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19/11/2020

Version "catho" de la crise de confiance sociétale

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Je reçois de Didier F. ce long commentaire, trop significatif du malaise actuel pour ne pas faire l'objet d'une note et d'une réponse proportionnée :


 

Le commentaire de Didier F.  :

 

<<  Un drame est notre triste ignorance de notre foi. Je suis simplement incapable de me croire suffisamment informé sur ma foi catholique pour simplement la défendre et là où je suis et où j’en suis je sais n’avoir ni le temps ni les moyens de l’étudier pour connaître et défendre son canon. Il ne me reste que les approximations, les erreurs et l’ignorance. Je ne me vois pas seul dans ce cas. Le pape  et Vigano sont en désaccord. Ce ne sont pas des petits paroissiens perdus dans la campagne comme moi. Entre eux et moi, j’imagine pouvoir caser tous les croyants ou presque. Mon impression est que cette idée est correcte. Je souhaite me tromper mais…

Pire, comment savez-vous que vous avez raison ? Votre article rejette des gens avec une autre théologie que la vôtre. Votre article oppose leur vision de notre foi à la vôtre. Qu’est-ce qui vous permet de croire que vous en savez plus qu’eux ? Comment peuvent-ils donner toute leur foi en quelques mots ? Comment savez-vous que les autorités imposant ce confinement ont raison ? Les Suédois ont montré qu’il est possible de faire face à cette pandémie autrement. L’interdit de toute divergence d’opinion avec les autorités me laisse songeur. J’ai des doutes dans tous les sens.

Tout cela se résume en un mot, le silence, un sentiment, le désarroi. Je suis dans le brouillard le plus total et ce ne sont pas ceux qui se surnomment journalistes et intellectuels qui vont m’aider à en sortir. Ils sont le brouillard. Les Gilets Jaunes ont essayé d’en sortir. Ils ont échoué. Ils se sont fait coller sur le dos toutes les horreurs imaginables par les « mots pesés ». Ils sont devenus des criminels aux yeux de la loi et des intellectuels. La police les a frappés. Le Covid les a réduits au silence. Leur colère et leur désespoir restent sous le couvercle des « raisonnables ». Je les vois dans le silence et le désarroi. Je les vois en mourir.

Je me retrouve avec cette dame. Vous nous demandez de peser nos mots. Soit! Elle demande la messe. Ce sont des mots très lourds. Ôtez l’Eucharistie de notre religion et je la vois mourir ou un type qui disait un truc du genre « mangez mon corps, buvez mon sang et vous vivrez » a menti.

Je me sépare de cette dame et me retrouve avec vous car la messe ne suffit pas. Elle est comme un pilier soutenant une maison. Si le pilier est le seul élément construit, la maison est très triste, très vide et une ruine. La dame et vous avez raison. Sans la communion, votre vie spirituelle est indépendante du type que j’ai paraphrasé plus haut. Avec la messe seule, être chrétien dans la cité n’a aucun sens. À mes yeux, vous avez tous deux partiellement raison et je ne vois pas la sortie de mon dilemme.

Mon silence me fait laisser le champ libre à toutes les erreurs et horreurs de notre monde. Cela rend absolument nécessaire « d’entrer dans la danse ». Je crois aussi au diable. Mon silence, le laisse maître de cette danse. Il doit être opposé en accord avec l’Eglise de Jésus-Christ. Le drame se noue ici.

Je suspecte bien des Chrétiens subir mon problème. Ils ouvrent la bouche, étalent immanquablement leurs limites et leurs manques. Cela provoque leur condamnation. Ils se taisent et se condamnent par leur silence. Ils répètent ce qu’ils croient sincèrement devoir être dit car reçu de personnes aux « mots pesés » et se condamnent car ils ne sont que des perroquets.

Demander aux autorités ecclésiastiques ce que je dois dire n’a également aucun sens. Elles ne peuvent pas être sans cesse à ma disposition et si elles le pouvaient, ce seraient elles qui parleraient à travers moi. Je cesserais alors toute vie intérieure personnelle. Il m’est impossible d’imaginer un plus grand désastre dans ma vie. Je serais en union avec des humains sans être relié à Dieu et démontrerais à tous les non-chrétiens qu’ils ont raison de rejeter l’Eglise. Ma vie témoignerait que seuls les perroquets de forme humaine peuvent être chrétiens. Je me demande si cela n’est pas ce que le Christ nomme « le péché contre l’Esprit ». Il est sans rémission.

Je retiens de mon expérience de vie qu’aller vers la vérité est un chemin infiniment long et que trop souvent je dois répondre sans savoir ni réfléchir car les circonstances l’exigent. Je ne puis que limiter les dégâts que je commets dans ce genre de situation. Vous en êtes au même point.

Nous sommes sur un chemin. Notre ignorance est très grande. Les gens que vous critiquez sont aussi mes frères. Ils font quelque chose. C’est aussi critiquable que positif. Vous faites quelque chose. C’est aussi critiquable mais bien supérieur à rien. Cela fait de nous des frères. Vigano et le Pape sont nos bergers. Ils se disputent et se montrent ainsi aussi humains qu’il est possible. Ils sont donc aussi mes frères.

