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15/01/2016

Le livre du pape... et la presse parisienne

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   Une première réaction (avant d'y revenir substantiellement) :




« Le nom de Dieu est Miséricorde » : c'est le titre du livre d'entretiens entre le pape et le journaliste italien Andrea Tornielli. Contrairement à quelques vaticanistes aigris, Tornielli comprend ce que le pape Bergoglio apporte de providentiel à l'Eglise : y compris la vigoureuse et franciscaine manière dont ce jésuite nous secoue les puces, à nous catholiques européens endormis dans nos habitudes et notre propension à nous contempler le nombril. Dans ce livre, nous dit l'éditeur, « le pape exprime son désir de toucher les âmes qui cherchent un sens à leur vie, un chemin de paix et de réconciliation, un remède à leurs blessures physiques et morales. Pour lui, priorité doit être donnée à cette humanité, inquiète et souffrante, qui demande à être écoutée, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Eglise. » Ce livre d'apostolat incandescent paraît dans 84 pays. A la librairie où je l'ai acheté, la quasi-totalité des exemplaires étaient réservés d'avance : c'est dire que les ouvrages du pape François ont du succès.

Quelques Français s'en plaignent. On les trouve souvent parmi les journalistes : ceux qui voudraient que l'Eglise ait une image antipathique. Ils ont mal vécu le succès de l'encyclique dans tous les milieux ; pour la sortie du livre, ils ont donc branché leurs ordinateurs sur la fonction « venin »*. Témoin le fielleux article du 14 janvier, signé d'une consoeur que je ne nommerai pas – quoique mon indignation soit grande : car cette consoeur connaît bien l'Eglise (chose rare dans la presse parisienne) ; si elle écrit une inexactitude, c'est en toute connaissance de cause. Or voici comment elle résume le livre : 

« Le pape François encourage ses ouailles à se livrer à deux pratiques fleurant bon l'Eglise d'autrefois. D'abord la confession, dont il évoque longuement les bienfaits. Il remet également au goût du jour une notion de la théologie chrétienne un peu oubliée et sentant le XIXe siècle : la miséricorde, qui se base sur la bonté de Dieu. » 

Ecrire que la bonté de Dieu date du XIXe siècle, c'est audacieux ! Ma consoeur connaît assez le sujet pour savoir que la notion chrétienne de « miséricorde » est issue de deux notions de la Bible hébraïque : rahamîm, la tendresse maternelle ou paternelle ; et hèsèd, la fidélité entre deux personnes. Cette miséricorde de Dieu envers son peuple retentit dans le livre de l'Exode. Elle retentit dans le psautier (en particulier le grand psaume 107 : « car éternel est son amour »). Elle retentit chez les prophètes. Elle emplit les évangiles : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux... ». Elle emplit les épîtres, qui appellent Dieu « père des miséricordes »... On peut gloser sur le moment de l'Antiquité ou furent rédigés le livre de l'Exode ou l'évangile selon Matthieu ; jamais on n'avait fait semblant de croire qu'une notion contenue dans ces textes datait du XIXe siècle. Eh bien voilà : quelqu'un l'a fait. Hier. Dans un journal du postmodernisme parisien. Nous vivons une époque formidable.

La presse de cette époque formidable enferme les gens dans une case avec une étiquette dessus ; on ne s'étonne donc pas qu'elle s'énerve devant un livre où le pape déclare que l'Eglise ignore les étiquetages : « L'Eglise condamne le péché parce qu'elle doit dire la vérité : ceci est un péché... Mais en même temps, elle embrasse le pécheur qui se reconnaît tel, elle est proche de lui, elle lui parle dans l'infinie miséricorde de Dieu. Jésus a pardonné même à ceux qui l'ont crucifié et méprisé. Nous devons revenir à l'Evangile. »**  Quoi de plus étranger à la mentalité du tout-Paris, et en même temps de plus conforme à l'attente des êtres humains ? Nous savons bien que nous ne nous confondons pas nécessairement avec nos actes ! (Dieu merci).

 

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* Le Monde du 1/01 a consacré une pleine page à diffamer Jorge Bergoglio. Motif (évidemment) : son "conservatisme" sur le plan des mœurs... Voir ici la note du 03/01.

** Le nom de Dieu est Miséricorde, page 72.



Commentaires

LE MONDE ET LE 'DIPLO'

> L'une des deux autrices (mieux qu'auteures) de la page de diffamation dans 'Le Monde'
publie un article-fleuve dans le 'Monde diplomatique' de janvier ("Transsexualité, l'Argentine
en pointe") : pure élucubration LGBT, donc appuyée par les multinationales US (toutes "LGBT friendly" comme l'a établi Patrick Dineen). Sa présence est bizarre dans le très intéressant dossier du 'Diplo' sur la situation de la gauche en Amérique latine !
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Écrit par : Churubusco / | 15/01/2016

> Hélas non pas bizarre. Pas plus que les délires de Méluche prophétisant l'immortalité par la technoscience. Le marxisme industriel exerce encore ses ravages dans quelques cerveaux.
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Écrit par : a. ancelin / | 15/01/2016

> Dans cet article d'Angeline Montoya le plus beau est le paragraphe où elle essaie de raccorder l'utopie "trans" à la lutte ancienne des "mères de la place de Mai". Confusion mentale qui mène des militants de gauche radicale à rouler pour l'industrie biotech.
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Écrit par : maksoud / | 15/01/2016

ISLAM ?

