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24/06/2022

La crise s'accélère : après les hyper-présidences illusoires, les poisons oubliés du parlementarisme...

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Les Français comprennent-ils les causes – économico-juridiques et transnationales – de toutes les inmpuissances élyséennes expérimentées depuis quarante ans ? Ma chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


<< Voilà donc la politique française dans une situation extraordinaire. C’est à la fois un saut dans l’inconnu... et un retour aux coutumes oubliées des vieilles Républiques, la IVe et même la IIIe : avec pour perspective les accidents parlementaires, les crises gouvernementales et le marchandage permanent dans les coulisses.

On dira : ce retour au parlementarisme était fatal, parce que les citoyens ont fini par constater l’inefficacité des hyper-présidences, à la Sarkozy ou à la Macron, où le chef de l’Etat joue les Jupiter et les faiseurs de pluie alors qu’il est bridé par des forces supérieures à lui.

Mais quelles sont ces forces ? D’une part l’Union européenne depuis le traité de Maastricht, avec ses normes, ses règles et ses directives parfois nocives mais suivies (plus ou moins) par tous les gouvernements des Vingt-Sept. D’autre part, les marchés financiers transnationaux, qui règnent sans contrepoids depuis un demi-siècle sur les Etats : en fin de compte c’est par rapport à eux que les "gouvernants" fixent le cap de leur gestion. Mais la domination globale des marchés transforme cette gestion en illusion. Par exemple la fable des miraculeuses start-up chères au président Macron : c’est très joli de vouloir qu’elles "fleurissent dans l’Hexagone" – mais dès qu’elles atteignent la taille adulte, elles passent sous l'emprise du financement américain ou chinois… D’où beaucoup de déboires et de péripéties, voire de disparitions, que les citoyens constatent et qui viennent s’ajouter au  passif des délocalisations et de la désindustrialisation perpétrées depuis les années 1990 : voilà ce qui contribue à saper le moral des Français.

Je ne prétends pas, évidemment, que ces facteurs expliquent à eux seuls le rejet du système Macron qui vient d’avoir lieu dans les bureaux de vote. Mais ils font partie de ses causes fondamentales. De même, ils sont l’une des causes de l’abstentionnisme de masse dont font maintenant preuve la moitié des électeurs, et qui est le symptôme d’une déprime collective et d’une perte de confiance dans les institutions politiques.  Je ne suis pas sûr que le spectacle pittoresque des motions de censure et des chutes de gouvernement, qui alimentèrent les deux Républiques précédentes, soit longtemps un remède à cette déprime. Il va falloir refonder les institutions en les reprenant à la racine. Et en se posant la question de la souveraineté… >>

 

 

 

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07:05 Publié dans Idées, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : crise macron

Commentaires

UNE VRAIE POLITIQUE

> Cher Patrice, je ne pense pas que ce soit une question d'institution mais plutôt de liberté à reconquérir. Si les Français veulent un vrai gouvernement qui mène une vraie politique, il doit être capable de décider et d'appliquer donc libre... donc on quitte l'U.E et on renationalise la banque de France.... le reste n'est que détail.
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Écrit par : VF / | 24/06/2022

LES ANGLAIS

> C'est plus compliqué, tout de même. Les Anglais n'ont jamais été dans la zone euro, ont quitté l'UE, et sont toujours les esclaves de la finance. Néolibéralisme à tous les étages ! Le reste n'est donc pas que détail : c'est un ensemble, et il est d'une grande complexité.
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Écrit par : Paul Beard / | 27/06/2022

L'U.E. ET "LES MARCHÉS"

> Oui, Union européenne d'une part... et marchés financiers transnationaux d'autres part...
Pouvons-nous aussi rappeler que l'UE impose le règne des marché financiers transnationaux, depuis le traité de Maastricht ?
Existe-t-il d'autres endroits du monde en dehors de l'UE, où les états se sont INTERDIT tout contrôle sur les mouvements de capitaux ? Dont dépendent délocalisations, fraudes fiscales, pillage du patrimoine...
Pourquoi l'UK, les Etats-Unis ou la Chine ont conservé ce droit d'interdire un mouvement de capitaux qui irait contre leurs intérêts nationaux ?
Du site de la commission européenne : "La libre circulation des capitaux est un élément essentiel du marché unique de l’UE. Elle est consacrée dans le traité de Maastricht. Avec l’entrée en vigueur de ce traité, en 1994, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux et aux opérations de paiements transfrontières ont été interdites. L’objectif est de permettre aux marchés financiers européens d’être intégrés, ouverts et efficaces. Pour les entreprises, elle se traduit par la possibilité:
- d’investir dans d’autres entreprises européennes et d'en devenir propriétaires;
- de lever des fonds là où c’est le moins coûteux."
Beaux euphémismes.
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 29/06/2022

"LE SEUL TREMPLIN"

> Ce n'est pas parce que c'est compliqué qu'il faut rester dans l'U.E. Notre salut, ici, c'est de sortir de l'U.E. parce que c'est possible et que le retour vers la nation est le seul tremplin pour la prospérité de notre pays.
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Écrit par : Alain De Vos / | 29/06/2022

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