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13/07/2016

'Amoris laetitia' et le bienheureux Frédéric Ozanam

ozanam_3.jpg

Bien dans la perspective du pape François sur le mariage,

un texte du pionnier du catholicisme social :


 

<< Dans le christianisme, la fin principale du mariage n'est pas la naissance des enfants : saint Augustin le dit dans un admirable langage... La fin principale du mariage, c'est de donner l'exemple, le type, la consécration primitive de toute société humaine dans cet amour qui en est le lien. Et comme ce type de toute société doit être l'unité parfaite, et par conséquent une unité où tout soit égal et indissoluble, il s'ensuit que dans le mariage chrétien tout se partage et rien ne se rompt ; tout se partage, devoirs, condition : les devoirs sont égaux pour les deux parties contractantes. Toutes les deux doivent apporter une même espérance, un coeur égal aux mêmes chaînes destinées à les unir toujours. >>

 

Frédéric Ozanam (béatifié en 1997 par saint Jean-Paul II)

Oeuvres complètes, 1855, t. II, pp. 81-82

 

 

 

"La fin principale du mariage n'est pas la naissance des enfants", dit Ozanam : c'est une idée des Pères de l'Eglise, que le pape a exprimée dans sa célèbre boutade sur le "lapinisme" ; boutade que certains ont feint - avec mauvaise foi - de prendre pour une attaque contre la famille.

► Parmi les jeunes Français mariés à l'église, combien sont conscients de la nature chrétienne du  sacrement de mariage telle que la souligne Ozanam après saint Augustin (et saint Jean-Paul II après Ozanam, et François après saint Jean-Paul II) ?

► La réponse objective à cette question constate la situation actuelle. Elle confirme le diagnostic du très lucide pape François, bien que celui-ci ait le malheur d'irriter les tenants d'une religion-club et d'un sacrement baguette magique... (posture de fuite du réel, qui correspond à la mentalité postmoderne plus qu'au réalisme chrétien).

 

Commentaires

DISCUSSION

> Ne croissez pas et ne multipliez pas, alors ?
Que votre descendance ne soit ni bénie ni signe (comme dit le psalmiste, au sens large du terme "signe") ?
Que faut-il comprendre de la descendance d'Abraham, de Jacob, d'Isaac, etc... ?
Mon opinion est que l'union du couple est censée déboucher sur une fertilité certaine (ou une certaine fertilité, pour les relativistes d'entre nous), laquelle n'est peut-être pas aussi tangible que des enfants, certes.
Toutefois les hasards de ces chemins rhétoriques méritent recul et réflexion.
J'ai la certitude que Frédéric Ozanam était loin de conclusions hâtées.
S'il est permis ici (et, merci Patrice, je sais que ça l'est) une divergence de vue, n'allons pas jusqu'à utiliser le terme disputatio, mais, enfin, "pointer" des mariages, des unions, bref marquer, ne serait-ce pas déjà du pharisaïsme, je m'interroge, que la samaritaine nous donne à boire, il y a soif à étancher, à ce qu'il paraît !

Aventin


[ PP à Aventin :
- Pardon, mais vous créez un faux problème en opposant ce qui ne doit pas l'être.
Où prenez-vous que le texte d'Ozanam, ou la théologie conjugale de Jean-Paul II (je vous recommande les livres d'Yves Semen), ou la pensée de François, seraient anti-natalistes ?
Ils rappellent simplement la doctrine de l'Eglise depuis les Pères : le couple chrétien accueille la vie, bien entendu, mais son but principal (en tant que couple chrétien) est surnaturel : "ne faire plus qu'un", selon la parole de Jésus en Mt 19, 3-12 qui est la source de la théologie catholique du mariage.
- Prétendre qu'un couple chrétien se définit par le nombre d'enfants est une erreur de perspective, quasiment une déviance idolâtrique, que j'ai souvent constatée depuis quelques dizaines d'années... Déviance que François moque en parlant de lapinisme : boutade qui a choqué les bien-pensants mais qui exprime - crûment - la plus stricte doctrine ! Ou bien faudrait-il déclarer nul le mariage d'époux stériles ??? Condamner la notion catholique de régulation naturelle des naissances ???
- Il ne s'agit donc pas de hasards rhétoriques ou de conclusions hâtées, mais de la pensée de l'Eglise venue de l'Evangile. Cf Y. Semen, 'La sexualité conjugale selon Jean-Paul II', Presses de la Renaissance 2010). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Aventin / | 13/07/2016

