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08/04/2016

Document du pape François sur l'amour dans la famille (5)

Impressions à première lecture :


 



C'est l'année de la Miséricorde : prions donc pour les prophètes de malheur qui nous annonçaient que le double synode des évêques sur la famille allait accoucher d'une « catastrophe doctrinale ». Le synode accouche d'un grand progrès pour l'évangélisation, et l'exhortation apostolique Amoris laetitia le dit à toute l'Eglise : évêques, prêtres, diacres, laïcs !

 

Faisant la synthèse du synode, ce document du pape François donne les orientations de l'Eglise sur l'amour dans la famille aujourd'hui. Le but est le même que dans tous les domaines de la vie chrétienne : que cet amour puisse faire connaître le Christ aux hommes et aux femmes de note temps. Pour que la famille chrétienne ne soit pas un microcosme narcissique, mais un rayonnement, gravons-nous dans l'esprit ce que disait Benoît XVI en 2008 : « L'être chrétien n'est jamais un fait accompli. C'est un cheminement, exigeant toujours une nouvelle mise en oeuvre...* »  Si les ultra-catholiques connaissaient mieux leur religion, ils cesseraient d'invoquer absurdement Benoît XVI contre François : les deux papes sont en continuité.

 

L'exhortation Amoris laetitia innove : elle met l'accent sur l'évangélisation, dans notre société qui ne sait plus ce que c'est que la foi chrétienne. Le pape souligne les difficultés (sans précédent) de la vie familiale aujourd'hui : dans une société marchande où seul compte l'individu, comment les jeunes couples ressentiraient-ils le besoin du sacrement de mariage s'ils ne ressentent pas le besoin de la présence du Christ dans leur famille ?La famille chrétienne n'est pas une institution : c'est une conversion...

 

Comment l'Eglise peut-elle aider la famille à vivre l'Evangile et à évangéliser autour d'elle ? En étant proche des gens, quelle que soit leur situation ou leur façon de voir l’Eglise. C'est ce que l'on trouve au paragraphe 312 (comme le soulignent les évêques français) : « Avoir les bras ouverts en particulier à tous ceux qui sont blessés... »

 

Ceux qui connaissent mal la foi chrétienne l'accusent d'être une théorie loin des problèmes réels des gens. Eh bien, justement, le pape François parle des réalités quotidiennes de la vie familiale aujourd'hui. Ces réalités sont nouvelles. Elles sont dérangeantes. Nous devons ne pas les esquiver (ou les minimiser) pour notre confort intellectuel et moral ! Notre mission : « Encourager chacun à être un signe de miséricorde et de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement... » C'est de l'écologie humaine ! Dans son introduction, le pape nous dit que nous devons tous lire Amoris Laetitia en étant attentifs à ce qui s’applique le mieux aux besoins du prochain. 

 

Le chapitre 8 s'intitule « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité » : c'est l'Eglise du Bon Samaritain ou « l'hôpital de campagne », comme dit François. « Toutes les situations » entre homme et femmes (surtout s'il y a des enfants) « doivent être affrontées d'une manière constructive, en cherchant à les transformer en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l'Evangile ».

 

La morale catholique n'est pas le règlement intérieur d'un club, que nous pourrions opposer ou imposer à l'extérieur... La morale catholique (dit François) est « un don de Dieu qui indique le chemin ». 

 

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* audience générale du 06/02/2008.

 

Commentaires

301 à 306

> Les points 301 à 306 manifestent notamment une remarquable maturation de la pensée de l'Eglise.
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Écrit par : Guillaume de Prémare / | 08/04/2016

POIDS FAMILIAUX

> Ayant un certain vécu en Eglise, je pense quelquefois au martyre que connaissent des personnes empêchées de vivre leur vocation chrétienne, l’appel authentique qu’elles ont reçu, à cause du poids et de la prévalence des liens familiaux. Pas uniquement lorsque la famille, à cause de ses divisions – divorces, ruptures… –, s’est muée en une structure de péché, mais tout simplement à cause de la fermeture des cœurs dans le carcan des habitudes, des peurs, des inimitiés et le fonctionnement en vase clos.
Toutes les familles, par-delà les personnes, ont besoin de répondre à leur vocation de croiser, réunies, le regard de Jésus et de vivre dans sa lumière… d’avancer au large ! Aussi une Eglise véritablement une, sainte, catholique et apostolique – dans son contact avec les familles en difficulté, en souffrance ou simplement « entiédies » – devrait-elle toujours apporter ce grand coup de vent frais que souffle bienheureusement la prose de François, me semble-t-il, dans cette lettre apostolique. Et ceci en s’appuyant davantage sur les familles chrétiennes.
Puissent-elles être de plus en plus nombreuses à monter, humblement et allégrement, au créneau apostolique, avec le soutien de leurs paroisses, pour la joie des familles qui n’accueillent pas encore notre Seigneur !
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Écrit par : Denis / | 08/04/2016

DEUX JOURS ?

