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14/03/2019

Edouard Philippe se prend les pieds dans le tapis

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Voulant justifier la vente d'Aéroports de Paris, le Premier ministre commet l'incroyable faute de déprécier – devant l'Assemblée nationale – leur gestion et leur rentabilité ! Soi-disant "spécialistes des marchés" (élus pour ça par une bourgeoisie moutonnière), ces macronistes sont de dangereux amateurs... mais finiront par vendre le château de Versailles si on ne les en empêche pas : 


 

 

Hier après-midi devant les députés, un Edouard Philippe plus mal à l'aise encore que d'habitude entreprend de plaider pour la privatisation (contestée) d'Aéroports de Paris. A la stupeur de l'auditoire tous partis confondus, il commence par jeter le discrédit sur "la façon dont fonctionne aujourd'hui" cette entreprise. Puis il met en doute son avenir financier : "Le rendement d'une action peut diminuer à la suite d'un risque ou d'une mauvaise gestion..."

Commentaire indigné du Monde (15/03) : "Qu'un Premier ministre critique publiquement un fleuron national est déjà surprenant. Mais qu'il dénigre une grande entreprise et évoque une probable baisse de ses profits au moment où! il veut la céder au meilleur prix, voilà qui laisse rêveur."

Rêveur est le mot. M. Philippe est lourd mais pas niais. "Voici le Premier ministre qui s'évertue à dépeindre ADP comme une entreprise fragile, mal gérée, dont l'Etat serait un actionnaire défaillant..." (Le Monde 15/03). Ses paroles devant les députés tournent trop visiblement le dos aux règles élémentaires des négociations, au moment où l'exécutif – Macron, Le Maire, Philippe – engage une négociation prétendument nécessaire... Si c'est une maladresse de la part du Premier ministre, elle est d'un tel calibre que son auteur ferait mieux de rentrer au Havre. Si c'est autre chose qu'une maladresse, on aimerait savoir quoi.

Quels sont les malveillants qui craignent autre chose qu'une simple maladresse ?  Des élus... macronistes ! Le désarroi monte... Cité par Le Monde, "un député influent de la majorité" va jusqu'à échafauder cette hypothèse qui fera hurler M. Castaner au complotisme : "J'ai l'impression que l'Etat ne va pas faire une bonne affaire. Si on voulait entériner l'idée que cette opération est dictée par Rothschild ou Lazard plutôt que par l'intérêt public, on ne s'y prendrait pas autrement."

Mais bien entendu aussi des élus LFI, tel M. Ruffin : "Combien de fois Vinci a rendu visite au président Macron ? Combien de fois pour qu'on en soit aujourd'hui à décider la privatisation d'ADP ?"

Cette affaire ramène le pouvoir à son image de "régime des gros intérêts privés",  au moment où l'Elysée doit réaliser la phase dangereuse du 'grand débat national' : substituer ses propres pistes aux desiderata réels de centaines de milliers de Français. C'est surréaliste. Le macronisme semble incurable.

 

 

 

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19:12 Publié dans Idées, Macron | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

POURQUOI

> Je ne sais pas à quel point ça relève de la parano, mais j'ai de plus en plus l'impression que ce don de CDG à Vinci explique pourquoi E. Macron était près à abandonner NDDL: il y avait un plus gros prix à gagner...
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Écrit par : Mori / | 14/03/2019

HOULA

> Ce député influent de LREM qui ose dire que "cette opération est dictée par Rothschild ou Lazard plutôt que par l'intérêt public", va sûrement finir en prison pour antisémitisme-nauséabond-des-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire...
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Écrit par : Alex / | 14/03/2019

SORT

> Le château de Versailles ? Qui sait... C'est le sort que réserva l'État au Haut-Koenigsbourg, cédé au département du Bas-Rhin il y a quelques années.

PV


[ PP à PV – Entre les mains de l'Etat il aurait fini par présenter les oeuvres de Koons. Souvenons-nous par ailleurs que le HK, pour bien situé qu'il soit, n'est un édifice kitsch wilhelmien... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 15/03/2019

LES BANQUES

> https://www.la-croix.com/Economie/France/banques-europeennes-souhaitent-deplafonner-bonus-2019-03-13-1201008523?from_univers=lacroix

On fait comme si la crise de 2008 n'avait pas eu lieu : le casino spéculatif, c'est tellement bien, quand il y a des profits on s'en met plein les poches, quand il y a des pertes on envoie la facture au contribuable.
J'ose espérer que M. Juncker, ancien premier ministre d'un pays hautement vertueux en la matière, saura leur opposer une fin de non recevoir !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 15/03/2019

BANQUE

> Entendu tout à l'heure à la radio un slogan des lycéens :
"Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé depuis longtemps".
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Écrit par : Yvan / | 15/03/2019

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