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14/03/2012

L'érotomanie de notre société consumériste : un diagnostic du romancier Russell Banks

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Après l'émission

de France Culture

ce matin :




http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-les-matins-de-france-culture-1ere-partie-2012-03-14

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4406201


Réaction de Frédéric Ripoll - « Ce matin, invité des matins de France Culture, l'écrivain américain Russell Banks pour son dernier roman "dont les visées spéculatives ne sont jamais masquées" (Télérama) m'a surpris. Qu'avons-nous fait à nos enfants ? Qu'avons-nous fait de nos enfants ? On croirait entendre Bernanos. Russell, dans son discours, dissipe énergiquement ces brumes de l'intelligence et de la morale qui encombrent la pensée libérale en montrant le délabrement moral de la société de consommation et en mettant au même niveau (sans les condamner, mais comme des corps malades) les addictions à la pornographie et à la sur-consommation jusqu'à l'obésité chez les Américains. Nos civilisations occidentales, dit-il, ont "jeté nos enfant en pâture à la société de consommation''... »

 

Mon propre commentaire – Dans la seconde partie de l'émission, Caroline Eliacheff souligne qu'aujourd'hui on confond les générations, et que l'on confond le bien et le mal. C'est alors que Russell Banks répond : « Nous avons fait de nos enfants le plus grand groupe de consommateurs de notre société, en une sorte d'autocolonisation... Nous avons jeté nos enfants en pâture à la société de consommation. » D'où notre mauvaise conscience, qui explique l'obsession actuelle envers la pédophilie ; une pédophilie pourtant boostée par l'érotomanie obsessionnelle... de la société de consommation.

Le diagnostic de Russell Banks est exact et salutaire : l'érotomanie ambiante ne s'explique que par la "structure de péché" que constitue le consumérisme, pour lequel toute pulsion est commercialisable donc à encourager. Ce système commercial a pris le contrôle de la société (de façon quasi-totalitaire) depuis trente ans : ainsi le caractère massif de la dérive morale et mentale  ne peut s'expliquer que par le modèle économique, qui fonctionne en exacerbant tous les penchants fussent-ils dangereux.

Constater cela n'est pas exonérer l'individu de ses responsabilités ; c'est constater que la société matérialiste-mercantile le pousse dans la mauvaise direction, lui rendant de plus en plus difficile le contrôle de ses propres pulsions.

Cette dimension essentielle du problème est niée par certains catholiques français intoxiqués par le libéralisme, mais beaucoup d'autres catholiques en prennent conscience. Et un nombre croissant de contestataires non-chrétiens en prennent conscience de leur côté... D'où la rencontre de ces deux courants, venus d'horizons différents : une rencontre qui pourrait avoir des effets historiques sur fond de crise.



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Commentaires

LA PREUVE

> "constater que la société matérialiste-mercantile le pousse dans la mauvaise direction, lui rendant de plus en plus difficile le contrôle de ses propres pulsions."
Un ami qui aidait à titre caritatif un transsexuel alcoolique prostitué qui déplorait sa situation, l'a entendu dire un jour en lui montrant un panneau publicitaire où il y avait une femme à moitié dévêtue: "c'est à cause d'eux qu'on a des clients, c'est à cause d'eux qu'on est là".
Sans commentaire.
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Écrit par : Nicolas Dangoisse / | 14/03/2012

LA NOTION DE LIMITES

> Ne serait-ce pas à rapprocher des réflexions sur la notion de limites de la nature humaine entendues en septembre à Lyon?
Ce qui nous a amené là, c'est la combinaison de l'intérêt commercial qui, lui, est vieux comme le monde, du goût du pouvoir sur les hommes, lui aussi de tous temps, avec le refus de notre condition. Bref, la combinaison des trois tentations (Matthieu 4).
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Écrit par : Pierre Huet / | 15/03/2012

HALLUCINANT PROJET HISPANO-AMERICAIN

> A propos d'addiction commercialisable, au jeu cette fois, un hallucinant projet américano-espagnol.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/12/las-vegas-megalo-en-espagne_1656422_3214.html
Certains Espagnols y tiennent! Il y a quelques années, la Deputaciòn general de Aragòn (conseil régional très autonome) avait voulu lancer la même chose en bien plus énorme. La levée de boucliers puis la crise immobilière on sauvé Los Monegros, steppe saline unique en Europe. Et peut-être bien que la Vierge d'El Pilar n'en voulait pas au portes de Saragosse !
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Écrit par : Pierre Huet | 15/03/2012

Les commentaires sont fermés.