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17.05.2008

« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans » : François Jourdan répond à Henri de La Hougue

à propos de ce livre paru aux éditions de L’œuvre :


A l’automne dernier paraissait Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans : un ouvrage du P. François Jourdan. Dans ce livre limpide et précis, le P. Jourdan – islamologue, arabisant (et fort de son expérience de responsable du dialogue islamo-chrétien pour le diocèse de Paris) – tire au clair le problème théologique de fond entre les deux religions.  Estimant que sa démonstration fait l’objet d’attaques abusives dans des milieux chrétiens, il nous fait parvenir la mise au point suivante :

 

<<  Beaucoup, voulant rester naïfs mais ne sachant comment répondre à mon livre, se contentent de reprendre la recension de Henri de La Hougue présente sur internet (Google) depuis plusieurs mois à la rubrique du titre de mon livre Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Beaucoup se réfugient dans cette recension qui est une habile construction de coquilles vides, de soupçons non étayés, de procès d’intention. Comment un professeur à l’Institut Catholique de Paris peut-il travailler sans preuves et par allégations ? Ce n’est pas du bon travail que de critiquer sans appui : tout le monde peut le faire mais ce n’est pas sérieux. Il me reproche un « mal à l’aise » (mot repris par ses répétiteurs comme ceux en italiques gras qui suivent)  dû à ce qu’il regroupe étonnamment sous l’étiquette apparemment savante « d’une question de méthode » :

 

1/ D’abord « une tonalité polémique » : or le préfacier* de mon livre (p.8) trouve que d’avoir placé les citations les plus osées en fin d’ouvrage (annexe 1) atteste de mes « intentions iréniques ». Beaucoup de lecteurs n’ont pas trouvé de polémique. Tout dépend sans doute d’où l’on se place. Une susceptibilité qui devance celle même des musulmans ne peut évidemment supporter toute distance critique et toute affirmation des différences. La vraie critique sous jacente mais inavouée, c’est que je ne fais pas de gentillesses aux musulmans. La fin de mon introduction rappelait pourtant bien (p.23-24) que « le dialogue sur le plan doctrinal ne préjuge en rien de la qualité des personnes ». Tout intellectuel doit savoir que si l’affectif domine, on ne peut plus travailler, particulièrement avec l’islam. Délibérément mon livre n’a pas pris le relationnel comme sujet mais la doctrine. On ne peut pas tout traiter, même si, trop facilement, l’auteur me le reproche encore  ici ou là, comme sur le soufisme (p.74) et le libre arbitre (p.94) si complexe dans les écoles juridiques islamiques.

 

2/ « Les citations sorties de leur contexte ». L’usage avéré est que jamais on ne donne le contexte des citations sauf si, dans un cas précis, il y a problème. S’il fallait chaque fois resituer dans le contexte, il faudrait infliger au lecteur deux à trois fois plus de texte inintéressant. Mon censeur lui-même me cite hors contexte ! Il me cite même à contresens, comme négatif par rapport à l’islam, quand il s’agit des propos de psychiatres sur le refoulement énergique de la part féminine dans les sociétés arabo-musulmanes (p.68 : « le mal est profond »), propos non dirigés expressément contre l’islam en lui-même par ces auteurs musulmans. Si la moindre critique est irrecevable, on perd la liberté de travailler, ce qui est grave et qui nous empêche alors de parler de l’islam autrement qu’avec la langue de bois. En fait mes citations le gênent, même si elles viennent de musulmans modernisants (alors qu’il faudrait plutôt  encourager ces derniers !).

Pour mes citations de Jean-Paul II, l’auteur les trouve typiques de ce travers. Je cite trois fois ce pape dans des contextes différents et l’auteur ne donne pas à quelles citations cela s’applique et en quoi l’absence de l’ensemble de la pensée du pape invalide mes citations. Pure affirmation.

Quant aux citations sur la position du théologien Claude Geffré, l’auteur, par deux fois y revient, en me suspectant de l’avoir déformée. Il connaît mal la position de C.Geffré à qui j’ai présenté lesdites citations un mois avant la parution de mon livre. Je possède sa réponse amicale et intelligente, convenant qu’en effet nous avons le droit de ne pas être d’accord et que malheureusement il y a peu de gens à travailler sur ce domaine doctrinal. Il ne s’est pas senti déformé, et n’a pas ressenti le besoin d’en développer plus la problématique ni le contexte, ce que me réclame donc à tort H.de La Hougue. Et quand ce dernier continue en citant Paul VI : « Une foi commune au Dieu unique » et le commente comme une démarche commune avec les musulmans, le contexte justement peut-il nous faire penser que Paul VI croyait au même Dieu que les musulmans ignorant l’Alliance biblique et l’Incarnation ?! Comment celui qui me fait la leçon peut-il nous laisser dans une telle ambiguïté affectionnée, comme il affectionne l’expression ambiguë de « même Dieu » par laquelle il conclut sa recension ! N’est-ce pas justement le rôle des théologiens que de déjouer les pièges et les ambiguïtés au lieu de les entretenir ! Les papes qu’il cite parlent du Dieu unique, ou du seul Dieu, mais pas du même Dieu.