Vous avez pris parti. C’est notre droit le plus strict à mes yeux. Il en résulte que Notre maison est divisée au point où je me demande si la pierre sur laquelle le Christ a bâti son Eglise tient toujours. J’en suis effaré.

Dans toutes les histoires que vous relatez, il manque quelque chose. Chez tous les gens que vous critiquez de manière argumentée, il manque quelque chose. Chez vous et chez moi, il manque quelque chose.

Je suppose, et c’est vraiment un saut dans l’inconnu avec tous les défauts cités plus haut et d’autres, qu’il nous manque une relation avec la réalité sur laquelle nous pourrions être d’accord. Cela nous permettrait (et c’est mon rêve) de nous dire réciproquement : vous êtes présent à moi ce qui est, à mes yeux, une définition de « Vous existez ».

J’aime beaucoup l’idée de Marshall Rosenberg disant que l’on comprend vraiment un criminel quand on peut dire sincèrement qu’il a commis son acte pour de bonnes raisons et qu’à leur place nous ne pourrions pas affirmer pouvoir faire mieux comme l’histoire « Des hommes ordinaires » nous le dit.

Je me demande si cela n’est pas notre manque. Un type, au début de l’histoire de l’Eglise, disait un truc du genre « Ils voient la paille dans l’oeil de leur prochain mais pas la poutre dans leur oeil. » J’ai l’impression qu’il aurait apprécié l’idée de Rosenberg. Ce n’est qu’une digression car ce type n’est pas dans notre modernité. Il n’a rien à y faire. Le progrès de notre monde en a fait un souvenir. Il n’y est permis que des affirmations parfaites, complètes, sincères et vraies. Il y est interdit toute violation de la vertu et de la bien pensance. Il y est interdit d’être imparfait. Il y est interdit d’être sur un chemin menant à la vérité. Nous avons perdu le cap. Nous ne pouvons plus nous comprendre et nous accepter les uns les autres. Chaque possesseur de la vérité défend son territoire. Il en va de sa vie.

Etre faible est devenu le crime ultime. Il y a toujours ce type que me revient à l’esprit. Il était faible. Il a dit la vérité et en a été horriblement puni. Bien d’autres, à sa suite, ont commis le même crime et ont subi une punition tout aussi moche. Le pouvoir est la clé de notre monde. Ce type a montré ce qu’il en coûte de ne pas respecter cette réalité.

Et pourtant, je souhaite me réclamer de lui. Je dois être fou quelque part.

Pire, ce type a osé accepter tous les gens, absolument tous. Dans le tas, il y avait des Juifs, des Romains, des prostituées, des collecteurs d’impôts, des pécheurs avérés comme les Samaritains et Pierre, des invalides, des pestiférés, des criminels comme le bon larron et même des païens. Je suis convaincu qu’il aurait accepté les pharisiens et Judas s’ils l’avaient voulu.

Je déteste ce rôle de « sachant » consistant à dire aux autres « je sais » et « tu ne sais pas » sans accepter et reconnaître la personne à qui ce discours est tenu. C’est une façon de clamer sa supériorité et de rejeter ses cibles dans l’infériorité et le silence. Le rejet absolu n’est pas loin de cette position. Je le vois aisément devenir réciproque.

Le Pape se montre ici comme notre pasteur et même un bon pasteur. Il a été durement critiqué pour avoir prié avec d’importants chefs religieux professant des fois non catholiques. Il a été durement critiqué pour avoir fait un truc pas clair avec une statue d’une divinité Sud-Américaine (si mes souvenirs sont bons). Il a dit à ces gens « Vous existez ». Les critiques peuvent être fondées mais je vois l’essentiel (selon moi) dans cette reconnaissance de ces « Autres ». De ce point, il est possible de reconstruire une Eglise et surtout une vie de Chrétiens ayant un sens. En cela, je rejoins le Pape.

Personne n’a jamais dit que cela sera simple et facile. La Croix du Christ me dit que cela sera horriblement pénible mais que cela a un sens. Un de mes souvenirs flous de la Bible me dit qu’avec un peu de foi il est possible d’envoyer les montagnes danser sur la mer mais que changer les coeurs est beaucoup plus difficile. Le chemin n’est ni simple ni facile. >>

 

 

Ma réponse

 

Le malentendu est visiblement profond. Procédons point par point.

“Le pape et Vigano”, dites-vous… Pourquoi Vigano ? Mythomane et condamné pour avoir spolié son frère de plusieurs millions d’euros (lire la presse italienne), ce quasi-schismatique n’est pas l'équivalent du pape. Je suis surpris que vous l’honoriez du titre de “berger”, qu’il ne mérite à aucun degré.

