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10/05/2017

Les adieux de la semaine

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François Hollande et Marion Maréchal Le Pen :


 

 

► En ce qui concerne M. Hollande, j'emprunte à l'historienne Ludivine Bantigny (La querelle des générations, Fayard 2013) cette sorte d'adieu publié dans Libération d'aujourd'hui :

<< Tout était déjà là : en 1985, Jacques Delors entonnait l’hymne de la "bataille économique joyeuse et sauvage" et "des réalités aussi souveraines et immuables que des étoiles dans la nuit" : la compétition, l’entreprise et le marché. François Hollande vantait le sacrifice d’emplois, les gains de productivité et le dynamisme des marchés financiers. Cette politique qu’il célébrait il y a trente ans, il l’aura menée jusqu’au bout durant son quinquennat : atteintes au code du travail et aux droits des chômeurs, amputation des dépenses publiques, crédit d’impôt et pacte de responsabilité, travail du dimanche et "en soirée" - l’euphémisme de la loi Macron -, libéralisation des professions réglementées qui a aujourd’hui un nom, l’"ubérisation". Et au milieu de ce cortège écrasant, la répression policière contre les manifestants.

«De telles "réformes" n’en sont pas : elles accroissent la précarité, creusent les inégalités et étendent la pauvreté. Elles frappent par la mise en concurrence, l’anxiété et parfois l’angoisse d’une compétition généralisée. Le mal qu’elles font porte des noms. Celui de Djamal Chaar, immolé par le feu devant un Pôle Emploi. Celui d’Edouard Postal, cheminot et syndicaliste harcelé par son employeur, qui s’est jeté sous un train. Celui de Rémi Fraisse, passionné d’écologie, à qui un gendarme a ôté la vie. Ceux de Lamine Dieng, Amine Bentounsi ou Adama Traoré. Faudrait-il un mémorial des vies brisées pour rappeler la responsabilité immense et l’indécence de gouvernements "socialistes" que, de toutes leurs forces, les socialistes historiques combattraient - et qui de fait ont été combattus, par les grèves et dans la rue ? Il était donc là, "le changement" ? >>

 

Quant à Mme Maréchal Le Pen : les radios parlent ce matin du départ de la "benjamine du FN" en la définissant, d'une seule voix, comme "catholique et libérale" (c'est-à-dire "catholique donc libérale"). L'idéologie économique libérale étant en contradiction avec la pensée sociale catholique, constatons que - pour les médias au moins - un "catholique" est quelqu'un qui ne pense PAS comme l'Eglise catholique sur des problèmes cruciaux de notre société. Ce qui nous ramène à la question récurrente : quelle image [*] des catholiques français donnent-ils du catholicisme ? Selon l'IFOP, les électeurs catholiques ont voté en majorité pour M. Macron ;  ce dernier est encore plus libéral que Mme Maréchal Le Pen ; une partie de ceux des catholiques français qui ont voté Macron, et de ceux qui choyaient en esprit Mme Maréchal Le Pen, ont fait comme si les encycliques sociales n'existaient pas. C'est certainement un souci pour la Conférence des évêques de France.

 

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[*]  On dira que le catholicisme "n'est pas une question d'image médiatique". C'est exact ! Il ne devrait pas en être une. Il devrait être le témoignage d'une foi (vécue par chacun) dans l'Evangile du Christ... D'où vient qu'il soit devenu - pour les médias - une histoire de "valeurs" et de milieu social, pouvant conduire à une bouffonnerie comme le vote Fillon ? Ce n'est pas de la faute de l'Evangile. Ni des médias. C'est la faute de ceux qui ont fait écran entre les deux, et qui se disent les plus "cathos" des catholiques.

 

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08:46 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : hollande, le pen

Commentaires

MACRON & MARION

> Il est exact que le "pragmatisme" revendiqué par M. Macron en matière sociale ne va pas dans le sens d'un renforcement des droits des travailleurs ; cette évolution va à contre-sens de la doctrine sociale de l'Église, rappelée avec force dans 'Laudato Si' sous le vocable d'écologie humaine intégrale.
Le nouveau président avait pourtant affirmé, comme l'a rapporté 'La Vie' : "En tant que décideur politique, le pape François a pris des décisions courageuses qui rejoignent mes valeurs, en particulier sur les migrants. Il a rappelé le devoir de l’Europe et le distinguo d’un point de vue géopolitique, moral et philosophique entre un migrant et un réfugié."
Est-ce à dire que M. Macron, comme F. Fillon ou M. Maréchal-Le Pen, trace volontairement un trait sur l'aspect économique de la pensée du Saint-Père (et du Magistère dans son ensemble) ? Cela rejoint votre propos à l'égard de l'électorat de Marion Maréchal-Le Pen, valable donc aussi en ce qui concerne celui d'E. Macron.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/05/2017

