Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/12/2020

Cultes : pourquoi la décision du Conseil d'Etat (2) rend service à toute la société

index.png

Ma chronique de ce matin à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et à Radio Fidélité Mayenne :


https://www.radiopresence.com/IMG/mp3/02122020_chroeco_airtemps.mp3

 

Bonjour à tous. Un événement purement juridique mais d’une portée considérable vient d’avoir lieu : c’est la décision de référé du Conseil d’Etat, le 29 novembre, qui condamne comme une atteinte grave et illégale à la liberté de culte la norme des "trente fidèles seulement" que le gouvernement voulait imposer aux cérémonies religieuses.

Pourquoi est-ce un événement juridique considérable ? Parce que le Conseil d’Etat dit en toutes lettres ceci : « Si certains établissements recevant du public autres que les lieux de culte restent fermés, les activités qui y sont exercées ne sont pas de même nature, et les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes... » Autrement dit : la liberté fondamentale qu’est la liberté religieuse, garantie par la loi laïque de 1905, est d'une autre nature que la liberté d’activités culturelles comme le théâtre, le cinéma, les concerts etc. Et cette nature spéciale de la liberté religieuse fait que les pouvoirs publics n’ont pas le droit, en cas de besoin, de la limiter autant que la liberté de participer à des activités culturelles, qu’elles soient marchandes ou non. Et comme la plupart des activités culturelles aujourd’hui sont des activités commerciales, on constate que le juge administratif du Conseil d’Etat n’hésite pas à reconnaître à la religion, dans la société, un statut supérieur à celui du commerce.

A une époque presque entièrement dominée par le commercial, l’économique et le financier, une pareille décision du Conseil d’Etat est une sorte de miracle. Et je ne dis pas ça seulement du point de vue religieux. Je le dis du point de vue de la société tout entière. La décision du Conseil d’Etat vient en effet au secours d’une valeur très menacée depuis trente ans et presque en voie de disparition aujourd’hui : la GRATUITÉ.

Aujourd’hui la privatisation galopante transforme en services payants beaucoup de choses qui auparavant étaient gratuites. La seule chose qui soit gratuite par nature et impossible à transformer en marchandise, c’est la pratique religieuse. La religion ne fait pas partie du PIB. D’où, peut-être, le fait que les gouvernants aient de moins en moins de considération pour la religion : notamment dans les normes sanitaires, où le gouvernement refusait aux messes du dimanche la jauge adaptable (proportionnée à la superficie) qu’il autorisait aux commerces.

Mais voilà qu’un jugement du Conseil d’Etat – statuant en  référé-libertés – ouvre la porte à la possibilité d’une jurisprudence nouvelle, tournant le dos à ce que Jean-Paul II appelait le matérialisme mercantile... Et c’est une action en justice des évêques français qui ouvre cette première brèche symbolique dans le mur d’argent !  D’autres activités humaines vont pouvoir en profiter : toutes celles qui servent "des biens trop précieux pour être livrés au marché", comme disait le même Jean-Paul II dans l’encyclique Centesimus annus.  C’est une bonne nouvelle !  >>

 

 

logo_presence.jpg

fidelite_mayenne-9.png

 

Commentaires

JUSQU'AU 15 JANVIER !

> En Belgique post-catholique "mamon-ique", comme le culte ne rentre pas trop dans le PIB, les messes (et autres célébrations) sont suspendues jusqu'au 15 janvier! Gloire aux Gafam disruptive...
Chers amis français (et autres) priez pour nous, nous en avons plus que jamais besoin...
______

Écrit par : Raphaël R. / | 02/12/2020

"TOUT N'EST PAS À VENDRE'

> Eh oui tout n'est pas à vendre contrairement à ce que croient les libéraux.
C'est sans doute pour cela que le libéral Macron, au-delà des usages officiels, tu n'as pas de mal à trouver ses mots dans son hommage au libéral Giscard,
C'est qu'il se reconnaît en lui et dans sa pratique-marketing du pouvoir d'où la baisse de l'autorité de l'État, aggravée par la mise sous tutelle de l'État à l'économie (= regroupement familial à la demande de Bouygues qui disait avoir besoin d'une "main d'oeuvre nombreuse et docile" (sic) d'où l'immigration de peuplement que nous connaissons malgré un fort taux de chômage, sans oublier une même admiration canine de l'Amérique d'où l'effacement de la France devant les États-Unis,

Toutes mes excuses aux toutous de France et de Navarre de les avoir comparés à Macron.
______

Écrit par : E Levavasseur / | 03/12/2020

"TANT D'AGITATION"

> Même si je salue la décision qui me réjouit sur le fond, ceci n'est pas une victoire.
À entendre l'opinion -peut-être sous les rênes sûrs d'éditorialistes et de commentateurs rompus à l'exercice, mais peut-être n'en est-il même pas besoin ?- ceci passe pour un passe-droit, voire une manœuvre à vocation électoraliste.
J'étais au nombre des catholiques silencieux et dubitatifs devant tant d’agitation, ne voyant pas là une occurrence à battre le pavé ni à m'exhiber en priant de parvis, et, à vous lire, c'était je crois aussi votre ligne de conduite, Patrice.
Je crains qu'une fois de plus ceci ne fasse naître plus d'incompréhension, voire de rancœur, d'hostilité parmi la population française que de possibilités pastorales d'évangélisation (mal présenté, et vous pouvez être certain que cela le sera, ceci sera pris pour une exception "dirigée, au profit de...").
Mais, même ainsi, c'est le cœur joyeux que je me rendrai dans l'église de mon quartier pour la prochaine messe dominicale, que j'ai toujours connue en conditions idéales pour une pandémie virulente ces quinze dernières années, à peu d'évènements près...(un rang sur deux, six mètres carrés d'espace entre les fidèles, trente personnes maximum, etc.).
______

Écrit par : Aventin / | 03/12/2020

à Aventin

> Evangéliser ce n'est pas négocier ad nauseam et le plus positivement possible avec des méfiances toujours renaissantes. Il y a un moment où il y a l'appel à la conversion. Un peu comme le faisaient Bernanos ou Léon Bloy.

BH


[ PP à BH – Mais rien ne sert que nous appelions à la conversion, si notre propre vie n'est pas pour autrui un signe (attirant) d'espérance...]

réponse au commentaire

Écrit par : B.H. / | 03/12/2020

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.