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28/03/2024

Jeudi Saint : nous ne sommes pas là pour nous distinguer, mais pour laver les pieds

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Très loin des actuelles surenchères d'"identité", la foi des chrétiens (depuis l’origine) naît de l'exemple du Christ à la Cène et de Sa présence dans l’eucharistie :


« J’ai reçu du Seigneur ce qu’à mon tour je vous ai transmis… » (1ère lettre aux Corinthiens, 11, 23) : le récit de la dernière Cène par Paul situe le mystère de l’eucharistie, « source et sommet de toute vie chrétienne » selon Vatican II (Lumen Gentium, 11). Ce passage est corroboré par Matthieu, Marc, Luc, et explicité par le discours du Christ en Jean 6, 35-71. Les premiers chrétiens savaient que le pain et le vin sont le corps et le sang du Christ.  L’eucharistie « contient le Christ lui-même, notre Pâque », soulignera Vatican II (décret Pres-byterorum ordinis). Telle est la foi des chrétiens depuis l’origine.

Cela aurait dû faire réfléchir ceux qui, tardivement (XVIe siècle) et orgueilleusement, allaient taxer d'hérésie cette foi eucharistique. Et cela devrait épouvanter quiconque s'est vanté d’avoir « mis à la corbeille direct » [1] la circulaire du Vatican demandant de rétablir l'adoration eucharistique, capable de réveiller les paroisses catholiques.

La présence du Christ dans l’eucharistie unit les fidèles en un seul Corps. Paul secoue ses Corinthiens, qui consomment l’eucharistie sans respect ni du Christ ni d’autrui, sans conscience de leur propre péché ni de la dimension du mystère : « Celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s’il ne discerne le Corps ». Le Corps du Christ, le Christ plénier appelant en lui l’humanité entière.

Cette notion « plénière » engage le chrétien à aimer et aider – non à exclure ou mépriser, ni à faire de la messe un signe identitaire de groupe social : « Tu as goûté au Sang du Seigneur et tu ne reconnais pas même ton frère ! Dieu t’a libéré de tous tes péchés et t’y a invité, mais toi, pas même alors, tu n’es devenu plus miséricordieux ! » [2].  Attitude injustifiable, fondée des critères qui ne viennent pas de la foi mais d'habitudes mentales : sociales, politiques, culturelles. Voire ethnologiques. On est ici aux limites du sacrilège sous apparence de piété. "Jésus, le Christ, Lumière intérieure /  Ne laisse pas mes ténèbres me parler..."

La miséricorde envers tous est ce sans quoi aucun témoignage évangélique n’est pensable. Témoigner en profondeur est le devoir du chrétien : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l'Evangile ! », dit Paul dans la même lettre (9, 16). Tout ce qui n’est pas vrai témoignage est une perte de temps. Tout ce qui brouille le témoignage est à rejeter. Nous ne sommes pas là pour nous distinguer de nos concitoyens – dont 80 % ne sont pas chrétiens – mais pour laver les pieds, quitte à leur dire ensuite pourquoi : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. » (1ère lettre de Pierre, 3, 15-16). C'est cela que dit le Nouveau Testament. Et ce n'est pas contournable.

 _________ 

[1]  Verbatim (hélas). C'était il y a quelques années. Aujourd'hui l'adoration eucharistique est réveillée dans beaucoup de paroisses françaises.

[2]   Jean Chrysostome, Hom. in I Co,  27, 4. Exemple de contradiction : discourir noblement sur "la messe", puis tenir des propos ethnocentristes  (au mépris de la foi eucharistique).

 

 

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18:22 Publié dans Témoignage évangélique | Lien permanent | Tags : jeudi saint