 

3/ « La révélation coranique n’est pas expliquée dans une logique musulmanemais à partir de la conception chrétienne…Peu de musulmans s’y retrouveront ». Cette affirmation générale et sans appui est contredite massivement par l’ensemble de mon livre, qui fait justement la clarification approfondie des doctrines islamique et chrétienne, en particulier dans la deuxième partie. Et aucun musulman, à ma connaissance, n’a prétendu ne pas y retrouver sa foi. D’ailleurs l’Ecole Cathédrale avait demandé, après l’obtention de l’imprimatur pour la doctrine catholique de mon livre, le rapport d’un islamologue de renommée internationale qui n’a pas relevé ce genre de confusion. Cette allégation est vraiment mal dite, et veut peut-être mettre en cause ma pédagogie de faire des allers-retours fréquents entre islam et christianisme pour bien montrer la portée des affirmations posées. Ainsi, lorsqu’en présentant la transcendance islamique de Dieu je pose la question : « Quelle autonomie du créé, quelle altérité est possible » (p.93. 95.96), cette question est posée aussi par le musulman modernisant Abdennour Bidar dans le journal La Croix du 15-16 décembre 2007 p.14 : « L’islam aurait dû prendre garde qu’en éloignant Dieu à ce point de transcendance, on risque de le réduire à un maître qui ordonne…Il y a là un verrou théologique redoutable que nous, musulmans, avons la responsabilité de faire sauter ». Il est utile de le dire là pour mesurer la portée de ce dogme, y compris pour les musulmans qui, comme, Dalil Boubakeur, affirmait aussi récemment que « L’islam est un monothéisme intransigeant ». H. de La Hougue pourra trouver cela désobligeant pour les musulmans, mais c’est l’islam tel quel, et non rêvé par des chrétiens qui ne supportent pas que l’islam les éloignent de leurs vues chrétiennes. Pour lui, citer le Coran 3,85 (« Qui veut un autre culte que l’islam est rejeté ») et 48,28 (« L’islam doit supplanter toutes les autres religions ») est irrecevable et, en me citant dans sa recension de la page 95, il tronque ma phrase en omettant ces références qui montrent clairement que c’est le Coran lui-même qui parle ainsi, et ces versets sont tardifs et non abrogés. Il ne veut même pas voir le Coran.

 

4/ Manque de « nuances » : il me reproche le lien entre les attentats de Londres (p.73) et le refus naïf de critiquer l’islam, lien qu’il dit « sans nuances » et non prouvé, alors que je rappelle les graves négligences avérées et notoires de l’administration britannique sur le Londonistan, et son mutisme très remarquable. Cette manière de ne pas vouloir voir est confondante de naïveté.

 

 5/ Il me reproche de ne pas voir le lien des qualités d’accueil et d’hospitalité avec la doctrine islamique (qu’il serait bien en peine d’expliciter). En réalité, ces qualités tout à fait réelles ne sont pas liées à l’islam mais sont culturelles à tout l’Orient, musulman ou non, et depuis longtemps ; c’est pourquoi je ne les ai pas mises comme caractéristique d’une cohérence. Par exemple, l’hospitalité d’Abraham à ses trois visiteurs est développée dans la Bible (Gn 18,3-9) mais non dans le Coran très laconique (11,69 ; 15,51 ; 51,26-27).

 

 6/ Il me reproche une conception catholique récente de la révélation. Que la Révélation  du  Christ  nous  ouvre à  la  participation  à  la Vie divine n’est pas récent : 2e lettre de Pierre 1,4 ! Et cela n’a rien à voir avec le Dieu « impénétrable » (sourate 112,2) du Coran (p.96). Tous les islamologues savent très bien qu’en islam Dieu ne révèle pas son Mystère : il n’y a sûrement pas de régime de communion avec Lui, n’en déplaise aux chrétiens qui voudraient voir l’islam à leurs vues chrétiennes. Comment notre censeur peut-il ignorer tout cela ?

 

 7/ Il me reproche de ne pas « regarder avec une haute estime la foi des musulmans ». Vatican II « regarde aussi avec estime les musulmans » (Nostra aetate §3) mais ne considère pas leur doctrine, sauf dans « ce qui est vrai  et saint dans ces religions…qui apportent souvent un rayon de vérité » (§2). Il note, sans commentaire qui exigerait de très nombreuses nuances pour le coup, leur foi au Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur, qui a parlé aux hommes, et les jugera ressuscités. Ici, tous les mots ont un autre sens en islam et christianisme. Tout théologien doit le savoir. Là encore le déséquilibre entre l’affectif pour les personnes et la liberté d’appréciation sur le chemin de ces personnes signe chez notre censeur une position délibérément naïve, peu lucide et manquant de liberté. C’est souvent ce qui arrive avec les musulmans : leur gentillesse et leur manque grave de liberté nous enlèvent notre propre liberté à nous. Nous devons les aider à acquérir cette liberté. Alors le dialogue sera effectif et profond : vrai.   

 

François Jourdan. >>

                                                                                                                                          

 

(*)  La préface de Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans est du Pr Rémi Brague.

