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20/08/2018

La "Lettre du pape François au peuple de Dieu"

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"Je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées..." :

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LETTRE DU PAPE FRANÇOIS
AU PEUPLE DE DIEU

 

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26). Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

1. Si un membre souffre

Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de « prescription ». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides » (Lc 1, 51-53) ; et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.

Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. Je fais miennes les paroles de l’alors cardinal Ratzinger lorsque, durant le Chemin de Croix écrit pour le Vendredi Saint de 2005, il s’unit au cri de douleur de tant de victimes en disant avec force : « Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! […] La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25) » (Neuvième Station).

2. Tous les membres souffrent avec lui

L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur (Cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.228). Cette solidarité à son tour exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, « car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque "Satan lui-même se déguise en ange de lumière" (2Co 11,14) » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.165). L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » (Gn 4,9).

Je suis conscient de l’effort et du travail réalisés en différentes parties du monde pour garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité des mineurs et des adultes vulnérables, ainsi que de la mise en œuvre de la tolérance zéro et des façons de rendre compte de la part de tous ceux qui commettent ou dissimulent ces délits. Nous avons tardé dans l’application de ces mesures et sanctions si nécessaires, mais j’ai la conviction qu’elles aideront à garantir une plus grande culture de la protection pour le présent et l’avenir.

Conjointement à ces efforts, il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur. Ainsi saint Jean-Paul II se plaisait à dire : « Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s'identifier » (Lett. ap. Novo Millenio Ineunte, n.49). Apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur, à être là où le Seigneur désire que nous soyons, à convertir notre cœur en sa présence. Pour cela, la prière et la pénitence nous aideront. J’invite tout le saint peuple fidèle de Dieu à l’exercice pénitentiel de la prière et du jeûne, conformément au commandement du Seigneur[1], pour réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement en faveur d’une culture de la protection et du « jamais plus » à tout type et forme d’abus.

Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie [2].

Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple »[3]. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, « dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine : Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.6). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur. Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Evangile. Car « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui » (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.11).

Il est essentiel que, comme Eglise, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.

En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.

De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Conc. Oecum. Vat.II, Lumen Gentium, n.1).

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui », nous disait saint Paul. Au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation. Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son côté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il est nous bon «de donner plus de temps à la prière » (S. Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319), cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Eglise. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.

Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage.

Du Vatican, le 20 août 2018.

François

 

 



[1] « Mais cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et par le jeûne » (Mt 17,21).

[2] Cf. Lettre au peuple de Dieu en marche au Chili, 31 mai 2018.

[3] Lettre au cardinal Marc Ouellet, président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, 19 mars 2016.

 

 

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Commentaires

LE POINT SUR L'ACCUEIL

> Sur les réseaux sociaux cette lettre du pape fait depuis hier un bruit considérable.
Deux tendances dans les réactions :

► Il y a les réactions de "déçus", qui attendaient que le pape "fasse des annonces concrètes". Mais pourquoi aurait-il ré-annoncé ce que lui-même et avant lui Benoît XVI avaient déjà annoncé : tolérance zéro et signalement immédiat du criminel à la justice, par l'évêque ?
Si des évêques persistent à ne pas appliquer cette directive, François a montré cette année ce qui va leur arriver : la plus honteuse destitution. C'est une première dans l'histoire de l'Eglise.
Dans la lettre du pape, la dénonciation de la "complicité" est violente et désigne de toute évidence des évêques. Pas besoin de faire plus et de généraliser en disant "les évêques", comme si tous étaient fautifs : ce qui serait d'une injustice grave !

► Il y a par ailleurs les réactions de ceux qui entrent dans la démarche du pape, qui est de mobiliser la "base mondiale" du peuple chrétien face à des élites ecclésiastiques corrompues [*]. Quand on connaît l'Eglise catholique, cet appel est révolutionnaire. C'est une autre première dans l'histoire de l'Eglise. Et l'appel à la prière et au jeûne n'est pas moins révolutionnaire dans ce contexte, même s'il fait ricaner ceux qui ne croient pas aux énergies spirituelles ! Nous jeûnerons demain mercredi pour que notre Eglise trouve les ressources spirituelles de se réformer radicalement.


[*] A ce propos, il va falloir apurer la situation des hauts dignitaires du Vatican qui ont torpillé la commission laïque sur la pédophilie, acculant ses membres à la démission navrée. Comme par hasard, ces hauts responsables sont AUSSI les parrains-prélats de l'opposition réac à la ligne François... Car tout est lié.
______

Écrit par : PP / | 21/08/2018

DISCUSSION

> https://www.irishtimes.com/news/social-affairs/religion-and-beliefs/widespread-disappointment-over-letter-from-pope-francis-on-abuse-issue-1.3602479?mode=amp

À noter, dans la presse irlandaise de ce jour, que la lettre pontificale sur les abus dans l'Église est loin de faire l'unanimité. On y salue davantage les propos de Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, qui propose un plan d'action ; Marie Collins ne voit dans le document papal qu'une énième déclaration de repentance sans annonce concrète. Selon Mgr Martin, la commission pontificale de lutte contre les abus est bien trop petite, elle ne peut pas "mettre ses crocs là où elle le devrait"... en convoquant le cardinal Wuerl, par exemple, mentionné à plusieurs reprises dans le rapport de Pennsylvanie. Au pape François, à présent, de joindre à ses (réconfortantes) paroles les actes forts que tout le monde attend.

