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07/09/2021

Officiel et révélateur : la FSSP persiste dans le refus de concélébrer la messe chrismale avec l’évêque du lieu

proverbe-citation-obstination.png

Ce matin, dérobade théologiquement alarmante de l’abbé Bonnin, secrétaire du district de France de la Fraternité Saint Pierre :


abbe-bonnin.jpgRadio Notre-Dame est peu suspecte de tendre des pièges aux traditionalistes : c’est librement que, ce matin, l’abbé Pierre-Emmanuel Bonnin [photo] a confirmé sans le vouloir le bien-fondé du motu proprio du pape François restreignant la faculté de célébrer selon le missel de 1962. Interrogé en effet sur le refus – par les prêtres FSSP dans des diocèses – de concélébrer la messe chrismale avec l’évêque du lieu, l’abbé Bonnin a affirmé que l’on pouvait “dépasser” ce problème… en relativisant la portée du refus de concélébrer ! À la messe chrismale, a-t-il affirmé, “on manifeste notre communion [avec l’évêque et les prêtres du diocèse] en étant présents”. Présents mais seuls inactifs pendant la consécration…

Faut-il comprendre que pour la FSSP la simple présence physique serait en elle-même un signe aussi efficace que la co-consécration eucharistique avec l’évêque revêtu de la plénitude du sacrement de l’ordre ?  Ce serait un surprenant mépris envers l’eucharistie, de la part de gens qui parlent sans cesse du rôle central de la messe ! 

En réalité les hommes de la FSSP et une fraction de leurs ouailles, héritiers de vieux préjugés intégristes, continuent à croire que l'eucharistie de la “messe de Paul VI” (forme ordinaire du rite romain) est plus ou moins invalide et qu’il ne faut avoir avec elle nullam partem. De même, et c’est lié, ils continuent à croire que les textes de Vatican II sont toxiques...

Ils font erreur sur ces deux points – et n’y ont aucune excuse, parce que ces objections aussi vieilles que le lefebvrisme sont réfutées depuis longtemps.

Sur la non-participation des prêtres FSSP à la consécration avec l’évêque lors de la messe chrismale, on ne peut que faire à l’abbé Bonnin et à ses supérieurs la réponse que leur fait le P. Michel Viot : “Quand l’évêque préside, c’est un devoir de concélébrer”.  Et on leur suggère de lire la constitution dogmatique de Vatican II sur l’Eglise, Lumen gentium Au paragraphe 26, citant saint Thomas d’Aquin et saint Augustin, elle déclare ceci, qui aide à comprendre pourquoi il faut concélébrer à la messe chrismale :  

<< L’évêque, revêtu de la plénitude du sacrement de l’Ordre, porte « la responsabilité de dispenser la grâce du suprême sacerdoce [84] », en particulier dans l’Eucharistie qu’il offre lui-même ou dont il assure l’oblation [85], et d’où vient à l’Église continuellement vie et croissance. Cette Église du Christ est vraiment présente en toutes les légitimes assemblées locales de fidèles qui, unies à leurs pasteurs, reçoivent, dans le Nouveau Testament, eux aussi, le nom d’Églises [86]. Elles sont, en effet, chacune à sa place, le peuple nouveau appelé par Dieu dans l’Esprit Saint et dans une grande assurance (cf. 1 Th 1, 5). En elles, les fidèles sont rassemblés par la prédication de l’Évangile du Christ, le mystère de la Cène du Seigneur est célébré « pour que, par le moyen de la Chair et du Sang du Seigneur, se resserre, en un seul Corps, toute la fraternité [87] ». Chaque fois que la communauté de l’autel se réalise, en dépendance du ministère sacré de l’évêque [88], se manifeste le symbole de cette charité et « de cette unité du Corps mystique sans laquelle le salut n’est pas possible [89] ». Dans ces communautés, si petites et pauvres qu’elles puissent être souvent ou dispersées, le Christ est présent par la vertu duquel se constitue l’Église une, sainte, catholique et apostolique [90]. Car « la participation au Corps et au Sang du Christ n’a pas d’autre effet que de nous transformer en ce que nous recevons [91] ». Mais toute célébration légitime de l’Eucharistie est dirigée par l’évêque à qui a été confiée la charge de présenter à la Majesté divine le culte de la religion chrétienne, de le régler selon les préceptes du Seigneur et selon les lois de l’Église, auxquelles il apporte, pour son diocèse, par son jugement particulier, les déterminations ultérieures. >>