 

 

 

______________M

Commentaire – Je publie cette mise au point du P. Jourdan, non pour ouvrir une polémique avec des musulmans, mais pour aider les chrétiens à faire face aux réalités. Esquiver ce qui dérange n’est pas une attitude salubre. Dialoguer est un devoir, mais sur la base de la reconnaissance et de la simple connaissance mutuelles : ce principe s'applique aux religions autant qu'aux personnes...

m

 

Commentaires

CONFUSIONNISME

> Le confusionnisme installé dans ce domaine chez des chrétiens depuis trente ans relève, non d'une islamophilie excessive, mais d'une volonté trouble de dissoudre la foi chrétienne. Attitude inexplicable et qu'on retrouve dans d'autres domaines. Ils veulent à la fois pouvoir continuer à se réclamer du christianisme, et supprimer le contenu du christianisme. C'est plus que malsain. Et on retrouve cette attitude du haut en bas de l'échelle intellectuelle, ce qui prouve que ce n'est pas une question de savoirs mais de désir. Quel est le nom de ce désir-là ?

Ecrit par : Kaliman | 17.05.2008

ET GOUGUENHEIM

> Ce serait l'occasion de faire le point sur la polémique semblable, mais autrement plus violente, qui vient de se déchaîner contre Sylvain Gouguenheim, auteur du livre "Aristote au Mont Saint Michel". Tribunes et articles vengeurs se sont succédés dans Le Monde, Libération ou le Nouvel Obs, contre cet ouvrage d'historien entendant rappeler que l'Occident n'avait pas attendu l'apport arabe pour hériter de la Grèce. Une pétition a même circulé pour exiger sa démission de son poste d'enseignant à l'ENS de Lyon.

Philarète


[ De PP à Ph. - À une nuance près : Gouguenheim est attaqué par ses confrères universitaires, pour des raisons qui tiennent (en partie) à la classique rivalité corporative. Alors que les attaques contre Jourdan sont venues d'un courant interne au christianisme, pour cette raison (incongrue) que des chrétiens ne voient plus la différence entre le Dieu solitaire de l'islam et la Trinité chrétienne... Différence que les musulmans, eux, voient très nettement ! ]

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Ecrit par : Philarete | 17.05.2008

BIENVENU

> "Quel est le nom de ce désir-là ?" En d'autres temps, on aurait appelé cela un désir d'apostasie. Quand les croyants ne sont plus au clair avec leur foi, quand ils oublient les dogmes, ils passent à l'islam, comme cela s'est vu au moment de la conquête musulmane, lorsque des terres entièrement chrétiennes ont embrassé la religion du vainqueur — pourtant en infériorité numérique. C'est une des trois tentations dans l'Eglise qu'a analysé Alain Besançon. Pour lutter contre cette tentation, le livre du P. Jourdan est bienvenu.

Ecrit par : Sébastien | 17.05.2008

CEUX QUI CONFONDENT

> La polémique, si polémique il y a, n'est pas avec les musulmans, mais avec un certain nombre de chrétiens qui confondent dialogue entre chrétiens et musulmans, qui nécessite estime et respect mutuel, et dialogue islamo-chrétien, qui nécessite recherche et amour de la vérité.

Ecrit par : Michel de Guibert | 17.05.2008

CLARTE

> Le GRIC, site où l'on peut lire les écrits de Henri de La Hougue montre qu'il reste du chemin à parcourir chez beaucoup d'entre nous pour affirmer l'originalité de notre Foi dans l'écoute de l'Autre. Cette double contrainte d'affirmation et d'écoute, encadrée par un esprit de charité, ne peut se satisfaire des confusions et des faux-semblants que dénonce le Père Jourdan en matière de dialogue islamo-chrétien.
Quant à Sylvain Gouguenheim, on peut lui faire le reproche d'avoir consacré une partie de son livre à une critique de l'Islam, dépassant ainsi son propos de départ.

Ecrit par : sombre héros | 17.05.2008

UN LIVRE REMARQUABLE

> J'ai lu quasiment d'un trait le livre du Père Jourdan; je ne dirai qu'un seul mot : remarquable. L'ouvrage d'Edouard-Marie Gallez intitulé "Le messie et son prophète" en deux volumes aux éditions de Paris est remarquable également et apporte à mon sens un éclairage complémentaire à celui du P. Jourdan.
Le livre de S. Gouguenheim est aussi passionnant.
Concernant le style des critiques rencontrées sur ces sujets, elles ne sont malheureusement pas étonnantes car c’est le lot commun de ceux qui s’exercent au discernement et ont le courage de l’exprimer dans leur action qui à leur manière favorise l’évangélisation. Et le discernement dans les ouvrages précités ne manque pas.
Nous sommes actuellement à un véritable tournant où tout est possible et le pire, bien qu’il ne soit pas certain, est tout de même à craindre pour une période intermédiaire plus ou moins proche. Car la fureur de séparer dès maintenant le bon grain de l’ivraie - selon leur propre jugement relativiste et ténébreux - s’empare plus que jamais de nombreuses élites influentes de ce monde. Seule l’évangélisation permet d’éclairer l’expérience, souvent dramatique à cause des souffrances occasionnées, des conséquences en tout homme du dérèglement du désir suite au péché originel, lequel dérèglement intérieur à nous-même et dont l’origine vient de Satan nous pousse à la faute... Les consciences sont obscurcies à un point tel que si demain par exemple, il y avait un référendum sur l’euthanasie, cette dernière disposition essentiellement criminelle comme l’avortement serait adoptée.
Les hommes d’orgueil (sans nul doute poussés par leur tempérament et sans savoir ce qu’ils font) s’agitent en tout sens, les vérités de foi demeurent. L’existence même de l’Eglise catholique leur est insupportable, ils sont prêts à tout pour tenter de la détruire.
Car cette Eglise apostolique est gardienne du précieux dépôt de la foi qui éclaire l’homme sur lui-même et lui permet ainsi de s’engager dans le chemin de la guérison. Le mystère d’iniquité travaille aussi à sa manière à l’édification des hommes, car quand les yeux de ces derniers ce dessilleront, les artisans invétérés de guerre auront intérêt à courir très vite.
Le salut est ni plus ni moins le moment où l’homme COMPREND TOUT SEUL ET INTIMEMENT par les souffrances qu’il se sera LIBREMENT IMPOSEES par l’exercice de SA LIBERTE ABSOLUE, que DIEU ne lui veut que du BIEN pour l’éternité à tel point qu’il s’est incarné pour se livrer entre les mains de sa créature, avec le résultat que l’on sait : celui de la Croix. Donc, pour ce qui est de la souffrance, le Verbe Créateur aura DONNE DE SA PERSONNE ; c’est une réalité CONCRETE stupéfiante.
Et devant le CONSTAT personnel et INTIME de l’incroyable BEAUTE et BONTE des œuvres de DIEU, il y aura ce jour là de grands pleurs de joie d’avoir un SI GRAND CREATEUR. Toutes les souffrances trouveront enfin leur sens et seront oubliées.
A la grâce de DIEU UN et TRINE
Et merci à ce DIEU d’avoir mis l’eucharistie à la disposition des hommes, on peut ainsi manger de l’arbre de Vie. Pour l’arbre de la connaissance du bien et du mal, on en est gavé jusqu’à en vomir.

