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15/03/2021

Violences de jeunes : éviter les diagnostics simplistes

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Ma chronique à Radio Espérance (Auvergne Rhône-Alpes) : << La violence des rixes entre bandes de très jeunes, est un sujet symptomatique. Il faut regarder lucidement les faits. Les voici :


<< ...De 2018 à 2021, les rixes entre gamins ont explosé : 21% de plus en 2019, 24% de plus en 2020. Et à côté du phénomène des bandes de quartiers, on voit maintenant apparaître, avec le crime d’Argenteuil, l’assassinat prémédité entre collégiens. Crime commis pour des raisons absurdes, mais conçu et exécuté avec une férocité froide qui stupéfie les policiers dans la mesure où il s’agit de jeunes de moins de 15 ans : ici ce n’est plus la contagion de la violence mimétique propre aux bandes, il s’agit maintenant de vie privée, de pulsions individuelles, qui débouchent sur une cruauté sans complexe. Aux dernières nouvelles, les deux petits assassins de la jeune Alisha n’ont aucun remords de ce qu’ils ont fait et n’en perçoivent pas la gravité.

Et du côté des pouvoirs publics, que dit-on ? Pas grand-chose :

sur les rixes entre bandes, le ministère de l’Intérieur profère des évidences qui n’engagent à rien. Il ne sait pas si le phénomène est pire qu’autrefois. Il croit savoir que ces rixes opposent des jeunes de 17 ans, alors qu’on en est aux rixes entre gamins de 13 ans. Et le « plan national » dont il parle n’est rien d’autre que ce dont on parle sans le faire depuis deux décennies...

Sur la dégradation du climat dans des établissements scolaires, le ministère de l’Education nationale n’est pas plus prolixe que celui de l’Intérieur. Il devrait pourtant l’être, puisque selon lui c’est l’école publique (non les familles) qui doit réaliser la « socialisation » des enfants… L’échec croissant de cette socialisation doit donc être la faute de l’Education nationale : et elle devrait accepter de nous en parler.

Mais mettons-nous à la place de ces ministres : la dégradation du climat de notre société est un processus bien trop vaste, profond et complexe, pour s’expliquer seulement par la carence des administrations. Notre société « avancée » met son salut  dans la « technologie », et c’est à ça que vont les subventions. Or on trouve la « technologie » au centre de toutes les violences de jeunes : sans le smartphone, pas de représailles instantanées quartier contre quartier. Pas de films vidéo de ces représailles. Ni de surenchères dans le spectacle de l’horreur… Sans le smartphone, pas de harcèlement entre collégiens débouchant sur la mort. Etc. Et tout ça n’est qu’un exemple des contradictions actuelles. Il serait temps d’y réfléchir. >>

 

 

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11:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : violences jeunes

Commentaires

UN TROU DE SIX MOIS

> Totalement juste : dans nos lycées et collèges, la violence ne bondit pas, au contraire, aller en cours aide les jeunes à surmonter l'épreuve du Covidocène. Mais le confinement a fait des ravages : les élèves ont un trou de six mois dans la raquette des apprentissages à tous les niveaux, et surtout ont développé une addiction encore renforcée aux écrans, qui entraîne une part des dérives actuelles...
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Écrit par : Alex / | 15/03/2021

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