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19/05/2021

M. Darmanin dans la rue contre sa propre gestion (2)

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Emportée par un vertige de l'image marketing, la classe politique perd le contact avec les réalités. Ma chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


<<  Aujourd’hui, devant l’Assemblée nationale à Paris, plusieurs milliers de policiers à l’appel de leurs syndicats vont protester contre ce qu’ils estiment être un manque de fermeté des officiels face aux "tueurs de flics" ; car dans ce domaine, et généralement en matière de sécurité publique, la police est mécontente des juges mais elle l’est aussi du gouvernement. N’entrons pas dans ce débat trop complexe. Mais étonnons-nous de la réaction du ministre de l’Intérieur ! M. Gérald Darmanin fait savoir qu’il sera dans la rue aujourd’hui aux côtés des policiers en colère : pour, dit-il, leur exprimer son soutien. En somme, le ministre de l’Intérieur va manifester contre lui-même.

Les policiers trouvent que le gouvernement fait mal son métier. En l’espèce, le gouvernement c’est M. Darmanin... Ce que les syndicats de police attendraient de leur ministre, c’est qu’il agisse pour répondre concrètement à leurs demandes : ce n’est pas qu’il descende dans la rue avec eux pour faire mine de partager leurs indignations !

Néanmoins M. Darmanin va venir protester avec eux. Contre quoi ? Contre des carences dont est responsable sa propre administration. Ce qui est frappant, c’est qu’il prenne cette posture sans voir qu’elle ne tient pas debout. On a l’impression que les hommes et femmes politiques d’aujourd’hui, formatés par les publicitaires, croient que l’art de gouverner se résume à  faire semblant et montrer sa compassion devant les caméras, en proférant les mots de l’émotionnellement correct… Peu importe qu’ensuite les actes concrets se fassent attendre, ou ne viennent pas du tout.

Mais cette méthode ne tient pas la distance. On l’a vu dans les hôpitaux, où les personnels exténués ne se satisfont plus de promesses émues et d’hommages solennels (ils mettent en cause la politique de marchandisation des soins et de technocratie budgétaire). On le voit maintenant dans la police nationale, coincée entre ses moyens insuffisants et ses désaccords avec les tribunaux et la politique pénitentiaire. Les problèmes posés par les hôpitaux et la police – en attendant d’autres secteurs sociaux – sont des problèmes de fond, qui touchent les orientations des gouvernements successifs et les philosophies en vogue dans la classe politique. M. Darmanin ou M. Véran n’amadoueront pas les flics ou les infirmiers en leur tenant des propos compassionnels et en faisant mine de manifester à leurs côtés… En politique comme ailleurs, la confusion des rôles n’a jamais mené loin.  >>

[Fin de ma chronique à Radio Présence]

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Note du blog L’obsession de leur image (au mépris des réalités) mène les politiques à d’énormes fautes, qu’ils paient ensuite dans les urnes. Ainsi M. Macron se faisant photographier ce matin à une terrasse de café, mais SANS MASQUE, pour mieux incarner le désir de liberté du grand public (sans doute sur le conseil d’un “communiquant”). Alors que les services officiels et le corps médical ne cessent de supplier les Français de respecter les mesures sanitaires pour éviter une quatrième vague… Cette contradiction entre le publicitaire et le médical est insupportable, d'autant qu’en profondeur M. Macron est aussi peu solidaire du grand public que M. Darmanin l’est des policiers et M. Blanquer des enseignants.

 

 

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11:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : darmanin, police

Commentaires

SANS AGIR

> Et ce sans évoquer infirmiers et enseignants dont le traitement est largement insuffisant. Assez de paroles : parler sans agir, c'est offrir un boulevard à Mme Le Pen.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 19/05/2021

LUI

> Je pense qu'il aurait du défiler en portant non pas une pancarte avec un slogan, mais en portant un miroir tourné vers lui. Cela aurait plus clair.
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Écrit par : B.H. / | 19/05/2021

GROSSE FICELLE

> Il est vrai que cette situation est à première vue ubuesque.
Mais il faut voir plus loin dans cette stratégie de communication. Le but est de faire croire aux Français que la manifestation des policiers n'est pas une manifestation pour dénoncer l'effondrement de la société française et l'inefficacité du gouvernement, mais une marche d'hommage aux policiers tués.
Ceci dit, je ne crois pas du tout en l'efficacité de la manoeuvre. La ficelle est trop grosse et les Français sont devenus plus méfiants.

Écrit par : Bernadette / | 21/05/2021

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