> Nous avons tous besoin de lire ce livre !
Le pape François va toucher des très nombreux musulmans avec ce titre : « Le nom de Dieu est Miséricorde ». Nous savons en effet combien l’invocation du « Tout Miséricordieux », du « Très Miséricordieux » est importante en islam.
L’essentiel est de conjuguer comme le fait le pape la Miséricorde de Dieu et son Amour pour les créatures qu’Il a appelées à la vie.
Pour ma part, je prends la résolution d’unir toujours la Miséricorde et l’Amour dans mes propos, lorsque je me trouverai au contact de musulmans. Si en effet l’Amour de Dieu pour nous est la source de toute paix véritable… l’amour que nous, les hommes, prétendons porter à Dieu peut engendrer des conflits épouvantables. Ainsi des fanatiques de l’Etat islamique…
« Quant à nous, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. » (1 Jn 4:19).
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Écrit par : Denis / | 15/01/2016

@ Denis

> Pour les musulman Dieu est le très miséricordieux, oui très misécordieux, mais ... pour les musulmans ! Il y a ceux qui font partie de l'oumma et ceux qui n'en font partie... Encore une notion que beaucoup croient commune ; mais si le vocabulaire est le même, le sens ne l'est pas.
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Écrit par : franz / | 17/01/2016

@ Franz et Nicolas

> Je m’en suis déjà fait écho chez PP. Je suis frappé par la relative disjonction de l’Amour et de la Miséricorde dans l’islam. Notre Dieu qui fait Alliance par amour est étranger au monde musulman. Allah ne passe aucune alliance et s’il fait miséricorde, c’est dans sa toute-puissance surplombante et intouchable. Notre Dieu, en Jésus-Christ se laisse toucher et aimer.
Et donc, j’ai dit dans ce fil de commentaires mon espérance que le livre du pape François porte aussi ce témoignage de Dieu qui nous a aimés le premier – et qui Seul nous enseigne ce que c’est que d’aimer en vérité – auprès de nos frères et sœurs musulmans.
Je suis persuadé que toute personne cherchant Dieu de tout son cœur et avec toute sa bonne volonté, notamment dans la prière, peut rencontrer le Seigneur et nouer avec Lui des liens d’amour. Une expérience, sans doute, que font nombre de fidèles musulmans.
Mais il leur reste, à mon avis, à dépasser certaines affirmations du Coran. Il leur reste à poser les paroles et les actes montrant qu’ils respectent tout homme, toute femme, au nom d’un Dieu qui ne demande qu’une chose : que nous nous aimions les uns les autres comme Il nous aime. Mais en ont-ils la liberté ? L’islam leur laisse-t-il cette liberté ?
Je ne suis pas théologien, pas suffisamment formé sans doute pour porter un tel jugement. Aussi aimerais-je qu’un lecteur de PP et théologien distingué, il doit bien en exister un, se mouille un peu pour nous expliquer en quoi la vision musulmane de la Miséricorde diffère – ou non – de celle qu’en ont les chrétiens.
Pour ma part, d’après ce que je comprends de la foi musulmane, Allah pardonne sans les aimer des fidèles soumis à sa loi et qui, du coup, ne se soucient véritablement ni de l’amour ni du pardon… Du moins dans le sens où nous chrétiens, nous nous en soucions.
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Écrit par : Denis / | 17/01/2016

@ Denis

> A défaut de répondre exactement à votre demande, il y a des livres de Louis Jourdan(eudiste) sur le fond et l'histoire de l'islam qui permettent de se défaire d'idées simplistes ou d'a-priori(s) réducteurs sans gommer de réelles difficultés de convergence...!
...mon état d'esprit... celui de mon interlocuteur... le substrat profond de mes convictions assumées ! ...difficile communion, échange rugueux !
...sauf ouverture du coeur et de l'esprit....
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Écrit par : Gérald / | 18/01/2016

@ Gérald

> Un grand merci pour m’avoir fait découvrir le père François Jourdan, sa position si forte et éclairée, équilibrée, sur l’islam. Vraiment, ce prêtre est un honnête homme, qui a semble-t-il eu pas mal à souffrir de la part des tenants iréniques du dialogue islamo-chrétien, dont nous mesurons mieux aujourd’hui l’influence néfaste. Je recommande l’interview du P. Jourdan sur le site www.notredamedekabylie.net.
Mais surtout – mon fils me l’indique à l’instant ! – il faut écouter le P. Jourdan ce soir sur RCF à 19 heures. Il répondra précisément à la question, posée par Jean-Marie Richard : « Dieu est miséricorde, disent les chrétiens. Dieu le miséricordieux disent les musulmans: disons-nous la même foi ? » ; http://www.rcf.fr/
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Écrit par : Denis / | 20/01/2016

@ Denis

> Pardon pour le prénom ; c'est : FRANÇOIS Jourdan !
Ses ouvrages :
-Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans
-La Bible face au Coran
viennent d'être réédités groupés sous le titre :
'ISLAM ET CHRISTIANISME, comprendre les différences de fond'
dans une nouvelle édition chez L'Artilleur (www.lartilleur.fr)
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Écrit par : Gérald / | 20/01/2016

RCF

> Désolé pour mon info, inexacte, sur une interview du P. François Jourdan ce 20 janvier au soir. Je n'ai pas l'habitude de RCF et il semble que l'émission était localisée sur RCF-Loiret…
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Écrit par : Denis / | 20/01/2016

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