Et au paragraphe 28 :

<< Coopérateurs avisés de l’ordre épiscopal [108] dont ils sont l’aide et l’instrument, appelés à servir le Peuple de Dieu, les prêtres constituent, avec leur évêque, un seul presbyterium [109] aux fonctions diverses. En chaque lieu où se trouve une communauté de fidèles, ils rendent d’une certaine façon présent l’évêque auquel ils sont associés d’un cœur confiant et généreux, assumant pour leur part ses charges et sa sollicitude, et les mettant en œuvre dans leur souci quotidien des fidèles. Sanctifiant et dirigeant, sous l’autorité de l’évêque, la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confiée, c’est l’Église universelle qu’ils rendent visible aux lieux où ils sont, et c’est le Corps entier du Christ à l’édification duquel (cf. Ep 4, 12) ils contribuent efficacement. (…). En raison de cette participation au sacerdoce et à la mission de leur évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père et lui obéir respectueusement. (…) Tous les prêtres, par conséquent, tant diocésains que religieux, en raison de l’ordre et du ministère, sont articulés sur le corps des évêques et, selon leur vocation et leur grâce, sont au service du bien de l’Église entière. >>

L’autorité d’un concile œcuménique est suprême dans l'Eglise. Les ex-lefebvristes, et les jeunes gens formés par eux, s’y dérobent pourtant – au moins en partie – à coups de dubia (pourtant résolus depuis trente ans) et d’affirmations absurdes telles que le sempiternel "Vatican II n’est pas un concile dogmatique" : mensonge maladroit, puisque ce concile a élaboré et voté les deux constitutions dogmatiques  Lumen gentium et Dei Verbum !

Comme la FSSPX, la FSSP patauge* : elle fonde ses attitudes sur le rejet de Vatican II et de la messe de saint Paul VI, tout en ne parvenant pas – et pour cause – à démontrer l’hétérodoxie de ce concile et l’invalidité de cette messe. Combien de temps encore durera ce cafouilleux bricolage sectaire ?  Rappelons que c'est face à cette même attitude de la part des lefebvristes que Benoît XVI avait rompu les discussions avec Mgr Fellay...

 

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* FSSPX et FSSP : comme disait naguère Mgr Wach, "la fille ressemble à la mère..."

 

 

chrisme.jpg

 

 

Commentaires

QUAND BENOIT XVI ROMPAIT AVEC LES LEFEBVRISTES

> Peu avant que Benoit XVI ne rompe en effet les discussions avec Mgr Fellay, patron de la FSSPX, Jean-Marie Guénois répétait encore dans le Figaro que le pape allait dérouler le tapius rouge pour les mlefebvristes à Rome...
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Écrit par : Jérôme / | 07/09/2021

"LES TROIS BLANCHEURS"

> Peut-être aussi faut-il encourager nos évêques à réfléchir à l'imprimatur accordé à la méthode de catéchisme "les 3 blancheurs" :
Comme le dit la FSSP :
" "Les Trois Blancheurs" ont reçu le 29 juin 2014 l'imprimatur à usage catéchétique en France, devenant ainsi un parcours officiel pour toute paroisse, communauté ou famille soucieuse d'une formation catéchétique solide."
Or cette méthode de référence, certes très bien conçue dans son format, omet tout de même (volontairement ??) TOUS les développements théologiques du XXème siècle.
Par exemple, n'y manque t-il pas un enseignement sur l'ecclésiologie, puisque les fidèles pensent qu'on peut former une communauté parallèle, qui prend position contre les publications de la CEF, et ne voient pas le problème ?
Donc les prêtres de la FSSP peuvent continuer à prendre des positions déviantes et à les enseigner : les fidèles qui ont reçu ce catéchisme et qui ont l'impression de bien connaître leur foi, n'y voient rien qui contredise leur formation catéchétique !!
Nos évêques ne devraient-ils pas prendre leur responsabilité et exiger que cette méthode soit complétée (clarifier la concélébration avec l'évêque et tous les autres points de déviance de la FSSP) afin qu'elle soit en phase avec l'Eglise, avant de continuer à maintenir l'imprimatur ?
C'est important, car la catéchèse est une force de la FSSP pour les familles qui veulent une "vraie" formation catéchétique pour les enfants.

