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02/04/2018

Résurrection : ce que l'on attend des chrétiens...

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...n'est pas ce qu'imaginent les frileux :


 

Matin de ce 2 avril à Europe 1 : ping-pong médiatique du philosophe et du journaliste, Raphaël Enthoven & Patrick Cohen. Pour ce lundi de Pâques,  les duettistes prennent comme "fin mot de l'info" [*] un tweet du 16 février dans lequel le pape François déclarait :  "Le message de Jésus est dérangeant, parce qu'il défie le pouvoir religieux mondain et provoque les consciences." Phrase explosive : elle confronte à la personne du Sauveur certains états de fait dans les Eglises... Enthoven compare l'intention du tweet papal à celle de Dostoïevski dans Les Possédés, quand il fait dire au grand inquisiteur - apostrophant le Christ revenu : "Tu nous déranges et tu le sais"... Enthoven conclut que le pape, étant avec le Christ contre l'inquisiteur, "dynamite sa propre institution".

Ce serait vrai si l'institution Eglise se réduisait à ses fautes historiques : simplification polémique très abusive, dans laquelle baigne notre société et qui fait gravement obstacle au témoignage des croyants (cf Le Monde 31/03, enquête Avoir 20 ans en 2018).

En réalité ce que le pape dynamite n'est pas "l'Eglise" en soi, mais très exactement ce qu'il appelle "mondanité religieuse" - au sens philosophique de mondanéité, souligne Enthoven : c'est-à-dire l'enlisement de structures d'Eglise dans du séculier, hier situations de pouvoirs (ce n'est plus le cas), aujourd'hui pesanteurs sociologiques. Une grande part de ce que l'on reproche à l'Eglise du passé venait  de la confusion - anti-évangélique - entre structures ecclésiales et pouvoirs temporels. Plus récemment, l'effet-repoussoir produit sur une France agnostique par certaines agitations (prises pour une "revanche catholique") est venu de la gentryfication des milieux "cathos" de l'Hexagone.

A l'inverse, on peut justement discerner - à travers l'angle choisi ce matin par Enthoven - ce que les gens d'aujourd'hui peuvent attendre des croyants. "Dieu n'est pas mort, peut-être a-t-il juste changé de visage", concluait l'enquête du Monde : ça ne veut pas dire que sa révélation en Jésus-Christ aurait changé, mais que la fidélité des chrétiens à Jésus-Christ leur impose de refléter une espérance christique perceptible par les contemporains.

Un prêtre, universitaire et curé de paroisse, m'écrit ce matin via Facebook : "S'appuyant sur saint Jean ('je suis le chemin, la Vérité, la vie'), un prof de séminaire préférait dire que la vérité chrétienne est odologique". L'odologie est l'étude de l'émission-transmission-réception de la production vocale, en analysant ce qui se passe aux niveaux du chanteur, de l'onde sonore émise et de sa perception par l'auditeur :  une mauvaise perception compromet l'ensemble, et cela provient de l'une des diverses causes pouvant rendre défectueuse l'émission. Dans le domaine du témoignage chrétien, ce sont ces causes - les attitudes fossiles -  que l'Eglise catholique est en train d'identifier pour les modifier. Et c'est cela qui est qualifié de "dynamitage" par l'émission de ce matin : terme un peu violent mais qui insiste sur la radicalité de la mutation nécessaire ; une mutation qui a pour but de nous rendre catholiques autrement - c'est à dire plus catholiques, et non pas "moins" comme le prétendent les conservateurs de fossiles.

Je laisse la parole au prêtre de ce matin : "Pour ma part, j'aime dire que si la Vérité est une personne, celle du Christ, on ne peut prétendre mettre la main dessus et l'enfermer... Toute personne demeure un mystère, plus encore si elle est divine ! Ce sont des bases tellement évidentes..."