PV


[ PP à PV - Si certains espèrent que le pape va annoncer la suppression du sacerdoce et de l'épiscopat, ils seront nécessairement déçus. Ne faisons pas chorus avec trois éditorialistes dublinois dont l'arrière-pensée est d'hostilité au catholicisme en soi, donc au sacerdoce, etc.
En revanche, militons à l'appel de François (et ça inclut la prière et le jeûne de demain 22 août, fête mariale) pour que notre Eglise trouve les ressources spirituelles de s'extirper de l'impasse conservatrice et se réformer radicalement dans le sens christique de l'Evangile. Pas dans l'alignement sur les moeurs de l'époque, vertueuses comme chacun sait !
Mais certains voudraient que le "changement" de l'Eglise consiste à ce qu'elle disparaisse. C'est un point de vue. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/08/2018

MISÉRICORDE

> Cette lettre est le document qui manquait pour nous accompagner lors de l'année de la miséricorde il y a deux ans. Dommage qu'elle n'ait pas été écrite et publiée cette année là pour éclairer les consciences et donner des éléments importants pour le discernement...
______

Écrit par : B.H. / | 21/08/2018

PAS D'ACCORD

> Il faut reconnaître que le point de vue du pape François dans ce texte a quelque chose d’inconsistant et d’irénique, notamment lorsqu’il écrit : « les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de “prescription” »…
Ce que dit ici le pape, il me semble que nous le savons tous ; je le sais, moi, personnellement, par intuition, depuis toujours. Je le sais d’autant mieux que je connais les dégâts causés dans les familles par les abus sexuels parfois commis entre enfants. Imaginez deux jeunes frères de 10 et 13 ans abusant de leur cousin germain de 9 ans ! Puis exigeant l’omerta. Constatez combien la victime a souffert de cet épisode, tu pendant quinze ans. Découvrez combien les agresseurs ont pâti eux-mêmes, en grandissant, de leur faute, allant jusqu’à développer des stratégies pour discréditer à jamais la victime et sa famille – assimilées à de sales cathos intégristes et nécessairement homophobes…
Bref, à mes yeux, ce propos du pape, s’agissant d’abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants et adolescents, qui considère que nous sommes « obligés » de « condamner avec force ces atrocités » parce que « les blessures infligées ne disparaissent jamais » tombe complètement à plat.
Les crimes pédophiles n’appellent qu’un seul commentaire : « Vade retro Satanas ! » Et l’expulsion systématique, hors de l’Eglise hiérarchique, de leurs auteurs.

Denis


[ PP à Denis :
- Je ne suis pas du tout d'accord. Non seulement le propos du pape ne tombe pas à plat, mais il prend la question à son exact niveau de profondeur. Il s'agit de mobiliser le peuple catholique mondial pour qu'il exerce "une saine pression" (cf. 'Laudato Si') sur des élites corrompues, nettement désignées dans la lettre. La prière et le jeûne font partie de cette mobilisation, dont ils sont l'ancrage mystique. Participons tous au jeûne demain 22 août,
fête mariale. Et marchons avec le pape.
- Quant aux sanctions tranchantes, pourquoi la lettre les aurait-il ré-annoncées puisqu'elles sont édictées depuis Benoît XVI et confirmées par François ? et qu'on l'a vu cette année démissionner en bloc un épiscopat, puis saquer un cardinal (en attendant le suivant) ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 21/08/2018

DISCUSSION

> Nous ne sommes pas d’accord, Patrice – pour une fois – et j’ai sans doute le tort de faire une fixette sur une phrase de la lettre de François, alors que j’adhère à tout le reste de son texte.
Mais, précisément : depuis quand le pape a-t-il besoin de la justice des hommes pour éclairer sa lanterne sur des questions morales aussi évidentes – sauf à vouloir se justifier en l'occurrence d'une trop longue inaction. Soupçon, quand tu nous tiens…
J’en suis donc désolé, mais je le répète : considérer que l’Eglise est « obligée » de « condamner avec force ces atrocités » parce que « les blessures infligées ne disparaissent jamais », comme l’ont montré les enquêtes menées en Pennsylvanie, est de la part du souverain pontife (que j’apprécie beaucoup et pour lequel je prie tous les jours) d’une grande maladresse.

Denis

[ PP à Denis :
- Mais la mobilisation à laquelle il appelle ne concerne pas "la justice des hommes" : elle concerne le peuple catholique mondial, les fidèles de base. Si nous n'aidons pas le pape à débloquer la situation dans l'Eglise, c'est-à-dire si nous n'exerçons pas "une saine pression" sur de grands notables réticents, nous laissons François seul, encerclé dans la situation qui a amené par exemple le sabordage de la commission pédophilie au Vatican (sous la pression du cardinal Müller et autres bergogliophobes). Je n'hésite donc pas quant à moi à répondre à son appel.
- D'autre part : je ne vois aucune maladresse dans la réaffirmation de la solidarité du pape avec les victimes, et de l'incomparable atrocité du crime. Je peux vous dire que les gens avec lesquels j'en parle (nullement croyants) approuvent le langage du pape sur ce point. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 21/08/2018

@ PP

> Malheureusement, le problème ne se limite pas aux prélats "conservateurs". Voir ce nouveau cardinal mexicain crée en juin dernier par François (?!?) qui invite à la prudence... les accusateurs de prêtres car ils pourraient avoir des squelettes dans leur placard...
https://cruxnow.com/church-in-the-americas/2018/08/21/mexican-cardinal-says-abuse-victims-should-think-about-skeletons-in-their-own-closet/
Alors oui, il faut jeûner et prier car le problème est généralisé et ne semble pas connaître de frontière "idéologique". Pour ma part, je prierai pour que la justice séculière impose du « dehors » les réformes que l’Église est incapable de générer du « dedans », à la manière de la purification d’Israël dans l’Ancien Testament. Une telle médecine comportera son lot d’injustices (comme les pressions indues déjà exercées pour mettre fin au secret de la confession), mais Jésus nous indique clairement que les persécutions sont moins graves que la séduction.

