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03/02/2021

Le médiatique, esprit d’une époque sans esprit

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Après avoir mis Gabriel Matzneff au plus bas, les médias vont-ils le ramener vers le haut ? Ma chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


 

http://www.radiopresence.com/IMG/mp3/03022021_chroeco_airtemps.mp3

 

<<  Je ne suis pas un croisé de l’ordre moral, et laissons à l’Arabie wahhabite le monopole d’une police spéciale de surveillance de la vertu. Ce que je vais vous dire ne vise pas des comportements privés, mais le tapage orchestré autour de comportements privés par les grands médias qui indifféremment mettent au pilori, puis font remonter sur le podium, les mêmes personnalités, à propos des mêmes comportements.

Exemple : il y a un an, les médias mettaient au pilori l’écrivain Gabriel Matzneff, dénoncé comme abuseur de mineurs par le livre de Vanessa Springora. Un an après, c’est-à-dire ces jours-ci, les médias remettent en quelque sorte Matzneff sur le podium ! Cliquez sur les pages d’actualités françaises, elles vous apprennent (comme si c’était un événement majeur) que l’écrivain maudit a écrit une réplique à son accusatrice et que cette réplique s’intitule même Vanessavirus ; ainsi l’ex-victime du don Juan des moins de 16 ans se retrouve comparée au Covid-19 : c’est ce que j’appellerais un raccourci polémique.

On peut discuter du bon goût, voire de la décence, d’une polémique pareille venant d’un éphébophile qui n’a jamais caché ses goûts ni ses pratiques – sachant par ailleurs que Matzneff avouait ces goûts et pratiques dans ses livres sous l’œil amusé du tout-Paris intellectuel, de la gauche mondaine à la droite dandy.

On peut surtout juger inacceptable la façon dont l’industrie médiatique tire profit de ce genre d’affaires en l’exploitant dans les deux sens :

– d’abord en affichant une noble indignation, avec interviews de l’accusatrice,  commentaires de sociologues et grandes imprécations interprétées par des chœurs d’activistes ;

– puis, un an après, en annonçant à son de trompe la réplique de l’accusé, etc. Et non seulement ça, mais en expliquant aussi que, Gabriel Matzneff étant désormais boycotté par les éditeurs, son livre sera publié en financement participatif :  et les médias indiquent le tarif des cotisations. Tout juste s’ils ne donnent pas l’adresse internet, mais ça viendra.

Faut-il s’indigner de cette apparente volte-face ? Sans doute. Mais il faut comprendre que ce n’est pas vraiment une volte-face. Pour notre société, donc pour les médias qui en sont le centre nerveux, il n’y a plus de bien ni de mal, plus de repères, plus d’échelle des valeurs : tout se vaut, du moment qu’on en parle et que ça fait, comme on dit en langage médiatique, le buzz. Est-ce du relativisme ? Oui. Mais c’est surtout de la logique commerciale. C’est l’esprit d’une époque sans esprit.   >>

 

 

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Commentaires

"EFFRAYANT"

> Nous savons la place tenue, il y a quarante ans, par les faiseurs d'opinion que furent ‘Le Monde’ ou ‘Libération’ dans « l'apologie intermittente de la pédophilie », comme le disait Laurent Joffrin dans un commentaire sur cette sombre époque – cf. https://www.ojim.fr/libe-le-monde-la-presse-de-gauche-et-la-pedophilie-ils-noublient-pas-mais-se-pardonnent/ (NB : l'Ojim ou Observatoire du journalisme est de sensibilité droitière mais souvent pertinent).
Et, de fait, il serait assez effrayant d'avoir à constater qu'une partie de la presse française se montre prête, aujourd'hui encore, à jouer les “intermittents de la pédophilie” en promouvant la publication participative du dernier Matzneff.
Reste que la dénonciation des abus sexuels, engagée il y a quelques années tant au sein de l'Eglise que dans la société civile (MeeToo…), et la purification des mœurs désormais en cours exigent peut-être une vérification du contenu de ce dernier ouvrage de l'écrivain pédophile, histoire :
1/ de voir si son auteur, selon son habitude, est toujours victime du virus - infernal - de “l'autopardon” ;
2/ de prier pour lui, et surtout pour ses victimes, violentées une nouvelle fois par tant d'inconscience et de déni du crime commis.
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Écrit par : D. Solignac (Denis) / | 03/02/2021

