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13/01/2011

City : un banquier obscène. Paris : une loi dérisoire

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Joyeux 2011 pour Ubu et Mère Ubu :


 

Déjà monstrueusement rémunéré, Bob Diamond, directeur général de Barclays, vient de scandaliser un groupe de parlementaires britanniques en leur déclarant qu'il fallait laisser la haute finance reprendre ses jeux sans contrôle : « Il y a eu un temps pour les remords et les excuses, mais cette période doit cesser », a-t-il proclamé. Pour mesurer  l'obscénité du propos, il faut se souvenir qu'en 2010 le très ultralibéral Peter Mandelson lui-même considérait Diamond comme une horreur : « le visage inacceptable du monde de la banque », disait-il carrément. En 2011, l'inacceptable a repris les commandes. Il dit aux politiques qu'ils ont assez joué comme ça et que le moment est venu de laisser la place aux grandes personnes.

Cela, alors que se prépare une nouvelle édition des crises financières vouant le monde au chaos ; crises dans lesquelles la tératologique différence de salaires entre milieux financiers et non-financiers (depuis les années 1980) joue le rôle de pousse-au-crime.

Qui s'en inquiète ?

Certes pas les politiciens, qu'ils soient libéraux (« le seul problème c'est l'Etat ») ou populistes (« le seul problème c'est l'immigration ») ! C'est ce qu'on aurait envie de dire.

Mais non, reprenons-nous, ne cédons pas à la malveillance. Rendons justice à notre classe politique. Elle est compétente et lucide ! Courageuse, aussi. Et moderne. A la mode des années 1980...

La preuve : cette semaine, les députés français devaient examiner une loi qui répond superbement aux angoisses de l'opinion devant l'avenir.

Cette loi imposera en effet « des quotas de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises ».

Vous avez bien lu : le problème n'est pas la folie de la finance, ni sa tyrannie sur l'économie réelle.

Ni la désindustrialisation de la France par la stratégie  déménageuse de ces mêmes grandes entreprises, avec suppressions d'emplois et départ de l'outil de travail vers les antipodes (comme le rappelait Xavier Mathieu à France 2 dimanche soir).

Ni le modèle productiviste-consumériste imposé à la planète, avec saccage de l'environnement et îlotisation des masses.

Non ! le problème, c'est qu'il n'y a ait pas assez de femmes pour réaliser toutes ces belles choses.

C'est sûr : une délocalisation ou un licenciement boursier deviennent glamour s'ils sont opérés par Anne-Plectrude Glon ou Noémi Tapaque-Dondaine, l'une et l'autre french members de BoardWoman Partners... 

« Une loi pour imposer 40 % de femmes dans les conseils », titre joyeusement Le Monde. C'est ça qui va rassurer le chômeur.


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19:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

DILMA

> D'ailleurs Noémi et Anne-Plectrude ont accroché dans leur bureau la photo de leur chef de file, Mme Dilma Rousseff, la grande gauchiste bien connue aux ordres des multinationales.
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Écrit par : Nati / | 13/01/2011

DEMESUREMENT

< Obscénité? Tératologie? Gardez les mots les plus forts en réserve, car vous n'avez encore rien vu. La fortune (et donc le pouvoir) de ces gens est appelée à s'accroître démesurément. Vu le système monétaire actuel, c'est simplement une vérité mathématique. Pas de solution tant que les nations ne se ressaisiront pas de leur droit légitime (dont les banquiers les ont très discrètement spoliées) à créer elles-mêmes leur propre monnaie.
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Écrit par : Diagraphès/ | 14/01/2011

40 ou 4

> Ce serait plutôt 40% non?
4% on doit l'avoir dépassé, il faudrait éviter de régresser, le chômeur ne comprendrait pas.
R.

[ De PP à R. - Oui, fâcheuse coquille entièrement imputable à mon index droit. Je rétablis. ]

réponse au commentaire

Écrit par : rackam/ | 14/01/2011

Les commentaires sont fermés.