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02/06/2021

L'embrouille des langues régionales

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A quoi joue le Conseil constitutionnel quand il s'en prend au breton, au basque, à l'alsacien, au corse ou à l'occitan, alors que le bulldozer de l'américain est en train de disloquer le vocabulaire et la grammaire de la langue française... dans l'indifférence totale des pouvoirs publics ? Ma chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


<< Alors : le Conseil constitutionnel… On peut s’interroger à son sujet, quand on le voit, examinant une loi récente sur les langues régionales en France, censurer un article favorable à l’enseignement scolaire du corse, du basque, de l’alsacien ou du breton, et interdire l’usage de quelques signes orthographiques servant à prononcer certains mots de ces langues. Par exemple l’espèce d’accent circonflexe qu’on met sur des N pour les prononcer AN et non ANN. Il parait que l’usage de cet accent en breton mettrait en danger la République.

On a du mal à le croire quand on sait que le nom espagnol du préfet français coordinateur de l’antiterrorisme, Laurent Nuñez, s’écrit avec cet accent !  On voit mal en quoi ce préfet, dont la famille pied-noir est française depuis 130 ans, menacerait nos institutions par l’orthographe de son patronyme.

On le voit d’autant moins qu’en février 2020, le président de l’Assemblée nationale et la ministre de la Justice annonçaient que cette espèce de petit circonflexe, et tous les signes du même genre, dans les langues régionales ainsi reconnues comme “richesses de la République”, allaient bientôt être admises à l’état-civil et que le décret l’y autorisant était en cours de rédaction.

Le soudain zèle jacobin du Conseil constitutionnel apparaît d’autant plus bizarre que les “sages du Palais-Royal” (comme on croit devoir les surnommer) ne semblent pas du tout inquiets du véritable danger qui menace la langue française : notre vocabulaire et la construction même de nos phrases sont envahis massivement par la langue américaine, destruction propagée par le bulldozer de la publicité et de l’audiovisuel ; le langage officiel lui-même s’aligne sur l'invasion. Quand un mot français ressemble à un mot américain mais avec des sens différents, c’est le sens américain qui finit par l’emporter.

Il y en a des centaines d’exemples, plus nombreux chaque semaine. Je vous en cite un, constaté hier : au lieu de nous dire "remettez-vous en forme pour avoir un beau physique cet été", une pub française destinée à des Français nous dit : “travaillez votre summer body”. Que nous nous mettions à dire “body” au lieu de “corps”, ou “ma life” au lieu de ֧“ma vie”, etc, etc, c’est plus grave qu’on ne croit. Adopter le langage d’une superpuissance économique étrangère, donc progressivement la vision du monde qui va avec, c’est une attitude de colonisés. Et c’est une perte mentale. Le Conseil constitutionnel devrait s’occuper de ce problème-là, au lieu de reprocher à des parents de donner à leurs enfants des prénoms traditionnels, ou d’empêcher des écoliers français d’apprendre aussi leur langue régionale...  On sait que les élites vivent loin des gens, mais il y a quand même des limites.  >>

http://www.radiopresence.com/IMG/mp3/02062021_chroeco_airtemps.mp3

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Commentaires

LE TILDE

> Patrice, vous auriez pu ajouter dans les menaces pesant sur notre langue l'écriture inclusive !

P.S. : le petit accent que vous évoquez s'appelle un tilde.

