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10/12/2011

Ce que le cardinal Vingt-Trois a dit jeudi soir aux milliers de fidèles, à Notre-Dame de Paris

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C'est dans ces termes évangéliques (à lire attentivement) que l'Eglise catholique envisage la question des "offenses au Christ aujourd'hui" :


  

Mot d’accueil

 

Frères et Sœurs, chers amis,

 Nous sommes rassemblés ce soir pour exprimer à Dieu notre amour de son Fils Jésus ; pour manifester au Christ notre attachement, notre affection et notre désir d’être avec Lui au pied de la Croix, avec Jean et Marie. Avec Lui, nous voulons dire à Dieu qu’Il est le maître de nos vies et le maître du monde.

 Au cours de cette veillée, nous allons méditer sur la Passion de Jésus. Nous vénérerons les reliques de la Passion et nous prierons pour toutes celles et tous ceux qui, à travers le monde, sont associés à la Passion du Christ et vivent les Béatitudes à cause de leur foi : « Heureux êtes-vous si l’on vous persécute et si l’on dit toute sorte de mal de vous à cause de moi » (Mt 5, 11). Nous prierons aussi pour toutes celles et tous ceux qui, partageant l’indifférence, l’ignorance ou la dérision des témoins de la Passion sur le Golgotha, se sont joints à ceux qui criaient : « S’il est le Fils de Dieu qu’il descende de sa croix et qu’il se sauve lui-même » (Mt 27, 40).

 Ce soir, par notre présence, nous voulons dire simplement, avec le Centurion au pied de la Croix : « Vraiment, Celui-ci est le Fils de Dieu » (Mc 15, 39).

 

 

Homélie

 

- 1 Co 2, 18-25

Frères et Sœurs,

 Nous n’avons pas honte de la croix du Christ.

 Cette croix est notre fierté.

 Nous n’avons pas honte de Jésus de Nazareth cloué sur le bois.

 L’offrande qu’il fait de sa vie est notre Salut.

 Nous savons qu’aux yeux du monde il a été vaincu et assimilé aux bandits et aux fauteurs de troubles. Nous savons qu’il a été exposé aux moqueries et à la vindicte des hommes. Et pourtant, « défiguré par la souffrance » (Is 53, 10), déchiré par les tortures, couronné d’épines, « n’ayant plus apparence humaine » (Is 52, 14), il est celui qui apporte à l’humanité la vie et le Salut. Selon l’inscription décidée par Pilate, il est le « roi des Juifs » (Jn 19, 19). Et, comme roi des juifs accomplissant la promesse faites à David, il est promis pour régner sur l’humanité (2 Sa 7, 1 et Lc 1, 33).

 Nous vivons dans un univers où la force l’emporte souvent sur le droit, l’argent sur l’honnêteté, la dissolution des mœurs sur la fidélité et le mépris des autres sur le service de nos frères. Dans ce monde, prendre le corps supplicié d’un crucifié comme emblème de la victoire et du Salut est une folie. Qui pourra jamais croire qu’il a vaincu la mort ? Qui pourra croire qu’il a tué la haine ? Qui pourra croire qu’il a abattu le mur qui empêchait les païens d’accéder au Sanctuaire ? Nous le savons, sa Résurrection est le cœur de notre foi.

 Nous croyons qu’il est ressuscité parce que nous faisons confiance à la parole des témoins qui l’ont vu vivant, qui ont touché ses mains et son côté, qui ont mangé avec lui après sa résurrection. En le voyant, ils pensaient voir un esprit, mais Jésus leur avait dit : « Touchez-moi, un esprit n’a ni chair ni os, et vous voyez que j’en ai » (Lc 24, 39). Le Christ est ressuscité dans sa chair.

 Si nous croyons au témoignage des disciples, ce n’est pas simplement parce que c’étaient d’honnêtes gens. Nous les croyons parce que la rencontre du Ressuscité et l’accueil de son Esprit Saint ont transformé leur vie : ils sont vraiment devenus disciples de Jésus, non seulement en le suivant, mais en portant dans leur chair « ce qui manquait encore aux souffrances du Christ » (Col 1, 24). Nous pouvons nous appuyer sur leur témoignage parce qu’ils ont eu la force de témoigner du Christ Ressuscité jusqu’au don de leur vie, parce que dans les combats et les évènements de ce monde, ils ont été témoins de l’amour et ont mis en pratique ce qu’ils avaient vu Jésus faire : ils ont pardonné ceux qui les frappaient ; ils ont prié pour leurs persécuteurs ; ils ont accepté de comparaître devant leurs juges ; ils ont subi les humiliations que Jésus lui-même avait subies. Ces pauvres hommes et ces pauvres femmes venus de Galilée, de Judée ou de Samarie, ont parcouru le bassin méditerranéen et ont répandu, comme une poudre, le feu de l’amour.

 Pour nous, essayer de vivre en disciples du Christ, c’est accepter d’aimer, d’aimer toujours et dans toutes circonstances.

 C’est accepter de prendre sur nous une part de la croix de Jésus, tels d’indignes et lointains descendants de Simon de Cyrène.