Ecrit par : roxane | 17.05.2008

CLINTON-OBAMA

> Merci pour votre vision claire et juste de l'actualité. Votre courage singulier de sortir des sentiers battus de la pensée unique.
Pourrez vous nous parler des vraies différences entre Clinton et Obama ? Puis des vrais enjeux permanents entre démocrates et républicains ?
Merci
H+

[ De Pp à H. - Je vais essayer de réfléchir avec vous tous sur la campagne américaine. C'est beaucoup plus complexe qu'on ne le croit de ce côté-ci de l'Atlantique, spécialement à droite où l'on prend McCain pour un président souhaitable ! J'avoue une sympathie toute subjective envers Obama, et une antipathie du même ordre envers Hillary... Mais soyons sérieux et analysons. Ce sera pour les semaines à venir. ]

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Ecrit par : Padrecito | 18.05.2008

LIENS

> Modeste contribution : l'article de Henri de la Hougue http://www.gric.asso.fr/spip.php?article160 et l'émission Répliques à laquelle le Père François a participé : http://www.mediafire.com/?qonjt0dx4wx
Le livre est vraiment intéressant pour les non-spécialistes. Un travail!

Ecrit par : Dom | 18.05.2008

M'ECLAIRER

J'avoue pour ma part être un peu dépassé par le "qui confondent dialogue entre chrétiens et musulmans,...et dialogue islamo-chrétien".
Pourrais-tu m'éclairer ? Quand à ceux qui s'aventurent dans le dialogue (que je trouve nécessaire) je ferais remarquer que force est de constater qu’il n'a pas lieu dans les pays à majorité musulmane. Il y’ à là un vrai défi du vivre ensemble (dans toutes ses dimensions) qui ne semble pas avoir été compris.

Cordialement
Iader

Ecrit par : Iader | 18.05.2008

@ IADER

> Ce que je voulais dire, c'est que le dialogue entre personnes, chrétiennes et musulmanes est possible avec un minimum d'estime et de respect mutuel ; mais que le supposé dialogue entre religions chrétienne et islamique est un leurre s'il ne s'enracine pas dans la recherche et dans l'amour de la vérité, et qu'il bute alors très vite en vertu même du principe de non-contradiction.

Ecrit par : Michel de Guibert | 18.05.2008

PRUDENT

> Je reste prudent face au débat entre les P. Jourdan et de la Hougue : si la recension publiée par ce dernier ne me semble pas pouvoir se résumer à "une habile construction de coquilles vides, de soupçons non étayés, de procès d’intention", je n'ai pas encore trouvé le temps de lire le livre du premier (dont je reste sûr de l'intérêt, malgré un titre inutilement polémique).
Quant au livre du P. Gallez, là, c'est une autre histoire : étudier le Coran à partir du syriaque est pertinent, mais tirer de cette étude une thèse aussi tirée par les cheveux... Je laisse cela aux amateurs du "Da Vinci Code" de triste mémoire.
Quitte à lire un ouvrage récent, je propose plutôt "Le Coran décrypté : figures bibliques en arabie" de Jacqueline Chabbi. La méthode est sérieuse, et les hypothèses présentées ne s'érigent pas en vérités.
Reste la question du dialogue islamo-chrétien. C'est une "nécessité vitale" (Benoît XVI, août 2005). Aussi ne jugeons pas trop vite les catholiques qui s'efforcent à cette tâche ardue depuis des années. Parler "d'une volonté trouble de dissoudre la foi chrétienne" me choque : nous prenons-nous pour Celui qui, Seul, connaît le secret des coeurs ?
Certes, sombrer dans l'angélisme est l'un des écueils du dialogue ; mais n'oublions pas l'une des causes de cette erreur : tout le monde parle de "L'Islam" au singulier, alors qu'il s'agit évidemment d'un phénomène protéiforme ! Contrairement au catholicisme, il n'y a pas de Magistère qui permette de dire quel est le "vrai" islam.
Ainsi, jauger l'Islam à partir du Coran (comme le fait par exemple M-T Urvoy) est une vérité et une grande erreur ; le faire à partir de la foi des croyants musulmans ouverts au dialogues est une vérité et une grande erreur ; le faire à partir de l'iniquité des lois des pays dits "musulmans" est une vérité et une grande erreur...
Ecoutons donc ce que peuvent nous apporter les artisans de ce dialogue (aussi bien F. Jourdan que H. de la Hougue) et, en ces lendemains de Pentecôte, faisons confiance à l'Esprit qui "souffle où Il veut" et dont on ne sait "ni d'où Il vient, ni où Il va" (Jn III, 8).

