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07/05/2017

Présidentielle - Leçons pour nous, catholiques [1]

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Première leçon, la dérisoire aventure Fillon : 


 

 

Ce dimanche, des "cathos" désemparés n'ont trop su que choisir : le candidat de la finance cool ou la candidate du tribalisme... Ces cathos-là étaient orphelins de François Fillon.

Le candidat Fillon avait capté une partie des votes de citoyens catholiques au premier tour. Mais contrairement à ce qu'ont martelé les médias pendant six mois, M. Fillon n'incarnait absolument pas "le catholicisme". La dérisoire aventure Fillon fut une énième version de l'erreur où pataugent des catholiques français : chercher toujours à "se reconnaître" dans l'un des conformismes politiciens du moment (aussi éloignés soient-ils de l'Evangile), au lieu d'assumer  l'excentricité d'être chrétien dans la société actuelle.

"Se reconnaître" ?  Qu'est-ce que veut dire ? De la part des catho-fillonnistes, ça s'exprimait en deux phrases (absolument authentiques) :

1. "Enfin en voilà un qui est comme nous..."  Ce "comme nous"  voulait dire : des codes, une façon de vivre. Mais posséder un manoir près de Solesmes ne fait pas de vous un chrétien dans l'action... L'ensemble de la carrière politicienne de M. Fillon n'en donnait d'ailleurs aucun signe ;  plutôt des indices contraires.

2. "Son programme économique est le meilleur..." Or ce programme d'idéologie néolibérale était d'une brutalité sans précédent : casse sociale et dérégulation, dictées par des lobbies financiers ! Un massacre à la tronçonneuse. Économiquement suicidaire par ses effets sociaux. Donc incompatible avec la pensée sociale de l'Eglise...

Cette incompatibilité aurait dû frapper tous les catholiques. Elle en a frappé certains. Mais pas d'autres : ceux qui croient (en dépit de toutes les explications du Magistère) que le catholicisme social se limite à rejeter l'avortement et le mariage gay.

Ce que ces cathos-là "reconnaissaient" en Fillon, ce qui les attirait en lui, était donc : soit étranger à la foi catholique (cf. la phrase 1) ; soit incompatible avec elle (cf. la phrase 2).

Appeler "catholique" un vote en faveur du programme le plus opposé à l'encyclique Laudato Si', était une posture ahurissante. Elle n'a ahuri ni les beaux quartiers, ni les médias ; ce qui laisse songeur quant à l'image actuelle du catholicisme dans l'Hexagone.

Là est le drame. Une partie du monde catholique français (la seule dont parlent les médias) monopolise indûment ce label "catho"... alors qu'elle ne marche pas avec l'Eglise sur le plan socio-économique, qui est crucial pour l'avenir.

Enfermée dans son tropisme aveugle (vouloir à tout prix "se reconnaître"), cette partie fait de la politique  - ou croit en faire - là où elle ne devrait pas. Et n'en fait pas là où elle devrait.

Où devrait-elle ?  Là où Laudato Si' envoie militer les catholiques !  Ce serait contre certains intérêts de la bourgeoisie d'affaires ? Sans doute... Être chrétien signifie parfois devoir penser contre soi-même.

 

PS - Refuser de penser contre soi-même, refuser d'assumer en soi "l'homme nouveau", rester le "vieil homme" rivé à ses propres intérêts (même indéfendables) : ce narcissisme mène certains au dérapage incontrôlé auquel nous assistons depuis quelques mois :  passer de l'égocentrisme de classe à l'égocentrisme ethniciste. Quand des théoriciens du "rejet de la greffe chrétienne" deviennent penseurs de référence de revues ultra-catholiques, une fraction de ce milieu s'habitue à penser : a) que le catholicisme était "une production du génie européen", b) qu'il cesse de l'être aujourd'hui, c) que contre ça, les "gardiens de l'ancestral" doivent s'allier, qu'ils soient chrétiens ou anti-chrétiens.  C'est la pente du relativisme pseudo-identitaire. Où mène-t-il ces gens ?

