Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/08/2016

Le double langage de M. Macron

Macron-Jeanne-darc-delirius.jpg

Au Puy-du-Fou hier, suite du 'Grand Macron Show'

(Louis XVI, Jeanne d'Arc et les fonds spéculatifs) : 


 

 

Au Puy-du-Fou qui est un succès mondial, la façon "enracinée" de commercialiser l'histoire fait contrepoids à la global stupidity d'EuroDisney. Mais la visite spectaculaire d'Emmanuel Macron, hier 19 août, veut dire tout autre chose. Son message est un oxymore. En s'affichant aux côtés de Philippe de Villiers (après l'opération johannique en mai à Orléans), M. Macron fait croire que l'on peut être À LA FOIS l'homme de l'industrie financière ET d'un certain enracinement économique et culturel.

C'est bien ce que veut entendre le lecteur senior du Figaro [*] ;  mais c'est le contraire de la réalité.

En effet, la réussite du Puy-du-Fou est venue de ce que l'ultralibéralisme tend précisément à éradiquer : le local, la proximité, le bénévolat et la diversité culturelle [**]. Lorsque M. Macron rend hommage à ces énergies, son propos est démenti par son action concrète en tant que ministre :  action engrenée dans la mécanique globale de l'ultralibéralisme - même s'il s'est donné les gants de paraître critiquer l'Europe "ultralibérale" après le Brexit, alors qu'il se qualifiait lui-même de "salopard de banquier ultralibéral" dans L'Obs en septembre 2014. Le centre de gravité de M. Macron n'est pas la relocalisation de l'économie : ce qu'il reproche au Brexit, c'est d'être une "peur de la mondialisation". Même chose quand il martèle que "le libéralisme est une valeur de gauche", quand il propose le gain du milliard (non le service du bien commun) comme idéal à la jeunesse, quand il farcit la loi Travail de projet gattaziens non prévus dans le texte initial, et lorsqu'il avance soutenu par tout l'atlantisme parisien : Institut Montaigne, Terra Nova, French Touch Conference, fonds spéculatifs, chief investment officers des grandes banques...

Qui sera dupe ?

 

______________

[*]  De même, le "libéral-conservateur" déplore les réformes sociétales tout en encensant ce qui les produit : la société de marché.

[**]  Voir ce qu'en dit L'Ecologiste, cité ici dans la note d'hier sur l'UE.

 

 

Sur Macron et le "local", les Bretons avaient déjà donné leur avis :

macron

 

Commentaires

une question

> Pourquoi Ph. de Villiers l'a-t-il invité et surtout encensé et de plus avec grosse couverture médiatique ?
Macron capable de conduire n'importe quel char (y compris celui de l'état en sous entendu).
Je suis perplexe. Ph. de Villiers et Macron sont sur la plupart des points en parfaite opposition.
______

Écrit par : philou / | 20/08/2016

DUPLICITÉS

> Question double langage, Macron a de qui tenir… Au Puy-du-Fou, il nous a livré un coup de com’ à sa façon, un de plus, pour séduire l’électorat de droite. Point d’orgue déclaratif du ministre de l’Economie : « je ne suis pas socialiste ».
Dans le même temps, son maître en duplicités, François Hollande, fait savoir (via le livre récemment paru 'Conversations privées avec le Président') que « la loi Macron » est l’un des quatre dossiers de son quinquennat qui le feront, lui, président de la République, entrer dans l’Histoire (avec « le Mali, la réponse aux attentats de janvier, le mariage pour tous »…).
Et le chef de l’Etat d’insister sur le « talent » de son ministre et sur sa capacité à transgresser « un certain nombre de clivages ou de règles de la vie politique ».
Bref, tandis que Macron fait monter les enchères dans le registre « je ne ferai pas campagne pour Hollande à gauche », Hollande lui court après en saluant en lui le « social-libéral » et en lui susurrant à l’oreille « j’aime ta loi ». Poker-menteur. Poker-mentor… Lequel des deux mène la danse ?
Plus ça va, plus Macron semble être le maître du jeu à gauche. J’en viens même à me demander si une implosion du PS, à l’occasion de la primaire censée désigner le candidat socialiste à la présidentielle, ne fait pas partie de sa stratégie… avec l’assentiment de son compère de l’Elysée.
______

Écrit par : Denis / | 20/08/2016

DUPES

> "Qui sera dupe" ? Bonne question.
Les ex-bailleurs de fonds de La Manif pour tous, c à d les rares grands patrons officiellement catholiques, regardent désormais vers Macron. Alors que Macron manoeuvre en liaison étroite avec Hollande. Tandis qu'à LMPT on continue à courir derrière Sarko (avoir été dupés une fois ne leur suffit pas, ils veulent l'être une deuxième fois) !
Bal des dupes.
______

Écrit par : Formel Emile / | 20/08/2016

PAS DUPES

> On est pas dupes !
Cependant, je m'interroge également comme philou sur Philippe de Villiers. En fait, ce dernier ne serait-il pas tout simplement plus branché "éthique, culture et identité", à l'instar de bien des catholiques qui ne s'arrêtent qu'à ce genre de considérations, voire attendent une nouvelle Restauration?
Ne voulant supporter la réelle force et l'effective profondeur du Magnificat, ils ont aussi oublié ces paroles de Jeanne la Pucelle, théologienne de la libération, n'en déplaise à certains:"J'ai été envoyée pour le réconfort des pauvres et des indigents".
Avec ces mots, nous sommes loin des Camelots et de la camelote !