 

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[*]    http://www.europe1.fr/emissions/le-fin-mot-de-linfo

 

 

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Commentaires

MACRON

> Le monde est entre les mains de « dynamiteurs » et, par bonheur, le pape François est bien autrement pertinent dans ce domaine qu’un Donald Trump ou un Emmanuel Macron.
A cet égard, voyez comme les grands médias se sont pour la plupart épargnés la peine de commenter la sortie incroyable de M. Macron en Inde, il y a trois semaines (si Raphaël Enthoven et Patrick Cohen en ont parlé, merci de me le signaler), sa déclaration la plus provocante depuis son élection comme président de la République (un hommage au « Il est interdit d’interdire » de Mai 68 ?).
Devant des étudiants indiens attendant de sa part un message d’avenir, susceptible de stimuler leur volonté d’entreprendre, « contentez-vous de faire, faites-le [Just do it] », a-t-il d’abord indiqué, bonhomme. Avant de se lâcher tout d’un coup et de fournir à la jeune assemblée cet ultime conseil, son algorithme personnel, le secret de sa réussite : « Ne respectez jamais les règles ! »
Vous imaginez le pape François disant : « Ne respectez jamais les règles ! »… Quel scandale cela produirait ! Mais non, il paraît définitivement acquis, dans nos médias, que si M. Macron transgresse, c’est forcément pour la bonne cause. Dans l’expertise à dénoncer les « attitudes fossiles », radios, télés et journaux vous le diront, il est le meilleur, voyez d’ailleurs avec quel art il dénonce analphabètes, chômeurs ou cheminots… tous coupables d’entraîner la France des premiers de cordée vers le bas !
Lundi prochain, 9 avril, en marge du front ouvert sur le business du vivant (PMA etc.) et de la mort (euthanasie etc.), le chef de l’Etat sera reçu aux Bernardins par les évêques de France et les premiers de cordée de l’Eglise qui est en France : j’avoue mon impatience de savoir ce qu’il va trouver, en si heureuse compagnie, pour dynamiter… les Dix commandements.
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Écrit par : Denis / | 02/04/2018

'ODOS' & 'ODÊ'

> "Odologique", du grec "odos", la voie, le chemin (comme dans "méthode")... Nous marchons avec Jésus comme les disciples d'Emmaüs, et c'est chemin faisant qu'Il nous dévoile les Écritures, et notre coeur brûle ; c'est Lui qui mène le mouvement, nous devons suivre son rythme, sa dynamique. Dès son élection, le pape François insistait sur cet "ambulare cum Christo". La vérité du Christ est un chemin, non pas un musée. À noter qu'Il a dit, dans l'ordre : "Je suis" 1) le chemin (donc il faut rester en mouvement et ne pas se scléroser, ni du coeur, ni de l'intelligence, mais avancer), 2) la vérité (elle se trouve si l'on avance, et se floute quand on n'avance plus ?), 3) la vie (le mouvement, l'avancée, la vérité qui brûle le coeur, c'est déjà la vie éternelle en nous, l'Esprit Saint qui nous anime et nous pousse à la louange, ce que nous ferons pour toujours au Ciel).

Alex

[ PP à Alex - Oui, en donnant à "odologie" l'étymologie "odos". Mais là il s'agit de l'étymologie "odê" ("chant") : "l'odologie" comme science de la voix est un terme homologué par le Conseil international de la langue française depuis 2002. Cela dit, l'interprétation "odos" est très fructueuse aussi ! ]

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Écrit par : Alex / | 02/04/2018

EGLISE(S)

> LES Eglises ?!

[ PP à TM :
- "Jean, aux sept Eglises qui sont en Asie Mineure : à vous la grâce et la paix, de la part de Celui qui est, qui était et qui vient..." (Apocalypse 1, 4)
- "Qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Eglises..." (Apocalypse 2, 7) ]

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Écrit par : Thomas Mousset | 02/04/2018