Isabelle Meyer


[ PP à IM – Vous avez raison de poser ce problème. Outre le passéisme des "Trois Blancheurs", catéchisme qui zappe le mouvement théologique et ecclésiologique des XXe-XXIe siècles (ce qui en dit long sur le désir des auteurs), le problème de fond est la distorsion entre la théorie et la pratique. En effet l'une des trois "blancheurs" en question est "le pape" : or dans la pratique, la FSSP (éditrice) tourne le dos au magistère du pape François ! Pour ne rien dire de saint Paul VI, voué aux gémonies par ce milieu...
Le terme "Les Trois Blancheurs" est issu d'un rêve de saint Jean Bosco en 1862: l'idée est donc très respectable en elle-même, mais il ne serait jamais venu à l'esprit de saint Jean Bosco d'avoir envers un pape l'attitude de rébellion sournoise qu'a la FSSP envers François ! ]

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Écrit par : Isabelle Meyer / | 08/09/2021

LE PROBLÈME EST DOCTRINAL

> Preuve que tout ceci n'est pas une affaire de messe ou non en latin : le problème est plus profond, de nature doctrinale.
Le Motu proprio de juillet mit cette difficulté au grand jour, un peu comme ces secrets de famille, souvent de Polichinelle, que personne n'ose aborder jusqu'au jour où l'abcès est crevé par l'un ou par l'autre. L'entêtement de la FSSP est comparable à celui entendu d'un jeune prêtre français avec qui je conversais il y a six mois et qui me faisait comprendre, à la suite du cardinal Sarah, que les prêtres maronites mariés n'étaient pas vraiment catholiques, qu'ils ne vivaient leur sacerdoce qu'à moitié, etc. : ce 'nous les purs contre eux les impurs' est pourtant critiqué partout dans l'Évangile, lorsque le Christ se voit reprocher d'avoir fait tel miracle un jour de sabbat par exemple.
Le Motu proprio est salutaire : il met les crypto-lefebvristes face à leurs contradictions. "Que ton oui soit oui, que ton non soit non, tout le reste vient du démon" : la participation à la messe chrismale, donc la communion avec l'ordinaire, ne saurait relever d'un 'oui mais'. C'est oui ou c'est non ; mais si c'est non, il n'y a plus de communion ecclésiale. Entre le maintien dans l'Église et un retour à Écône, il leur faut à présent choisir.
PV

[ PP à PV – Oui. Mais une partie des évêques cherchent apparemment à voiler ce problème. Au nom de la charité, bien sûr ; mais la plus grande des charités est de faire la lumière pour empêcher des âmes de s'égarer dans le brouillard... (Car nos crypto-lefebvristes oeuvrent dans un brouillard de demi-positions et de semi-soustraction d'obédience, contrairement à leurs aînés FSSPX qui ont, eux, le mérite de la franchise dans l'erreur. Ils ne vont pas à la messe chrismale en refusant d'y concélébrer ; eux, ils n'y vont pas du tout. C'est plus clair.]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 08/09/2021

IRRATIONNELS

> Comment peut-on agir ainsi, c'est non seulement choquant, mais surtout irrationnel?
C'est pourquoi la logique reste si magique, au moins pour moi. Soit ce clerc pense que le Christ se trouve réellement dans l'hostie consacrée, auquel cas il tourne le dos au Christ consciemment en demeurant inactif pendant l'acte de consécration ; soit il pense qu'Il ne s'y trouve pas (le plus vraisemblable). Auquel cas il ne peut prétendre être pleinement fidèle et obéissant à l'Eglise actuelle. Point final.
Comment gérer ces cas, en s'en prenant aux dirigeants plus qu'aux ouailles qui se complaisent déjà dans un complexe de persécution (lequel les conforte bizarrement qu'ils sont dans le vrai car dans l'épreuve) : c'est le casse-tête des évêques dorénavant.