Pierronne


[ PP à Pierronne - Je crains que vous n'ayez raison. Décor fleurdelisé, réalités financières. Miroir aux Alouettes ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierronne la Bretonne / | 22/08/2016

PRUDENCE

> Ça me rappelle un dessin animé de Tex Avery : "Je me suis fait avoir trois fois, mais pas une quatrième". Malheureusement, parfois, nous croyons naturellement à la bonne foi des gens, et aussi qu'ils sont sincères lorsqu'ils affirment qu'ils ont changé. C'est pour cela que nous devons être "prudents comme des serpents".
______

Écrit par : Pantaléon / | 22/08/2016

VILLIERS

> Sans doute était-il difficile à Villiers de refuser la visite d'un ministre en exercice.
Etait-il dupe? Ses souvenirs sur les uns et les autres publié dans "Le moment est venu de dire ce que j'ai vu" montre qu'il a vu beaucoup de grimaces. Il s'est séparé de la droite sarkozienne, est-ce pour être capté par le poulain hollandien ?

PH


[ PP à PH - D'après la version officielle, c'est Villiers qui aurait pris l'initiative d'inviter Macron en le rencontrant par hasard dans un restaurant... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 22/08/2016

MACRON AFFABULE

> En matière de baratin, il n'en n'est plus à ça près!
A-Macron a affabulé quant à sa scolarité, il a été recalé deux fois à Normale Sup'
B-Macron a menti sur ses travaux de philosophie. : ni thèse, ni simple mémoire.
C- 6 avril 2016 : Macron lance son parti “En Marche” avec un clip-vidéo entièrement mensonger, toutes les images de "Français en Marche" viennent d'agences de com' montrant des Américains, Allemands et Anglais.
D- 10 avril 2016 : Macron ment effrontément sur le nombre des adhérents de son nouveau parti en comptant comme adhérents les simples clics sur son site!
(source: F. Asselineau)
______

Écrit par : Pierre Huet / | 05/09/2016

MACRON OEDIPE

> Quand je vois Emmanuel Macron, en marche vers Noël, entretenir sa légende sous couverture de livre-programme (« Révolution », rien moins…), entre pipeau et people, quand je le vois à l’œuvre (si l’on peut dire), je pense à cette formule qu’utilisait mon défunt père, médecin, pour évoquer le complexe d’Œdipe : « Les héros se forment sur les genoux des mères… », affirmait-il. Ajoutant, au risque de passer pour misogyne : « … les hommes équilibrés s’épanouissent sous le regard bienveillant des pères ».
Freud quand tu nous tiens…
Ce qui m’intéresse en l’occurrence, dans le profil psychologique « œdipien » (le complexe d’Œdipe consistant à épouser la mère et tuer le père, symboliquement), c’est l’héroïsme qu’il implique. Et précisément : il me semble – au risque, je le prends, de tirer sur une ambulance avec le bon docteur Freud –, qu’Emmanuel Macron est perpétuellement en quête d’un nouvel acte héroïque.
Nous connaissons sa trajectoire de fils rebelle, abondamment relayée par les médias : l’adolescent, âgé de 16 ans, souffre de l’idylle « interdite » vécue à Amiens avec son prof de lettres Brigitte, elle-même âgée de 40 ans. Délocalisé à Paris par l’autorité parentale, il se promet de revenir pour épouser celle par qui le « scandale » arrive. Le fait est qu’il entre dans l’âge adulte et « dans la carrière » en brisant un tabou, héroïquement.
Dès lors, sa route est tracée, son parcours ne peut être qu’hors norme. Admiré par Brigitte pour sa maturité et ses talents multiples – féru de poésie, acteur et pianiste doué… –, il sera à l’avenir totalement et parfaitement héroïque, et le prouvera en bousculant toutes les lignes ; transgressif un jour, transgressif toujours !
Avec le recul, il est aujourd’hui possible de « pipoliser » sur quelques-unes de ses transgressions :
– recalé à Normale-Sup, Emmanuel n’en évoque pas moins ses « cours à Normale-Sup », alors même qu’il est ministre ; il se permet dans le même esprit d’enjoliver quelque peu son pedigree de « philosophe » (un DEA), auprès de MM. Ricœur et Balibar ; le véritable héros doit savoir se vendre ;
– reçu à l’ENA, inspecteur des finances, il « pantoufle » dès que possible à la banque Rothschild où il devient millionnaire en spéculant sur les laits en poudre vendus aux populations pauvres de la planète (comme pilote du rachat de la division laits infantiles de Pfizer par Nestlé) ;
– conseiller du chef de l’Etat, qui l’adoube et l’adule, puis ministre de l’Economie dans le gouvernement Valls, il tourne bien vite le dos à ces maîtres d’un instant pour aspirer au seul mandat digne de lui, celui de Président de la République.
Ce qui nous amène à ce « petit meurtre du père », entre ennemis, celui du candidat Hollande : Emmanuel pense-t-il avoir donné le coup de grâce le 16 novembre 2016 en se portant candidat à l’élection présidentielle… ? Décision « irrévocable », insiste-t-il, dans l’espoir de désamorcer toute réaction paternelle.
Macron, Providence de la République ?…
Aux dernières nouvelles, la réponse de François Hollande à cette question, tout sauf « pépère », serait imminente. Il s’apprêterait à endosser le costume du paternel metteur de taloches à l’encontre du(des) garnement(s) insolent(s) qui le défient à gauche, en annonçant sa candidature à la présidentielle sans passer par la case primaire.
D’accord avec le locataire de l’Elysée, s’il a bien entendu Sigmund et s’il est également capable du regard qui aide à grandir : il est parfois nécessaire et urgent, pour ramener le héros à la raison, de siffler la fin de la récré !
______

Écrit par : D. Solignac (Denis) / | 30/11/2016

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.