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21/09/2022

Àux Nations-Unies, le reste du monde ne marche pas avec "les Occidentaux" (Washington et l'OTAN)

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Ma chronique L'Air du temps du mercredi 8h08 à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


<< Chaque semaine qui passe montre quelle erreur Vladimir Poutine a commise en attaquant l’Ukraine alors que la situation diplomatique – comme le souligne Hubert Védrine – évoluait favorablement pour Moscou, qui aurait pu obtenir une négociation de sécurité collective en Europe et l’arrêt des nouvelles implantations de l’OTAN… Poutine a préféré une aventure qui va peut-être lui coûter cher. Et nous coûter cher aussi, puisque Moscou nous réplique par l’escalade !

Mais il y a également une leçon de géopolitique mondiale. Depuis plus de six mois Washington et Bruxelles croient pouvoir parler au nom du reste du monde. Or le reste du monde ne marche pas. Il évite de soutenir la Russie dans son aventure militaire, mais il évite aussi de s’aligner sur les positions euro-américaines. A l’assemblée générale des Nations-Unies, qui se tient cette semaine à New York, un important groupe de pays demandent que les Occidentaux "n’imposent pas la guerre d’Ukraine comme sujet dominant les débats".  Ces pays sont l’Inde, les autres Etats asiatiques, les Etats africains dont l’Afrique du Sud, et les Etats sud-américains. En gros : plus de la moitié de la planète. Comme le dit l’ancien représentant permanent de la France aux Nations-Unies, Gérard Araud : “Cela marque le déclin de l’influence des Occidentaux, en dépit de leur mobilisation aux côtés de l’Ukraine et du grand retour des Etats-Unis en Europe.”

Plus précisément, on pourrait dire que la mobilisation Ukraine derrière les Etats-Unis ne concerne à peu près que les Européens. La grande majorité du reste du monde n’approuve pas la guerre russe, mais ne veut pas d’une tutelle américaine : cette époque-là est révolue. Les Etats-Unis sont encore (pour l’instant) la première puissance économique, mais politiquement l’empire américain n’existe plus. Si l’Union européenne pouvait avoir sa propre politique mondiale, au lieu de suivre des injonctions américaines qui ne coïncident pourtant pas avec nos intérêts, elle prendrait le virage de la nouvelle époque avec les pays non-alignés. C’est ce qu’en d’autres temps le général de Gaulle avait rêvé pour elle : une Europe européenne, concert de nations, qui aurait joué librement sur la scène mondiale. Il est temps de se réveiller et de comprendre que c’en est fini de cette utopie des années 1990 : l’uniformisation économique et politique du monde sous une direction américaine !  Mais comprendre est une question de lucidité, d’abord ; et de volonté ensuite. >>

 

 

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08:15 Publié dans ONU | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ukraine, onu, usa, europe

Commentaires

A TAIWAN, WASHINGTON JETTE DE L'HUILE SUR LE FEU

> Taïwan comprend à ses dépens ce que vous développez. Depuis plusieurs mois, l'Amérique ne cesse de jeter de l'huile sur le feu dans le détroit de Formose. Personne à Taïwan ne souhaite de guerre : même les plus radicaux des indépendantistes font profil bas. Mais l'île est semi-colonie américaine : elle est en réalité pilotée depuis Washington, qui souhaite un conflit entre les deux Chine pour maintenir l'illusion de son hyperpuissance. Un officier taïwanais connu de longue date m'a récemment rapporté en quoi les récentes provocations américaines (visite de Mme Pelosi, négociation d'une aide militaire astronomique, etc.) donnent des sueurs froides aux états-majors de l'île, qui ne souhaitent en aucune manière être entraînés dans un conflit qu'ils savent difficilement gagnable. Beaucoup de militaires ici voient l'Europe comme un théâtre de marionnettes sous direction américaine, dont ils sont conscients de faire également partie. Eux aussi sont lassés par l'ingérence permanente de l'Oncle Sam selon ses propres intérêts.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/09/2022

RUSSIE-U.S.A.

> Pour ma part j'ai toujours trouvé cette guerre en Ukraine incompréhensible. En effet, d'une manière globale j'ai toujours considéré que américains et russes avaient plus d'intérêts convergents que divergents. Notamment à cause de la Chine et donc de Taiwan.
Et quand je dis "américains", je mets dedans "européens + UK" tellement nous sommes "vassalisés".
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Écrit par : Pierre O. / | 22/09/2022

GÉOPOLITIQUE ET PARTIALITÉS

> Tout cela me paraît exact, mais soyons sérieux : il est également impossible de nier la pression politique permanente, les ambitions géopolitiques, économiques et militaires, les provocations, le changement d'attitude progressif mais rapide, et même l'esprit revanchard du gouvernement chinois (de même qu'on peut critiquer tout ce qu'on veut dans l'attitude de l'OTAN en Europe sans oublier que le vrai coupable, c'est celui qui envahit un pays souverain : nous l'avons assez dit des Etats-Unis en Irak, nous avons le droit de le dire aussi de la Russie en Ukraine).
Je suis un peu surpris de voir, une fois de plus, deux camps se former, étanches et hostiles, sans juste milieu. Je suis outré de voir qu'il n'y a aucun recul dans les médias et les instances internationales relativement à la Russie (les actions ukrainiennes sont intouchables, les communiqués de l'Ukraine sont paroles d'Evangile, les discussions avec la Russie sont interdites, bref, il faut "bomb back Russia to Middle Age"), mais je suis tout aussi surpris de voir ceux qui le conçoivent basculer dans une sorte d'extrême inverse (la Russie est une pauvre victime sans nostalgie dépassée, brutalité stratégique ni propagande éhontée qui finira par l'emporter parce que Poutine est un maître des échecs et on va voir ce qu'on va voir et son économie se porte comme un charme et il n'y a pas 50 000 enfants abandonnés dans les souterrains de Moscou ; la Chine est opprimée par les menaces américaines alors qu'elle ne souhaite que vivre d'amour et d'eau fraîche dans les limites modestes de son paradis pastoral).
Pourquoi ne peut-on parler géopolitique en embrassant la complexité générale de ces affaires ? Pourquoi se voit-on interdire de condamner, sans oublier le contexte et la nécessité de négocier la paix, les viols manifestes du droit international, que ces viols soient commis par les Américains ou par les Russes (je réfléchis de façon générale, je ne parle bien sûr pas de ce blog en particulier ni de ses commentateurs) ? Pourquoi faut-il toujours qu'à la servilité atlantiste d'un BHL réponde immédiatement un camp excusant tout dans les régimes autoritaires par légitime défiance envers les Etats-Unis ? Par ailleurs, si les militaires taïwanais voient "l'Europe" comme un tout unique et sans fractures internes, y compris sur le plan géopolitique, ils ne sont pas beaucoup plus malins que nos éditorialistes ou que les "analystes" du New York Times.
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Écrit par : Paul Beard / | 23/09/2022

NOS RÉALITÉS MILITAIRES

> https://www.youtube.com/watch?v=aULVetWNRRU
Entretien avec le général d'armée Didier Castres, ancien des troupes de marine et surtout ancien patron du Centre de planification et de conduite des opérations des armées françaises. Témoignage passionnant, hélas lucide quant aux capacités stratégiques réelles de notre pays.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/09/2022

L'INDUSTRIE, C'EST LA CHINE

> Les USA première puissance économique, oui mais en PIB incluant les fonctions financières et "l'entertainement", mais la puissance industrielle, c'est la Chine.
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Écrit par : PF Huet / | 07/10/2022

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