François Sarrazin


[ PP à FS :
- Je n'ai surtout pas dit que le problème "se limlitait" à tel ou tel milieu. J'ai au contraire toujours dit qu'il sévissait autant chez les conservateurs que chez les progressistes, s'il faut employer ce genre d'étiquettes... En tout cas, le scandale du sabordage de la commission vaticane est clairement imputé par les laïcs démissionnaires - dont Mme Collins - au cardinal Müller ; lequel se trouve être le chef de file de l'opposition (conservatrice) au pape. C'est un fait avéré.
- Sur la formule du cardinal mexicain : encore faudrait-il savoir à quoi elle fait allusion. Peut-être n'est-elle pas dépourvue de sens ? Le Mexique fut longtemps un pays de corruption cléricale, comme le soulignait Bernanos dans 'Les Grands Cimetières sous la lune' et Graham Greene dans 'La puissance et la gloire'. Et la monstrueuse affaire Maciel est encore récente... ]

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Écrit par : François Sarrazin / | 21/08/2018

QUE FAIRE

> https://www.change.org/p/appel-d-un-pr%C3%AAtre-au-cardinal-barbarin-pour-qu-il-prenne-ses-responsabilit%C3%A9s-et-donne-sa-d%C3%A9mission-suite-%C3%A0-l-appel-du-pape-fran%C3%A7ois-invitant-les-catholiques-%C3%A0-r%C3%A9agir
Dans le sillage de la lettre du pape François, un prêtre du diocèse de Valence prend sa plume et appelle ouvertement à la démission du cardinal Barbarin, avant que 'La parole libérée' ne fasse circuler une pétition sur le même sujet.
Démarche à mon sens excessive et agressive, sinon choquante : on n'accule pas quelqu'un à la démission en l'assaillant par voie médiatique. Le pape n'a jamais appelé à une chasse aux sorcières.
Un point de la lettre m'interloque cependant : le père Preynat serait-il toujours prêtre en activité ? N'aurait-il, à ce jour, reçu aucune condamnation ? Si c'est le cas, c'est inacceptable. Jeûnons aujourd'hui pour le bien de l'Église !
PV

[ PP à PV - "Saine pression" ne veut évidemment pas dire "chasse aux sorcières" et maccarthysme, mais veut dire (entre autres) présence insistante autour des autorités ecclésiastiques là où c'est nécessaire. A chacun de discerner ce qu'il doit faire. Mais on ne peut plus compter les scandales en silence au nom du principe (détourné de son contexte) que "le bruit ne fait pas de bien"... ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/08/2018

HOMOSEXUALITÉ ET SÉMINAIRES

> Je me demandais si vous aviez un avis sur le point suivant soulevé par beaucoup (aux US notamment) à la lecture de ce texte : pourquoi n'est pas évoquée la question de la pratique de l'homosexualité chez les ministres ordonnés, et plus largement, l'abandon du vœu du chasteté et la tolérance qui l'a entouré ?
En effet, les affaires de ces derniers jours portent autant sur des climats de harcèlement sexuel dans certains séminaires, etc, que sur de la pédophilie ou des abus sexuels envers des laïcs.
Personnellement, je me demande ce qui peut évoluer en positif si l'on n'explicite pas cette question du renoncement au vœu de chasteté. C'est apparemment un peu différent de la question du "cléricalisme" qui est plus large, mais qui jette un peu un voile pudique sur tout cela.
Ce n'était peut-être pas l'occasion de l'évoquer (sans doute pas même), mais je ne sais pas si ces occasions existeront... Vu que jusque là, cela semble rester un tabou dans la communication publique de l'Église (après, je ne lis pas tout, donc j'espère que vous me contredirez !)
Merci pour votre travail et vos réflexions !

Pierre


[ PP à Pierre - On ne peut pas rabattre la question (criminologique) de la pédophilie sur la question (psychologique) de s tendances homosexuelles. A propos de l'homosexualité en soi, des instructions très radicales ont été données en novembre 2005. Le regretté Jean Mercier et Gianpaolo Pagni ont alors écrit ceci ('La Vie' 08/12/2005) :

« Rome a tranché : les candidats ayant des tendances homosexuelles fortes, même s'ils s'engagent à la chasteté, ne pourront plus être ordonnés prêtres. Une mesure sévère qui sème le trouble dans l'Église catholique.

L'événement est sans précédent dans l'histoire de l'Église. Le 29 novembre, le Vatican a publié une « instruction relative aux critères du discernement vocationnel au sujet des personnes ayant des tendances homosexuelles, en vue de leur admission au séminaire et aux ordres sacrés». Le texte, sans ambages, déclare que l'Église ne peut ordonner prêtres « ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées et soutiennent la prétendue culture gay». Il laisse la porte légèrement entrouverte s'il s'agit de «tendances homosexuelles qui sont seulement l'expression d'un problème transitoire, comme, par exemple, celle d'une adolescence non encore accomplie, et qui doivent être de toute façon clairement dépassées au moins trois années avant l'ordination diaconale », à savoir l'étape à laquelle le futur prêtre s'engage au célibat.
La mesure inaugure une situation toute nouvelle. Depuis longtemps, l'Église opère une distinction entre les « actes homosexuels », définis comme des péchés graves, et les «tendances» homosexuelles, qui ne sont pas peccamineuses en elles-mêmes. Il était donc possible, jusqu'ici, pour un homme d'orientation homosexuelle, de devenir prêtre puisqu'il s'engageait à une stricte chasteté. En l'occurrence, sa situation n'était pas différente de celle d'un prêtre hétérosexuel, qui doit également rester chaste. Désormais, un séminariste ressentant des tendances homosexuelles, même s'il estime pouvoir les maîtriser, ne pourra pas être ordonné. C'était déjà la disposition prise par les évêques français en 1998, dans un texte sur la formation du clergé :"Celui qui présente des tendances homosexuelles foncières a sa place dans les communautés chrétiennes, où il devra trouver accueil et respect. Mais il ne sera pas appelé au ministère ordonné", prévenaient-ils.
Le document qui vient de sortir de la Congrégation pour l'éducation catholique est bien plus radical. "Il ne faut pas négliger les conséquences négatives qui peuvent découler de l'ordination de personnes ayant des tendances homosexuelles profondément enracinées", affirme-t-il. Ces tendances sont "objectivement désordonnées et constituent souvent une épreuve", et le texte suggère qu'elles représentent un handicap pour la "maturité affective" et la "paternité spirituelle" nécessaires à la vocation presbytérale. [...]

Pourquoi le Vatican frappe-t-il si fort?