Catho1728


[ PP à C1728 – Oui : une bonne part des gens de la FSSP croient plus ou moins (toujours le flou) que la "messe de Paul VI" est invalide. On m'assure que dans certaines églises où cohabitent les deux formes du rite, il y aurait deux ciboires dans le tabernacle : un pour les hosties "modernistes" et un pour les hosties "de toujours" ! Si c'est exact, c'est éloquent. En tout cas je sais qu'aux pèlerinages de Chartres "ralliés" des années 1988-1990, certains prêtres transfuges de la FSSPX apportaient leurs propres hosties pour ne pas distribuer aux pèlerins celles de "l'Eglise protestantisée"... ]

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Écrit par : Catho1728 / | 08/09/2021

PÈLERINAGE DE CHARTRES

> En effet ça ne s'arrange pas du côte de "ND de Chrétienté" organisatrice du pèlerinage Paris-Chartres de Pentecôte.
Dans sa dernière newsletter, le président de cette association, Jean de Tauriers, se déchaîne contre le motu proprio et son auteur François.
Déclarant que le motu proprio "reflète exactement ce que pense le monde catholique progressiste, aujourd'hui à la tête de l'Eglise", le président de ND de Chrétienté accuse le pape de vouloir "exterminer" les traditionalistes !
Et pas seulement... le président critique aussi Jean-Paul II et Benoît XVI, coupables de ne pas avoir "clairement condamné" les gens qui ne pensent pas comme les tradis.
Sur cette lancée, le président attaque même la revue la plus proche de ses propres idées : 'La Nef', coupable selon lui de distinguer entre les divers courants traditionalistes...
Et bien entendu M. de Tauriers ricane sur le concile Vatican II, voire sur les études de théologie.
C'est vrai, quand on peut marcher en colonne en chantant "La sainte horreur de la vulgarité", quel besoin de savoir ce que pense l'Eglise réelle ? On a la bénédiction du cardinal Burke.
Tant qu'à marcher en colonne, conseillons-leur de ne pas s'arrêter à Chartres et de gagner la frontière suisse : direction Ecône.
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Écrit par : Charles Péguy / | 08/09/2021

LA MÈRE ET LA FILLE

> La FSSPX considère que la messe de Paul VI est valide mais illicite. La FSSP, je ne sais pas. Je constate que dans leur communiqué commun avec les autres Instituts ED, ils protestent de leur fidélité au pape François et de leur acceptation de Vatican II et des textes qui en sont issus. Mgr Wach a signé lui-aussi, avec la FSSP. Il y a probablement un coin à enfoncer entre ces deux-là.

Marek


[ PP à M. – Surtout quand on sait ce que Mgr Wach pense en fait de la FSSP ("la fille ressemble à la mère"). D'où l'étonnement des connaisseurs devant le fait qu'il ait cosigné la lettre... Toutes les hypothèses sont possibles. ]

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Écrit par : Marek / | 08/09/2021

à Patrice :

> Ou alors, ces évêques donnent du crédit à la thèse selon laquelle sans les tradis, leur Église diocésaine se retrouverait quasiment vide. Je l'ai entendu de la bouche d'un prêtre MEP qui m'assurait que les traditionalistes étaient le seul avenir possible de l'Église, que certains évêques refusaient d'envoyer leurs séminaristes à la Catho, jugée gauchiste, etc. Certains évêques qui lisent peu et écoutent ce son de cloche jour après jour peuvent se laisser convaincre, comme le montre le cas Lebrun.
Quand Benoît XVI avait publié Summorum Pontificum, il n'y avait pas eu autant de tapage : il est assez choquant de voir un archevêque remettre plus en moins en cause un acte relevant du Magistère, comme si le pape ne présidait pas à la charité.
Pourtant, qu'ils n'aillent pas trop loin dans leur entêtement ; le prochain Motu proprio, si celui-ci échoue, pourrait porter sur l'abrogation pure et simple du missel de 1962. À titre personnel, c'est cette solution que j'aurais retenue : elle aurait le mérite de régler une fois pour toutes l'instrumentalisation de la liturgie et de ne plus permettre de flou pour ceux qui croient pouvoir être un pied dedans, un pied dehors. Et là, nos FSSP qui assistent à la messe chrismale avec des jumelles en se pinçant le nez seraient contraints de retourner chez Lefebvre...