@ Aventin

> Ce que dit PP est d'autant plus vrai tant dans la réponse qu'il vous apporte, que dans son post, que de la stérilité et de l'impuissance, il n'en est qu'une des deux qui soit motif de reconnaissance de la nullité d'un mariage. Or, ce n'est pas la stérilité. Le fait de ne pas pouvoir avoir d'enfants, n'est pas un motif en la matière. Le couple peut et doit trouver alors une autre fécondité. En revanche l'impuissance qui fait que l'un des deux au moins des époux ne puisse éprouver de plaisir lors d'une union, est motif de reconnaissance de la nullité d'un mariage. Le plaisir construit le couple. Le couple n'est donc pas fait en tout premier lieu pour avoir des enfants.
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Écrit par : ND / | 13/07/2016

L'EVANGILE EST POURTANT CLAIR

> Faut-il comprendre que la "fin principale du mariage" étant l'amour, selon le Bx Ozanam, est donc légitime un mariage entre deux hommes, ou deux femmes, qui s'aiment?
Ou faudrait-il ajouter que sans exclure du sacrement du mariage les couples stériles, ou âgés, la fécondité dans le mariage, par la naissance d'enfants, est l'une de ses grâces?
Et ajouter que parler de lapinisme dans une Europe qui meurt faute d'enfants est infiniment maladroit, ce dont le St Père a d'ailleurs convenu en modérant par la suite ce propos?

CC


[ PP à CC
L'Evangile est pourtant clair ! Pour "comprendre" comme vous le faites, il faut juste oublier Matthieu 19 : 3-12, qui est la clé et qui annule par avance votre objection. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Clément Cassiens / | 13/07/2016

CURIEUX

> C'est tout de même curieux : les mêmes cathos français qui méprisent la moitié de la DSE (tout ce qui concerne le social, l'économique, l'écologique) entrent en transes dès qu'on touche à leur vision fausse de la sexualité, et n'hésitent pas à donner des leçons de (fausse) religion au pape.
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Écrit par : Dominique Giraud / | 13/07/2016

@ PP :

> vous avez raison... et il est indispensable de lier cette citation du Bx Ozanam à la Parole que vous citez, merci donc.
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Écrit par : Clément Cassiens / | 13/07/2016

DÉRIVE

> Attention, le sacrement coup de baguette magique a des origines plus profondes que la dérive post moderne, c'est une dérive liée à la contreréforme, où il a été défini comme agissant par lui-même.
Je vous recommande sur le sujet le livre exceptionnel du père Mallon, "Divine renovation", dont le titre en français a été traduit de manère si plate "Manuel de survie à l'usage des paroisses".
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Écrit par : Ludovic / | 13/07/2016

@ Clément Cassiens

> Le lapinisme est une réalité bien vivante dans le petit milieu catho-bourgeois: il n'est qu'à fréquenter les lieux-saints où il aime se retrouver pour s'auto-persuader qu'il épuise la totalité de la catholicité, et se gonfler d'autosatisfactions (l'autre-identique comme miroir de ma sainteté): autosatisfactions qu'il appelle "grâces", pour le constater.
Et parmi les lapineaux, combien on en voit en souffrance muette, derrière les uniformes de bienséance, les codes d'initiés, et les corsets qui affleurent sous les looks faussement cool !
Non seulement ce phénomène ne s'estompe pas avec le temps, mais il me semble qu'il connait une nouvelle jeunesse. Et je crains qu'il y ait moins de place pour la différence dans certaines de ces tribus que dans des couples homosexuels.
Le mariage chrétien est promesse pour demain, pas vestige d'hier. Il est cette fracture dans le noyau familial (l'homme quittera son père et sa mère) qui permet de se donner à l'inconnu, cet autre qui nous sort de notre confort stérile pour porter ensemble, oui, un fruit nouveau, oui un vin nouveau, dans cette outre nouvelle qu'est chaque foyer.
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Écrit par : Anne Josnin / | 14/07/2016

