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21/10/2016

Marché visé : les sites trumpistes vont envahir l'Europe

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Effroi dans la réacosphère parisienne :


À l'heure où les généraux du Pentagone annoncent la Troisième Guerre mondiale "pour défendre notre way of life" [1], et où l'OTAN proclame donc que "toutes les options" sont désormais "ouvertes" contre la Russie (prétendument à cause d'Alep), Mme Clinton ne cache pas son appartenance à cette fauconnerie. Sa probable élection constitue un danger pour la planète. Etant par ailleurs l'outil de Wall Street,  Mme Clinton est politiquement une peste.

Mais M. Trump est le choléra - sous un autre angle : celui de son influence épidémique toxi-infectieuse de ce côté-ci de l'Atlantique, sur les milieux d'ultra-droite.

Le système Trump est une arnaque. Il consiste à duper les victimes de la crise de 2007-2008, prêtes à suivre n'importe quoi - et n'importe qui - du moment que c'est simple et violent. On a vu ce que donnait ce système face à Mme Clinton : jamais M. Trump n'a tenté de l'attaquer sur le terrain politique ou économique (où pourtant il y avait matière) ; il n'a fait que mimer une allergie, injuriant Mme Clinton non pour ce qu'elle fait, mais pour ce qu'elle est  (à ses yeux). Crier à la conspiracy, évoquer sans cesse le sexuel, injurier sans argumenter : M. Trump pense que son public n'en attend pas plus.

Et c'est en effet ce qu'attend un certain public, des deux côtés de l'océan. C'est actuellement en France le public de ce que l'on appelle la "réacosphère".

Une des caractéristiques du public d'ultra-droite est de ne pas s'informer à la source, mais de croire ce que raconte la gauche pour se positionner à contrario. Celle-ci invective Trump ? l'ultra-droite se sent tenue de le défendre : c'est ainsi que l'affairiste Donald Trump, roi du franchising en trompe-l'oeil et de la dette-monstre à cent lieues de l'économie réelle, passe pour le porte drapeau du "vrai libéralisme". Comble de séduction, il y ajoute des propos incendiaires sur les immigrants et les immigrés - peu importe qu'il parle surtout de Latinos catholiques : notre ultra-droite entend "Arabes musulmans". Et peu importe qu'il vomisse pape et évêques, notre ultra-droite en fait autant.

Ce qu'elle retient surtout, c'est que M. Trump vient d'assumer et d'officialiser ce dont elle a l'instinct : remplacer l'argumentation par l'insulte, la raison par la rage, l'analyse de faits objectifs par la condamnation de catégories humaines. C'est tellement plus simple ! et en plus, ça soulage.

Le public français d'ultra-droite est donc disponible pour M. Trump. Celui-ci ne connaît pas le rest of the world  (sauf ses resorts de golf taillés en achetant les élus locaux). Mais ses spécialistes médias ont des idées pour l'après-défaite, issue probable au vu des enquêtes d'opinion. En particulier Stephen Bannon, ancien de Goldman Sachs et directeur du site commercial Breitbart News fondé en 2007 pour être "le Huffington Post de la droite" - mais surtout branché façon tabloïd : xénophobie et sex scandals. Dans le montage financier de Breitbart News on remarque des personnages comme le patron de hedge fund Robert Mercer... Ralliés à M. Trump au début de cette année, Bannon & C° ont d'abord pris en main sa campagne ; aujourd'hui ils préparent l'étape suivante : 1. lancer une Trump TV aux USA ; 2. lancer un groupe transnational d'e-médias sous pavillon "conservateur", c'est-à-dire cachant des intérêts de business sous le pavillon "réac". Selon The New-Yorker, Bannon va ouvrir un bureau à Berlin et un bureau à Paris. Effroi dans la réacosphère parisienne : cet Attila va s'emparer du marché.

 

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[1] cf. ici note du 10/10.

[2] Deux pages d'entretien dans Libération, 21/10. A lire absolument !

 

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12:15 Publié dans Idées, USA | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : trump, réacs

Commentaires

SANS VOIX

> Ce qui est triste en France aujourd'hui, c'est que nous n'avons plus d'élite (en tant que groupe plus ou moins constitué pour être de service), ni même personne ou presque qui puisse ou veuille en constituer une (quelques uns servent mais à titre individuel). Il ne s'agit plus que de bêler soit avec les Américains (démocrates ou républicains au choix), soit avec les Russes. La France est sans voix, inféodée. Plus personne ne cherche le bien commun, seul reste l'intérêt personnel. Ca ressemble à une curée.
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Écrit par : Benoît C. / | 21/10/2016