MG


[ PP à MG – "Tilde" : oui, mais seulement en espagnol... Je ne l'emploie donc pas à propos du breton. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 02/06/2021

PATRIMOINE DE L'HUMANITÉ

> Ce n'est pas une bonne idée d'aller dans le sens de l'exticntion des langues, fussent-elles régionales, et donc un péril pour la République ! Regardez le savant Georges Dumézil dans ses voyages, il recueillait des langues qui n'étaient plus parlées que par une seule personne, parfois. Il essayait de les conserver par écrit, car elles appartenaient au patrimoine de l'humanité. Voilà ce que devrait faire l'ONU aujourd'hui : classer les langues régionales, de manière à ce qu'on ne puisse plus s'attaquer à elles !
En Bretagne par exemple (j'y habite), savoir le breton peut vous ouvrir des portes : si vous êtes au chômage, vous pourrez tout simplement devenir prof de breton. On vous proposera des stages, d'apprendre d'autres langues proches, comme les différentes langues gaëliques, etc. Les langues régionales, comme les autres, sont sources de richesses. La décision du Conseil constitutionnel ne me semble pas "sage" du tout.
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Écrit par : Bégand / | 02/06/2021

DOCILES "SAGES"

> Oui, les langues régionales sont une richesse. Certes, il ne faudrait pas arriver à une situation à l'espagnole ou le castillan n'est plus langue commune pour le travail ou l'école, au moins chez ces têtes de lard de Catalans. Mais on en est loin.
Seulement, de par le mécanisme de nomination, le Conseil constitutionnel français sert au recyclage "d'huiles" politiques usagées, il est docile et s'active à ce genre d'amusette pendant qu'il gobe toute des réformes de la Constitution qui détruisent notre indépendance.
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Écrit par : PF Huet / | 02/06/2021

LE FRANÇAIS EN PÉRIL

> Il serait judicieux de la part des censeurs de l'enseignement des langues régionales (et des contempteurs d'icelles en général) de se demander si le français ne risque pas d'en devenir une sous les coups du "bulldozer" (un anglicisme !) américain. Lorsqu'à l'invasion succèdera la substitution, nos chers centralisateurs pourront toujours pleurer.
Cela vaut pour le français et pour d'autres langues dans le monde, d'ailleurs, certaines étant probablement plus fragiles du fait de leur nombre de locuteurs relativement faible et parfois d'un complexe "provincial" (je ne supporte plus, par exemple, de lire l'expression "public service" dans la presse suédoise).
Défendre et illustrer nos langues régionales, c'est défendre une richesse qui peut nourrir notre langue, at aussi encourager les langues, nationales ou régionales, qu'une uniformisation pourrait menacer, à rester vivantes.
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Écrit par : Sven Laval / | 02/06/2021

"GÉNOCIDE CULTUREL"

> Les (vieux) singes du Palais Royal...
Le fait est qu'on assiste en France à un véritable génocide culturel comme on dit au Canada.
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Écrit par : E Levavasseur / | 03/06/2021

PAS LES EXOGÈNES

> Il me semble que le Conseil constitutionnel ne s'en prend pas vraiment à l'enseignement des langues régionales (qui se pratique depuis plusieurs décennies) mais à l'enseignement (de toutes les matières) dispensé (exclusivement) dans une de ces langues. Genre école "Diwan".
Et encore, ne seraient concernées que les établissements qui prétendraient ouvrir leur porte à partir de maintenant.
Donc le réseau des écoles Diwan, par exemple, ne serait pas menacé de fermeture.
Cependant, cette recommandation ne viserait-elle (par anticipation) à éviter ou prévenir une prolifération - perçue comme prochaine - d'école à langues exogènes (en particulier l'arabe) ?
Bien qu'il existe aussi et déjà, dans les lycées, des classes "européennes" où l'enseignement immersif se fait en anglais, en allemand, en espagnol ou en italien.

F.


[ PP à F.] – La loi précise qu'elle ne s'applique pas aux langues exogènes. La décision du CC ne vise donc que les langues régionales traditionnelles de l'Hexagone... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Fondudaviation / | 03/06/2021

ORANGE

> https://www.lefigaro.fr/actualite-france/recit-d-une-nuit-de-cauchemar-pour-orange-face-a-une-panne-rare-et-gravissime-20210603
Et un nouvel exemple de l'invasion de l'anglais dans notre langue : « Nous faisons de la gestion de crise en live. »
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Écrit par : Philippe de Visieux | 04/06/2021