RULES

> Honnêtement, dans le contexte, le "don't respect the rules" macronien est plus proche du "think out the box" que d'un ode à la transgression tous azimuts...
http://www.lefigaro.fr/politique/2018/03/10/01002-20180310ARTFIG00117-emmanuel-macron-a-la-jeunesse-indienne-just-do-it-et-ne-respectez-jamais-les-regles.php
Ceci dit, ceux qui, dans l'histoire du monde, sont arrivés à quelque chose, que ce soit du point de vue politique, scientifique, ...ont tous été peu ou prou (plus prou que peu, d'ailleurs) des "transgressifs". A rester dans le rang, à cultiver une certaine droiture morale qui est trop souvent le "faux nez" à la peur d'oser, on ...n'arrive à rien, en tout cas à pas grand-chose (je parle d'expérience..pardon, c'était l'amertume du lundi soir).
Je ne sais plus quoi penser de notre président. Tant de gens l'ont qualifié de "pur produit marketing", prédisant sa chute imminente. Et il tient... Plus aucune opposition ... Une chose qu'on ne peut lui enlever, c'est qu'il a relevé la fonction présidentielle. On n'a plus honte de notre chef, malgré certaines maladresses (les remontrances publiques au général de Villiers resteront dans les...pardon, dans certaines mémoires). Quand on regarde les choses froidement, qui, dans l'histoire de France (voire même du monde ! ) a connu une ascension aussi fulgurante ? En moins de trois ans, passer du statut d'inconnu à celui de leader politique de premier plan, à l'aura quasi planétaire, c'est fascinant et en même temps cela fait peur. Je crois que M. Macron a les moyens d'enterrer la Vème République, de la faire évoluer vers autre chose. Un "troisième Empire", comme je dis souvent ?
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Écrit par : Feld / | 02/04/2018

@ Feld

> Arx tarpeia Capitoli proxima.
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Écrit par : Denis / | 03/04/2018

@ Feld (suite)

> Vous paraissez convaincu qu’un demi-dieu s’est installé à l’Elysée… Pour ma part, celui-ci aura beau me dire, paraphrasant son modèle Jupiter, « uaga fulmina mitto » (« je lance la foudre sineuse »), j’appliquerai à cette formule l’interprétation « odologique » qu’elle mérite : ouah ! gars… fulmine à mytho !
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Écrit par : Denis / | 03/04/2018

Mgr PANSARD

> Homélie de Mgr Pansard, nouvel évêque du diocèse d'Evry, pour la messe Chrismale :
https://evry.catholique.fr/Messe-chrismaleHomelie-de-Mgr-Pansard
Je ne sais pas si elle convient pour ce billet ou si elle mérite un billet à part, mais cette homélie m'a beaucoup touché et témoigne de l'élan de l'église missionnaire guidée par l'Esprit Saint !
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Écrit par : TZ / | 03/04/2018

@ Denis

> Comme vous j'avais vu la sortie de Macron: elle est proprement scandaleuse. Ce type ne respecte rien, et il le dit. Ne l'oubliez pas, c'est un acteur, il a fait du théâtre. Là le vernis a craqué: on a vu le vrai personnage.
Rien à voir: on le présente comme le plus grand philosophe de tous les temps. Sur le 1 il nous apprend: " Ma première approche de la philosophie, ce sont des lectures. J’ai d’abord emprunté des chemins buissonniers – Marcel Conche (philosophe né en 1922) a fait partie de mes premières lectures ; j’ai reçu ensuite, en classes préparatoires, un enseignement très classique." (voir: https://le1hebdo.fr/journal/numero/64/j-ai-rencontr-paul-ricoeur-qui-m-a-rduqu-sur-le-plan-philosophique-1067.html) S'il était vraiment un grand philosophe Marcel Conche ne lui aurait pas fait grande impression. Un avis intéressant sur Marcel Conche (fou rire interdit): http://www.thomas-aquin.net/PHPhorum/read.php?f=1&i=20326&t=20326

Pour finir: encore moins en lien, encore que ... On a déjà dit sur ce blogue combien Jean-Paul II était opposé à l'utilitarisme notamment dans le domaine de la sexualité. On a démontré que l'utilitarisme était au fondement du libéralisme classique et néo-classique. Je viens de trouver un texte dans lequel le défunt Pape s'affirme contre l'utilitarisme économique (il emploie l'expression); voir: https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1995/october/documents/hf_jp-ii_spe_05101995_address-to-uno.html
Si on le comprend, le libertaire, le libéral, et même le nationaliste sont des utilitaristes, c'est à dire qu'au fond, sans forcément le savoir, leur pensée est unie par ...l'égoïsme.
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Écrit par : ND / | 03/04/2018