PV


[ PP à PV – Si des évêques croient que les groupes tradis sont le seul avdenir possible, ils sont en plein mirage. Ou ils se résignent à ce que "l'avenir" ressemble à une secte woke, avec son clergé dédié. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 08/09/2021

"ON NE LES VOIT JAMAIS"

> J'ai quand même un petit peu l'impression qu'on découvre la lune : franchement, qui pouvait croire que le tradiland pensait autrement ? Si le tradiland pensait autrement, pourquoi s'encrouterait-il dans un cul de sac liturgique ?
Concernant les 3 blancheurs, c'est le même problème que pour la liturgie : c'est parfois vraiment pas terrible ce qu'on propose dans les catés paroissiaux normaux (même si la situation s'est beaucoup améliorée, je reconnais). Dans les 3 blancheurs, il y a un contenu, des choses à connaître, un contenu de la foi à peu près précis, un bouquin (pas des CD rom ou des QR codes). Je comprends l'attrait pour ce catéchisme. En outre, concernant l'ecclésiologie, je n'ai pas souvenir d'en avoir beaucoup fait dans mon caté "normal"... Pas avant la confirmation dans mon souvenir.
Le problème n'est pas les 3 blancheurs, le problème est le fait même qu'il y ait des catés complètement différenciés. C'est dingue quand on y pense, mais c'est ce qui passe dans ma paroisse où la FSSP a un créneau. Je peux pas dire qu'ils sont désagréables : on les voit jamais...
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Écrit par : Maud / | 08/09/2021

DES SYNTHÈSES

> Les réponses aux vieilles questions ont été données depuis longtemps, certainement, mais existe-t-il des synthèses accessibles sur les sujets épineux les plus régulièrement abordés dans ce genre de contexte ?

FN


[ PP à FN – Pouvez-vous préciser ? ]

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Écrit par : Fernand Naudin / | 08/09/2021

à Marek :

> Les crypto-lefebvristes ne protestent de leur acceptation de Vatican II que de manière formelle : l'Institut du Bon-Pasteur, par exemple, est sur son site internet beaucoup plus circonspect en la matière, rappelant qu'il se permet de distinguer parmi les textes conciliaires entre ceux qu'il accepte et ceux qui sont "sujets à caution", le Concile datant "de 1965" (périmé, donc) et étant "non infaillible en tout point" (affirmation qui frise l'hérésie).
Vous admettrez qu'on est loin des grandes envolées lyriques de la récente lettre avec citations répétées d'Amoris Laetitia.
Quant au missel de 1969, s'il était "valide mais illicite" à leurs yeux, pourquoi donc séparer les hosties 1969 des hosties 1962 ? Valide, cela signifie qu'il y a Présence Réelle, que le Christ est présent sous les espèces du pain et du vin : inutile par conséquent de faire cohabiter les ciboires dans les tabernacles sauf à considérer, in petto, que le nouveau missel ne serait ni licite ni même valide puisque le Christ serait davantage présent dans les hosties 1962 que dans les 1969. Il pourrait donc y avoir selon ces gens une demi-épiclèse ? Un Esprit saint récalcitrant à transsubstantier car le canon aurait été dit non en latin mais en langue vernaculaire ? Autant d'énormités qui auraient de quoi faire "hennir les constellations" pour citer Léon Bloy.
Ce n'est sans doute pas un hasard si le pape consacra l'une de ses récentes catéchèses du mercredi à l'hypocrisie, notamment dans l'Église où elle est - à juste titre - "particulièrement détestable".
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/09/2021

HUM...

> Mgr Wach chantant* les louanges du fondateur de la secte TFP :
https://gloria.tv/post/7UdaTNpCZYbWEQsC7KgtmfdtK
(c'était en 2008 il a peut-être changé depuis mais...)