Ces dernières années, une série de scandales ont secoué l'institution.
En Pologne et outre-Atlantique, des évêques ont dû démissionner après divulgation de leurs liaisons avec des hommes.
Aux États-Unis, une inspection des séminaires a été déclenchée suite à des plaintes d'évêques dénonçant la prise de pouvoir d'une sous-culture gay dans de nombreux centres de formation, ce qui découragerait des hétérosexuels d'entrer dans les ordres. Le prêtre américain Donald Cozzens, auteur du best-seller 'Le Nouveau Visage des prêtres' (Bayard), estime que les homos trouvent dans la prêtrise la possibilité de vivre de manière discrète leur sexualité, latente ou révélée.
En Autriche, en 2004, le séminaire de Sankt Pölten ­pourtant ultraconservateur dans sa doctrine ­ a été fermé, après des révélations sur des relations entre le supérieur et ses séminaristes.
Ces nombreux dérapages ont accéléré la publication du texte du Vatican, en chantier depuis dix ans.
La réception du document romain provoque un choc auprès des «professionnels» des vocations, sur lesquels le texte fait porter une forte pression.
Il stipule en effet que l'évêque responsable du candidat, pour les prêtres diocésains, et le supérieur majeur pour les ordres religieux doivent, en cas de «doute sérieux» d'homosexualité enracinée, barrer la route de l'ordination. L'injonction la plus exigeante s'adresse au directeur spirituel du candidat. Bien que tenu au secret du for interne, il doit s'assurer que "le candidat ne présente pas de troubles sexuels incompatibles avec le sacerdoce". Le directeur et le confesseur d'un candidat montrant des tendances homosexuelles profondément enracinées "ont le devoir de le dissuader" de devenir prêtre.
Pour Mgr Hervé Giraud, en charge du dossier des prêtres au sein de l'épiscopat et ancien supérieur de séminaire, la situation sur le terrain est plus complexe : "Discerner une vocation, c'est très subtil. Il peut être discriminatoire d'arrêter quelqu'un sur le chemin de la prêtrise simplement parce qu'il se croit ou se dit homosexuel. Il est essentiel de ne pas enfermer quelqu'un dans l'image qu'il a de lui-même. L'Église n'a pas à juger les candidats sur leurs tendances sexuelles, mais sur leurs relations pastorales, sur leur maturité affective. Par ailleurs, notre but est que le candidat se sente responsable de sa vie, c'est lui qui est juge, en conscience."
En clair, le supérieur a le devoir de pousser un candidat à faire la clarté sur la question de l'homosexualité, mais pas le droit de l'exclure d'emblée.
Une position partagée par le père Pierre-Yves Pecqueux, supérieur du séminaire interdiocésain d'Orléans : "Exclure un candidat d'office parce qu'on apprend qu'il est homosexuel relèverait de la sanction. Je n'ai jamais eu à dire à un candidat qu'il devait renoncer en raison de son homosexualité. En revanche, j'ai le souvenir d'un garçon qui, suite à une invitation d'être au clair à ce sujet, a préféré arrêter."
Ce praticien est assez bouleversé : "Ce texte jette le soupçon sur nos institutions. Or, en France, il n'y a pas de sous-culture gay dans les séminaires. Ces mesures nouvelles ne vont pas contribuer à les remplir. Les séminaristes qui sont concernés par l'homosexualité se retrouvent d'un coup montrés du doigt. Cela ne va pas être facile pour eux de prendre une décision sur leur avenir si la dimension sexuelle de leur vocation est à ce point surévaluée. Nos gars ont entre 20 et 30ans, ils doivent se construire."
La mesure édictée par le Vatican ne concerne officiellement pas les prêtres déjà ordonnés. Mais, par le rejet catégorique d'intégrer au clergé ceux qui ont une orientation homosexuelle avérée, elle pose une question brûlante : est-il possible d'être un "bon" prêtre si l'on a en soi ces fameuses "tendances enracinées", tout en étant chaste, en se gardant non seulement de toute homosexualité active, mais aussi de toute militance au sein de la culture gay ?
Le père Jean Grelon, responsable du tribunal ecclésiastique au diocèse d'Angers (Maine-et-Loire), auteur d'une thèse 'Église et Homosexualité', pense qu' "on jette l'opprobre sur tous ces prêtres qui arrivent à être chastes en sublimant par leur vie spirituelle et pastorale. Ils ont un combat qui n'est pas différent de celui des prêtres concernés par l'hétérosexualité. Le problème se pose de la même manière."
Autre élément de trouble : l'instruction fait la différence entre les tendances "profondément enracinées" et les tendances qui "sont l'expression d'un problème transitoire". Mais elle n'explique pas ce qu'elles sont respectivement en termes clairs. L'existence de tendances liées à une adolescence mal réglée suggère que l'homosexualité peut être réversible dans certains cas, ce qui est loin de faire l'unanimité parmi les spécialistes.
Plus embarrassant encore, le document ne dit pas ce qui se passe pour les candidats qui se situent entre les tendances enracinées et les tendances superficielles. Comment placer le curseur, ces réalités étant fluctuantes et irrationnelles? Le directeur spirituel et le confesseur, à qui il revient de faire le discernement, sont-ils qualifiés, compétents ? Les séminaristes qui tiennent à leur vocation ne seront-ils pas tentés de cacher la vérité, voire de la refouler ? Autant de questions qui agitent désormais plus d'une âme parmi les déjà très rares candidats au ministère de prêtre.

"Moi, prêtre, homosexuel et chaste"

L'instruction venue de Rome jette le doute sur la capacité des prêtres ayant des tendances homosexuelles profondes à vivre leur ministère de façon équilibrée et saine. 'La Vie' a rencontré un prêtre qui souhaite garder l'anonymat. "Je m'insurge contre l'idée que l'on ne puisse pas être chaste et capable d'une pleine maturité affective parce que homosexuel. Moi, je suis chaste. J'ai fait le choix de ne pas avoir de double vie. C'est une question de cohérence, d'engagement dans la vérité, de fidélité. Il est possible d'être prêtre et de ne pas avoir de relations génitales, ce qui n'empêche pas de vivre des relations affectives fortes avec des hommes et des femmes. Il est possible de vivre la continence dans un équilibre global, grâce à l'enracinement, aux amitiés, à la priorité donnée au ministère, à la prière, à l'accompagnement spirituel. Tout cela n'est pas un long fleuve tranquille. J'ai souffert de la stigmatisation. J'ai pu m'en sortir le jour où j'en ai parlé dans un groupe de laïcs. J'ai été aidé par un accompagnateur spirituel, un vrai saint. Il m'a dit : 'Rends grâce pour ce que tu es. Sans cette écharde dans la chair, tu serais sans doute devenu un archiprêtre arriviste !' Sur ce chemin, j'ai beaucoup touché mes limites, mes fragilités, ce qui m'a appris à être au niveau de mes frères. Comme le disait Timothy Radcliffe dans 'La Vie', il y a quelques semaines, Dieu a appelé des homosexuels au ministère. Pourquoi ne se servirait-il pas d'eux dans son plan d'amour ?" »

