. Et heureusement que j'ai un jardin sinon la situation serait pire. Avec ma femme, nous sommes contraints au télétravail et nos deux boulots sont tous les deux dans l'urgence absolue au point de nous solliciter toute la journée.
Le Coronavirus a réussi à ralentir l'activité économique, clouer beaucoup (hélas pas tous, certaines compagnies préférant voler à vide) d'avions au sol et arrêter de nombreuses industries polluantes. C'est sans doute un mal pour un bien. Et s'il a pu permettre à certains de rentrer dans l'intériorité de l'âme, que gloire soit rendue à Dieu. Mais pour les gens dans mon cas, la mystique du confinement, c'est des bagarres entre gamins qui sautent sur le canapé, gribouillent dessus, pleurent et réclament une attention sans interruption, y compris lorsque je suis avec les collègues au téléphone. Et bien sûr, du retard lourd de conséquence dans le boulot.
Soutien à ceux qui se reconnaissent. Un conseil, commencez la journée par louer parce qu'il faut un Dieu pour vous faire tenir jusqu'au coucher du soleil.
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Écrit par : Cyril B / | 18/03/2020

à Cyril B.

> "Commencez la journée par louer parce qu'il faut un Dieu pour vous faire tenir jusqu'au coucher du soleil..."
Mais c'est ça justement la vie intérieure.
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Écrit par : Aline Oberdorff / | 19/03/2020

EN CHINE

> https://www.europe1.fr/international/coronavirus-hausse-des-demandes-de-divorce-apres-les-levees-de-confinement-en-chine-3956154
En Chine, l'état-civil a été pris d'assaut dès la levée du confinement par des couples demandant le divorce : vivre en vase clos 24 heures sur 24, cela peut effectivement devenir insupportable.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 19/03/2020

UNE MAGNIFIQUE MÉDITATION

> Ecrit par l'abbé Pierre Alain Lejeune prêtre à Bordeaux
https://pierrealainlejeune.wixsite.com/monblog/single-post-mfhkg/2020/03/22/Et-apr%C3%A8s-

Texte du P. Lejeune :

" Et tout s’est arrêté…
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?
Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.
Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.
Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.
Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.
Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.
Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.
Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.
Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.
Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.
Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique.
Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse.
Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot. "

[fin du texte du P. Lejeune]
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Écrit par : E Levavasseur / | 26/03/2020

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