Ren'


[ De PP à Ren' :
Certes. Mais sur le point de détail de la "volonté trouble de dissoudre", on voit de quoi parle Kaliman : non de la démarche d'arabisants connaissant bien la question et aptes au dialogue, mais de celle de chrétiens connaissant leur propre religion presque aussi mal que l'islam, et dont le mobile est bel et bien le confusionnisme. Beaucoup de témoignages de ce problème ont été apportés. Ce n'est pas une raison pour renoncer au dialogue de fond ; au contraire ! (bien qu'il soit aléatoire, comme vous l'avez souligné vous-même antérieurement et à plusieurs reprises). Mais c'est une raison pour le réserver aux gens qui savent à peu près de quoi ils parlent et comprennent la portée de ce qu'on leur répond. ]

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Ecrit par : Ren' | 19.05.2008

LE CAS DE SLIMANE BOUHAFS

Est-ce que dans les discussions qu'ont les spécialistes du dialogue, on peut soulever des cas concrets des défis du vivre ensemble.
Lisez ce qui suit, c'est sur des cas concrets comme celui-là aussi que l'on voudrait voir le dialogue et la réciprocité?

Cordialement à tous.



C’est après avoir épuisé toutes les démarches auprès des autorités nationales algériennes et des instances internationales que Slimane Bouhafs, citoyen de la commune de Bousellam, dans la daïra de Bouandas rattachée à la wilaya de Sétif, plus précisément résidant au village Zerkoun, est arrivé à l’ultime recours, à savoir, saisir par écrit le tribunal international de La haye des Pays Bas.

Le seul « tort » de Slimane Bouhafs est de s’être converti au christianisme en 1997. On constatera que, finalement, la campagne antichrétienne acharnée du pouvoir algérien (avec ses relais y compris une certaine presse écrite soi-disant indépendante et les médias lourd) ne date pas d’aujourd’hui… et cela, même s’il apparaît que la persécution, car il s’agit bien d’une persécution, a atteint les limites de la raison. Quant à la constitution algérienne qui garantit la liberté de conscience et les libertés individuelles, il vaut mieux ne pas en parler puisqu’elle est violée par ceux qui sont censés la faire respecter.

Venons maintenant au cas Slimane Bouhafs du village Zerkoun qui, malheureusement, n’est qu’un cas parmi tant d’autres : Sans exagérer, les chrétiens d’Algérie n’ont « aucun » droit sur le terrain réel et les textes de loi ne servent vraiment à rien…

C’est donc en 1997 que Slimane Bouhafs a choisi de se convertir au christianisme non sans avoir bien réfléchi. Il sera baptisé en 2006. Trois ans auparavant, il rejoint les rangs du MAK, mouvement qui garantit la liberté de culte. Vu la réaction de son intolérant entourage, aurait-il été préférable pour lui de cacher son appartenance ? Ce qu’il faut comprendre, c’est que, Slimane Bouhafs a préféré la voie courageuse de s’afficher et de se défendre au risque de perdre sa vie. En effet, en 2003, un extrémiste envoyé par un groupe de personnes résidantes en France l’a agressé avec une arme blanche. S’il en est sorti vivant, c’est grâce à l’intervention de gens de passage. Cela lui vaudra quand-même huit jours d’hospitalisation.

Si le fait d’être agressé par un extrémiste religieux paraît banal en 2003 (C’était la décennie noire), la suite donnée à cet acte après la plainte de la victime est choquante : C’est le « plaignant » qui est condamné à de la prison avec sursis ! La raison ? Eh bien, cet extrémiste n’aurait accompli qu’un acte de « djihad », c’est-à-dire la défense de la foi… On aurait également trouvé « normal ( ?) » que Slimane Bouhafs soit persécuté par son entourage borné et intolérant, mais quand les autorités s’y mettent en violant (rappelons-le) la constitution, cela devient autre chose. Malheureusement, ce n’est que le début du cauchemar pour Slimane Bouhafs.

Même le président de la république, saisi par Slimane Bouhafs espérant faire aboutir son recours, celui-là même qui est sensé être le premier à faire respecter la constitution algérienne, a préféré fustiger tous ceux qui ont fait d’autres choix que l’Islam : C’était dans un de ses discours à Constantine. Dans ce cas, on aimerait bien savoir comment Abdelaziz Bouteflika ose espérer avoir le prix Nobel de la… paix (En effet, son nom a été retenu) alors qu’il s’est lancé dans une « guerre » antichrétienne : C’est ridicule.