LA FORME

> Le tilde désigne la forme du signe. On parle du tilde non seulement en espagnol ou en breton, mais aussi en paléographie, notamment latine, où le tilde remplace souvent le n après une voyelle.
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Écrit par : Edel / | 04/06/2021

NOTES

> Dans l'indifférence générale...En Espagne, une telle mesure eût drainé des manifestants par milliers dans les rues...
Note pour moi-même:
Immersif = subversif, je garde, je ne l'avais pas celle-là.
Quant à s'attaquer aux langues régionales, voilà qui est vile mesquinerie, et contraire au b-a ba de l'écologie humaine.
Et d'ailleurs pour rappel:
Aux termes de l'article 75-1 de la Constitution: "Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France".
Il serait bon de titiller un peu ledit Conseil majuscule sur la notion de patrimoine de la France, qui doit être respecté et entretenu comme tout bon patrimoine, avec de surcroît l'exemplarité qui sied à tout patrimoine élevé à ce rang-là.
Si l'on parle de la langue en France, les “sages” eussent honorés la majuscule de leur Conseil et justifié leurs onéreux jetons de présence en exigeant l'application réelle de la Loi Toubon de 1994 sur l'usage de la langue française, merci Patrice de l'avoir tout de suite mis en parallèle.
À moins bien sûr que l'utilisation intrusive d'un anglais douteux à tout bout de champ, pour des termes qui ont toujours leur équivalent en langue française, soit nettement moins une menace pour la langue utilisée dans les Limes gallo-européens de l'Empire que l'usage local du corse, du basque ou du breton (par ex.)...
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Écrit par : Aventin / | 04/06/2021

LE FRANÇAIS ET LES LANGUES RÉGIONALES

> Ce que le Conseil constitutionnel craint à l'évidence, c'est d'ouvrir une boîte de Pandore.
Prenons 'Under Land' comme exemple de ce qui pourrait faire tache d'huile. Un parti qui revendique "une Alsace libre", le cas échéant indépendante : aucune référence au drapeau tricolore sur leur site où n'est représenté que le 'Rot un Wiss'. On s'y sent Alsacien, pas vraiment Français.
https://www.unserland.org/page/1120324-accueil-startseite

Idem en Corse avec Talamoni qui a viré le drapeau national de son papier à en-tête officiel, pour se dénommer "U Presidente" de l'"Assemblea di Corsica". Pitoyable : les "sages du Palais-Royal" peut-être parfois trop stricts, peuvent aussi être laxistes. M. Talamoni, jusqu'à preuve du contraire, est un élu de la République qui perçoit son indemnité du Trésor public...

Que dire du rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne ? À titre personnel, j'y suis favorable car Nantes est capitale historique du duché. Mais dans cinquante ou cent ans, de telles entités reconstituées ne risqueraient-elles pas de marcher vers l'indépendance, surtout si elles se distinguent du reste de la nation par une langue régionale parlée par toute sa population ?

Si progressivement les langues régionales - qui sont une richesse indiscutable - venaient à détrôner le français comme langue nationale dans certaines parties du territoire, c'est le délitement de la nation qui serait un danger à plus ou moins long terme. Ne pas oublier l'exemple écossais, qui marche vers l'indépendance en partie suite aux largesses concédées par Tony Blair en faveur de la dévolution institutionnelle il y a vingt ans.
Comment se montrer respectueux des langues régionales tout en sauvegardant l'unité nationale ?

