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09/05/2016

Macron et ses éléments de langage

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L'opération Jeanne d'Arc ne trompe que ceux qui le veulent :


 

 

Hier 8 mai, invité par le maire LR d'Orléans à la commémoration johannique annuelle, le ministre de l'Economie a continué son étrange numéro.

Jeanne, a-t-il déclaré, "a eu l'intuition de l'unité de la France"...

La France réussira "si elle parvient à réunifier les France, celle qui croit en elle et celle qui doute..."

"A un certain moment de l'histoire, il faut rassembler les énergies..."

Ce vocabulaire en ravit quelques-uns. (Tant mieux, la fraîcheur d'âme est une vertu qui se perd). Mais les éléments de langage de M. Macron ne trompent que ceux qui le veulent : les perpétuels gens-de-droite, perpétuellement tentés de zapper le social et l'économique. On ne juge pas un ministre à la couleur de ses mots : on l'évalue à son action, et celle du ministre de l'Economie dément son excursus gaullo-capétien. La politique "ne se fait pas à la corbeille*", disait de Gaulle. M. Macron est l'homme de la corbeille. Ultralibéral aiguisé, il rase au 49-3 les dernières haies sociales protectrices ; et lorsqu'on est l'Argent au pouvoir, on n'a pas le droit de tenir des discours (abstraitement exacts) sur le "vide" de la démocratie française et l'absence de la fonction régalienne**. M. Macron est-il "le banquier qui voulait être roi", titre du livre que lui consacre un journaliste du Figaro ? Willem voit plus juste dans Libération ce matin. Son dessin montre des naïfs en extase autour d'un Macron faraud, qui ajuste son noeud de cravate en disant : "Ni droite, ni gauche : RIEN."

 

ps / Nouvelle hypothèse en vogue : M. Macron ne roulerait pas pour lui-même mais pour M. Hollande, candidat à bout de souffle qui nécessite une assistance respiratoire. On prend les paris ?

 

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* Corbeille : vieux mot pour désigner les marchés.

** entretien à l'hebdomadaire Le 1, juillet 2015.

 

 

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Commentaires

RIDICULE

> Rien de grave ! Encore une récupération ridicule de Jeanne la Pucelle ! Une de plus ! Bonne nuit, dormez bien !
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Écrit par : Pierronne la Bretonne / | 09/05/2016

LES TROIS TENTATIONS

> Je suis toujours fasciné par ces hommes et ces femmes, en apparence nombreux, qui semblent adhérer à la personne d’un Macron ou d’un Trump pour la capacité supposée de l’un et de l’autre à faire de l’argent. Avec ce raisonnement totalement primaire : « Il est millionnaire ! Avec lui, c’est sûr, la France (les Français) vont faire beaucoup d’argent ! »
Désolant…
Macron, comme Trump, suit simplement, me semble-t-il l’habituelle confrontation avec le Tentateur (Luc 4, 1:13).
D’abord franchir le miroir de la convoitise. Serait-il est allé au-delà du désir, de la convoitise du bien matériel, en s’affranchissant des limites du quotidien, du pain à gagner à la sueur de son front ? Aurait-il ainsi succombé à la première tentation (de Jésus au désert) – celle de l’avoir –, lors de son séjour dans une banque d’affaires (où il spécula par exemple sur les laits maternisés et en poudre vendus aux populations pauvres – dans le cadre du rachat d’une filiale de Pfizer par Nestlé) ?
On peut se le demander.
D’autant qu’il semble maintenant confronté à la deuxième tentation : celle des royaumes, la tentation du pouvoir qui consiste à renier Dieu pour suivre des idoles assurant la puissance ; ainsi donc, évoquer Jeanne d’Arc, mais en la coupant de Dieu, de ses voix, de sa singularité christique…
En attendant la troisième tentation, qui le verrait, ayant conquis assez de puissance, mettre Dieu à l’épreuve en essayant de capter et utiliser la puissance divine à son profit ? Et par exemple, en recréant le monde à son goût (à l’exemple de son mentor de l’Elysée, pour légiférer sur les fins du mariage, le droit de vivre ou de mourir, la posthumanité, le transhumanisme, la dignité du travailleur ?)…
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Écrit par : Denis / | 09/05/2016

JEANNE, MACRON, HOLLANDE

> 1.- "récupération ridicule de Jeanne" : la fête de Jeanne d'Arc n'appartient à aucun clan : c'est une fête nationale officielle (l'une des trois, avec le 14-Juillet et le 11-Novembre ; mais "mobile" puisque calée sur le deuxième dimanche de Mai). Cette fête devrait donc être célébrée par tous les élus de la Nation.
2.- "PS / Nouvelle hypothèse en vogue : M. Macron ne roulerait pas pour lui-même mais pour
M. Hollande, candidat à bout de souffle qui nécessite une assistance respiratoire. On prend les paris ?" Je ne sais pas si l'hypothèse est nouvelle. Mais elle est solide. Paris tenus. Pour 2017, en tout cas.
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Écrit par : Fondudaviation / | 09/05/2016

Salut Fondudaviation,

> Point 1: OK ! Tous les élus profitent des fêtes nationales officielles; donc, en l'occurrence Jeanne a été "macronisée" au profit de la "corbeille" !
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Écrit par : Pierronne la Bretonne / | 10/05/2016

DISCERNEMENT

> En effet, on juge un ministre à son action et non à ses mots.
Cependant, je ne partage pas l'utilisation de l'expression "éléments de langage" pour qualifier ce discours. Déployer des "éléments de langage" consiste à articuler de manière superficielle et creuse des mots clés qui sont en affinité avec une cible, sur un marché ou un segment de marché.
Or, le discours de Macron - à lire intégralement - ne se résume pas à quelques considérations creuses sur l'unité et le rassemblement, c'est un discours de fond, remarquable en son contenu et remarquablement bien écrit. Et s'il cible un segment, qui cible-t-il quand il exprime l'incroyable universalité de Jeanne ?
Ce discours n'est pas seulement une leçon historique, c'est une leçon politique de pleine actualité qui tranche avec la médiocrité ambiante.
Le paradoxe est que ce discours soit sous la plume et dans la bouche d'un apôtre de la mondialisation version big business. Je n'avance pas d'explication, je ne sais pas. Mais si je me réfère au contenu en pratiquant "l'indifférence envers les sources", je souscris à 95 % de ce qui est dit.

GP


[ PP à GP - C'est justement là le problème : un discours abstraitement exact, formulé par un personnage dont l'action concrète va en sens inverse. Il ne faut pas s'en tenir au contenu apparent : le discernement s'impose. Sinon il n'y a plus qu'à applaudir aussi le discours universel et vertueux de l'Antéchrist, dans la nouvelle de Soloviev ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Guillaume de Prémare / | 12/05/2016

@ PP

> Ah si Macron pouvait s'inspirer - en pensant au système économique - de cette "leçon de Jeanne" qu'il évoque dans son discours : "L'ordre des choses ne tient pas si cet ordre est injuste"...

GP


[ PP à GP - Comment un homme qui croit à la main invisible du marché, peut-il croire aussi à "l'ordre des choses" ? Ça ne va pas ensemble. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Guillaume de Prémare | 12/05/2016

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