 

 

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Commentaires

SOMBRE PERSPECTIVE

> Personnellement, je suis au-delà du désespoir. Toutes proportions gardées, les Français apprenant l'armistice de 1940 ont dû ressentir un peu la même chose. Etrangement (l'Etrange défaite ?), je suis presque calme.
Un homme qui était un parfait inconnu il y a encore 5 ans, qui n'a exercé aucun mandat électif, dont on sait finalement peu de choses, dont l'action prévisible, les réseaux, les appuis,... réalisent la prouesse de réunir tous les aspects de la Culture de Mort, vient d'être élu à la tête de notre pays. Comme je l'ai écrit sous le précédent billet de PP : sauf intervention directe du Ciel, la France ne s'en remettra pas.
Aucune alternative en vue : FN atomisé (je n'ai pas écouté le débat du 3, mais j'ai cru comprendre que, quelque part, MLP s'était littéralement "couchée", comme on le dit pour certains combats de boxe). Et pour le reste : les gamellards iront à la gamelle.
Point positif : dans l'opinion, l'Eglise ne sera pas associée à ce qui va se passer au cours des prochains moins. Ce qui n'aurait pas été le cas en cas de victoire de Fillon ! Le Ciel pourra peut-être agir plus efficacement.
"République" et "démocratie" : deux mots que je trouvais jusqu'à présent seulement creux. Maintenant, je suis à deux doigts de les haïr. Je crois que le P. Bonnet a raison de dire que la France n'est "pas à l'aise" avec la démocratie parlementaire, contrairement aux pays anglo-saxons :
https://radionotredame.net/emissions/ecoutedanslanuit/28-04-2017/
Force est de reconnaître que, depuis deux siècles, la France va de crise de régime en crise de régime, en cherchant régulièrement l'homme providentiel. Sauf que là, d'homme providentiel, il n' y a pas (ou alors il se cache bien).
Je crois sincèrement que, à un moment, Marie viendra sauver la France. Mais avant, on va morfler mes frères. Nous avons beaucoup de choses à expier avant de pouvoir être à nouveau "fille aînée de l'Eglise" (je sais que ce terme agace parfois mais, je regrette, c'est quand même un pape qui a qualifié le royaume de France de "13ème tribu d'Israël"). Et je ne jetterai pas la pierre à ceux qui préfèreront l'exil aux souffrances du feu de la purification...
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Écrit par : Feld / | 08/05/2017

CHACUN, ET NON "LA FRANCE"

> La France n'existe pas. Du moins comme tu en parles, Feld. Ce n'est pas une personne. La France est un territoire qui a une population ayant eu une histoire commune. Point.
Ici, on parle de 65 millions de gens ayant leur liberté de penser, d'agir, de vivre. Ils ont leur culture, leur façon de vivre et leur vision de la vie. La France accepte, la France refuse..., quelle erreur à mon avis. Il s'agit de personnes variées et diverses, qui décident elles-même. Ce sont ces personnes que nous devons amener au Christ.
Mère Thérésa, Saint Vincent de Paul, et tant d'autres allaient soigner des personnes, ils parlaient à des gens vivants, pas à des entités abstraites appelées France ou Inde. Le Christ à parlé aux juifs, pas à Israël...Il a rencontré tel pharisien, tel prêtre, telle Samaritaine...
Et énorme erreur pétainiste, je n'ai rien à expier pour les supposées fautes de la France d'avant. Ce que je paie, ce sont les conséquences de mes péchés actuels. Mais Le Christ m'a pardonné et sa Grâce m'aide à vivre ces conséquences.
J'ose l'affirmer (pardon de mon orgueil) , la France n'a aucune vocation sainte ! Pas plus que le Portugal, l'Angleterre ou le Zimbabwé... Mais nous, oui. Nous, nous sommes appelés par le Christ à l'aimer et à aimer nos prochains.
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Écrit par : VF / | 08/05/2017

