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12/02/2022

“Quand les populistes instrumentalisent la religion”

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C’est le sous-titre prometteur d’un livre paru chez Salvator et sur lequel nous allons revenir. Titre (plein d’humour noir) : Dieu ? Au fond à droite. Auteur : le journaliste catholique Iacopo Scaramuzzi, vaticaniste de La Stampa, Famiglia cristiana ou Katholik Nieuwsblad. Cible : le danger, pour le christianisme occidental, d’être vidé de sa substance par la récupération partisane… Scaramuzzi explique (Le Monde des livres 11/02, extrait) :


<< Dans un monde globalisé, tous les pays sont traversés par un sentiment de déclin […].  De larges segments de population ressentent une perte relative de pouvoir, qui engendre une nostalgie. Les gens ont l’impression de ne pouvoir s’appuyer sur rien de stable. La religion, en tant que lien social, apparaît comme un recours [:]  elle renvoie au monde d’avant, celui de votre jeunesse ou de la jeunesse de vos parents, un monde rassurant […]. Il y a aussi des dynamiques dans un sens souvent magique, superstitieux. On le voit avec les théories du complot, qui mettent en scène une lutte apocalyptique du bien et du mal, du pur et de l’impur…

<< Le pape François représente un point de contradiction majeure pour ces réseaux […]. François aime beaucoup le philosophe et historien jésuite Michel de Certeau (1925-1986) qui écrivait que, dans les sociétés occidentales, “les comportements religieux et la foi s’éloignent l’un de l’autre” […]. Les populistes voudraient s’en tenir aux mœurs, à l’identité. François veut défendre la foi : un message évangélique, en cohérence avec le concile Vatican II… Dès lors, dans son esprit, l’instrumentalisation populiste de la religion représente une menace : comme le disait encore Michel de Certeau, une fois qu’un groupe social ou idéologique s’est approprié le christianisme, il n’en reste rien, il est vidé de sa substance… Le pape ne peut pas ne pas réagir : cela reviendrait à accepter que le christianisme soit fini, qu’il n’y ait plus rien à dire à son sujet. Au bout du compte, François fait son travail : il s’oppose à ceux qui, consciemment ou non, mettent le christianisme en danger de mort. >>

 

Le christianisme nécrosé par les agitateurs qui prétendent actuellement défendre "la chrétienté" ? Je crois partager ce constat de Scaramuzzi. Je vais étudier son livre et je publierai prochainement ma recension.

 

 

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19:36 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : populistes, catholiques

Commentaires

ATHÉISME AMBIANT

> Le fait est que la société est trop largement déchristianisée pour que la foi chrétienne continue d'être vécue en son sein, d'où ce repli sur soi qui est à l'opposé du message évangélique.
Ma mère me rapportait récemment une anecdote qui en dit long sur l'athéisme ambiant. Salariée d'une PME, elle reçut il y a quelques jours de son patron l'annonce que ce dernier s'était vu diagnostiquer un cancer de la prostate en phase avancée. Un avenir sombre s'annonce : opération, chimio, sans évoquer une probable cessation d'activité. Les salariés les plus âgés ont entouré le pauvre homme, légitimement désemparé, en lui faisant part de leur compassion. Les plus jeunes, quoique titulaires de DESS ou anciens élèves de grandes écoles, réagirent par l'ironie la plus abjecte : "avec ça il pissera sous lui, ça promet", "il pourra plus baiser !", le tout accompagné de force ricanements et de force sarcasmes. Pas un mot gentil, pas un sourire, pas une prière, rien. Du cynisme, de l'égoïsme, certainement aussi beaucoup de bêtise.
Ces jeunes professionnels sont tous athées. Je ne peux imaginer qu'ils auraient réagi de la sorte s'ils avaient eu la foi. Oui, la France est terre de mission.

PV


[ PP à PV – Ils ont dû écrire aussi : "KO boomer". ]

Réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 13/02/2022

à Philippe de Visieux

> L'anecdote que vous rapportez est terrifiante, mais je ne suis pas certain qu'il faille la lier à l'athéisme ambiant...
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 17/02/2022

à Philippe de Visieux

> Il y a peut-être un lien avec l'isolement provoqué par les écrans et ses diverses addictions ?
Ces jeunes pourraient-ils inconsciemment avoir pris l'habitude de regarder les autres comme on regarde des vidéos ?
une visualisation de l'autre :
- dans un but de distraction ou de voyeurisme
- et avec une profonde indifférence réciproque des personnes (vu qu'il n'y a aucune d'interaction relationnelle entre le regardant et le regardé, ni réciproquement, c'est presque une relation autistique ?)
C'est à dire que cela forme des personnes tellement auto-référentielles, qu'elles sont inconscientes de la cruauté de leur comportement. (Ce qui n'empêche pas qu'elles peuvent avoir de très belles qualités humaines ponctuellement).
Il y a peut-être un lien avec la foi car je l'ai vécu et c'est ma conversion qui m'a fortement réhumanisée.
Bien cordialement,
______

Écrit par : Isabelle Meyer / | 22/02/2022

DEUX ACTIONS

> "défendre le Christianisme" ? Cela ne passe pas par la politique, mais par 2 actions : en vivre et évangéliser. Toute autre attitude relève plus de l'utilisation.
______

Écrit par : franz / | 23/02/2022

LA VRAIE PRIORITÉ

> Le pape François, aux catholiques maltais: "La principale préoccupation des disciples de Jésus n'était pas le prestige de la communauté et de ses ministres, l'influence sociale, le raffinement du culte. Non. (...) C'était la proclamation et le témoignage de l'Évangile du Christ"
"Il ne suffit pas d'avoir une foi faite de coutumes transmises, de célébrations solennelles, de belles festivités populaires, de moments forts et émouvants ; nous avons besoin d'une foi qui se fonde et se renouvelle dans la rencontre personnelle avec le Christ"
"Parfois, en effet, l'échafaudage peut être religieux, mais derrière ce vêtement, la foi vieillit. L'élégante garde-robe des ornements religieux, en effet, ne correspond pas toujours à une foi vivante animée par le dynamisme de l'évangélisation", poursuit le pape.
"Nous ne pouvons pas nous accueillir seulement entre nous, à l'ombre de nos belles églises, alors qu'à l'extérieur tant de frères et sœurs souffrent et sont crucifiés par la douleur, la misère, la pauvreté et la violence."
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 02/04/2022

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