 C’est accepter de prendre sur nous une part des crachats qui maculaient la face du Seigneur, en descendants indignes de Véronique.

 C’est aussi accepter de recueillir les gouttes de sang qui sourdaient de son cœur, avec l’eau qui allait devenir la fontaine de la vie, en descendants indignes de Marie et du « disciple qu’il aimait ».

 « Il a versé telle goutte de sang pour toi » .

 Être disciple du Christ c’est nous tenir au pied de la croix.

 C’est vivre dans les sentiments qui étaient ceux de Jésus lui-même.

 « Lui qui était de condition divine, il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il a pris la condition humaine et il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).

 Depuis le Vendredi Saint, aucun homme, aucune femme, aucune parole, aucune injure, aucune dérision, aucune critique, aucun mépris, aucune ignorance, ne pourront plus jamais atteindre le corps de Jésus offert en sacrifice.

 Depuis ce jour, quantité d’hommes et de femmes à travers l’espace et le temps ont essayé de se détourner de lui. Ils ont suivi des chemins étranges, parfois tourmentés, douloureux ou désespérés, et finalement, ils sont revenus.

 Depuis ce jour, quantité d’hommes et de femmes ont combattu la personne de Jésus avec la violence d’un amour insatisfait et d’un désir égaré, parce qu’ils voient en Lui l’emblème de l’amour que Dieu porte aux hommes et que nous ne pouvons pas accepter si nous ne sommes pas prêts nous-mêmes à aimer.

 L’injure ne blesse pas seulement le Christ.

 Elle dévoile le cœur de celui qui l’injurie.

 

L’offense n’offense pas seulement le Christ.

 Elle manifeste le désespoir de celui qui n’a pas pu accueillir la parole d’amour.

 La haine n’est pas seulement un péché.

 C’est la face sombre de l’amour que nous ne savons pas vivre. Ainsi, frères et sœurs, ce soir, nous ne sommes pas venus pour faire une manifestation ni pour protester contre tel ou tel. Nous sommes venus le cœur débordant d’amour pour nous unir à la personne du Christ. Nous sommes venus avec toute notre affection pour poser mentalement nos mains sur ses pieds. Nous sommes venus pour vénérer les signes de la Passion qu’il a subie par amour. Nous sommes venus pour entrer dans la parole qu’il adresse au bon larron, « Ce soir tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23, 43).

 Amen.

 + André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

 

Commentaires

ÊTRE CATHOLIQUE

> Être catholique c'est être chrétien. On n'est pas catholique si l'on dit et fait autre chose que ce que le Christ dit et fait. Ceux qui hurlent "on nous insulte" ne suivent pas le Christ, car crier cela c'est réagir en militants de parti, c'est une réaction de violence comme si on tirait l'épée. Le Christ n'a jamais demandé qu'on sorte l'épée, au contraire il dit de la laisser au fourreau. Tous ceux qui disent autre chose mentent pour leurs intérêts. Et qu'ils ne parlent pas des "marchands du Temple", cela n'a aucun rapport avec les affaires en question.
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Écrit par : madeleine / | 11/12/2011

à Madeleine

> "qu'ils ne parlent pas des marchands du Temple". D'accord avec vous, l'épisode des marchands du Temple n'a pas le sens que la droite catholique lui prête. Ce n'est pas "le seul moment des évangiles où le Christ réagit enfin comme un vrai mec viril digne de nous" (je caricature à peine, c'est ça qu'ils ont dans la tête et qu'ils disent subliminalement dans leurs commentaires). Le Christ chassant les marchands du Temple, c'est l'annonce prophétique du remplacement du culte du Temple par le culte "en esprit et en vérité" à travers la Passion-Résurrection du Fils.
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Écrit par : Lavoué / | 11/12/2011

à Madeleine et Lavoué

> Je vais dans votre sens. Dire "marchands du Temple" c'est comme dire "marcher sur l'eau" : un des quelques tics de langage de ceux qui ne connaissent pas la foi chrétienne, quand ils veulent se mettre à parler de religion. Ils ne savent pas que les "marchands du Temple" à l'époque des évangiles étaient indispensables au fonctionnement même du Temple : sans eux pas d'animaux de sacrifice, donc pas de culte ! Donc ces marchands étaient installés là avec patente par les grands-prêtres.
Rien à voir avec les marchands de bondieuseries dans les rues commerçantes de Lourdes. Et encore moins avec une pièce de théâtre attaquant le christianisme. ]

réponse au commentaire

Écrit par : bernard gui / | 11/12/2011

"2500 CONTRE 7500"

> Veilée de prière du cardinal à Notre-Dame de Paris rien que pour les Parisiens : 7500 personnes. Deux jours après, manif des lefebvristes rameutés de toute l'Europe : 2500 personnes, peut-être 3000 à tout casser et visiblement pas plus (je l'ai vue passer). Ce n'est pas moi qui compare, ce sont les excités qui ne cessaient de traiter l'Eglise de Paris avec mépris. Maintenant le public sait à quoi s'en tenir. Faut pas confondre mouche du coche et avant-garde.
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Écrit par : simon postel / | 12/12/2011