MALADES

> Tout à fait dans le sens de VF. Je suis Suisse, mais très attaché à la France. Je pense qu'une partie des chrétiens de France sont malades. Comment peuvent-ils voter pour Le Pen, qui attise les peurs, dénonce l'autre comme un ennemi, distille la haine, répand le mensonge à dessein, dresse des murs entre les nations, méprise ses concurrents etc..
Ah oui Macron a une loi qui n'entre pas dans la ligne, donc c'est un prophète de Mort. Mais il est respectueux, il est sincère, bienveillant, homme de paix: cela ne compte pas. Etre chrétien c'est proclamer toutes les lois du Vatican quitte à être la pire ordure ! Comme Trump ou Poutine... de bons chrétiens c'est sûr ! Jésus serait venu s'asseoir je crois avec Macron plutôt qu'avec ces faux chrétiens dont parle le Pape. Je ne suis pas en phase avec sa vision de la famille. C'est important mais l'étranger, l'artisan de paix, le respect de la vérité , des autres croyants, l'amour et la bienveillance est-ce que cela ne compte pas ? Tâchons de nous ouvrir à la grâce pour être nous-mêmes sauvés, habités, et lumière pour d'autres !

Marc berger


[ PP à MB - D'accord... sauf pour l'expression "toutes les lois du Vatican" ! Au contraire, ces cathos-là détestent le pape François et ses directives économiques et sociales "communistes". Ce sont peut-être des super-catholiques mais ils tournent le dos à l'Eglise réelle : ce qu'ils appellent catholicisme, ce sont leurs valeurs de milieu social. D'où la dérisoire aventure Fillon. Etc. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Marc Berger / | 08/05/2017

AVENTURE FILLON

> On peut aussi ajouter un autre facteur qui a poussé certains catholiques dans l'aventure Fillon, c'est le chaos dans lequel le monde musulman sombre (largement à cause les "Occidentaux" d'ailleurs). Je-ne-sais-quoi, les visites de F. Fillon dans des églises de chrétiens orientaux ?, les poussait vers le "candidat catholique", croyant voir en lui un rempart contre "l'islamofascisme" et un restaurateur de la France-protectrice-des-chrétiens-d'Orient (à la manière armée en bombardant les grandes métropoles musulmanes de préférence).
Ayant parlé avec plusieurs de ces personnes, je l'ai bien vu.
Par ailleurs, il était affligeant de voir que F. Fillon obtenait le label "catho" parce qu'il va ostensiblement à Solesmes, rappelle qu'il est "père de famille nombreuse" dans certains meetings (vous voyez ça vous pose un catholique) et qu'il finit sa campagne au Puy-en-Velay, le même endroit que N. Sarkozy en 2012.
Ah bien en parlant de son père spirituel, l'illustre N. Sarkozy (peut-être qu'il a quelque chose de freudien chez eux comme chez Le Pen) donnait du clergé une image déplorable dans les milieux universitaires (et sûrement ailleurs) pendant son mandat. Dans le discours de plusieurs professeurs d'université comme d'étudiants, les prêtres catholiques passaient, en quelque sorte, pour des guignols, en habits liturgiques, juste bons à prendre la pose avec le locataire de l'Elysée. C'est injuste pour l'ensemble des prêtres, mais c'est l'effet produit, par le livre "coécrit" de N. Sarkozy avec je ne sais plus quel religieux, ses signes de croix ostensibles et son déplacement au Vatican, sur ces milieux qui étaient, à juste titre, révulsés par son nationalisme (violemment anti-Roms) joint à son libéralisme économique. "Catholique" et "sarkozyste" n'étaient pas loin de devenir synonymes.
Sinon, pour abonder sur ce que vous dites de l'image déplorable du catholicisme en France, sans remonter aux années Sarkozy, on peut citer le personnage de "Maman catéchisme" créé par les Guignols de l'info : habitante de Versailles, elle porte un prénom composé façon bourgeoisie, habillée façon BCBG, avec des vêtements finement taillés et de couleur marron-gris et serre-tête de rigueur sur des cheveux lisses coupés mi-court, catho et fière de l'être, militante exaltée de la Manif pour tous et contre l'avortement (et pour que les femmes soient confinées au foyer, mais bon ça c'est juste l'imaginaire des Guignols) et enthousiasmée par F. Fillon et ses largesses envers ses propres enfants (il est pour la famille !) : elle imagine les siens, de la même classe sociale, propulsés tous jeunes à de hauts postes grâce au candidat "catholique". Ce personnage est une vraie allégorie de ce que vous décrivez.
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Écrit par : Aurélien Million / | 08/05/2017

A Marc Berger:

> "toutes les lois du Vatican"?
Mais s'ils les respectaient, ils ne seraient pas des ordures, non?


