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22/02/2023

Bruxelles et Bercy impliqués dans le crash d'EDF

électricité

Parmi les causes de la catastrophe financière d'EDF : une directive européenne aggravée par un décret de Bercy. Ma chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


 

Regardons deux minutes ce qui se passe à EDF. Sa situation est désastreuse, avec les pires résultats depuis la fondation de cette société en 1946 !  Perte financière de 19,8 milliards d'euros… Dette de 64,5 milliards d'euros… Et pourquoi ?  On accuse la mise à l’arrêt des centrales nucléaires, sans en examiner tous les aspects. On accuse aussi le réchauffement climatique de la sécheresse qui pénalise les centrales hydro-électriques ; mais sans trop s’attarder sur les facteurs industriels qui provoquent ce réchauffement.

Et surtout : les pouvoirs publics évitent carrément de parler des huit milliards d’euros perdus par EDF à cause d’une directive européenne aggravée par une décision de Bercy.

Étant à l’origine une entreprise d’Etat, EDF est mal vue de la Commission bruxelloise imprégnée d’idéologie ultralibérale. D’où la directive européenne, vieille de dix ans, qui impose à EDF (au nom de la “libéralisation du marché”) de vendre – à prix fixe – une partie de son électricité nucléaire à des sociétés privées revendeuses, baptisées “fournisseurs alternatifs”. Le prix fixe, c’est déjà une perte pour EDF. Et ça s’est aggravé avec une idée du gouvernement français : le “bouclier tarifaire”... Au nom de cette idée, l’Etat actionnaire a imposé à EDF de monter à plus de 40 % de sa production le volume d’électricité nucléaire bradée aux “fournisseurs alternatifs” ! D’où les huit milliards d’euros perdus par EDF, et qui ne sont pas pour rien dans son bilan catastrophique.

Interrogé là-dessus, Bruno Le Maire esquive en parlant d’autre chose. On le comprend : la situation est injustifiable. L’autorité de l’Etat actionnaire est utilisée au détriment d’une grande société emblématique fondée par l’Etat autrefois, c’est-à-dire au temps où l’on pensait que la mission de l’Etat était de conduire le pays vers l’autonomie énergétique… Aujourd’hui ce qui reste d’autorité à l’Etat est utilisé à démanteler la puissance publique en faveur des marchés, sous la pression d’un exécutif bruxellois qui avait mis la construction européenne au service (également) des marchés.

Les syndicats demandent l’abrogation immédiate de la directive européenne qui creuse le déficit d’EDF ; ils pourraient se rappeler aussi que la Commission souhaite le démantèlement pur et simple d’EDF au profit d’opérateurs privés plus ou moins fiables. Et se demander quelle est la légitimité de tout ça.

 

 

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Commentaires

LA MARGE DE MANOEUVRE

> Bruxelles n'a en effet aucune légitimité en la matière mais quelle marge de manœuvre avons-nous ? La grande braderie ultralibérale exigée de la Commission européenne remonte à Maastricht : les intérêts allemands, qui dominent nettement en Europe, sont appuyés par de puissants groupes de pression ayant pignon sur rue dans la capitale belge. La France est en bien des domaines le dindon de la farce, les Allemands dictant leurs volontés à une Union européenne dont ils sont les dirigeants de fait. Or, en matière électrique, l'Allemagne a tout intérêt à ce que disparaisse ce fleuron que fut EDF : en remplaçant nos centrales nucléaires par des éoliennes, c'est l'industrie allemande qui reçoit des commandes par dizaines tandis que Berlin s'assure la fin d'une électricité française nucléaire à bas prix.
N'espérons rien de ce gouvernement : même s'il en avait la volonté (il ne l'a pas), M. Macron ne recevrait de M. Scholz qu'un méprisant haussement d'épaules, l'Hexagone ayant déjà décroché aux yeux de Berlin. Que Macron cesse de nous enfumer avec sa pseudo "souveraineté européenne" : elle est synonyme, en pratique, d'une France devenue sous-traitant d'une Allemagne toute-puissante sur le Vieux Continent. Si nous jouons à présent en deuxième division, la faute est à imputer en grande partie à une Commission héraut d'intérêts qui ne sont pas les nôtres.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/02/2023

LA PRIVATISATION RAMPANTE

> La logique de tout ça, elle est simple.
Qu'il n'y ait plus de services de l'Etat, rien que des sociétés privées qui puissent se goinfrer. Que nos impôts servent à enrichir nos élites auto-proclamées, qui méritent bien, en leur qualité d'hommes supérieurs, d'être traités autrement que ne l'est le vulgaire. Parce que, s'ils ont ces postes grassement payés, c'est qu'ils le valent bien. Et ils méprisent profondément les Untermenschen que nous sommes à leurs yeux.
Nota bene : j'emploie 'homme' dans le sens originel d'être humain, il y en a des deux sexes dans la caste des profiteurs.
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Écrit par : Bernadette / | 23/02/2023

LE SABORDAGE DU PUBLIC... À NOS FRAIS

> Pour une nation bien chauffée et éclairée... et avec des industries, artisans, commerces en bonne santé.
La situation actuelle est un scandale. Les Français ont payé un service public maintenant mis à mal et ils doivent payer la destruction de ce service pour enrichir des sociétés privées qui n'auront de cesse de les ruiner toujours davantage.
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Écrit par : Bernadette / | 26/02/2023

Les commentaires sont fermés.