PV


[ PP à PV – En empêchant l'américain de submerger et disloquer le français, comme cela commence à se réaliser aujourd'hui.
Un français vivant et vigoureux n'aurait rien à craindre de l'occitan et du breton.
Mais si le français courant se laisse devenir le véhicule de la colonisation US, le recours aux langues régionales sera un réflexe de survie pour les populations tenant à leur identité culturelle. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/06/2021

à Patrice :

> En effet, et peut-être la loi Toubon devrait-elle être renforcée en la matière, avec sanctions à l'appui.
Quelques lectures récentes tendent à indiquer que le Québec, jadis fort pointilleux en la matière, l'est de moins en moins : les nouveaux arrivants à Montréal sont loin d'être tous des locuteurs heureux de la langue de Molière...
À titre personnel, j'évite dans la conversation d'employer ces anglicismes qui sont pourtant tombés dans le langage courant : en parlant de fin de semaine au lieu de "weekend", ou de courriel au lieu d'"email" (ou, pire, de "mail" - qui désigne en anglais le courrier sous enveloppe papier), on fait un geste peut-être dérisoire, mais qui a du sens.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 07/06/2021

@ Philippe de Visieux

> Et encore là ça va. Que dire de "matcher" pour tomber d'accord, "supporter" pour prendre en charge, j'en passe et des pires...
Autre involution : le "calage " sémantique de nos institutions sur celles des US. Ainsi, nous avons officiellement une first.. pardon une Première Dame, l'ESM Saint-Cyr et l'EMIA viennent d'être rebaptisées "Académie militaire" (comme West Point), ...
A l'heure où le pronostic vital de notre patrie est largement engagé, il faut se battre également sur le front de la langue..

Tenez, à propos de pronostic vital de la France, j'ai trouvé ce billet, interview de quelqu'un qui se présente comme étant un officier d'active. Long, détaillé, apparemment bien documenté. Terrible et à la fois non dénué d'espérance (à la fin). Même si le site lui-même a l'air un peu ...spécial :
https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/06/04/alerte-un-officier-parachutiste-appelle-a-la-guerre-civile-maintenant/
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Écrit par : Feld / | 07/06/2021

COMPLOT DE BRUXELLES ?

> Peut-être serait-il utile de bien distinguer :
1) les associations culturelles régionales qui travaillent à la préservation des langues et des patrimoines locaux
=> Elles sont légitimes, elles manifestent une richesse de la culture et du patrimoine français.
2) et l'utilisation biaisée de ces premières, pour réclamer des territoires autonomes par rapport à l'état, MAIS très sagement assujetties à l'UE.
Corse, Alsace, Bretagne, Savoie, Catalogne, Ecosse, ... ces revendications d'autonomie sont SYSTEMATIQUEMENT pro-UE.
Il serait intéressant de savoir qui les finance.
Si de son côté, l'UE veut avoir la main sur des euro-régions sans ne plus à voir à passer par les états, cela signifie tout de même qu'on parle du démantèlement des états, ce n'est pas rien... (cf l'Espagne).
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 08/06/2021

"VRAI CANCER"

> Plutôt que de répéter depuis 40 ans que l'UE veut démembrer les Etats, ce qui ne se produit pas dans les faits, mieux vaudrait lancer un mouvement de masse pour sauver la langue française de l'invasion de l'anglais US : ça c'est un vrai cancer et déjà très avancé.
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Écrit par : Pelot de Betton / | 08/06/2021

à Pelot de Betton :