Puisque le président de la république en personne « bénit » les « croisades du 21ème siècle », comment s’étonner, dans ce cas, que les représentants du ministère des affaires religieuses (les imams) passent leur temps à condamner ceux qui ont choisi d’être chrétiens ? Et puis, de quel droit se substituent-ils à Dieu, seul habilité à juger les êtres humains ? Comme si cela ne suffisait pas, la persécution ne se limite pas à la seule personne de Slimane Bouhafs, mais, même ses enfants subissent les pressions et les menaces. Pourtant, ces derniers obtiennent de bonnes notes à l’école. Mais, alors que leur bonne éducation et leur assiduité à l’école est exemplaire, la société ne les voient que comme… des « mécréants », comme si les chrétiens ne sont pas des croyants !

Relater en détails le cauchemar de Slimane Bouhafs et sa petite famille n’est pas une affaire d’un simple article… sans oublier que c’est toute la communauté chrétienne qui est persécutée par une société qui ne cesse de leurrer tout le monde en se disant « tolérante » : C’est faux et c’est démontré. De notre côté, nous parlerons, sans exagérer, d’inhumanisme. Sinon, comment expliquer alors que Slimane Bouhafs soit exclu de toute forme d’aide sociale malgré son invalidité ? Comment expliquer aussi la destruction de son dossier de demande de logement social alors que son habitation actuelle (donnée par son père) est menacée d’effondrement ?

Nous terminerons par saluer le courage de Slimane Bouhafs qui a préféré lutter pour ses droits en « osant » (C’est le terme puisque, nombreux sont ceux qui ont peur) s’afficher d’abord, et de saisir qui de droit ensuite. En effet, tous les recours possibles au niveau national et international ont été épuisés : Le ministère de la justice, de l’intérieur ainsi que le président de la république. L’Etat algérien ayant préféré encourager l’extrémisme en violation de la constitution, Slimane Bouhafs, connaissant les droits et ne s’étant pas découragé, s’est tourné donc vers les instances internationales. C’est ainsi que le Vatican, l’ONU, la FIDH et l’Union Européenne ont été saisies. Si l’UE s’est déclarée « incompétente » faute de conventions et, donc, de prérogatives, le Vatican n’a pas été insensible puisqu’il a dépêché sur place un envoyé.

Voilà pourquoi la Cour Pénale Internationale de La haye (Pays Bas) a été saisie. Cette instance a répondu pour informer Slimane Bouhafs de l’enregistrement de sa plainte contre l’injustice en Algérie tout en l’assurant que cette affaire recevra toute l’attention voulue conformément au statut de Rome de la Cour Pénale Internationale. En attendant Slimane Bouhafs se bat quotidiennement pour ses droits élémentaires sans se passer de ses convictions malgré le comportement inhumain d’une société qui n’a jamais cessé de vanter son caractère « tolérant ». En fait, la réalité quotidienne prouve le contraire.

Kamel SOUAMI

Ecrit par : Iader | 20.05.2008

A REN'

> Vous dites en parlant des travaux de E.M.Gallez "étudier le Coran à partir du syriaque est pertinent, mais tirer de cette étude une thèse aussi tirée par les cheveux..."
Celà ne semble pas reflèter l'objet de ses recherches.

Iader

Cordialement votre



Sur le site d'E.M.Gallez on lit ce qui suit en guise d'Editorial

http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/edito-index.htm

Des millions de gens ont vu le court-métrage du député néerlandais Geert Wilders intitulé « Fitna » (séduction en arabe, au sens très péjoratif de détournement du croyant par rapport au chemin voulu par Dieu, le sabîl Llah). Est-ce un chef-d’œuvre ? Tout au plus un montage comme peut en faire un bon étudiant en communication. D’aucuns ont parlé de navet. Mais alors, pourquoi un tel succès ?

En réalité, le contenu importait peu, et cela pour deux raisons. D’abord, fait extraordinaire, ce film a eu le privilège d’être condamné alors qu’il n’existait pas encore. Puis, une fois réalisé, les plateformes que sont YouTube, Dailymotion et LiveLeak ont bloqué les tentatives de le mettre en diffusion ; seule la troisième l’a réautorisé (depuis le 4 avril 2008), non sans l’accompagner d’une mise en garde contre d’éventuelles poursuites judiciaires contre celui qui le regarderait ! Certes, on le trouve en accès direct sur d’autres sites, plus thématiques, mais la question se pose : est-on devenus fou ? Les images utilisées par Fitna proviennent des grands medias (on les trouvait déjà partiellement sur certains sites). Quant aux texte, ils sont tirés du Coran ainsi que de la presse néerlandaise. Presque du banal. Et voilà ce petit montage promu parmi les films les plus regardés, et suscitant la panique parmi le gouvernement des Pays-Bas !

Apparemment, les seules personnes sensées sont les musulmans du pays, qui n’ont pas bougé ; il faut dire que l’assassinat du cinéaste Théo van Gogh, fait en leur nom deux ans plus tôt, en avait choqué beaucoup. Il faut dire aussi que, pour la plupart, ils ne connaissent pas le contenu du Coran et en ont découvert certains passages à cette occasion.