NÉANT

> De fait, M. Trump est l'adversaire rêvé pour Mme Clinton, vu la bêtise caricaturale de chacune de ses interventions. A se demander si sa candidature n'est pas faite pour rendre Mme Clinton présentable aux électeurs américains, par comparaison. Mais en affirmant cela, je risque de basculer dans le complotisme...
Quant à la "réacosphère" (forcément nationaliste), elle va encore devoir se trouver un autre modèle étranger : compatissons une minute ! Après, il n'est pas impossible que les écailles tombent de yeux de quelques-uns - je dis bien : quelques-uns.
Un aperçu intéressant du néant de cette élection est donné ici :
http://www.patheos.com/blogs/badcatholic/2016/10/christian-voting-in-a-time-near-the-apocalypse.html
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Écrit par : Sven Laval / | 21/10/2016

LUNE

> Beppe Grillo, Berlusconi, les pires moments de Sarkozy ("casse-toi pauvre c.") ou de Poutine ("traquer les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes")... Rien de nouveau sous l'hécatéenne lune des bulldozers politico-médiatiques... Sinon l'ampleur que cela prend avec celui qui 'trump' énormément.
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Écrit par : Alex / | 21/10/2016

UN SURSAUT ?

> Personnellement, ce qui peut arriver aux Américains, je m'en fiche. C'est leur affaire, ils n'ont qu'à se montrer plus avisés, moins débiles et moins moutonniers dans leurs choix politiques.
En revanche, ce qui me désole c'est l'incidence dramatique de leur présidentielle sur nous, pays d'Europe et autres pays du monde.
Peste ou choléra, quelle alternative ! De toute façon nous n'y pouvons, n'y pourrons pas grand-chose.
En revanche, sur l'avenir de la France tout est encore possible, même si chaque jour cela devient de plus en plus difficile de s'extraire de la boue fétide et collante.
Rien, strictement rien n'oblige l'électorat à reconduire aucun des guignols sinistres qui ont sévi aux manettes depuis trente ans.
Y aura-t-il enfin un sursaut pour rompre la boucle infernale des grands partis inféodés à l'ultralibéralisme et à l'euro-atlantisme ?
C'est vrai qu'il y a peu de petits candidats présidentiables mais il y en a ! Il existe dans la société des hommes capables de s'investir dans une politique de rechange. Encore faut-il oser (et se réveiller pour aller voter !).
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Écrit par : Réginald de Coucy / | 21/10/2016

ATTRAYANT ?

> Trump est attrayant pour son côté politiquement incorrect, déjà. Ce qui n'est pas si mal! Cela rompt avec l'hypocrisie protestante trop lisse et policé. C'est pourquoi certains Latino-Américains vivant sur le sol US l'aiment bien quand même.
Dans cet affrontement entre les néoconservateurs (pro Clinton) qui représentant l'option guerrière, et les paléoconservateurs (pro Trump) qui représentent l'isolationnisme, nous avons intérêt comme Français à préférer Trump. Nul n'est obligé de l'aimer pour autant.

C.


[ PP à "un chrétien"
- Libre à vous de fermer les yeux sur les agressions verbales de M. Trump contre le pape, et sur le fait que sa xénophobie a poussé (ça c'est la réalité) les Latinos dans les bras de Mme Clinton qui les méprise en fait...
Au nom du populisme on commence par soutenir Trump, on finit par soutenir Duterte ("le pape, fils de pute, rentre chez toi") : c'est une descente aux enfers.
- Cela dit, il est vrai qu'avec Mme Clinton la Troisième Guerre mondiale est au programme. Avec M. Trump elle n'aurait été qu'éventuelle.
- Je rappelle que le sujet principal de ma note est l'emprise de la pensée-zéro trumpienne sur un certain public de droite français, en proie au désir de "descente aux enfers". En toute Fierté Catholique bien sûr.]

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Écrit par : Un chrétien / | 22/10/2016

SANDERS

> Quelles nouvelles de Sanders? Parce que vu comment tourne la campagne, les Américains vont devoir découvrir les vertus d'une révolution populaire, non?

Anne Josnin


[ PP à AJ - Les nouvelles de Sanders ne sont pas édifiantes. Ne voyant plus que la nécessité de combattre Trump, il s'est rallié à Mme Clinton au point de zapper tout ce qu'il avait dit - à juste titre - contre elle sur le plan social, économique et politique durant la primaire... C'est un retournement de veste digne de la "gauche" française. ]

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Écrit par : Anne Josnin / | 22/10/2016

CES MALADES QUI NOUS GOUVERNENT

> la liste s'enrichit à toute vitesse: faut-il être un cas pathologique pour arriver aux fonctions suprêmes? Hitler, Staline, Ivan le terrible, Mao, la dynastie nord-coréenne, Bokassa... et notre mini Sarko peut-être.
Ma femme travaille en préfecture: les agents chevronnés sont unanimes: ils n'ont pratiquement pas rencontrés de préfets "normaux": tous des caractériels.
La fonction exacerbe sans doute certaines dispositions au fur et à mesure de leur ascension.
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Écrit par : philou / | 22/10/2016

