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03/11/2021

Climat, COP 26 etc : rien ne changera tant qu'on ne changera pas de système économique

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Qu'attendre des COP successives ?  Peu de choses, puisqu'en fin de compte les "décideurs" sont acquis au système productiviste ultralibéral... Ma chronique du mercredi à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et du jeudi à Radio Fidélité Mayenne :


<<  Après les discours officiels, les travaux de la 26e conférence mondiale sur le climat ont commencé hier. Ils dureront jusqu’au 12 novembre. De quoi discutent les chefs d’Etat et de gouvernement des 196 pays ?  De la possibilité de prendre enfin les décisions qui permettraient d’appliquer le célèbre accord de Paris, laborieusement signé en 2015 et présenté alors comme une victoire triomphale sur la fatalité. Après quoi les émissions de gaz à effet de serra ont augmenté de plus belle, détraquant toujours plus le climat, avec les conséquences que tout le monde peut constater aujourd’hui : les pluies démentielles, les inondations folles, les incendies gigantesques, les super-tornades, la disparition des glaciers qui menace les fleuves, l’acidification des océans, la fonte du pôle Nord, etc.

Enfin, quand je dis qu’aujourd’hui "tout le monde" constate ça, c’est un peu optimiste…  Il y a encore des gens qui refusent de le constater. Ou qui refusent de comprendre que c’est lié au dérèglement climatique. Ou qui refusent d’admettre que le dérèglement climatique est lié à notre modèle économique, étendu à presque toute la planète par la mondialisation ; modèle qui provoque aussi l’épuisement des ressources naturelles, les déplacements de populations, etc : mais c’est une autre histoire.

Ceux qui refusent d’admettre ces réalités, trouvent que l’on parle trop du climat et se demandent si ce n’est pas un complot pour détourner l’attention des ‘’vrais problèmes’’, comme ils disent ; quant à ce qu’ils considèrent, eux, comme les ‘’vrais problèmes’’, c’est très discutable. En tout cas, l’existence de ce courant d’opinion négationniste a aidé jusqu’ici les chefs d’Etat et de gouvernement à renvoyer à plus tard les mesures urgentes qui auraient permis de limiter le réchauffement global de la planète avec toutes ses conséquences redoutables.

Puisque les climatologues supplient qu’on agisse enfin, pourquoi renvoyer perpétuellement ces mesures à plus tard ?  Parce que ces mesures demanderaient un changement de modèle économique : une économie redimensionnée pour se mettre au service de l’humain, alors qu’aujourd’hui c’est l’humain qui est au service de l’économie. Une économie qui traite l’humain comme un élément superflu, tellement moins efficace que les robots des start-up… Ce changement économique, c’est celui que le pape recommande sans cesse, notamment dans l’encyclique Laudato Si’. Je parle souvent de cette encyclique, oui, parce que tout le monde est encore loin de l’avoir lue – alors que c’est vraiment le moment ! Croyez-moi : si vous ne l’avez pas lue, et si vous n’êtes pas de ceux qui croient que le réchauffement climatique n’existe pas, que le Covid n’existe pas non plus, et que la Terre est plate, c’est aujourd’hui l’heure de lire Laudato Si’.   >>

 

 

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Commentaires

LA CLÉ

> "ces mesures demanderaient un changement de modèle économique : une économie redimensionnée pour se mettre au service de l’humain, alors qu’aujourd’hui c’est l’humain qui est au service de l’économie".
D'accord à 100% ! Ca rejoint la question de la fameuse "croissance verte" qui n'est qu'une façon de se donner bonne conscience sans rien changer sur le fond. Du vent, quoi.
La clé c'est un renoncement aux richesses superficielles, à la toute-puissance technologique... ca sera l'occasion de re découvrir une humanité de relations saines dans le souci des plus faibles.
Et pourquoi pas, en acceptant nos limites de créatures, redécouvrir Le Créateur donc notre Dieu, mis au ban de la société avec l'avènement de la société matérialiste. "Tout est lié" ;)
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Écrit par : François / | 09/08/2021

HAUTE EGLISE ET BOURGEOISIE D'AFFAIRES

> Changer de système demande aussi une conversion de chacun, chacun devant se rendre compte en quoi il est complice. J'ai été frappé du témoignage d'Aquilino Morelle qui explique en quoi Jacques Delors fut l'un des principaux responsables de la mondialisation néolibérale.
https://www.youtube.com/watch?v=V9B-SbP1Jsw&t=3090s
Un démocrate chrétien, dans le but de faire advenir plus vite la fraternité universelle, est allé dans le sens de la folie du monde en détruisant les frontières par violence économique.
Le pape François a fait le premier pas dans le sens de la dénonciation des collusions d'une partie des catholiques et du clergé avec le néolibéralisme, mais on est encore loin de la pugnacité du Vatican contre le communisme au XXe siècle. Comme depuis le moyen-âge, le haut clergé est encore trop proche des classes dominantes, ce qui l'incline à confondre vertu économique néolibérale et vertu chrétienne : mondialisation politique et culturelle, austérité imposée aux plus modestes, exaltation du travail pour le travail, etc.
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Écrit par : Albert / | 04/11/2021