La fondation de Wach n'est pas "canal historique" : elle n'est pas issue de la fraternité st Pie X donc il n'y a pas de proximité avec sa fille Saint-Pierre.
Il semble attaché à un paléoritualisme qui se veut Grand Siècle à travers un goût prononcé pour les dentelles, les froufrous, les pompons et les plumets mais ça fait surtout cocotte Second Empire.

* et massacrant l'italien

EL


[ PP à EL – Mais il n'a jamais hésité à concélébrer et il est attaché à la spiritualité bienveillante de saint François de Sales. D'où l'étonnement ressenti à le voir participer à une manoeuvre suscitée par l'IBP et la FSSP. Que fait-il dans cette galère ? ]

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Écrit par : E Levavasseur / | 09/09/2021

RETOUR AU LEFEBVRISME ?

> Savoureux en effet, merci Anne ce fut ma demi-heure de franc rire pour la journée!
Et clair comme de l'eau de roche : la FSSPX compte bien en profiter pour moissonner sur les terres de la fille sans vergogne.

Catho 1728

[ PP à C1728 – Au moins, ceux des tradis qui retourneront à la maison-mère n'auront plus à faire semblant de reconnaître le concile et l'enseignement du pape... Ils vont découvrir ainsi la franchise. À lire son dernier message, on sent que le président de 'ND de Chrétienté' (pèlerinage de Chartres) ne va pas tarder à franchir ce pas. J'en serai consterné. Mais ça devient inévitable. ]

Écrit par : Catho1728 / | 09/09/2021

à Patrice :

> Que fait-il dans cette galère ? On a dû lui forcer un peu la main, sur la musique 'le pape condamne le missel de 1962, si vous êtes des nôtres, signez'. C'est un mécanisme classique de mimétisme comme l'a décrit René Girard : solidarité de groupe au risque de devenir paria.

à Éric Levavasseur :

> Oui, ça fait très Toulouse-Lautrec : ces soutanes bleues avec surplis finement dentelés, cette ornementation baroque des habits liturgiques, ces photos de groupe à la symétrie quasi parfaite entourant un cardinal trônant, cappa magna toute de pourpre déployée... J'avoue que cela ne me parle pas. On me répondrait que c'est la Tradition, etc., mais quel lien avec le Christ, avec l'Évangile, avec les premières communautés chrétiennes ? Le contenant serait-il plus important que le contenu, qui est de rendre la Foi vivante et connue de tous ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/09/2021

L'I.C.R.S.P.

> Il semblerait que l'ICRSP soit plus modérée que les autres même si je n'apprécie guère les excès de dentelles et de dorures.
Je remarque aussi chez les jeunes prêtres semi-tradi une tendance à reprendre les aspects superficiels de la tradition, en ressortant les vieilles dentelles de la sacristie, en habillant les enfants de choeur en petit cardinaux, en restaurant les vieilles dévotions comme le mois de Marie ou le 1er vendredi du mois, confondant Tradition avec us et coutumes du XIXe siècle.

TT


[ PP à TT – Oui sur les deux points, à ceci près que l'ICRSP me semble plus "diplomate" que "modéré". En tout cas, ses prêtres concélèbrent à la messe chrismale : ce qui rend d'autant plus insolite la signature de Mgr Wach aux côtés d'instituts qui refusent cette concélébration. ("Lettre aux évêques").
Sur le goût des jeunes prêtres tradis pour le décorum XIXe : cette tendance n'est pas "traditionnelle" mais passéiste, ce qui n'a rien à voir avec le témoignage de foi au Christ qui est l'unique nécessaire... Sous cet angle aussi, les dentelles et dorures ont un effet très négatif sur les incroyants qui parlent de muséomanie et d'autocélébration. Ce n'est pas le moyen d'évangéliser, c'est-à-dire "rendre compte à qui nous le demande de l'espérance qui est en nous" (première lettre de Pierre). ]

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Écrit par : Tryphon Tournesol / | 10/09/2021

HUMOUR

> La séparation qui peut être faite, en certains lieux, entre les hosties consacrées "Paul VI" et celles qui l'ont été au cours d'une messe de saint Pie V me semble parfaitement logique. Le Christ est présent dans les deux cas. Mais dans le premier, il est en jogging-savates, alors que dans le second il est en soutane à col romain. Non mais !
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Écrit par : Feld / | 10/09/2021