(fin de la reproduction de l'article de Jean Mercier) ]
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Écrit par : Pierre M. / | 22/08/2018

à Denis et à Patrice :

> Sur la "saine pression" dont parle Patrice, souvenons-nous qu'il y a quelques mois à peine, le Saint-Père fut dupé dans l'affaire chilienne par un aréopage de prélats rétrogrades qui firent écran pour persuader le pape de l'absence de charges contre Mgr Barros. En janvier, le souverain pontife fustigeait la calomnie visant l'évêque chilien ; ce n'est qu'après avoir diligenté une enquête indépendante, qui a révélé la profondeur du mal et l'implication de Mgr Barros, qu'il exigea la démission de ce dernier. S'il n'y avait pas eu de "saine pression" (des victimes du père Karadima puis des journalistes, en l'occurrence), la duperie dont fut victime le pape n'aurait probablement pas été étalée au grand jour.
En France, la "saine pression" est exercée par les associations de victimes comme 'La parole libérée'. Je suis persuadé que la majorité de leurs membres ne cherchent pas à détruire l’Église mais à l'aider à se réformer. Beaucoup de leurs revendications sont justes : pourquoi par exemple le procès canonique du père Preynat est suspendu depuis maintenant un an, pourquoi les victimes n'ont pas accès aux dossiers impliquant les prêtres qui les ont agressées, pourquoi certains prélats ayant couvert (comme Barbarin, qui laissa Preynat en activité jusqu'en 2015) sont toujours à leur poste, etc. Comme le dit fort justement François Devaux : "C'est toujours la pression extérieure qui contraint l’Église à changer de position ! Sinon, il y a des mots, mais pas d'actes."
https://www.nouvelobs.com/societe/20180817.OBS0984/l-eglise-doit-ouvrir-ses-archives-secretes-sur-les-pedophiles.html
PV


[ PP à PV - Depuis la 'Lettre du pape François au peuple de Dieu', c'est de l'intérieur de l'Eglise (nous tous) que doit venir la "saine pression". Le pape nous y appelle explicitement. Le jeûne de ce mercredi pourrait la préfacer ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/08/2018

> https://www.nouvelobs.com/monde/20180821.OBS1095/pedophilie-le-pape-francois-veut-une-guerre-sans-quartier-contre-les-abus.html
Dans l'Obs d'aujourd'hui, cet intéressant entretien avec Alberto Melloni. Il parle fort justement des prêtres pédophiles comme de "violeurs en série déguisés en clergymen".
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/08/2018

CE QUI DÉRANGE

> Merci pour votre partage, c'est très intéressant !
Pour moi cela ne rejoint pas forcément la question de la tendance homosexuelle, notamment chez les candidats au sacerdoce. Je comprends le point de vue mesuré de l'article que vous citez.
Ce qui me dérange plutôt, ce sont les allégations selon lesquelles des supérieurs hiérarchiques ont pu pratiquer le harcèlement sexuel auprès de séminaristes, de laïcs majeurs, etc. Là, on ne parle pas du tout du discernement vocationnel, mais d'une "atmosphère" qui, au-delà de la question de l'homosexualité, est celle de la convoitise et des abus de pouvoir, de la violation de liberté. C'est important, je pense, de signifier que cela affecte les relations entre clercs, et envers aussi tous les laïcs, et non seulement envers les enfants.
C'est criminologique aussi, dès que l'on parle de harcèlement. Et cela pointe le fait qu'on ne peut se contenter de "diaboliser" des prêtres pédophiles pour laisser tout le reste se poursuivre, mais que c'est tout un continuum de déviance sexuelle dont il faut pouvoir s'affranchir... Et dans ce cas, cela devient plus difficile de dire simplement que des personnes souffrant de pathologies sexuelles se sont infiltrées dans les ordres pour accéder à un public sous influence. Car harceleur, on ne l'est pas forcément tout de suite, on le devient. Nous avons donc tous quelque chose à faire pour que telle personne fragile ne soit jamais amenée à le devenir.
Merci encore !
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Écrit par : Pierre M. / | 22/08/2018

FRANCE INFO ET FRANCE INTER

> J'ai supprimé la note d'hier qui reproduisait l'interview de Mgr Ribadeau-Dumas.
J'ai en effet été informé que ce texte, venu du site de France Info, était un conglomérat de citations toutes exactes mais mises bout à bout et accompagnées de "questions" rédigées après coup : ce qui déformait le sens de certains passages.
Enquête faite, le desk de France Info semble coutumier de ce procédé peu rigoureux.
Je veillerai désormais là-dessus.
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Écrit par : PP / | 23/08/2018

Cher PP,

> après la "sainte pression" du jeûne et la prière, comment pouvons-nous à notre niveau exercer cette "saine pression" dont vous nous parlez ?

