27/11/2012

Najat Vallaud-Belkacem glose sur l'UMP

C'est l'arrogance parlant du néant :

 


Najat Vallaud-Belkacem semble persuadée d'avoir le sens de la formule. Sur Canal+, ce matin, à propos de l'UMP en proie au néant, elle s'est crue autorisée à dire : "les Français détestent deux choses en politique : l'absence de transparence et l'absence d'idées, et l'UMP réussit ce pari fou de cumuler les deux." La phrase était inopportune, venant d'un gouvernement qui ne sait visiblement plus quoi faire en général (absence d'idées), et qui fourgue sans aucun débat (absence de transparence) des décisions redoutables ou indéfendables : le sabordage du code civil ou Notre-Dame-des-Landes.

Au chapitre de l'absence de transparence, chaque matin qui se lève apporte d'ailleurs un fait nouveau. Par exemple le second cadeau – en six mois – d'1,2 million d'euros aux révolutionnaires syriens, décision prise elle aussi sans débat...*

Paris fait des économies sur tout, sauf sur les erreurs géopolitiques. Et sauf sur l'arrogance.

 

 

 

 

* Pour une vision plus réaliste de la situation syrienne, relire l'appel de l'archevêque syrien catholique de Hassaké-Nisibe (23 novembre) :

<< Au nom des trois évêques de la région, syrien catholique, syrien orthodoxe et assyrien oriental, ainsi qu'au nom des différentes composantes ethniques: syriaques, arabes, kurdes, yazides, arméniens et autres, je lance cet urgentissime appel à S.S le Pape Benoît XVI, à tous les chefs d'État, surtout à ceux qui ont une influence dans ce qui se passe dans la région et surtout en Syrie, au secrétaire général de l'ONU et à toutes les personnes de bonne volonté, de vouloir fermement intervenir pour que notre région, la préfecture d’Hassaké au Nord-Est de la Syrie, demeure encore et reste un havre de sécurité et de paix, elle est, à ce moment la seul en partie épargnée en Syrie.

Cette région de la Jézireh, dont les deux plus grandes villes sont Kamichli et Hassaké, abritent plus de quatre cents mille réfugiés venus de toutes les régions du pays: Alep, Idlib, Homs, Der-Ez-Zor… etc ainsi que les anciens réfugiés irakiens généralement oubliés.

Ce que nous voulons, et avec insistance, c'est que tous ceux à qui nous lançons cet appel urgent fassent pression sur les différents groupes armés et l'Armée libre pour qu'elles n'entrent pas dans notre région afin qu'elle demeure toujours ce qu'elle est:le seul havre de paix et de sécurité en Syrie.

Nous insistons sur la sortie des groupes armés qui occupent Ras El-Aïn, ville-frontière et aujourd'hui ville fantôme, afin que les trente mille réfugiés qui l'ont quittée, rentrent chez eux.

Dans le cas où les différents groupes armés attaquent nos villes et s'y installent, nous verrons les quatre cents mille réfugiés sur les routes de l'exil une deuxième fois et plus de huit cents mille nouveaux réfugiés prendre les routes de l'exil, vers l'inconnu, mais surement, dans une débâcle total, vers la faim, le froid et les massacres. Suite à une entrée préalable, ce qui attend les villes et leurs populations c'est, à part les dangers de mort, la destruction totale des quartiers et des villes car l'armée syrienne, dans sa logique, bombardera partout, c'est alors la désolation de la désolation.

Ce qui nous attend, paraît-il, ce sont des camps lugubres qu'on prépare déjà en Turquie, triste sort pour une population qui n'aspire qu'à vivre chez elle en sûreté.

A tous nous crions d'intervenir, car, nous avons déjà notre lot d'angoisse, de peines et les souffrances du manque de tout genre, que nous supportons et que supportent les réfugiés eux-mêmes.

A tous nous crions :

Epargnez notre région, nos villes et nos villages qui vivent malgré tout, dans la sécurité des personnes et des biens.

Epargnez-nous les massacres, les destructions et toutes les affres de la guerre.

Au concert des nations nous crions nos craintes, et nous disons de ne pas vous taire et laisser faire comme jadis en Afrique et aux Balkans, en la présence, dite pacifique, des forces des Nations-Unies.

Epargnez-nous toute intervention militaire; nous gérons nous-mêmes notre situation. Nos comités civils, hors de toute machination politique, ont en main la situation dans la région. La bonne entente de toutes les composantes de notre société, réalisent la sécurité et la paix. Nous nous occupons aussi à remédier aux manques de tout genre, dans la mesure du possible.

Notre travail est neutre et nous ne voulons pas être la chair à canon des belligérants.

De grâce épargnez-nous ce supplice. Nous attendons seulement, et seulement des aides humanitaires, et rien d'autre.

A vous tous nous crions : Ayez la volonté, ayez le courage de laisser de côté les stratégies politiques et les intérêts et les raisons d'état, pour sauver plus de deux millions d'hommes et de femmes des affres de la guerre.

A vous d'agir, à nous d'attendre, avec angoisse, certes, mais avec beaucoup d'espoir.

Une dernière fois je lance : SOS, vous ne pourrez pas dire demain avec l'hypocrisie bien diplomatique: nous n'en savions rien.


Hassaké, le 22/11/2012

Behnan Hindo, archevêque syrien catholique de Hassaké-Nisibe, Syrie >>

 

source : Zenit

 

 

Commentaires

À HOLLANDE

> "Epargnez-nous toute intervention militaire", disent ces Syriens qui vivent là-bas (eux). Avis à Hollande et Fabius, les célèbres grands guerriers qui veulent absolument que ça pète encore plus fort. Comme dirait BHL : faut que ça saigne !
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Écrit par : montigny / | 27/11/2012

KAMICHLI ET HASSAKE

> Le curé chaldéen (catholique) de Kamichli faisait ses études en France il y a maintenant plus d'un an. Il cherchait des documents sur l'histoire de leur communauté. En effet, les chaldéens avait été installés en 1933, au bord du fleuve Khabour, par la France mandataire, suite aux massacres perpétrés par l'armée irakienne. Ce petit peuple chrétien était descendu de ses montagnes du Hakkiari (actuelle Turquie) pour aider les anglais à faire le coup de feu contre les ottomans. Les anglais leur avaient promis en échange la création d'un Etat sur la terre de leurs ancêtres. Promesse non tenue... Ne pouvant rentrer chez eux, massacrés par les irakiens qui ne voulaient pas d'eux sur les terres fertiles au bord du Tigre, ils ont tout perdu et n'ont que très peu de souvenirs de leur installation dans le "bec de canard". Aujourd'hui, Kamichli et Hassake sont devenues des villes dynamiques. Espérons qu'elle ne soient pas à leur tour emportées dans cette épouvantable guerre civile.
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Écrit par : de Layre / | 27/11/2012

@ de Layre

> Conséquence: l'exil des Chaldéens. Nous sommeS heureux d'en accueillir près de chez nous:
http://www.catholique95.com/actualites/presentation.php?identifiant=1211stjeanapotre
mais c'est triste quand même
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Écrit par : Pierre Huet / | 28/11/2012

IRRESPONSABLE

> Mettre de l'huile sur le feu au lieu d'oeuvrer pour la paix dans le conflit syrien est, là comme ailleurs, totalement irresponsable...
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Écrit par : Michel de Guibert / | 28/11/2012

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