DEUX

> Personne ne met en cause le fait d'avoir à choisir entre 2 candidats seulement ?
C'est ça, le noyau de la démocratie?
Que les électeurs soient placés devant deux faux-choix par rapport au "peuple", et donc à eux-mêmes ?
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Écrit par : Théophile / | 22/10/2016

à Philou:

> idem dans l'EN. Cela fait des années que je n'ai pas vu un principal un proviseur "normal". Depuis une dizaine d'années, je ne vois arriver que des caractériels-manipulateurs pétant les plombs à la moindre contrariété.
Dans mon établissement, nous sommes quelque-uns actuellement en conflit ouvert avec un personnage de ce type, méprisant les textes, aboyant à la moindre remarque, insultant et méprisant tout en se montrant convivial voire obséquieux selon le public. En plus, il est d'une inefficacité crasse. Le même genre que Falcone (?), le patron des flics, qui descend les menacer sans avoir vu la souffrance de ses hommes et qu'il est au bord d'une crise gravissime de la République.
Le pouvoir corrompt, certes, mais rajoutez à cela le "management" par le stress et la volonté de tout contrôler et vous avez des généraux Alcazar à la pelle.

P.S: Une amie, commissaire nationale dans mon syndicat, m'avouait que depuis deux ou trois ans, les remontées sur ce genre d'individus se multiplient.
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Écrit par : VF / | 22/10/2016

@ philou

> Je n'ai jamais tâté de la chose, mais servir dans le corps préfectoral est très éprouvant pour les nerfs. On est "ès-qualité" 24/24h, 7J/7, 365j/365. Quasiment toujours sur la brèche, en ayant la capacité de mêler, dans son action, grande fermeté (voire brutalité) et parfaite servilité (vis-à-vis du pouvoir en place).
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Écrit par : Feld / | 23/10/2016

toujours @ philou

> Comme aurait dit le grand Charles : "la perfection évangélique ne mène pas à l'empire".
Par définition, une démarche de conquête du pouvoir est incompatible avec la pratique des vertus chrétiennes. Et elle laisse des traces dans l'âme de l'intéressé... C'est bien pour cela que je suis de plus en plus favorable - sans avoir la naïveté de penser que ce serait la panacée ! - au retour à une monarchie héréditaire dans notre pays. En effet, force est de constater que, dans l'Histoire, la plupart des hommes qui ont pu exercer une autorité politique de premier plan en étant objectivement des saints ont hérité du pouvoir par la naissance : Louis IX, Louis XVI, Nicolas II, Charles de Habsbourg, ... Avec, il est vrai, un bilan contrasté du point de vue de l'efficacité de l'action menée...

Feld


[ PP à Feld - Oui : le bilan des historiens ne confirme pas souvent celui des monarchistes.
Par exemple (sauf sur le plan culturel) à propos du règne louis-quatorzien en France...]

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Écrit par : Feld / | 23/10/2016

"LA FEMME QUE TU AS VUE..."

> A les voir se jeter, maintenant, leurs histoires de fesse à la figure (et à la face du monde), irrésistiblement la description faite de la Grande Prostituée commence à ressembler à quelque chose; si l'on tient compte de la position de ce pays entre deux océans, les sept tours (les sept montagnes) du World Trade Center où se négocient et se vendent les richesses mondiales, Babylone qui est l'autre nom que l'on donne à New-York (https://www.youtube.com/watch?v=xhLhUsOjqDI) et siège du NYSE, la finance qui y dirige la politique, les chefs d'états d'Europe et d'ailleurs qui obéissent au doigt et à l'oeil de Washington ...
"Et la femme que tu as vue, c'est la grande cité qui règne sur les rois de la terre."
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Écrit par : Yann / | 23/10/2016

TROUBLANT

> Que penser des infos disant que Trump travaille pour Clinton en réalité ? (Virement d'argent pour sa campagne, candidature à la demande de Bill Clinton, sabotage de sa propre campagne, menace de se présenter en indépendant s'il n'est pas investi pour faire craindre aux républicains une défaite...)
Je n'ai pas d'avis, je ne sais pas s'il a vraiment viré de l'argent à Clinton (ce serait gros, il lui aurait suffi de vraiment saboter sa propre campagne), et je préfère ne pas extrapoler sur le reste qui, en soi, ne prouve rien.
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Écrit par : Curieux / | 26/10/2016

WHOEVER WINS

> Comme quoi, il suffit de ne pas partir du principe que le libéralisme est l'horizon indépassable de l'humanité pour faire très en avance des prédictions politiques dont, jusqu'au dernier moment, les experts, les éditorialistes et les sondeurs, eux, se sont montrés incapables.
http://www.arretsurimages.net/breves/2016-07-30/Le-realisateur-Michael-Moore-predit-la-victoire-de-Trump-id20070
Cela dit, dans cette élection comme dans la nôtre l'année prochaine, le slogan du film "Alien versus Predator" s'applique : "whoever wins, we lose".
______

Écrit par : Lucas / | 09/11/2016

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