AJ


[ PP à AJ - C'est à chacun d'en juger, là où il est et selon la situation. Mais il est indispensable de ne pas laisser seuls les responsables d'Eglise. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Anne Josnin | 23/08/2018

ENQUÊTES ET PROCÈS

> Dans le débat d’hier soir sur LCI, auquel, Patrice, vous participiez, j’ai été particulièrement sensible à l’intervention de Pierre-Emmanuel Germain-Thill (victime du père Preynat et membre de l'association La Parole libérée) qui mettait en cause la décision du diocèse de Lyon – et en fait de tous les diocèses, comme l’a indiqué le porte-parole des évêques, Vincent Neymon – d’arrêter les enquêtes et procès canoniques pour ne pas interférer avec les procédures judiciaires visant des prêtres pédophiles.
Est-il bon que l’Eglise s’incline systématiquement, en l’espèce, devant l’autorité civile, et se mette ainsi à la remorque de la justice des hommes, alors même que les jeunes victimes, souvent issues de familles chrétiennes, sont en attente d’une parole forte de l’Eglise sur ce qu’elles ont subi ?
Car que demandent les victimes, sinon que l’Eglise donne chair à la parole des Psaumes : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent » (Ps 84,10) !?…
Mais non, l’Eglise laisse à l’autorité civile, au pouvoir citoyen, le soin de nous éclairer sur tous ces points… N'y a-t-il pas là, de la part de l’institution Eglise, une forme de contre-témoignage ?

Denis


[ PP à Denis - Après l'émission, Vincent Neymon a donné à P.E. Germain-Thill un exemple tout récent : dans un diocèse du Midi (je ne le nomme pas) où deux affaires viennent d'apparaître, le procureur de la République a expressément demandé à l'évêque de ne pas bouger avant que l'enquête diligentée par le parquet soit complète.
Comment un évêque peut-il réagir à une demande aussi ferme de la part des pouvoirs publics ?
Deux possibilités :
- ou bien, comme le voudrait P.E. Germain-Thill, rejeter la demande du procureur comme contraire à la séparation de l'Eglise et de l'Etat ;
- ou bien accepter cette demande, eu égard au fait que seule l'enquête de justice peut établir la matérialité des faits d'une façon admissible par tous... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 23/08/2018

"DIGITUS IN OCULO"

> Silence frappant de la Manif pour tous, non sur les prêtres pédophiles qui ne sont pas de son domaine de préoccupations, mais sur la pédophilie en général.
Pour les "conservateurs", éviter ce sujet est d'ailleurs la même chose qu'éviter celui des prêtres pédophiles : fermer les yeux sur ce qui dérange le confort moral. Il est entendu une fois pour toutes que l'Eglise est une "société parfaite" (cathos restaurationnistes) ou que la famille est au dessus de tout soupçon (Manif pour tous).
Digitus in oculo !
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Écrit par : Jacques Hériau / | 23/08/2018

à Denis et Patrice :

> Il semble que l'État du Vatican observe lui-même cette règle du "pénal qui tient le canonique en l'état". On l'a vu tout récemment avec le procès pénal de Mgr Carlo Alberto Capella, ancien conseiller à la nonciature apostolique à Washington, qui fut condamné le 23 juin par le tribunal de l’État de la Cité du Vatican à cinq ans d'emprisonnement et 5 000 € d’amende pour « détention et échange de matériel pédopornographique ». Mgr Capella doit à présent subir un procès canonique à l'issue duquel il pourrait être réduit à l'état laïc. Le tribunal de l'État du Vatican relève de la "justice des hommes" : à elle le soin d'établir les faits, sans préjuger du traitement canonique ultérieur des affaires de pédophilie.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/08/2018

@ J Hériau,

> "la manif pour tous" c'était/c'est pour le mariage homme-femme et pour l'adoption par les couples homme-femme et donc contre le mariage homo et l'adoption homo.
Il est arrivé que des militants de LMPT parlent de pédophilie et aussitôt la manif pour tous a été accusée par les mouvements LGBT, ravis de la perche tendue, d'assimiler l'homosexualité au crime de pédophilie, d'inciter à la haine en raison des orientations sexuelles, de pratiquer l'amalgame, de surfer sur la fantasme, de répandre la haine par des propos nauséabonds, etc, etc.
D'ailleurs si un LGBT passait là, c'est aussitôt ce qu'il ferait avec votre commentaire :
"si quand on parle de pédophilie, on pense à une asso contre le mariage gay, c'est bien qu'on assimile homosexualité et pédophilie."
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Écrit par : E Levavasseur / | 23/08/2018

UN PRÊTRE...

> J'espère que cette lettre va crever l'abcès.
On atteint des degrés de stupidités & d'aveuglement rarement égalés : un prêtre soutient que "le célibat mal vécu de certains prêtres les entraînent à chercher des compensations, dt certaines, criminelles, du côté des mineurs."
(donc le coupable c'est le célibat, donc l'Eglise ?)
On lui fait alors remarquer que cela revient à assimiler le mariage et la femme à des dérivatifs pour pervers sexuels.
Il répond en disant qu'il n'a jamais dit une chose pareille et continue en disant que... certains prêtres ne seraient jamais devenus pervers s'ils avaient été mariés.
(donc oui il assimile la femme à une pâture servant à éviter de passer à l'acte !)
On lui répond que s'il ne le dit pas c'est qu'il ne réalise pas que c'est ce que signifie/entraîne son point de vue.
-que le fait que le célibat fasse passer quelqu'un à la pédérastie révèle surtout sa fragilité psy que le mariage n'aurait évidemment pas évitée !
-qu'une femme n'est pas un défouloir (pour éviter la perversité)
Résultat... il botte en touche ! "vous connaissez beaucoup de personnes sur terre qui n'ait pas au moins une petite fragilité psy?"
ah ben tout le monde a ses p'tites faiblesses mon pov' monsieur.
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Écrit par : E Levavasseur / | 23/08/2018

à E Levavasseur :

> Sur la question du célibat mal vécu et des "compensations", peut-être pourrait-on faire un rapprochement avec la marine : enfermés dans un séminaire ou sur un navire, des mois durant, entourés d'hommes, une homosexualité "du besoin" naîtrait alors chez certains. Lord Mountbatten appréciait ainsi beaucoup la compagnie de ses jeunes marins... Cela n'excuse rien en ce qui concerne les prêtres, mais cela peut peut-être constituer un début d'explication pour ceux d'entre eux incapables de maîtriser leurs pulsions.
Sur l'homosexualité dans la marine britannique :
http://www.liberation.fr/planete/2002/11/01/quand-l-homosexualite-des-marins-paniquait-la-royal-navy_420391
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/08/2018

à Denis :

> Sur le pénal qui tient le canonique en état :
https://www.la-croix.com/Religion/Pourquoi-justice-lEglise-passe-elle-justice-civile-2018-08-23-1200963540
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/08/2018