ÉCLAIRER

> N'ayant pas voulu lire la critique radicale du libéralisme économique dans les encycliques sociales, nombre de "tradis" continuent à croire que le seul libéralisme "condamné par l'Eglise" est le libéralisme philosophique au sens du XIXe siècle. Il faudrait les éclairer.
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Écrit par : Réjean Beaupied / | 10/05/2017

À VÉRIFIER

> Fréquentant de temps en temps les "tradis" (vu que j'apprécie la forme extraordinaire), je n'ai pas l'impression qu'il y ait plus de libéraux dans ce milieu que chez les catholiques "classiques", tout autant embourgeoisés (le milieu tradi ayant même parfois un côté "foutoir" en comparaison), mais ça serait à vérifier... En tous cas, c'est sûr que la schizophrénie est encore plus grande dans ce cas : difficile d'attaquer toutes les formes de libéralismes (philosophique, moral, culturel, artistique, liturgique,..) et d'épargner en même temps le libéralisme économique parce que l'on est du bon côté de la mondialisation...

GT


[ PP à GT - Leurs sites de référence sont d'un conformisme libéral à peu près complet, et l'agressivité de beaucoup d'entre eux envers le pape ne se dément pas. Je me souviens des aigreurs obtuses de l'un d'eux contre 'Laudato Si' au salon du livre chrétien de Dijon, il y a peu... ]

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Écrit par : Gilles Texier / | 10/05/2017

"CATHOLIQUE" ET "LIBÉRAL", UN OXYMORE

> Il m'apparaît toujours curieux ou incongru d'affubler le nom catholique d'un adjectif comme si ce substantif ne pouvait se suffire à lui-même.
Il serait donc vide de sens et nécessiterait une épithète pour le qualifier.
Dans ce cas pourquoi ne pas prendre le qualificatif libéral dans son sens littéraire, équivalent de généreux?
Hélas il n'en va pas ainsi dans l'acception du mot et les variations sémantiques ont depuis longtemps déserté les salles de rédaction comme les salles de cours.
Libéral est l'unique synonyme d'un système économique où la marchandise, l'objet, l'argent, la rentabilité, la richesse de quelques uns, priment avant tout et avant, bien avant, l'être humain!
Dans ce cas l'oxymore "catholique libéral" sert à ne rien dire puisqu'il est à l'exact opposé de l’Évangile dont les paroles n'ont de cesse de primer l'Homme sur tout autre considération, loi divine (sabbat) comprise!
Quant à la parabole des talents la considérer, comme entendu dans prêche récent, comme l'illustration du financier avisé récompensé, il faut ne pas connaître le soubassement midrashique dont elle s'inspire, dans un contexte polémique entre pharisiens et sadducéens, en transformant ce midrash en un appel à faire fructifier le trésor évangélique par sa proclamation auprès de tous.
Un appel à la mission, l'évangélisation, et non à l'enrichissement.
Dans cette perspective l'annonce de la Bonne Nouvelle aboutit en pratique sur l'enseignement social de l’Église .....
Enseignement social dont s'éloigne de plus en plus l'Europe actuelle.

AE


[ PP à AE :
Oxymore, oui, et c'est tout le problème.
J'ai par exemple sous les yeux un livre récent, parfaitement niais, publié (chez un éditeur important) par un brave homme qui revendique l'épithète "catholique libéral" en économie.
Ce qu'il explique n'a rien à voir avec le libéralisme réalisé : il invoque un libéralisme idéal jamais réalisé nulle part.
Le drame est que nombre de catholiques français, au nom de ce libéralisme imaginaire, récusent toute critique du libéralisme réel. Notamment la critique papale ! D'où le malaise actuel des bourgeois d'affaires catholiques envers le pape François. ]

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Écrit par : Albert E. / | 10/05/2017