CALAMITY

> J'ai lu quelques articles sur ce nouveau livre que Matzneff veut faire paraître à compte d'auteur : pour le moins, ils étaient sceptiques, comme "Libé" qualifiant d'abject le titre choisi par Calamity (surnom donné à Matzneff par ses victimes de sexe féminin), "Vanessavirus". Je n'ai donc pas exactement la même impression que vous. A mon avis, on ne va pas réhabiliter Matzneff-Calamity tout de suite. Je pense qu'on continuera à le considérer pour ce qu'il est, un criminel, qui devra sans doute répondre de ses agissments, si la justice estime que ses forfaits pédophiles ne sont pas prescrits.
Ceci étant, le retrait de ses livres par ses différents éditeurs m'a choqué. On ne dispose plus désormais des pièces à conviction en vente libre -- ils auraient pu intéresser des psychiatres ou des juges. Ces livres ont été sur le marché très longtemps. Désormais on les lirait avec davantage de lucidité. Après tout, on n'a pas non plus brûlé Sade. Matzneff s'est voulu écrivain, et il l'a été, même s'il n'a pas du tout tutoyé le génie des lettres. Il doit payer le prix de ses fornications irresponsables -- comme Sade, emprisonné sous tous les régimes. Je n'aime pas vraiment Sade, mais ses livres sont très forts. Sade dénonçait en réalité un consumérisme de la sexualité, dont notre Matzneff fut un adepte, sans prise de distance, dans l'aliénation la plus complète. Si Sade ressuscitait, il mépriserait les livres de Matzneff, et lui dirait : "Mon pauvre ami, tu n'as rien compris !"
Je suis curieux de savoir ce qu'il y a dans "Vanessavirus" : si ce texte confirme ou non mon intuition que Matzneff n'a rien à dire. Et puis peut-être que "Vanessavirus" sera à l'origine de nouvelles poursuites contre Calamity. Il va peut-être finir sa vie en prison, comme Weinstein !

Bégand



[ PP à Bégand :

– Si la presse "people" n'avait pas orchestré la parution du nouveau livre de GM, je ne l'aurais pas apprise...

– Sur Sade : là c'est moi qui n'ai pas la même impression que vous. Je vois dans son oeuvre et sa vie une polarisation, non une dénonciation. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Bégand / | 03/02/2021

Au sujet de Sade :

> il était très probablement un tueur et un violeur en série. Cf. un chapitre du livre de Marie-Laure Suzini, 'L’Auteur du crime pervers' (2004). M.-L. Suzini était psychiatre des hôpitaux, spécialiste des criminels dangereux. Dans ce chapitre, elle montre, sur la base de documents trouvés par J.-J. Pauvert, qu'après des disparitions de femmes dans les environs du château de Sade, à La Coste, il y a eu une enquête qui aurait dû aboutir à un procès public : on trouva au château les restes des femmes disséquées. Mais la famille, de grande noblesse provençale, pour éviter le scandale d'un procès public, a préféré le faire enfermer définitivement par lettre de cachet en 1778 (ça servait aussi à ça ces fameuses lettres : éviter la publicité et les scandales).
Son espèce de graphomanie fut ensuite un dérivatif. Comme beaucoup de pervers, il dénonce la société qui le réprime et trouve des lecteurs pour prendre son parti. C'est exactement ce qui se passait quand Libération dans quelques numéros des années 1970 publiait les témoignages de pédophiles sous prétexte de dénoncer la morale "bourgeoise". Mais justement, ce sont des documents cliniques intéressants, au même titre que les écrits de M. Matzneff ou les témoignages sur le "père Marie-Do".
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Écrit par : JM / | 03/02/2021