@ Philippe de Visieux,

> Oui et on a dit la même chose des collèges anglais.
Cela a été observé fréquemment dans les prisons : développement de la masturbation donc renfermement sur soi (psychologiquement favorisé par l'incarcération) qui mène à l'attirance pour ce qui est semblable, l'homophilie, elle-même facilitée par la proximité du fait que les hommes et les femmes sont enfermés chacun de leur côté, qui mène certains au passage à l'acte, l'homosexualité.
Mais il ne s'agit pas d'un milieu où règne la morale, ce n'est donc pas pertinent. De plus, on pourrait dire qu’un délinquant est quelqu’un a priori renfermé sur lui-même puisqu’il se passe des règles de la société (je ne parle pas de la personne qui, un jour, commet un dérapage).
Un presbytère n'est pas une prison mais un prêtre peut en effet, être très isolé.
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En revanche, on observe aussi de tels développements dans les sociétés "ultra-machistes" et/ou ultra-ségrégationnistes des sexes (Afghanistan par exemple mais aussi groupuscules extrémistes politiques)
Dans un schéma se voulant ultra viril, de fortes amitiés commencent à se développer qui mènent à des relations exclusives du fait de la ségrégation sexuelle ; la femme n'étant pas vue comme une égale mais comme un objet nécessaire à la reproduction et à la détente (désolé...).
Pardon pour les détails, mais à cela s'ajoute le fait que dans ces cultures, ce qui est déshonorant est surtout d'être "le passif", celui qui subit (les services de renseignement ont souvent observé que les djihadistes voulant faire un attentat-suicide, violent quelqu'un et le menacent de le dire à tout le monde. De peur de se voir déshonorée, elle et toute sa famille, la victime accepte de se faire exploser ce qui est aussi pour elle une manière d’en finir après un viol. Le djihadisme est satanique.)

Cependant ici on parle de pédophilie/pédérastie.
Attitude 100% antinaturelle (adulte/enfant) que la morale naturelle/universelle réprouve autant que l'inceste (Lévy-Strauss), et qui ne peut donc naître en quelques mois ou quelques années de solitude aussi dure soit-elle.
Il y avait un problème au départ que la solitude peut révéler mais comme 70% des cas ont lieu dans les familles : https://www.e-sante.fr/pedophilie-7-fois-sur-10-ca-se-passe-dans-famille-0800-05-1234/actualite/1217, la solitude n’est pas LE facteur.
L'attirance pour les enfants semble être le résultat d'une longue maturation intérieure depuis le début de l'existence, depuis l'enfance et cela dans un esprit fragilisé par un événement : viol, abandon...
Fruit d'une longue maturation intérieure, psychologique dans un esprit rendu malade, je ne pense pas que la pédophilie puisse donc être une "compensation" à une situation de solitude issue de facteurs extérieurs, matériels et/ou humains.
Je pense qu'il faut un rude choc psychologique, ancien et donc prégnant pour développer une telle perversion.

Elle était là et la personne en est consciente ou non, cherche à la rejeter ou non. Arrive à la rejeter ou pas (et là, on est dans le crime) ; se fait soigner ou pas (et dans ce cas il y a fort risque de dépression avec possible passage à l'acte pour sortir de l'état dépressif ?).
Je pense que pour eux, se marier, devenir prêtre, prof, moniteur de sport, etc. sont des tactiques, plus ou moins conscientes, soit pour échapper à la tendance, soit pour s’approcher d’enfants. Ce sont des moyens.
Je ne pense pas qu’il y ait plus de pédophiles qu’avant ; avant 1948, dans les bordels, il y avait toujours des prostituées habillées en petites filles.

En général, il y a une nébuleuse d’explications à un comportement ; chez un pédophile il y a souvent eu viol ou attouchement dans son enfance**.
1/il en retire une horreur plus ou moins consciente des adultes et donc par défaut une attirance pour les enfants (eux ne lui feront pas de mal ; s’il passe à l’acte, il leur en fait mais les voit-il comme des humains ? ) 2/ il reproduit ce qu’il a vécu (=passage à l’acte=criminel) 3/ plus ou moins consciemment, pour se rassurer, il cherche à minimiser ce qu’il a vécu en le banalisant : il va faire la même chose pour le noyer dans la masse (=passage à l’acte=criminel) 4 / réaction du « même pas mal » comme un défi lancé aux adultes (=passage à l’acte=criminel)

Je pense donc que le travail est un travail de repérage psychologique TRES en amont
-Repérer les profils faibles (= pas passés à l’acte mais présentant une philie), les faire accompagner & les orienter de toute manière vers quelque chose où ils n’auront aucun contact avec les enfants : risque zéro. Car même si pas passés à l’acte, même si suivies, ces personnes présenteront toujours une fragilité :
-Repérer les pédérastes (pédophiles passés à l’acte) qui, malgré tout, savent qu’ils agissent mal : police, justice, soins en prison, sortie en fin de peine seulement si psy les déclarent guéries & une fois libres suivi psy à l’écart, aucun contact avec les enfants : risque zéro
-Repérer les pédérastes-pervers : heureux d’être passés à l’acte, le justifiant, ils se voient comme des persécutés, des gens supérieurs que le reste du monde n’est pas à la hauteur de comprendre : il semble impossible de les récupérer.
Car le pervers lui, est un ultra individualiste hédoniste : renfermé sur lui, il ne recherche que son plaisir ; ce qui est bien est ce qui lui en donne. La morale c’est lui qui la fait. Donc la police, la morale sont le mal, le fascisme. Voyez ce que répond ce journaliste dans la vidéo dont le lien a été posté sur un autre fil de discussion : il est indigné qu’on puisse considérer comme criminel quelque chose qui lui est agréable et les libertaires trotskystes qui le soutiennent le sont aussi (qualifiant les reproches de « torquemadesques »).

Le père Venard a des propositions en ce sens


** à rapprocher du phénomène de femmes faisant du porno : pour noyer le souvenir d’un viol, pour que les hommes les regardent si elle sont été négligées par leur père, par défi envers des parents écrasants, etc.