L’autre raison d’être étonné vient du souvenir des critiques qui avaient été orchestrées contre une phrase (sortie de son contexte par la BBC) de Benoît XVI à Ratisbonne le 12 septembre 2006. La citation était celle d’un Empereur byzantin qui reprochait à Mahomet d’avoir répandu sa foi par l’épée. Mais n’est-ce pas ce qu’enseignent tous les manuels scolaires en usage dans les pays arabo-musulmans ? Avec une différence : le ton n’est pas celui du reproche mais celui de la louange. Justement, imaginons un instant que, en guise de fond musical, Geert Wilders ait mis un air joyeux et entraînant à la place de la lancinante et lugubre musique de La mort d’Aze (tirée de Peer Gynt, d’Ibsen) – par exemple Trumpet Voluntary de Purcel ou un air d’Offenbach. Au lieu d’être honni par les fanatiques, son film aurait été acclamé par eux – mais il en aurait choqué d’autres.

Le problème réel n’a jamais été de savoir si l’Islam est violent, mais de savoir si c’est bien ou non. Ce qui est reproché à Benoît XVI, c’est d’avoir dit que ce n’était pas bien. Si Dieu le veut et l’a enseigné, quel homme peut-il dire que la violence est mauvaise ? Cependant, comment savons-nous ce que Dieu veut ou non ? Certains diront : c’est dans le Coran. Sans doute, et s’il fallait en retirer les versets qui prônent directement ou indirectement la confrontation violente, c’est le quart des pages qu’il faudrait enlever.

Par comparaison, dans les livres du Nouveau Testament, on ne trouve rien de semblable – et les musulmans cultivés le savent bien. Pour autant, il serait faux de dire que le Coran a inventé l’idée de la violence au nom de Dieu : une tradition (anti-chrétienne) antérieure l’a enseignée dans divers écrits et l’a répandue, durant six siècles.

Comment cette manière de penser a-t-elle pu naître, se justifier et se répandre ?

Tel est le problème de fond que ce site veut aborder – et qu’on ne trouvera guère ailleurs.

Ecrit par : Iader | 20.05.2008

@ IADER

> Il me semble que le problème n'est pas tant de retirer du Coran les versets violents (la Bible en contient aussi) que d'ouvrir le Coran à l'exégèse et à la lecture hitorico-critique et d'admettre que le Coran n'est pas le "Livre incréé descendu du ciel dans une pure langue arabe" auquel il ne serait pas possible de toucher, mais un livre, inspiré pour ceux qui s'y réfèrent et qui peut être pour eux un chemin vers Dieu, mais à la condition de l'étudier dans son contexte et de ne pas le sacraliser plus que Dieu lui-même.

Ecrit par : Michel de Guibert | 21.05.2008

@ lADER

Je suis très sensible à la question des chrétiens en terre d'islam en général et de ceux du maghreb en particulier.
Avez-vous l'adresse d'un site qui relaie leur situation et donne des témoignages de ce que vivent ces hommes et femmes ?
Sur un tout autre registre, l'Algérie est-elle signataire des droits de l'homme musulman ?

Ecrit par : sombre héros | 21.05.2008

AMASIH

> Je suis moi aussi très sensible à la question des chrétiens en terre d'Islam.
Iader a sûrement plus d'informations que moi, mais je me permets de vous indiquer un site concernant les chrétiens de Kabylie :
http://www.amasih.com/

Ecrit par : Michel de Guibert | 21.05.2008

UN SITE POUR L'ALGERIE

> Pour le site, je vous conseille le lien http://collectifalgerie.free.fr/fr/ qui est l'adresse du "Collectif Algérie pour la défense des Croyants autres que musulmans en Algérie".
L'Algérie est signataire de la déclaration universelle des droits de l'homme. Pour ce qui est des droits de l'homme musulman (vous faites réfèrence très probablement à la déclaration du Caire), je ne sais pas si ce état est signataire de cette charte.
Cordialement

Ecrit par : iader | 21.05.2008

SUNNA, SIRA

> Il me semble au contraire qu'il faudrait plutôt que les chrétiens reposent un peu le Coran, auquel on peut faire dire tout et son contraire, en particulier en matière de Djihâd (comme le signalent A. Morabia et J. Flori dans leurs très bons ouvrages respectifs).
Que ceux qui sont intéressés par l'islam (sunnite) se plongent plutôt dans la Sunna (il _faut_ lire Boukhari ou Mouslim) voire la Sira (contestée parfois car grossièrement pro-chiite, mais aux épisodes tellement connus des musulmans).

Ecrit par : alsds | 21.05.2008

@ PP et @ lADER

> Merci pour ces adresses de sites.
@ lader, renseignements pris, l'Algérie est bien signataire et rédactrice des droits de l'homme musulman. Je parle bien de ceux de 1990, dont je joins un lien pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas ce texte :
http://www.aidh.org/Biblio/Txt_Arabe/inst_org-decla90.htm

Ecrit par : sombre héros | 21.05.2008

SLIMANE BOUHAFS NOUS ECRIT :

> je te remercie du fond du ceur il faut prier pour que les musulmans voient la lumiére . merci

Ecrit par : slimane bouhafs | 11.06.2008

À SLIMANE BOUHAFS

> Bonjour Slimane, Azul Slimane,
J'espère que tu repasseras sur ce blog.
Bien sur que nous prions pour les musulmans et nous prions aussi pour tous ceux qui malheureusement comme C.Delorme vous ont offensé (vous chrétiens algériens) et peiné dans ces moments de peine et d'épreuve pour qu'il vous demande pardon.
C'est nous qui te remercions pour nous avoir rappelé que nous sommes unis dans un seul Corps. Le Corps du Christ.
Merci beaucoup. Tannemirt atas.
Ar tufat a gma.