L'ESPRIT DE 68 : SON RÔLE EXACT

> Certains commentateurs, après la révélation des affaires Matzneff puis Duhamel, ont pu faire un lien entre les pratiques incestueuses, éphébophiles ou pédophiles et la pensée soixante-huitarde au nom de laquelle 'il est interdit d'interdire'.
Ce raccourci me semble excessif. L'inceste en tant que tel existe depuis que l'homme existe : selon la Genèse, Sarah, épouse d'Abraham, était également sa propre soeur ; le Deuxième Livre de Samuel rapporte que le fils aîné du roi David, Amnon, viola sa soeur Tamar, etc.
Comme je l'ai précédemment indiqué, j'ai été professionnellement confronté à une affaire d'inceste dans laquelle aucun des protagonistes n'avait entendu parler de mai 68 ; d'autres affaires ont été depuis portées à ma connaissance, en milieu aborigène en particulier, davantage fomentées par la violence paternelle et l'alcoolisme chronique du père ou des frères que par la pensée libertaire germanopratine.
Ce que le relativisme de mai 68 a apporté, c'est me semble-t-il la volonté de faire admettre ces pratiques comme relevant de la normalité. Matzneff est de ce point de vue parfaitement soixante-huitard, mais pas davantage que les Sartre, Lang, Beauvoir, Aragon, Deleuze, Kouchner (!) et consorts qui signèrent sa pétition pédophile de 1977 (Duras et Foucault refusèrent de signer).
L'héritage de soixante-huit, c'est effectivement ce grand maelstrom moral dans lequel il faudrait tout admettre au nom de la tolérance : c'est la quasi impossibilité d'affirmer aujourd'hui à l'antenne que l'homosexualité est moralement condamnable, c'est également l'institutionnalisation de la théorie du genre selon laquelle, les 'genres' étant socialement établis, chacun pourrait être libre d'en changer à sa guise. C'est également l'acceptation comme normale de la pratique de l'inceste : Mme Kouchner rapporte dans son ouvrage que Duhamel exhibait dans sa villa de Sanary les photos dénudées de ses enfants prépubères.
On peut se réjouir d'entendre Lang, il y a quelques jours, faire volte-face en regrettant une "connerie" signée en 1977. L'inceste est et restera toujours une monstruosité à combattre avec la plus grande énergie et à ne jamais chercher à promouvoir. On aimerait que le gratin de soixante-huit aille jusqu'au bout de sa démarche en dénonçant le relativisme qui continue de l'animer et nourrit l'agenda du législateur : on aimerait que le mariage dit 'pour tous', la PMA, la GPA, l'extension sans fin des conditions d'accès à l'avortement fassent l'objet du même type de critique et que certaines lignes rouges soient réétablies.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2021

DE SADE À MATZNEFF

> L'idée que j'ai émise sur Sade, je l'avais trouvée chez un philosophe contemporain -- je ne me souviens plus qui. C'est le fruit d'une lecture objective de la logorrhée sadienne. Là-dessus, Matzneff intervient au mieux comme un pléonasme. Avec cette différence que Matzneff a mis en pratique ses fantasmes horribles, alors que Sade est toujours resté en deça, dans sa propre vie.
Il y a aussi, chez Matzneff, quelque chose qui ne passe pas, à mes yeux : le mépris qu'il a pour les autres. Lui qui se disait chrétien (?), n'aimait pas son prochain. Y compris les autres pédophiles qui lui ressemblent, et qui ne trouvent pas grâce à ses yeux ! Ce narcissique, ce mégalomane, au fond, se détestait lui-même, en parfait masochiste. Ce qui lui arrive est ce vers quoi il tendait : une désapprobation publique dont il parlait souvent, qu'il espérait comme une marque de gloire et qui a fini par lui arriver en pleine figure comme une gifle terrible.
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Écrit par : Bégand / | 04/02/2021

LE BEL ANGE

> Je ne sais plus dans lequel de ses petits livres élégants et malsains Matzneff souligne que Lucifer est "le plus beau des anges".
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Écrit par : Mi-Ka-El / | 04/02/2021

LES DINGUES

> Vous remarquerez que parmi les dingues qui voient des complots partout, quelques-uns ont accusé le livre de Vanessa Springora et la mobilisation anti-pédophilie d'être un tour de vis de plus contre la liberté. Et ces dingues ne sont pas de gauche, c'est le moins qu'on puisse dire !
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Écrit par : Louise Michel / | 04/02/2021

@ Louise Michel

> Hein ?!
Qui a pu accuser le livre et la mobilisation anti pédophile d'être contre la liberté ?
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Écrit par : E Levavasseur / | 04/02/2021

à E. Levavasseur

> Alain Soral, Paul-Marie Coûteaux, et d'autres personnages d'extrême droite.
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Écrit par : Louise Michel / | 05/02/2021

ILS SE RESSEMBLENT

> Du coup j'ai fait une recherche et venant d'eux, je ne peux pas dire que ça m'étonne.
Je trouvais PMC plus que douteux.
Le "virilisme" et l'esprit de parti au mépris de la Justice, voilà où ça mène.
Au même résultat que, à gauche, la divinisation libertaire du plaisir et le même esprit de parti.
On dénonce la pédophilie en théorie mais on ne s'en révolte que lorsque c'est du parti adverse.
Ils se ressemblent.
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Écrit par : E Levavasseur / | 06/02/2021

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