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10/11/2016

Pourquoi et comment le "fantastique réseau global" ne pouvait pas voir venir la vague Trump aux Etats-Unis

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C'est le phénomène numérique des "bulles de filtrage" : 

http://www.numerama.com/tech/207428-bulles-de-filtrage-il...

Mon commentaire :


bulles de filtrage

 

 

Mon commentaire - Le phénomène des "bulles de filtrage" est un processus marketing : les algorithmes directeurs agglutinent les internautes par domaines d'affinités, comme n'importe quelle machinerie commerciale les agglutine par comportements consuméristes. Résultat : dans le domaine de la consommation, nous sommes harcelés de pub ciblée ; dans le domaine politique-idéologique-culturel, Facebook nous propose à jet continu des "amis" censés nous ressembler. Ce qui a pour effet de constituer des bulles (sortes de réserves d'Indiens : les Arapahos avec les Arapahos, les Chirikawas avec les Chirikawas, etc). Ce qui n'est pas exempt de manipulation : les "amis" que Facebook propose au catholique, par exemple, seront souvent du genre qui accaparait la e-visibilité depuis deux ou trois ans : c. à d. l'ultra-droite, même si le catholique ne se sent aucune affinité avec ce milieu qui sent le fagot sur le plan de l'orthodoxie chrétienne. C'est ainsi que les "bulles de filtrage" fabriquent de l'illusion.

Appliqué au choc Trump qui vient de se produire aux Etats-Unis, ce phénomène de "bulles" explique (en partie) la sidération des classes moyennes-supérieures du New-Jersey ou de la Californie, aux yeux desquelles ces millions de gens de l'Ohio ou  de l'Arkansas qui allaient voter Trump n'existaient tout simplement pas. A moins que Mme Clinton ne les écrase de son mépris durant un meeting...

Là est le danger des réseaux soi-disant "sociaux" : sauf exceptions de niches, ils ne produisent pas du social mais de la dissociété.  Ils accentuent de façon exponentielle la tendance à la dissolution de la société et les re-coagulations en ghettos mentaux.  Cette dissolution est l'effet direct de la tyrannie contagieuse du commercial, devenu seule force collective, et dont l'instrument est la segmentation du public en tranches exploitables.

Pour retrouver le sens du politique, comme le demandent nos évêques, il va falloir s'évader collectivement  de cette machinerie. Où est l'issue de secours ? Le débat est ouvert.

 

 

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Commentaires

"PETITS BLANCS"

> Comme le disait un intervenant étranger hier sur LCI:
"on a oublié qu'il y a quelque chose qui existe entre New-York et Los Angeles et qui s'appelle l'Amérique".
Mais quel mépris de certains qui parlaient sans cesse du vote des "petits blancs"....
Si cela continue, cela va leur faire drôle, cela me rappelle une histoire de reine et de brioche (même si elle n'a jamais dit cela en réalité).
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Écrit par : VF / | 10/11/2016

"Homines id quod volunt credunt." [*]
On n'a pas fait mieux comme analyste politique depuis.

[*] César, 'Guerre des Gaules', III, 18.
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Écrit par : Hébert / | 10/11/2016

MONDE ARTIFICIEL

> Philippe de Villiers avait fort bien expliqué dans un de ses précédents livres comment on fait naitre une cote dans les sondages. Il suffit de commander (donc payer) le sondage pour exister. Résultat: n'existe que ce que l'on veut faire exister.
Le corollaire est l'un des buts du sondage: influencer le choix électoral. Si untel n'a aucune chance, pourquoi voter pour lui? Par contre si unetelle a de grandes chances de gagner, alors il faut se déplacer pour renforcer sa probabilité de gagner.
Mais parfois le mode réel rattrape le monde créé artificiellement. Et ce n'est pas forcément pour le meilleur.
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Écrit par : Benoit C. / | 10/11/2016

ROLEX

> De toute façon si à 50 ans vous ne possédez pas une Rolex, vous n'existez pas ... ( je n'ai pas de Rolex . Dois-je en demander une à St Nicolas ? )
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Écrit par : Jean Claude Kill / | 10/11/2016

ÉPÉE

> "Elevons-nous à l'indifférence des sources" disait St Thomas d'Aquin... et l'Aquinate nous conseillerait certainement d'ignorer superbement les propositions des algorithmes. A titre personnel je n'en tiens jamais compte, et parfois-même ces propositions sont amusantes : une fois, parce que j'avais parlé de franc-maçonnerie dans une email, l’algorithme publicitaire de GMail m'avait proposé une "épée maçonnique de voyage", gros éclat de rire.
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Écrit par : Charles Vaugirard / | 10/11/2016

TOUS FICHÉS

> Bientôt, il n'y aura plus de sortie de secours :
http://linuxfr.org/users/glandos/journaux/un-autre-pouvoir-de-google
Tout le monde râle après le méga fichier qui va être généré pour les pièces d'identités et on se demande bien pourquoi !!!!!!
En effet, tout le monde accepte de se faire ficher par les mastodontes cités cet article en utilisant notamment ces objets au quotidien que sont les smartphones vendus par nos opérateurs.
Pour ma part, sur le plan informatique, je tâche de paramétrer mon navigateur internet au mieux avec Privacy Badger et µBlock Origin et je tâche de n'utiliser que des logiciels bio sans pesticides (même si ce n'est pas suffisant) tout en tachant de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier, étant précisé qu'un petit chez soi est bien préférable qu'à un grand chez les autres :-)
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Écrit par : Pierre O. / | 10/11/2016

AUTOCENSURE

> Une cause, plus simple et plus ancienne, de la surprise des politologues autoproclamés me semble être une autocensure des "sondés". Lorsque TOUS les grands médias présentent une opinion comme non respectable, certains cachent leur intention de vote, ce qui introduit une erreur de plusieurs points. On l'a vu à l'occasion d'élections ou de référendum en France, mais aussi en Suisse, Suède, Royaume -Uni.
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Écrit par : Pierre Huet / | 10/11/2016

GEORGE LAKOFF

> Pour ceux qui lisent l'anglais, ce billet de George Lakoff analyse plutôt lucidement (pour quelqu'un du camp clintonien, Berkeley oblige) les raisons de la victoire de Trump :
https://georgelakoff.com/2016/07/23/understanding-trump-2/
George Lakoff est professeur de linguistique cognitive à Berkeley, et accessoirement "rival" de Noam Chomsky.
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Écrit par : Albert Christophe / | 11/11/2016

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