> En effet, Bruxelles n'affirme pas qu'il souhaite démembrer aucun État. Cependant, la vision fédéraliste de l'Union européenne entend faire de cette dernière un patchwork de régions de la taille des Länder allemands ou des actuelles régions françaises. Cette vision fédérale est loin de susciter l'unanimité actuellement.
Ce que l'on remarque est plutôt une affirmation de spécificités régionales fondées sur une identité forte. L'Alsace n'a ainsi pas digéré le fait d'avoir perdu son statut régional spécifique sous François Hollande (alors que Strasbourg était maintenue comme siège, mais d'une immense région allant de la Brie au Rhin), d'où sa renaissance administrative sous la forme de la Collectivité européenne d'Alsace (et pourquoi "européenne", d'ailleurs ?). Les Lorrains sont les cocus contents de l'affaire puisqu'ils perdent un chef-lieu de région (Metz) pour relever désormais de Strasbourg. La Lorraine, pourtant devenue française bien après sa voisine d'outre-Vosges, n'a aucune revendication autonomiste particulière : elle ne pèse donc pas grand-chose aux yeux de Paris qui dut créer la nouvelle collectivité alsacienne suite aux exigences répétées des élus et d'une bonne partie de la population d'Alsace.
Idem en Corse avec la "Cullettività di Corsica" dénommée comme telle sur son site web affublé d'une magnifique adresse www.isula.corsica... et d'un site dans lequel la langue corse prédomine largement. On en viendrait presque à se demander si la France y est encore souveraine. Noter au passage que la collectivité alsacienne a opté pour une adresse web www.alsace.eu : son site ne fait aucunement mention des couleurs françaises comme si la "collectivité européenne" ne relevait d'aucun État. N'aurait-on pas pu (dû) exiger à tout le moins une adresse en .fr pour toutes ces institutions ?
Paris cherche sans doute à calmer par ce biais des ardeurs régionales qui, si elles devaient être trop longuement insatisfaites, pourraient dégénérer en sentiment anti-français exigeant l'indépendance à plus ou moins long terme.
Prenons garde : il y a vingt ans, l'idée même que l’Écosse puisse devenir indépendante aurait fait hurler de rire tout Britannique. Aujourd'hui, M. Johnson n'ose pas organiser de nouveau référendum de crainte qu'il ne soit positif.
Soyons en effet vigilants : une idée naguère fantaisiste peut germer et croître rapidement pour devenir doxa : le 'mariage pour tous' aurait choqué toute la population française il y a quarante ans, mais il a emporté l'adhésion de la majorité en 2021. Une adresse officielle régionale 'www.bretagne.bzh' peut sembler sympathique, mais elle pourrait constituer le début d'un délitement du sentiment d'appartenance nationale. On peut être Français et Corse, ou Français et Alsacien, ou Français et Breton, et parler corse, alsacien ou breton, mais sans oublier que la communauté nationale est la seule communauté de notre pays. Une communauté diverse et vivante, mais bien une seule et unique communauté.
Communauté dont la langue "est le français" pour reprendre le texte constitutionnel : un français de qualité et libre de toute invasion anglo-américaine. Si la loi devait rappeler cette évidence, et bien, qu'on légifère !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2021

à Feld :

> En effet. Sans évoquer le terme de "jauge" employé à tort par l'administration. Il faudrait parler de capacité maximale d'accueil, mais le terme impropre fait maintenant partie du paysage...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2021

à Philippe de Visieux

> Quand Gwenn ha Du a dynamité le monument de Rennes montrant la soumission du duché de Bretagne à la royauté de France, c'était en 1932 et l'UE n'existait pas.
Quand l'autonomisme alsacien a entrepris de résister au laïcisme jacobin de Paris, c'était en 1924 et l'UE n'existait pas...
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Écrit par : Elsa / | 09/06/2021

OLIGARCHIES LOCALES

> Et les mouvements autonomistes ou indépendantistes corses datent des années 20 et pas de Maastricht.
Pour en avoir parlé avec un élu quand je vivais à Briançon il y a 20 ans, la classe politique locale souhaite de grandes régions européennes (alors la région transfrontalière Piémont Alpes françaises) simplement pour se tailler des baronnies pensant que l'ère des nations était révolue. Et il n'y avait aucune volonté historique de reconstituer un royaume de Savoie ou autre, les Hautes-Alpes étant partie intégrante du Dauphiné....Beaucoup de ces gens sont hors-sol et ne pensent qu'à leur carrière et à l'avenir de leur progéniture. Une oligarchie qui se voit devenir une aristocratie...
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Écrit par : VF / | 09/06/2021

à Elsa :

> Je n'affirme pas que des mouvements autonomistes n'ont jamais existé dans ces régions, je m'inquiète qu'ils ne prennent davantage d'ampleur au point d'entraîner une partie substantielle des populations locales, mettant en danger l'unité nationale.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2021

