Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/12/2021

L'ombre de la Chine sur la Nouvelle-Calédonie

Xi-990x556.jpg

Mon éditorial de ce matin 7h55 à RCF, Radios chrétiennes de France


<< Étrange référendum, où seul l’un des deux camps a voté… Étrange référendum où l’Australie et la Nouvelle-Zélande, deux pays hostiles à la France du Pacifique, priaient pour le maintien de la France en Nouvelle-Calédonie…

Car sur ce référendum planait l’ombre d’un troisième pays : la Chine, qui veut s’emparer des immenses ressources de matières premières néo-calédoniennes. Les carrières de nickel, deuxièmes réserves du monde, nécessaire à la fabrication des batteries et de l’acier inoxydable… Les gisements de cobalt, pour faire des électrodes et des supports magnétiques… Les gisements de manganèse…

Et ce qui fait réfléchir les Néo-Calédoniens, c’est ce qui est arrivé, après son indépendance, à la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui elle aussi regorge de nickel, de cuivre, de bauxite etc. Les Chinois ont mis la main sur ces richesses minières : c’est même une “captation phénoménale” selon le mot d’un observateur spécialiste du Pacifique, qui ajoute : “Dans tous les scénarios possibles, une Nouvelle-Calédonie indépendante deviendrait un satellite chinois. La Chine serait la seule à pouvoir, au début, inonder d’argent la Nouvelle-Calédonie. Donc la Chine surveille avec un appétit particulier ce qui se passe ici.”

Les avances chinoises sont-elles écoutées par une partie du mouvement indépendantiste, comme le dit le député UDI Philippe Gomès ? On ne peut pas l’affirmer. Mais si la Chine – déjà importatrice de 90 % du nickel calédonien – se présente aux autochtones comme le futur patron (après l’indépendance) de ces carrières, qui emploient un Calédonien sur cinq, l’argument doit impressionner… Et masquer, pour l’instant, certains aspects moins séduisants d’une mainmise chinoise sur l’archipel. Par ailleurs la marine de guerre chinoise récupérerait les bases navales françaises : ce qui représenterait pour Pékin une avancée stratégique importante. Et là, oui, on comprend que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis, pourtant peu amis de la marine française, préfèrent nettement que la France reste à Nouméa. >>

 

 

logo.png

 

 

 

10:44 Publié dans Pacifique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

NOUMÉA

> Seul l'un des camps a voté, en effet. L'autre a fait valoir qu'en raison de l'épidémie de covid, pourtant loin d'être catastrophique sur le Caillou, le troisième référendum devait être reporté. L'argument ne manque pas de sel : la pandémie aurait empêché le FLNKS de faire campagne. Et ce alors que le principe des trois référendums est acté depuis 1998 et que la campagne est ininterrompue depuis le premier scrutin, il y a trois ans ! Comme excuse, ils auraient pu trouver mieux.
Les indépendantistes savaient qu'ils perdraient ce troisième vote. Mauvais joueurs, ils répètent que la décolonisation est un droit qui leur est dû, quand bien même trois plébiscites affirment l'inverse.
Les indépendantistes ont des raisons d'en vouloir à la France et on les comprend. Mais depuis 1988, des progrès de géant ont été accomplis. La Nouvelle-Calédonie est quasiment autogérée, le peuple kanak est reconnu comme tel, les événements du passé sont lointains pour une nouvelle génération qui est moins obsédée par les rêves souverainistes que son aînée.
Offrir le Caillou à la Chine ne serait pas forcément une solution plus acceptable pour les indépendantistes. En effet, Pékin ne s'embarrasserait pas de référendums à répétition. Ce serait marche ou crève dans les usines et un torrent de fric pour les seules élites soudoyées jusqu'à plus soif. La majeure partie des Néo-Calédoniens, y compris kanaks, regretteraient amèrement le drapeau tricolore.

PV


[ PP à PV – Pour le moment, les élites coutumières (soudoyées en yuans ?) ont amené leur électorat à ne pas voter au référendum, et s'emploient sur cette base à bloquer le processus de nouveau statut prévu par les accords... Tout ça sent fortement la Chine. La seule chose drôle est que Canberra, Wellington et Washington, qui ne peuvent pas blairer les Français, sont contraints de souhaiter leur maintien en Nouvelle-Calédonie pour éviter l'arrivée de la flotte de guerre chinoise ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 13/12/2021

UN MOYEN ?

> Si je comprends bien Philippe Gomès , l'abstention des indépendantistes serait un moyen d'accepter la présence française sans perdre la face? C'est plausible, A suivre !
______

Écrit par : PF Huet / | 13/12/2021

UNE INDÉPENDANCE EN SAUCE CHINOISE

> https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/comment-la-chine-tisse-sa-toile-dans-le-pacifique-sud-1131061.html
La carte présentée dans cet article illustre la présence chinoise, plus ou moins affichée, dans le Pacifique Sud.
On comprend mieux pourquoi nos hiérarques du FLNKS jouent à tout prix la carte de l'indépendance. La Papouasie croule sous l'argent chinois, sans occulter l'abondant arrosage qui a très probablement bénéficié aux gouvernants en place : cela crée des jalousies chez ceux qui n'ont pas accès à ces juteux dessous de table.
L'auteur évoque le cas du Vanuatu, en passe aujourd'hui de devenir de facto colonie chinoise. Si la France et la Grande-Bretagne avaient maintenu leur condominium, les Nouvelles-Hébrides ne vivraient pas cet afflux qui semble indisposer la population ; il est là-bas trop tard, la Chine s'est installée.
La Nouvelle-Calédonie, contiguë, a tout intérêt à écouter ces complaintes car c'est ce qui l'attendrait en cas d'indépendance. Elle doit savoir que la diplomatie chinoise du portefeuille ne vise pas à distribuer le RSA à tout le monde mais à financer les entrepreneurs chinois via des prêts directs et à arroser l'élite aux commandes du pays.
Je suis loin d'être macroniste mais en l'occurrence, je donne raison au président d'avoir maintenu au 12 décembre le troisième référendum. À présent, la souveraineté française est de plein droit sur cette zone. Céder au chantage du FLNKS alors que deux scrutins ont eu lieu en trois ans aurait permis à Pékin d'agir à la chinoise, c'est-à-dire en coulisses, en l'attente du vote. La Nouvelle-Calédonie restera française, c'est le plus important ; le reste ne relève que du meccano institutionnel à redéfinir.
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/12/2021

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.