Écrit par : E Levavasseur / | 24/08/2018

PRÉCISIONS

> Pour éviter les allers-retours vengeurs d'internautes lisant à moitié
-> à propos de ce que j'écris quand je parle de "pédérastes" et de "pédérastes-pervers" dans le dernier paragraphe :
la pédérastie EST une perversité DANS TOUS LES CAS
-mais il y a une différence de personnes, entre le pédéraste supérieur et arrogant, et le cas, même s'il est rare, du "tourmenté " qui pour être criminel a, au fond de lui, un désir aussi faible soit-il, d'en sortir.

EL


[ PP à EL - Attention, sujet piégé. N'oubliez pas de préciser que vous employez ici le mot "pédéraste" dans son sens étymologique ciblant celui qui s'en prend "aux enfants". ]

réponse au commentaire

Écrit par : E Levavasseur / | 24/08/2018

CONTACTS

> faisons oeuvre utile : structure d'accueil pour les pédophiles qui craignent un passage à l'acte
http://ange-bleu.com/fr/accueil
Ligne d’écoute +33 6 84 97 72 39
latifa@ange-bleu.com
contact@ange-bleu.com
______

Écrit par : E Levavasseur / | 24/08/2018

"RAS LE BOL"

> Je suis catholique. Et j'en ai juste ras le bol de ces curés qui nous font du prêchi-prêcha alors que "la maison n'est pas propre" (pape François). Le meilleur moyen de "défendre" l'Eglise - qui n'en a pas besoin -, c'est d'écouter Dieu. En vérité. Et pas en paroles. Et c'est exactement cela que le pape nous demande : on ne peut plus tolérer le cléricalisme où certains se croient supérieurs aux autres parce qu'ils se sont bourré le crâne de bouquins pendant 7 ans.

Treyville


[ PP à T. - Vous avez parfaitement raison sur ce point. Mais je constate sur Facebook ces jours-ci qu'un certain nombre de laïcs catholiques préfèrent le prêchi-prêcha à la lucidité du pape... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Treyville / | 25/08/2018

@ PP

> Oui il faut le préciser.
Je milite pour reprendre l'usage du terme "pédéraste" en parallèle à celui de "pédophile".
Quand les choses seront claires, il n'y aura plus de confusion ni entre les deux, ni avec "homosexuel".
Oui il faut le préciser à chaque fois vous avez raison et c'est ce que je fais dans le commentaire juste au-dessus où je rappelle qu'ici le sujet est la pédophilie et la pédérastie et non l'homosexualité.
La confusion entre les deux est à la base de l'homophobie et arrange bien les criminels puisque dans 50% des cas, ceux-ci sont hétérosexuels le "reste du temps".
Utiliser le terme "pédérastie" et l'utiliser correctement, a pour avantage de préciser :
1/ que c'est autre chose que l'homosexualité.
La confusion entre "homosexuel" et "pédéraste" arrange autant les beaufs homophobes que les criminels pédérastes : ces derniers, s'ils ont par ailleurs homosexuels, peuvent hurler à l'homophobie « c’est parce que je suis homo qu’on cherche à me salir » et s'ils sont hétéros, ça leur permet de dire "mais non voyons, vous voyez bien que je suis marié !" et de continuer.
2/ que c'est autre chose que la tendance : la tendance, la "philie" vers les enfants est la dérive dangereuse à repérer pour protéger les enfants par prévention et secourir les personnes qui l'éprouvent
-que le passage à l'acte (pédérastie) est le crime est à combattre.

Tant qu'il y aura confusion par l'usage du même terme pour qualifier la tendance et le crime,
1/les personnes n'allant pas plus loin que la philie qu'elles ressentent, ne se feront pas soigner par crainte et auront un fort risque de tomber.
2/il y aura confusion entre le crime et la personne.

Le monde hispanophone utilise le terme :
-https://www.nacion.com/etiqueta/pederastia/
-https://www.google.fr/search?q=el+mundo+pederastia&rlz=1C1GGRV_enFR789FR789&oq=el+mundo+pederastia&aqs=chrome..69i57.3711j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8
-https://elpais.com/tag/pederastia/a
-https://www.abc.es/espana/sucesos/pederastia/
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Écrit par : E Levavasseur / | 27/08/2018

GROS YEUX

> « Ce n’est pas à un prêtre d’exiger la démission d’un cardinal. L’Église est bien assez grande pour savoir ce qu’elle doit faire. »
« Un évêque français "sous anonymat" »
https://www.famillechretienne.fr/filinfo/la-petition-qui-accuse-le-cardinal-barbarin-241181
Mon précédent message n'est pas passé mais cette déclaration pourtant le conforte. Il illustre une nouvelle fois cette contradiction flagrante de la Curie : en appeler à la responsabilité de tous (alors que ce "tous" n'a pas le pouvoir) puis, quand un de ces "tous" met en pratique cet appel, faire les gros yeux.


Hébert


[ PP à Hébert - La Curie n'appelle pas à la responsabilité de tous. C'est le pape qui y appelle : et pas pour faire plaisir à la Curie. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Hébert / | 27/08/2018

@ Hébert:

> "sous anonymat?" Quelle preuve de liberté! Quel courage! La Curie a raison: ne changeons rien.
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Écrit par : Anne Josnin / | 27/08/2018

VIE APOSTOLIQUE

> Pour le cardinal Barbarin, je ne connais pas le dossier mais si effectivement il a été au courant des actes du prêtre en question et qu'il ne l'a pas poussé à se dénoncer et l'a conservé en fonction au lieu de le mettre à l'écart tout de suite, il est plus que naïf. Un pédophile ne cesse jamais de l'être, malheureusement. Et je peux comprendre ces fidèles de Lyon qui ne veulent plus avoir un évêque, un successeur des apôtres, qui reste dans la logique ancienne du "pas de vague". Nous somme en des temps d'évangélisation radicale. Et oui, mort au cléricalisme et retournons à une vie apostolique, une vie d'apôtres qui ont rencontré le Sauveur qui a dit, entre autre, "que votre oui soit oui, que votre non soit non".
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Écrit par : VF / | 27/08/2018

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