@ Feld et Denis

> Qu'une telle "ascension" soit "fulgurante" ne la rend pas plus crédible ni défendable, au contraire. Cela m'a fait penser, avant même la fin de l'élection, à une oeuvre prémonitoire parue il y a plus de 100 ans : "Le maître de la terre" de Robert Hugh Benson ... disponible en ligne en cherchant un peu. Cet auteur a été cité sur ce blog le 10/04/2015 dans l'article : "Vers quoi allons-nous, et sous l'emprise de quelle force ?" qui reste d'actualité, n'est ce pas ?
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Écrit par : laureline / | 03/04/2018

@ Denis

> Non, je ne considère pas M. Macron comme un demi-dieu. Simplement, comme quelqu'un de très représentatif du corps de l'Inspection générale des finances (des capacités d'analyse et de synthèse très supérieures à celles du commun des mortels - il faut dire les choses comme elles sont- alliées à une certaine... imperfection dans l'humilité) avec quelque chose en plus. Il est le pur produit d'un système - le mondialisme libéral - dont il sait parfaitement jouer. Il en est même la parfaite image : à la fois fragile et donnant l'impression d'être éternel. Une sorte de Bonaparte postmoderne, qui provoque ...la sidération.
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Écrit par : Feld / | 03/04/2018

@ Denis (suite).

> Ce qui est également assez dingue c'est que, alors que jusqu'à présent la magistrature suprême était l'aboutissement de toute une vie, faite (trop souvent) d'intrigues, de bassesses et de trahisons, elle devient avec M. Macron un simple poste de milieu de carrière... D'ailleurs, que fera-t-il, après ? A 45 ans ? Il n'y a pas à tortiller : il devra se faire couronner empereur ou sacrer roi (lol) !
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Écrit par : Feld / | 04/04/2018

@ laureline

> Pour rebondir sur ce que vous écrivez, cf. le dernier commentaire sous cette note :
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2017/05/03/apres-friedman-thatcher-reagan-blair-little-caesar-5939700.html
Je ne dis pas que notre président est l'antéchrist des derniers temps ! Simplement, il faut prier pour lui, comme l'a d'ailleurs suggéré son épouse.
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Écrit par : Feld / | 04/04/2018

RESPECT OU PAS

> Merci à Denis pour cette information qui m'avait totalement échappé. Les médias de (dés)information en continu se sont bien gardés d'en faire des gorges chaudes, ni sujet à de ces débats interminables dont ils sont friands.
https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/emmanuel-macron-a-des-etudiants-indiens-ne-jamais-respecter-les-regles_2658304.html Édifiant !
Contrairement à Feld, je ne pense pas qu'il faille minorer la signification de son "ne respectez pas les règles". Au contraire, cela définit largement le personnage.
On l'a vu tout au long de sa campagne et ensuite. Il se sert des règles pour ligoter les autres (ses adversaires, tout comme les citoyens) mais ne se sent aucunement lié par elles. Ce qui abuse l'observateur, c'est qu'il le fait avec beaucoup d'habileté (et de rouerie). D'où sa fortune politique...
À vrai dire, il ne procède jamais là que comme beaucoup d'hommes politiques.
Cependant, il ne peut s'empêcher de montrer l'oreille (cette vidéo en est une preuve). Certes, il apprend vite, très vite, mais il n'a pas l'expérience des vieux rouliers et commet les erreurs des intrigants grisés par leur réussite et leur ascension rapide.
Cette ascension doit beaucoup à l'utilisation très professionnelle, et cynique, du markéting et au parrainage de puissantes oligarchies qui ont investi sur un poulain prometteur, et dont ils espèrent de forts retours sur investissement (ça a déjà bien commencé !).
Pourtant ce n'est ni Jupiter, ni Bonaparte à l'Élysée. Macron s'est forgé un personnage que les poses théâtrales et les décors en stuc n'arrivent pas à rendre pleinement crédible (sauf au regard des médias qui ressemblent fort aux courtisans du conte d'Andersen qui refusaient de voir la nudité du roi...). Sur le trône de l'Élysée se tient un caniche savant et bien peigné, soucieux de complaire à ses maîtres en ultra-libéralisme. L'algarade récente d'Erdogan montre que les chefs d'Etat qui comptent ne sont pas décidés à se laisser impressionner par les numéros de cirque.
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Écrit par : Réginald de Coucy / | 05/04/2018

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