@ Feld :

> mais je connais de jeunes prêtres en soutane et baskets... ;-)
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Écrit par : Alex / | 12/09/2021

LA NÉCESSAIRE CONCÉLÉBRATION
A LA MESSE CHRISMALE

> Attention au vocabulaire de la participation des prêtres au sacerdoce et à la mission de l'évêque. Ce vocabulaire résulte malheureusement d'une traduction erronée du Centurion. L'original latin se traduit ainsi : "en raisin de cette participation dans le sacerdoce et la mission, les prêtres doivent en vérité reconnaître l'évêque comme un père et lui obéir avec révérence". Selon le texte du Concile, le prêtre ne participe pas au sacerdoce ni à la triple mission de l'évêque. Il participe comme l'évêque au sacerdoce et à la triple mission du Christ, à un degré moindre que l'évêque. Il s'ensuit qu'il ne peut exercer sa mission, toujours en vertu d'une ordination qui lui est propre, qu'en tant que coopérateur de l'ordre épiscopal, et, pour cette raison, sous sa conduite et dans l'obéissance. Ainsi, la subordination réelle dans l'exercice de la triple mission se fonde-t-elle d'abord sur deux éléments : la communauté d'ordination et le degré d'ordination. La dignité, la coopération avec l'évêque et la subordination à l'évêque, qui sont propres au prêtre, se fondent ensemble sur un acte sacré et sacramentel qui le configure directement au Christ Pasteur. Bien entendu, pour l'exercice de la triple mission, une détermination canonique posée par l'autorité sera nécessaire, sous forme de nomination. Le Concile pose donc que le ministère apostolique ne repose pas d'abord sur un acte juridique de l'autorité, mais sur un acte sacramentel qui marque la personne et la configure. Cela se retrouve en LG 21 pour les évêques et en LG 28 pour les prêtres. Le fond de l'affaire est que ni l'Eglise ni ses pasteurs ne sont des entités séculières d'organisation, mais des entités sacramentelles de rayonnement efficace de la présence du Christ en vue du salut des âmes (v. LG1 et 8). C'est donc d'abord en vertu d'une condition commune sacramentelle que les prêtres sont liés à l'évêque et reliés entre eux.
De mon point de vue et pas seulement, la concelebration eucharistique de la Messe chrismale (où sont redites les promesses de l'ordination) manifeste et réalise au plus haut point cette communauté sacramentelle de condition et de charges, dans l'acte sacré qui scelle l'unité de l'Eglise et de son presbyterium, lequel est ontologiquement lié au Christ Pasteur et relié à l'évêque pour cette raison.
Certes, le c.902 dispose des conditions licites de la concelebration, laquelle n'est pas juridiquement obligatoire. Mais la condition sacramentelle du prêtre exerçant un ministère pastoral par décision de l'évêque réclame cela, ne serait-ce qu'une fois l'an.
Il faut comprendre la valeur des choses en elles mêmes, sans se comporter comme des petits garçons, dans le seul registre de l'obligatoire, du permis et de l'interdit. Ni le Concile ni le Code ne conduisent à penser ni à vivre les choses sacrées de manière aussi extérieure et étriquée.
D'ailleurs, suivant l'Instruction "Eucharisticum mysterium" n.43 du Consilium et de la S.Congregation des Rites du 25 mai1967, la présence de prêtres communiant à une Messe comme des laïcs, sans accomplir la fonction qui leur revient selon leur ordre propre, est expressément réprouvée. Jadis, le Concile et le Code nous faisaient entrer dans le sens des choses sacrées, des normes et de l'équité dans leur application. En cette époque de positivisme juridique et de compulsivite coercitive répondant à une affirmation parfois tyrannique de droits subjectifs, on peut souhaiter que, dans l'Eglise au moins et à tous ses étages, on marche suivant la vérité des choses et dans l'application judicieuse d'un droit de service et de guérison. Pour cette tâche, la collégialité des évêques, interprétée suivant les actes du Concile, associée à une "synodalite" non feinte mais effective, s'avère irremplaçable.

Père Christian


[ PP au Père Chr. – Merci de cette précieuse mise au point. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Père Christian / | 17/09/2021

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