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13/01/2021

Le Covid et l'impasse du néolibéralisme : 'ya basta' !

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Ya basta : ça suffit, comme disaient les zapatistes du Chiapas :  le néolibéralisme est démasqué – si j'ose dire – par la pandémie... Ma chronique à Radio Présence (radio chrétienne Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


<<  Lundi à Paris c’était le sommet One Planet :  encore un sommet pour "sauver le monde" ! Encore de nobles engagements, sans trop de détails concrets ni plus d’efforts financiers...

Mais quand prendra-t-on les moyens de changer le modèle économique global qui saccage le monde ?  C’est la question qui fâche et que l’on ne pose pas.

Pourtant les faits sont là, sous nos yeux. Par exemple nous avons en main l’encyclique Laudato Si’ qui donne les raisons chrétiennes de se mobiliser pour que change le modèle économique. Non seulement notre modèle économique est à l’origine des épidémies par la mise en contact des humains avec des virus d’animaux chassés de leurs habitats naturels, mais comme dit le jésuite Gaël Giraud, “avec cette pandémie la fragilité de notre modèle nous explose à la figure”. Nos gouvernements avaient sacrifié les systèmes publics de santé au dogme néolibéral de la rentabilité et de la réduction des dépenses, pour soi-disant “libérer l’économie” ; aujourd’hui l’on découvre que sans la santé il n’y a pas d’économie. Et donc, qu’il faut changer le modèle actuel qui a prouvé sa nocivité – ce que l’encyclique Laudato Si’ démontre clairement.

Comme le dit pour sa part la sociologue Eva Illouz, “pour que l’économie ait un sens, elle a besoin d’un monde. Et ce monde ne peut être construit que collectivement, grâce à la contribution du secteur privé au bien commun. Si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne seront pas suffisamment forts pour nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.”

Eva Illouz conclut : “Le défi consistera à gérer l’après-pandémie, en tirant les bonnes conclusions. L’Etat, encore une fois, s’est avéré la seule entité capable de faire face à des crises à si grande échelle ; l’imposture du néolibéralisme est désormais exposée, et doit être dénoncée haut et fort. L’époque où tout acteur économique n’était là que pour s’en mettre plein les poches doit finir une bonne fois pour toutes. L’intérêt public doit redevenir la priorité des politiques publiques.”  

Voilà ce qu’on aimerait entendre dans les grands barnums internationaux du genre One Planet ! Et voilà ce qu’on n’y entend pas, parce que les gouvernements hésitent à rompre avec l’illusion des trente dernières années : quand on imaginait que l’Etat n’avait plus le devoir d’assurer la sécurité collective mais plutôt, désormais, de déréguler les activités financières et d’aider à délocaliser les industries... Cette idéologie nous a mis dans l’impasse. Il est temps d’en sortir.  >>

 

 

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dessin de Kak (L'Opinion)

 

10:56 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : covid, libéralisme

Commentaires

Merci. Et quel beau dessin de Kak ! Comment interpréter le store rouge, avec étoile blanche et lettrage russe soviétisant, du café fermé, dont le nom semble s'opposer au collectivisme d'État ? Un "en même temps" ou un 'blanc bonnet et bonnet blanc' rejetant les grands adorateurs de la Machine, à la façon de Bernanos dans 'La France contre les robots' ?
______

Écrit par : Alex / | 13/01/2021

PERSEVERARE DIABOLICUM

> Notons, pour compenser les effets du couvre-feu généralisé à 18h, la possibilité offerte aux commerçants d'ouvrir le dimanche. Nous verrons bien si cette mesure sera maintenue quand tout ira mieux.
Pour aller dans le sens de l'hypothèse du "blanc bonnet et bonnet blanc" d'Alex, les libéraux, sociaux-libéraux, néo-libéraux et autres ont les mêmes réflexes que les bons vieux bolchéviques : si leur modèle amène à des désastres, c'est qu'il faut encore persévérer.
Cela posé, bonne, belle et sainte année à vous et à tous vos lecteurs !

SL


[ PP à SL – Merci, à vous de même ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Sven Laval / | 14/01/2021

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