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13/09/2016

Qui est "discriminé" en 2016 ? "Goldman Sachs"...

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...écrit M. Barroso, ex-président de la Commission de l'UE :


 

L'ère turbocapitaliste repose sur le rejet des limites : y compris celles de la décence. M. Barroso vient d'en donner un exemple.

Il a scandalisé les Européens en partant chez Goldman-Sachs, faire profiter the Firm de son expérience. L'indignation fut telle que M. Juncker lui-même s'est vu contraint de faire quelque chose. Il a donc écrit à M. Barroso pour lui demander des "clarifications" (mais la situation n'est que trop claire) sur ses nouvelles responsabilités.

M. Barroso répond aujourd'hui à M. Juncker par une lettre courroucée.

Il écrit ceci au président de la Commission : 1. lui demander de s'expliquer est "incompatible avec des décisions prises concernant d'autres membres de la Commission" ; 2. décider quelque chose à son encontre (quoi ???) serait donc "discriminatoire" ; 3.  non seulement ce serait discriminatoire envers M. Barroso, mais ce serait discriminatoire "contre Goldman-Sachs".

Passons sur les points 1 et 2, qui semblent sous-entendre que le pantouflage new-yorkais est une pratique courante des euro-dirigeants : ce qui en dit long sur la vraie nature de l'UE.

Mais le point 3 a de quoi - aurait dit Léon Bloy - faire hennir les constellations. C'est l'idée que le groupe Goldman-Sachs puisse être "discriminé" ! Que ce mot puisse être même prononcé à propos d'un prédateur de la jungle financière, est obscène. M. Barroso veut-il réellement faire croire à M. Juncker que la "discrimination" menace Goldman-Sachs (800 milliards de dollars de fonds propres, 41 milliards de chiffre d'affaires) ?  Juge-t-il M. Juncker capable de le croire ? ou de faire semblant ? Peu importe. Le fait est qu'en 2016, dans le monde atlantique, la plus sulfureuse des mégabanques (crise de 2008, comptes publics de la Grèce...) peut utiliser à son profit le vocabulaire du compassionnel et de la justice sociale, et que les médias jugent ça normal.

Laissons le mot de la fin au chef de file de la gauche portugaise, Pedro Soares : "l'élite dont fait partie Barroso n'a aucune honte."

 

Commentaires

> Bof.... après tout, le patron de la BCE vient de G&S: échange de bons procédés, renvoi d'ascenseur...
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Écrit par : Pierre Huet / | 13/09/2016

"SON CHANTAGE MORALISATEUR"

> L'usage de ce genre de vocabulaire "compassionnel" par M. Barroso n'est à vrai dire pas une grande surprise. Il n'est pas à son coup d'essai dans le chantage sentimental ou moralisateur : n'a-t-il pas après tout qualifié de "réactionnaire" l'exception culturelle en 2013 ?
M. Juncker, quant à lui, n'y va pas par quatre chemins quant il s'agit de parler des frontières nationales, "pire invention des politiciens" selon lui.
Mais il faut reconnaître que ces deux cas peuvent encore passer pour des justifications, assez piteuses certes, d'options politiques. Là, M. Barroso dépasse (ou efface ?) en effet les limites, puisqu'il s'agit de défendre sa carrière, ses intérêts personnels et rien d'autre, cela ouvertement.
Alors oui, les constellations ont de quoi hennir et (pour poursuivre dans la paraphrase de Bloy) les montagnes ont de quoi pleurer.
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Écrit par : Sven Laval / | 13/09/2016

LE DÉGOÛT QU'ILS INSPIRENT

> Soares entendu sur je ne sais quelle radio, disait croire encore en une seule personne: "le pape François, car c'est le pape des pauvres".
Pour le reste ils n'ont aucune honte, mais s'ils écoutent bien, ils doivent commencer à entendre des sifflements. Le dégoût qu'ils inspirent (journalistes, hommes politiques (femmes aussi, pas de jaloux), hommes d'affaires, etc...) est tel que l'on commence à rencontrer des gens parfaitement instruits qui ne votent plus, et mieux encore qui ne s'informent plus du tout: plus de télé, plus de radio, plus de journaux, plus d'internet, plus rien du tout. Le constat est que l'on vit un peu mieux, moins stressé (c'est bon pour les artères). Et qu'en plus ça ne change strictement rien : à tout prendre ça paraît nettement préférable.
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Écrit par : ND / | 13/09/2016

TYPIQUE

> 1.) ne répond pas à la question posée
2.) pratique l'amalgame
= typique du parler des manipulateurs.
Rien de nouveau sur M. Barroso.
Les financiers manipulent les politiques qui eux mêmes manipulent les peuples.
Le risque est que les peuples se révoltent contre les politiques et donc se trompent de cible.
Maintenant reste la question comment faire bouger les lignes ?
On a vu que le système des primaires n'est qu'un leurre. Au USA de l'aveu même des sondages 60% des gens pensent que se présentent les 2 plus mauvais candidats, aucun n'atteint 40% d'opinion favorable.
En France à droite l'obligation de trouver 20 députés verrouille l'affaire. Le seul qui soit quelque peu différent est M. Poisson mais étant marqué d'un parti d'un nom qui n'est pas a-confessionnel il n'a aucune chance.
A gauche il est quasi acquis qu'on ne verra pas le second tour, à part Hollande les autres se positionnent pour la suivante.
Après on s'étonnera que les partis populistes aient de grands jours devant eux (au grand dam des financiers, mais ce sont eux en fait qui leur permettent de grimper).
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Écrit par : franz / | 14/09/2016

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