Emmanuel Iader

Voila le commentaire de l'evangile d'aujourd'hui.

Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur la 1ère lettre aux Corinthiens, n° 24

« Va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande »
« La multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1Co 10,17). Qu'est-ce que ce pain ? Le Corps du Christ. Et que deviennent ceux qui le reçoivent ? Le Corps du Christ. Ils ne sont plus plusieurs corps, mais un seul. Que de grains de froment entrent dans la composition du pain ! Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu'ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres, tant ils sont unis.

Ainsi sommes-nous unis les uns avec les autres et avec le Christ. Il n'y a plus plusieurs corps nourris par divers aliments ; nous formons un seul corps, nourri et vivifié par un même pain. C'est pourquoi Paul dit : « Nous avons tous part à un seul pain. » Si nous participons tous au même pain, si nous sommes unis en lui au point de devenir un même corps, pourquoi ne sommes-nous pas unis par un même amour, étroitement liés entre nous par la même charité ?

Relisez l'histoire de nos ancêtres dans la foi et vous trouverez ce tableau remarquable : « La multitude des croyants avait un seul coeur et une seule âme » (Ac 4,32). Mais, hélas, il n'en est pas ainsi aujourd'hui. De nos jours l'Eglise offre le spectacle contraire ; on ne voit que conflits douloureux, divisions acharnées entre frères... Vous étiez loin de lui, mais le Christ n'a pas hésité à vous unir à lui. Et maintenant vous ne daignez pas l'imiter pour vous unir de tout coeur à votre frère ?... A cause du péché, nos corps pétris d'argile (Gn 2,7) avaient perdu la vie et étaient devenus esclaves de la mort ; le Fils de Dieu y a ajouté le levain de sa chair à lui, libre de tout péché, dans une plénitude de vie. Et il a donné son corps en nourriture à tous les hommes pour que, renouvelés par ce sacrement de l'autel, ils aient tous part à sa vie immortelle et bienheureuse.

Ecrit par : iader | 12.06.2008

MESSAGE DE SLIMANE BOUHAFS

> bonjour,
j'ai esssayé d'avoir un visa pour visiter la cathédrale a paris mais malheureusement j'ai trouvé des musulmans qui controlent toutes les situations pour avoir un visa au consulat de Annaba et qu' ils savent que je suis chrétien a cause de mes articles , ma demande est rejetée malgré mon dossier complet ,et j'ai découvert avec des preuves que ces monsieurs donnent des visas a des musulmans avec une fausse identité.
et aprés tout ca j'ai fait une lettre qui rapporte tous les détails pour le président de la république francaise le07/07/2008 et j'ai envoyé par fax cette lettre et aussi a l'opinion européenne, une autre pour l'ambassade de france en algerie et la derniere pour la TFI,
et a ce jour je n'ai pas de reponse .

Ecrit par : slimane bouhafs | 23.07.2008

VRAIMENT DES FRERES

> azul,
je te remercie monsieur emmanuel lader et je remercie tout les chrétiennes du monde , nous sommes vraiment des frères grace a notre dieu jésus .merci

Ecrit par : slimane bouhafs | 23.07.2008

A SLIMANE BOUHAFS

> bonjour à toi slimane bouhafs,
je découvre seulement ton existence ce matin, et je découvre aujourd'hui ta souffrance; elle est dans ta chair comme notre dévoué modèle de ce temps, l'apôtre St Paul.
je te salue donc bien cordialement, et m'abaisse devant toi au nom de ta foi, sans aucun doute bien plus grande et profonde que la mienne, puisque la tienne est déjà éprouvé par le Feu, afin de donner déjà sur la terre, de l'OR !!!!
ami je prierai donc désormais pour toi, dans mon âme, au mieux de mes pensées; que Le Seigneur me rappelle sans cesse ta vie, pour que ma prière vole vers Notre Père pour toi, au Nom de Son Divin Fils, et avec notre avocate du Ciel, la bienheureuse vièrge Marie.
je me demande, es-tu catholique ou protestant ? j'ai fondé ici une petite commission oecuménique.
que Dieu te garde dans la foi et l'Amour

Ecrit par : jean christian | 25.07.2008

DE SLIMANE BOUHAFS (KABYLIE)

> bonjour à toi aussi. Je te remercie du fond du coeur mon frére et je suis très ravi pour ce soutien moral. Sache qu'il ya plein d'autres gens qui souffrent comme moi mais eux il ont peur d'apparaitre. Merci encore mille mille fois. Si tu savais à quel point j'ai été très heureux de tout ce que tu fais pour moi. Moi je suis protestant.

Ecrit par : bouhafs slimane | 04.09.2008

LE CORAN ?

> je vous salut beaucoup pour tout ce que vous faites pour les chretiens.c'est ce soir que jai lu ce numéro sur le net .ce que je m'en vais en revanche vous demander c'est de m'aider moi à avoir la vraie comprehention du coran à la lumiere de la volonté de DIEU

Ecrit par : koutou yves jesugo | 09.06.2009

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