à Simon Postel

> Oui, et maintenant dans leurs feuilles de chou ils appellent à "l'unité", disent qu'il ne faut "pas comparer ni opposer", etc, etc. Tartuffes ! Je tiens à votre disposition des communiqués puant la haine et le mépris envers les évêques, communiqués envoyés avant la manifestation par des mouvements organisateurs ! le MJCF par exemple ! C'est trop facile : quand on croit avoir le vent en poupe on écrase les autres de son mépris, mais quand on s'est comptés et qu'on est ridicules on appelle à la Grande Réconciliation dans l'Unité - tout en envoyant au Vatican des lettres de diffamation. Pouah. Sales mecs.
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Écrit par : torbenn / | 13/12/2011

ATTERRANT

> Sur le site lefebvriste officiel, la vidéo du discours d'Escada à la petite manif de dimanche : atterrant. L'image la plus grotesque qu'on puisse donner du catholicisme. Et ils ne s'en rendent même pas compte.
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Écrit par : torbenn / | 13/12/2011

"INCORRIGIBLES"

> Pendant que le cardinal de Paris indique la ligne catholique, le petit milieu intégriste (même chez les "ralliés") continue à revenir à ses origines schismatico-calamiteuses. Dans le dernier bulletin intérieur du groupe "Notre-Dame de chrétienté" (le fameux pèlerinage de Chartres théoriquement fidèle à l'Eglise), l'éditorial consacré aux pièces de théâtre s'en prend avec arrogance à Mgr d'Ornellas, forcément bien moins catholique que le colonel Machin. L'éditorialiste écrit ceci à propos de Castellucci : "L'évêque de Rennes" (il ignore que Rennes est un archevêché) "a même osé dire" (le petit monsieur regarde de haut l'archevêque) "que manifester contre cette abomination est une erreur de perspective..." "Dommage que des Chrétiens continuent de vouloir plaire au Monde", conclut le petit monsieur du haut de sa suffisance.
Il n'a pas l'air d'avoir compris le texte dans lequel Mgr d'Ornellas analysait le problème soulevé par la pièce de Castellucci. Sans doute ne l'a-t-il même pas lu. Dans ce milieu on ne lit que les "blogs amis", farcis de rumeurs injurieuses et de slogans arbitraires. Le petit monsieur ne sait pas non plus que l'abbé Grosjean ou Fabrice Hadjadj (et en gros tous ceux qui ont vu la pièce) vont dans le même sens que Mgr d'Ornellas, et qu'ils indiquent aux catholiques le devoir de comprendre avant d'agir - et de comprendre entre autres où est le devoir de l'évangélisateur.
Bien entendu, l'article du petit monsieur est illustré par une photo de la manifestation lefebvriste, comme s'il n'y avait aucune différence entre les schismatiques et les "ralliés". Et en effet c'est le même milieu, faussement séparé depuis 1988, en réalité uni dans la même mentalité : une religiosité partisane, nostalgique, politisée, anti-évangélique, axée en fait sur le vote d'extrême droite. Et passant son temps à classer les évêques en bons et en mauvais selon les critères du petit milieu. Incorrigibles.
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Écrit par : bernard gui / | 16/12/2011

De PP à BM

> Ici, nous essayons de réfléchir à l'évangélisation des gens d'aujourd'hui : pas au moyen de "venger l'honneur de Dieu" (???) et de "refouler l'impie", ce qui est visiblement votre tendance puisque vous refusez d'envisager ce qui a été évoqué, étudié (etc) par NNSS Vingt-Trois, d'Ornellas, Wintzer, ou l'abbé Grosjean, ou Fabrice Hadjadj, dont vous récusez le point de vue en nous reprochant de lui faire écho ; ce qui est le symptôme d'une cécité mentale volontaire.
Alors de grâce, n'insistez pas. Nous n'avons rien à nous dire. Ici nous nous préoccupons des questions réelles de tout le monde, pas des fantasmes de votre micro-milieu. Cessez de vous plaindre que notre blog n'appartienne pas à votre milieu ; demandez-vous plutôt pourquoi vous réduisez, justement, le catholicisme à un milieu... hors duquel personne ne voit les choses comme vous les voyez.
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Écrit par : PP à BM / | 18/12/2011

NE SOYONS PAS DUPES

> Je vois avec affliction quelques évêques mal informés trouver sympa la campagne de Civitas. Ils prennent ça pour une réaction de catholiques indignés. C'est complètement autre chose : une tentative des intégristes pour exister sur la scène publique alors que Marine Le Pen les a chassés du FN (à juste titre si elle veut arriver à quelque chose dans les urnes). Les intégristes en profitent pour essayer d'attirer à eux des cathos normaux, en surfant sur la bouffée d'énervement face aux pièces de théâtre. Mais l'énervement n'a rien de religieux. On aimerait que les curés et encore plus les évêques (je veux dire tous) s'occupent de choses sérieuses (évangéliser) au lieu de servir la soupe à un groupuscule viré du FN pour extrémisme, ce qui n'est pas peu dire.
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Écrit par : luçid / | 30/12/2011

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