> Je tente une prophétie : très peu liront ce texte mais chacun y verra ce qu'il veut y voir - les médias la capitulation (enfin !) de l'Eglise au système libéral - libertaire, les ultras la fin de l'Eglise, etc- et ce texte qui nous a tous occupé pendant 2 ans sera oublié dans 2 jours.
J'espère me tromper.

Thibaud


[ PP à Thibaud - Votre espérance est récompensée. Voyez (dans ma note de ce samedi) comment 'Libération' insulte l'exhortation apostolique, et comment 'Le Monde' constate qu'elle ne se rallie en rien au libéral-libertaire.
Quant à être oubliée en deux jours...
Oubliée par qui ?
- si vous parlez des journalistes : ils l'oublieront d'autant plus vite qu'ils ne l'ont pas lue (même pas l'éditorialiste du 'Monde' de ce week-end qui en parle à l'aveuglette) ;
- si vous parlez des "athées pieux" qui croyaient voir dans l'Eglise l'aumônerie de leur passéisme : ils commencent à comprendre l'étendue de leur erreur ;
- si vous parlez des chrétiens croyants : soyez tranquilles, ils ne sont pas près d'oublier un document de cette importance. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Thibaud / | 09/04/2016

"LE FRUIT D'UN PROCESSUS SYNODAL RÉUSSI"

> L'avis du président des évêques du Canada : http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/mgr-durocher-ce-texte-est-le-fruit-d-un-processus-synodal-reussi-08-04-2016-72134_16.php
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Écrit par : PP / | 09/04/2016

A Nicolas :

> très pros, ces journalistes ont probablement confondu avec le cardinal Christoph Schönborn qui, effectivement, a vécu le drame du divorce de ses parents.
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Écrit par : Thomas Mousset / | 09/04/2016

DE GRÂCE....

> "Le pape souligne les difficultés (sans précédent) de la vie familiale aujourd'hui" Doit-on comprendre qu'à l'époque du Christ, c'était le modèle de la famille chrétienne qui dominait? Saint Jean d'Avila, commentant l'épisode de la femme adultère, explique que le piège tendu à Jésus était d'autant plus hypocrite que l'adultère était endémique à l'époque ; et que dire des mœurs dans l’Empire Romain ! Faudrait-il également comprendre que le Christ, le Verbe incarné, n'avait pas prévu la situation actuelle lorsqu'il dit aux disciples, ce que Dieu a uni l'homme ne doit pas le séparer ? D'ailleurs, quelle est la réaction de l’auditoire à ces paroles ? C'est trop difficile, dans ces conditions il vaut mieux ne pas se marier! Le Christ cherche-t-il alors à adoucir la règle qu'il vient d'énoncer? Au contraire puisqu’il enchaîne sur les eunuques pour le royaume des cieux. Le chapitre 8 de l’exhortation est marqué par le relativisme et le subjectivisme. Ainsi la définition même des péchés mortels perd toute objectivité par la confusion avec la question de la responsabilité individuelle (§ 301). Le pape François semble souffrir d’une allergie aux lois ; on se demande ce qu’il pense de Matthieu 5 (qui d’ailleurs contient également une condamnation du remariage).

xb


[ PP à XB :
- Vous empilez des gloses sur un texte auquel vous faites dire ce qu'il ne dit pas. A vous lire ainsi que quelques autres, on se croit revenu à 1976 : les charges lefebvristes contre un Vatican II imaginaire.
- Mieux vaudrait lire 'Amoris laetitia' sans lunettes déformantes, donc comme l'Eglise la lit :
"le pape nous invite à considérer les réalités familiales d'un point de vue essentiellement pastoral" (cardinal Vingt-Trois).
- De grâce : ne tombez pas, comme d'autres, dans la critique acerbe ou haineuse à l'encontre de l'enseignement du pape François. Elle est le symptôme d'un refus de se placer dans la perspective de l'évangélisation.. ]

réponse au commentaire

Écrit par : xb / | 13/04/2016

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