LEUR PEUR

> Et le lapinisme est aussi une façon, je pense, de justifier leur sexualité,leurs pulsions, leur envies. Ils ont peur de l'amour y compris (surtout?) physique. Ce sont des gens qui dénigrent le corps et s'aimer avec son corps, se donner à l'autre, les angoisse.
On retrouve cette peur chez les intégristes musulmans ou juifs.
On y retrouve aussi un modèle patriarcal exacerbé où l'homme ne veut pas être dépendant de la femme. Or, aimer sa femme c'est se donner à elle.
Ils veulent maitriser, dominer et surtout pas se donner, être dépendant, fragile face à l'autre. Je pense que c'est une des choses qui peuvent expliquer leur tri dans les appels du pape ou dans les Evangiles.
Ils ont vraiment besoin de recevoir l'Esprit.
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Écrit par : VF / | 14/07/2016

@ Anne

> "Merci mon Dieu de ne pas m'avoir fait(e) comme ces autosatisfaits".
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Écrit par : Pierre Huet / | 15/07/2016

à Pierre Huet,

> s'ils se gonflent d'autosatisfaction comme je l'ai écrit, c'est que justement ils sont beaucoup moins heureux et fiers d'eux qu'ils ne veulent s'en persuader, et ils me sont trop intimes pour que j'ignore leurs faims et tourments secrets.
Vous me pensez les narguant, quand, si j'opère sans anesthésie, c'est parce que je sais qu'il n'est d'autre salut pour ceux que j'aime que l'accueil de leurs, de nos blessures et l'acceptation d'être soignés par ceux-là-mêmes qu'on raillait hier.
"Merci Mon Dieu de m'avoir faite inapte à l'autosatisfaction, que je n'ai nul endroit où poser ma vanité tourmentée si ce n'est au secret de ton coeur divin, présent dans le pauvre exprès pour moi".
Le mariage, de ce que j'en pressens, est épousailles entre deux clopin-clopants, amoureux des faiblesses de l'autre, blessures par où passe exprès pour moi le Salut. Que l'autre m'accueille avec mon caractère et mes défauts me bouleverse aux entrailles; prendre contre moi ses blessures me remplit l'âme d'un chant de joie à faire tomber tous les murs de Jéricho: cela est tellement beau, ce miracle de notre amour, que je n'en reviens toujours pas !
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Écrit par : Anne Josnin / | 16/07/2016

à Anne Josnin

> "Le mariage, de ce que j'en pressens, est épousailles entre deux clopin-clopants, amoureux des faiblesses de l'autre, blessures par où passe exprès pour moi le Salut."
Magnifique. rien à dire d'autre.
Chère Anne, avez-vous pensez à approfondir toutes vos réflexions pour vous lancer dans des façons de les partager au plus grand nombre? Pas des production de masse, au non, mais des rencontres, des "café-réflexions"? De petits opuscules? Je pense que vous auriez énormément à apporter aux "clopin-clopants", aux bancales et autres démantibulés de la vie comme moi.
En tout cas, merci et que le Seigneur vous garde dans cette profondeur et cette compassion.
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Écrit par : VF / | 17/07/2016

@ Anne , PH et PP

> Ces "lapinistes" faussement autosatisfaits ont surtout peur de ce qui leur est étranger et qu'il faut éliminer: par exemple à chaque catastrophe naturelle surtout lointaine comme Haiti (vaudou) ou Sumatra (islam), c'est vu comme punition divine en référence à Sodome et Gomorrhe.
Ce sont souvent des ignorants (moi aussi) de l'Evangile où Jésus dit exactement l'inverse lors de l'épisode de la colonne de Siloé et conclut :qu'ils se convertissent.
Il ne leur viendrait pas à l'esprit que la femme de Loth, à regarder obstinément en arrière, sera figée en statue de sel : ce qui pourrait bien stigmatiser certaines de leurs attitudes.
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Écrit par : philou / | 17/07/2016