@ Elsa

> PV ne dit pas que l'UE a créé les autonomismes mais qu'elle semble les encourager.
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Écrit par : E Levavasseur / | 10/06/2021

à Eric Levavasseur :

> En effet, je n'affirme pas que les mouvements autonomistes seraient nés avec l'Union européenne.
Ce que je souhaiterais est simple : que les institutions régionales rappellent, sur leurs sites internet par exemple, le lien qui les unit à la nation dont elles émanent. Un drapeau breton sur le site de la Région Bretagne est tout à fait naturel mais... aux côtés d'une Marianne tricolore ou d'un drapeau français. Un site en corse, oui, mais à condition que la langue corse ne figure qu'à la seconde place, sous le français et non au-dessus, en plus petits caractères le cas échéant. Une collectivité d'Alsace, très bien, mais sans le qualificatif d'"européen", dont le logo rappelle les couleurs nationales plutôt que le drapeau autonomiste, etc.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/06/2021

à VF :

> Dans l'Est, il y avait la 'Grande Région', anciennement 'Sar-Lor-Lux', qui ne signifiait strictement rien pour sa population (lorraine, luxembourgeoise, sarroise, puis wallonne). Mais cela faisait quelques dizaines de strapontins pour les élus recalés : tout le monde n'a pas accès au Conseil économique et social !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/06/2021

ATLAS DES LES LANGUES RÉGIONALES DE FRANCE CONTRE LES POLÉMIQUES STÉRILES

> Eh bien ces polémiques stériles sur les langues régionales sont l'occasion de mettre en lumière cet atlas sonore des langues régionales produit par le CNRS https://atlas.limsi.fr/.
Chaque langue, du domaine roman (oil, oc, francoprovençal, catalan, ligure, corse, parlers du Croissant) et des autres domaines (basque, breton, flamand, lorrain, alsacien), est illustrée avec une fable d’Ésope traduite dans plusieurs de ses dialectes, à la fois à l'écrit et comme document sonore. Cela c'est pour l'Hexagone. Le site donne la même chose pour les langues d'Outre-Mer et d'autres pays d'Europe.

J'ajouterai que les langues régionales sont bien innocentes dans le processus, comme dire, de délitement des États ou des nations modernes. Il est question pour, l'Écosse, de reprendre son indépendance, pourtant je ne sache pas que ses deux langues locales, le gaélique écossais (langue celtique) et le scots (langue germanique) soient vigoureuses aujourd'hui, alors que le gallois, lui, reste pratiqué par des pans bien plus larges de la société galloise, il n'est pas question de l'indépendance du Pays de Galles. De même, de son côté, bien que l'Irlande a retrouvé l'indépendance depuis un bon siècle, le gaélique irlandais bat de l'aile. Si l'on va dans les Balkans, le fait que les Serbes et les Croates parlent presque la même langue, (dialecte serbe et dialecte croate de la langue serbo-croate selon les linguistes), n'a pas empêché les Oustachis croates d'égorger des Serbes pendant la Seconde Guerre mondiale. Du côté du sous-continent indien, les Indiens, surtout hindous, ont une forte identité indienne commune, quelques soient les langues, parfois très différentes, qu'ils parlent (de plusieurs familles, notamment indo-européennes et dravidiennes) ; alors que le même temps, les Indiens du Nord, qui parlent souvent hindi, sont en inimitié avec les Pakistanais qui, pourtant, parlant l'ourdou, c'est-à-dire presque la même langue que l'hindi.
Tous ces exemples montrent qu'il n'y a pas de corrélations simples et directes entre les langues, les ethnies, les nations, les États.

Pour VF, qui parler de l'absence de volonté de "reconstituer un royaume de Savoie", il faut préciser que c'est tout à fait normal, puisque c'était un État dynastique et non un État-nation. Cet ensemble savoyard, valdotain, piémontais, niçois... ne tenait, par conséquent, que par sa dynastie, un peu comme l'Empire d'Autriche.
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Écrit par : Aurélien Million | 14/06/2021

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