ET LA CHINE

> Cher Patrice, vous attaquez très souvent le libéralisme occidental mais pourquoi, et notamment à propos de l'environnement, vous êtes plutôt silencieux concernant la Chine et son modèle de développement. Est ce pour être dans la même ligne que celle du Saint Siège vis à vis de Pékin ?
J'attends votre réponse avec une certaine impatience...

Cordouan


[ PP à Cordouan – Croyez-vous que je pourrais modifier le système chinois ?
Ce que nos gouvernants devraient faire, en revanche, c'est résister à l'emprise économique et commerciale de la Chine : en relocalisant, en ré-industrialisant, en rétablissant des frontières adaptées, etc. Ce serait "illibéral" ? Le libéralisme est la meilleure arme de Pékin contre nous. ]

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Écrit par : Cordouan / | 07/11/2021

MIRACLE

> Et comment fait-on pratiquement pour passer de la situation actuelle à la situation "idéale" ? Quel programme politiquement acceptable pour en arriver là ? Quel miracle faut-il attendre ? J'aimerais lire quelqu'un qui aurait des idées réalisables rapidement ... ou doit-on penser que c'est foutu ... ou doit-on espérer que ce n'est pas aussi grave que ce qu'on en dit ...! À vous lire ...
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Écrit par : J C Kill / | 07/11/2021

CROISSANCE, DÉCROISSANCE, etc

> En complément de mon précédent commentaire :
"Changement de modèle économique", d'accord. Iriez-vous jusqu'à écrire "décroissance" ? Au plan économique aucune entreprise ne peut "décroitre". Alors ?
Je pense personnellement qu'il faut trouver un équilibre entre :
– une croissance à maintenir sur les secteurs indispensables à la vie (alimentation, santé, ...) tout en encadrant celle-ci par d'autres critères que la seule rentabilité.
– Des décroissances dans des domaines "innovants" mais qui - à mon sens - apportent plus de mal que de bien : voiture autonome par exemple. Concrètement ça veut dire fermer des entreprises avec tout ce qu'on peut imaginer de conséquences sociales...
La question est donc ouverte, la réponse pas facile.

François


[ PP à F. – Ce qui est nocif dans le concept de "croissance" de l'idéologie actuelle, c'est qu'il postule le sans-limite. Mais croire que l'économie, les profits etc doivent suivre une courbe ascendante infinie, est une idée démente. Elle entraîne tout ce qui peut être reproché au système actuel, y compris l'exténuation des ressources terrestres et le saccage de la biosphère. Dans le domaine alimentaire que vous évoquez, par exemple, le mot d'ordre de "croissance" a accompagné le productivisme agro-industriel – qui n'est pas destiné à répondre aux besoins du pays (voire de l'Europe), mais à lutter avec les géants agrochimiques transnationaux sur les marchés mondiaux. On voit le résultat.
D'où l'idée antithétique de "décroissance" – qui, elle, a le défaut de ne pas exprimer immédiatement un projet alternatif (qu'elle implique pourtant). ]

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Écrit par : Francois / | 09/11/2021

à Cordouan :

> Qu'entendez-vous par "dans la même ligne que celle du Saint-Siège vis à vis de Pékin" ? La seule ligne que je constate est celle du dialogue. Dialogue exigeant du côté romain également : aucune nonciature n'est à ce jour ouverte à Pékin. Quelle est l'alternative ? Zéro dialogue entre Rome et Pékin, ce qui ne dérangerait en aucune manière les Chinois qui gèrent le catholicisme "patriotique" depuis des décennies en totale autonomie, sans se soucier aucunement des monsignori romains. Dans cette affaire, c'est le Vatican qui est demandeur au titre de l'unité de l'Église : d'où un dialogue nécessaire avec un gouvernement critiquable en bien des aspects, mais à la tête du pays le plus peuplé de la planète. Le pape n'agit là qu'en tant que pasteur universel qui préside à la charité : en dialoguant, pas en se soumettant à quelque diktat.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/11/2021

JET PRIVÉ

> https://madame.lefigaro.fr/celebrites/tom-cruise-et-son-aller-retour-en-jet-prive-pour-rapporter-des-vi-141221-199535

"Pardonne-leur, Père..."
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 16/12/2021

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