A Aurélien Million:

> il faut, je pense, cesser de parler de l'image du catholicisme. Tant que l'on sera dans ce registre de "com.", on sera dans l'erreur et on s'égarera. Il ne faut chercher une bonne image, il faut chercher à ETRE catholique. Il ne me semble pas que le Christ ait parlé d'image ou que les apôtres ou les premiers chrétiens aient cherchés à faire de la politique. Ils cherchaient à rencontrer le Christ et à vivre avec Lui.
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Écrit par : VF / | 08/05/2017

IMAGE DU CATHOLICISME

@VF Mais non, je ne pense pas en terme "de com" comme si on parlait d'une entreprise. Mais on ne peut pas faire comme si cette mauvaise image du catholicisme n'a pas d'effets concrets.
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Écrit par : Aurélien Million / | 08/05/2017

NON LIBÉRAUX

> La leçon de l'aventure Fillon c'est aussi celle maintes fois observée ici de l'impossible position du libéral-conservateur.
Maintenant que cette élection a eu le mérite de créer une grande force libérale-libertaire, il est temps que des hommes et femmes se lèvent pour créer des mouvements d'opposition non libéraux mais sans tomber dans les impasses du FN, démagogique et sans pensée, ou du mélenchonisme libertaire et internationaliste.
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Écrit par : Ludovic / | 08/05/2017

À PROPOS DES IRRITÉS DE DROITE

> Je constate avec tristesse que certains, sous le coup du trauma post-électoral, nous accusent ("qui êtes-vous", etc) de nous permettre de juger "de la catholicité d'autrui".
C'est un grief inexact et confus.
Nous ne "jugeons pas de la catholicité" des gens. Encore moins de leur foi chrétienne.
Ce que nous faisons, c'est simplement de comparer :
1. les positions des politiciens ;
2. les recommandations socio-économiques de l'Eglise catholique.
Quand il y a contradiction ou incompatibilité, nous le disons. C'est ce que tout catholique sincère doit faire !
Ceux qui nous invectivent pour cela, qui sont-ils, eux, pour prétendre nous interdire de faire
ce que fait tout catholique sincère ?
"Le discernement sert à reconnaître les signes véritables, le chemin que nous devons prendre à cet instant" (pape François, homélie à Ste-Marthe, 26/12/2013). Le contraire du discernement serait de céder aux vertiges qui brouillent la conscience. Le vertige électoraliste en fait partie. Il conduit à appeler "intolérance" ou "sectarisme" le simple fait, pour un catholique, d'admettre que la foi doit écarter les vertiges...
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Écrit par : PP / | 09/05/2017

USANT

> En effet il y a de grosses fatigues dans l'air et ça les rend hargneux. Si tu leur dis que ce qu'ils disent ne colle pas avec ce que dit le pape, ils te répondent "qui tu es pour juger mon catholicisme", etc. Ras le bol. Usant.
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Écrit par : Gaufridi / | 09/05/2017

"DU CHACUN POUR SOI"

> Au bout du compte leur attitude revient à toujours écarter ce que dit le pape (ou la conférence épiscopale) : ce n'est jamais le moment d'y faire attention, d'ailleurs l'Eglise est trop ceci ou pas assez cela etc. C'est comme ça qu'ils se retrouvent à copiner avec Brighelli au FN ou Baroin à LR : mais attention, plus catho qu'eux tu meurs etc. Bref leur catholicisme c'est du chacun pour soi sans boussole, le genre de chose qui ne finit jamais bien.
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Écrit par : bernard gui / | 09/05/2017

Marc Berger,

> vous trouvez Macron "respectueux , sincère, bienveillant, homme de paix" ? Mais comment peut on dire cela ? Il a menti sur son action de ministre de l'économie sur Alstom et d'autres opérations de ventes d'entreprises française, il a mis au chômage sans état d'âme leurs employés, il s'exprime souvent de manière arrogante, il hurle dans ses meetings, il ne révèle pas son programme ni le nom des hommes avec qui il va gouverner, il méprise les ouvriers de GAD, il accuse la France de crimes contre l'humanité de manière démagogique et clivante...
Franchement je serais heureux si Macron était l'homme que vous décrivez. Mais je ne l'ai pas vu.
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Écrit par : Ludovic / | 09/05/2017

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