@ Anne, VF, Philou, PP

> Bien entendu, j'adhère à ce qu'écrivent St Augustin, le Bx Ozanam ou notre pape.
Ce qui me fait réagir:
- En parlant de lapinisme, le pape commentait son voyage aux Philippines, dont on connaît le triste état, et non une visite à l'Ouest parisien
- Il y a beaucoup d'amertume dans certains commentaires, ce qui n'est pas le meilleure façon de convaincre. Règlement de compte familiaux ou sociaux? Désir de bouffer du bourgeois? Ce blog en est il le meilleur lieu?
-des parents à l'esprit étriqué de manières variées, il y en aussi dans des milieux peu favorisés et des familles peu nombreuses. J'en ai connu. Et pas que des cathos de droite.
-de même pour des personnes qui, par orgueil et paresse mettent tous leurs ratages sur le compte de leur passé qu'ils réécrivent à leur sauce doloriste. J'en connais de ces manipulateurs, qui nous ont bien pourri la vie avec leurs "souffrances" construites à postériori et de toutes pièces.
-Ne soyons pas trop satisfaits de ne pas être autosatisfaits. La fausse humilité nous guette à chaque tournant.
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Écrit par : Pierre Huet / | 18/07/2016

à Pierre Huet:

> vous avez raison et pardon si j'ai blessé quelqu'un par mes commentaires peu amènent envers nos frères bcbg. Mais effectivement, j'ai été blessé souvent par des attitudes, des remarques ou des attaques de "bons cathos comme il faut" sur ce thème.
Mais n'oublions pas la parabole du publicain et du pharisien. Et attention à ne pas devenir pharisien en se croyant publicain. Humilité, miséricorde et amour du prochain doivent nous guider quand on veut exprimer la vérité ou plus simplement, accueillons l'Esprit quand nous parlons à nos frères. Dieu les aime autant qu'il nous aime.
Ceci dit, je suis de plus en plus meurtris par les commentaires et l'attitude de certains catholiques envers le pape, notamment sur le thème du mariage, de la famille ou des divorcés (remariés ou pas).
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Écrit par : VF / | 18/07/2016

@ VF

> Tout à fait d'accord avec vous. Merci.
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Écrit par : Pierre Huet / | 19/07/2016

CONFUSE

> Il faut dépasser les vexations et les blessures pour revenir sur le terrain de la raison et de l'argumentation. Si quelqu'un vous fait une remarque désobligeante à ce sujet, demandez-lui simplement de vous citer quoi que ce soit de l'Ecriture, du Magistère ou de la Tradition qui appuierait une espèce d'obligation - même tacite - à multiplier les grossesses à l'infini. Vous verrez, il y a fort à parier que cette personne restera confuse.
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Écrit par : Thomas Mousset / | 26/07/2016

à ND

> Autre remarque, cette fois-ci pour ND qui écrit : "En revanche l'impuissance qui fait que l'un des deux au moins des époux ne puisse éprouver de plaisir lors d'une union, est motif de reconnaissance de la nullité d'un mariage."
Non, ce n'est pas ce qui justifie l'empêchement dirimant que représente l'impuissance puisque, précisément, celle-ci rend impossible l'union elle-même. Précisons qu'on parle ici d'impuissance antérieure au mariage et permanente.
En effet, et c'est là qu'est la justification, la consommation ne constitue pas l'essence du mariage mais le pouvoir de consommer lui est essentiel.
En revanche, la stérilité - dont il faut rappeler qu'il faut beaucoup de temps et d'examens pour la déclarer perpétuelle - s'oppose uniquement au fait d'avoir des enfants et il n'est pas essentiel (au sens strict) à l'état de mariage d'en avoir.
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Écrit par : Thomas Mousset / | 26/07/2016

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