LIBÉRALISME

> "L'idéologie économique libérale ... en contradiction avec la pensée sociale catholique"
Sur le principe, loin de moi l'idée d'en disconvenir; mais permettez un peu de (très) mauvais esprit.
Quand on voit l'accueil fait à Macron par certains courants intellectuels catholiques et même certains évêques, on est pris d'un rire nerveux. Et ce n'est pas nouveau, souvenons-nous de louanges qui entouraient un individu comme Jacques Delors...
Quant à la critique du libéralisme, elle ne doit pas faire oublier les ravages des technostructures administratives. Elles peuvent conduire à un désastre comme le mentionne cet article de LIMITE: http://revuelimite.fr/isabelle-saporta-le-productivisme-tue-lagriculture-francaise-12
Précisons que c'est parfaitement transposable à l'artisanat et la petite industrie et en particulier à la réparation d'articles usagés.

PH


[ PP à PH :
Vous soulevez deux problèmes différents.
1. Celui de l'identification d'une aile du catholicisme français à la bourgeoisie d'affaires,
2. et celui du mot "libéralisme". Il faut renoncer à l'appliquer à la liberté d'entreprendre, notamment dans les PME-TPE. Le libéralisme tel que nous le voyons en 2017 est le contraire de la liberté d'entreprendre : c'est le casino financier prédateur de l'économie réelle ; et c'est la dévoration du petit par le moyen et du moyen par le gros. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 10/05/2017

MARIE, FEMME PROVIDENTIELLE

> Etonnant : un pur produit marketing (même si on ne peut réduire un homme à cela) est sur le point d'occuper le fauteuil du général de Gaulle. Il a réuni autour de lui l'ensemble du "Camp du Bien" (Unitas, Unitas, Unitas, ...lol). La seule "force d'opposition" qui semble subsister est de fait en phase terminale, compte tenu de la disparition programmée de la famille Le Pen du paysage politique (le père qui se fait vieux, la fille qui aura fort à faire pour ne pas se faire éjecter, la petite-fille qui a choisi de se consacrer... à l'arrière petite-fille).
Très inquiétant, car il n'y aura plus de "parti exutoire" au désespoir du peuple (réel, quand on lit les commentaires sous les articles consacrés à ce qui vient d'arriver, tous sites confondus... 90 % de désarroi et de haine).
D'un autre côté, peut-être finira-t-on par se tourner vers la seule "femme providentielle" digne de ce nom" : Marie, mère de Dieu, protectrice des pauvres, reine de France... Issue du peuple juif, vénérée des chrétiens comme des musulmans.
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Écrit par : Feld / | 11/05/2017

@ Feld

> grand nombre de pays ont une croix sur leur drapeau, et tous n'ont pas les "pudeurs" de la France :
http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/02/22/le-cardinal-nichols-a-consacre-l-angleterre-et-le-pays-de-galles-au-coeur-i.html
mais tout cela ne date pas d'aujourd'hui :
http://www.paperblog.fr/849865/le-sacre-coeur-le-roi-de-france-et-la-france-2/
http://surlespasdessaints.over-blog.com/article-32666919.html
(fut-ce la cause de la déshérence de la royauté ensuite...?)

franz


[ PP à franz - Sur les croix et les références religieuses en politique (ou dans les armées), il y aurait beaucoup à objecter. Croix de St Georges anglaise flottant sur l'échafaud des catholiques à Tyburn, prétentions religieuses de l'arbitraire louis-quatorzien, "Gott mit uns" des ceinturons de l'armée de Gullaume II, "couronne d'étoiles" de Marie sur le drapeau du matéralisme mercantile bruxellois, etc. Pas de quoi se vanter. ]

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Écrit par : franz / | 14/05/2017

@ PP & franz :

> Sans oublier le fameux "In God we trust" !

PMalo


[ PP à PMalo - Bien sûr. Un "God" autre que celui des ceinturons allemands, mais tout aussi indiscernable... ]

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Écrit par : PMalo / | 15/05/2017

SYMBOLE

> Je ne dis pas que la croix fait la vertu, mais cela fait un symbole qu'on ne peut dès lors plus complétement oublier, après effectivement on peut en faire bon usage ou pas.
On est dans une société qui atomise sans fin l'humain, jusque dissocier le corps de l'esprit, et de l'autre se débarrasse de tous les repères possibles. Je ne prétendais pas à donner plus que la présence d'un simple symbole (après libre à chacun d'en faire [bon] usage).
______

Écrit par : franz / | 16/05/2017

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