Comment savez-vous que vous avez raison”, me demandez-vous. Mais je ne sais rien de tel ! Je fais simplement confiance au magistère de l’Eglise en ce qui concerne la foi et la doctrine sociale... Par ailleurs je ne fais aucune confiance aux politiciens, mais je fais confiance (oui) aux recherches des épidémiologistes en ce qui concerne les épidémies, ou aux recherches des climatologues en ce qui concerne le climat. Cela dit, je me heurte dans la cathosphère à des gens qui ne font confiance à personne sauf à leur tribu : ce qui leur permet de regarder de haut le pape, les évêques, les épidémiologues et les climatologues.

La rumeur du web prétend que la Suède s’en sort bien sans confinement ? Ce n’est pas ce que disait le ministre suédois de la Santé en juin dernier, quand il a présenté ses excuses pour la mortalité. Et ce n’est pas ce que disent les chiffres récents, qui donnent un indice de morbidité suédois inférieur mais comparable à celui de la France… Si vous souhaitez douter, doutez aussi de la rumeur du web.

Strictement personne ne veut “ôter l’Eucharistie de notre religion” – sauf involontairement l’exalté m'affirmant sur Facebook que le mot “eucharistie” est progressiste et qu’il faut dire “la Sainte Messe”... alors que le mot eucharistie est celui des martyrs des premiers siècles, et que le mot très réducteur de “messe” (“ite missa est”) s’est imposé en un Moyen Âge où précisément  le sens de l’eucharistie s’était perdu (on disait “ouïr la messe”) : d’où l’introduction de la Fête-Dieu pour le remettre à l’honneur.

La dame que vous défendez en partie… est indéfendable : ce qu’elle a dit n’était pas pour prôner l’eucharistie, mais pour insulter les messes télévisées – qui sont pourtant un bienfait. (Ce que j’ai tenté d’expliquer dans ma chronique de Radio Présence).

Vous frappez trop fort en ne donnant le choix qu’entre un “doute” sans issue et une attitude de “perroquets de forme humaine” : j’espère que ce terme effrayant dépasse votre pensée, car il jette hors de l’humanité tous ceux qui sont encore capables de faire confiance. Or toute société humaine repose sur la confiance ; personne ne vérifie les calculs des ingénieurs avant de monter à bord d’un TGV. L’Eglise aussi repose sur la confiance, proche étymologiquement de la foi. Je ne crois pas être un “perroquet de forme humaine” en faisant confiance à l’œuvre des conciles. (Ce matin à France Culture, un sociologue s’interrogeait sur la perte massive, chez les Français actuels, de la capacité de faire confiance à qui que ce soit et à quoi que ce soit. Il se demandait si ce n’était pas un affaissement de la psychologie collective... Auquel cas il ne s’agirait pas de “péché contre l’Esprit”, mais de colossale déprime).

Répondre sans savoir ni réfléchir "quand les circonstances l’exigent ?” C’est une hypothèse gratuite. Les circonstances concrètes n’exigent jamais que l’on réponde quand on ne sait pas (de quoi il s’agit). Quant à parler sans réfléchir, ça se fait chez Twitter où dominent les réflexes ; un peu moins chez Facebook où il y a encore des gens qui essaient d’exprimer autre chose que des émotions – même si ça les expose à se faire lapider par des partisans déchaînés ; mais ce sont les risques du métier. Pour avoir appuyé sur Facebook le communiqué de la CEF, la lettre pastorale de l'évêque d'Ars ou la juste colère du curé de la cathédrale d'Auxerre,  je suis insulté à mort par de prétendus "défenseurs de la messe" ; ça ne me trouble pas, mais ça devrait tempérer votre tableau de la situation.

“Vous avez pris parti”, me dites-vous. Non : je marche avec le pape et la conférence épiscopale, ce qui n'est pas un "parti". François et les évêques ont été parfaitement clairs depuis le début sur les devoirs du chrétien dans l’épidémie. Certains nient l'épidémie et s'opposent au pape et aux évêques (sauf un seul) ; si division il y a, elle vient de ces négationnistes-opposants, même si leur campagne de division se dissimule aujourd'hui sous la version catholique de la déprime sociétale.

Cela dit, je partage la dernière partie de votre message ! C’est l’issue par laquelle vous pouvez sortir des doutes. Je me permets simplement de vous prier d'être moins dur envers ceux qui n’ont pas perdu confiance, et dont l'engagement ne mérite pas condamnation. Réadmettez les perroquets dans l'espèce humaine...

 

 

 

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20:13 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : catholiques

Commentaires

'GRAMMAIRE DE L'ASSENTIMENT'

> Il me semble que nous devrions tous relire "grammaire de l'assentiment" de John Henry Newman pour que nos échanges puissent redevenir une communion. Ce serait un témoignage prophétique pour nous tous, mais aussi pour la société toute entière; l'Eglise et la société actuelle ont perdu l'une et l'autre la grammaire de l'assentiment.

BH


[ PP à BH – Merci de cet excellent conseil. 'Grammaire de l'assentiment' a été réédité chez Ad Solem en 2010. ]

réponse au commentaire

Écrit par : B.H. | 19/11/2020

CEUX QUI ROMPENT LA CONFIANCE

> J'abonde avec vous (et Marc Hunyiady) sur le fait qu'il est impossible de faire société sans confiance. Force est de constater néanmoins que les politicards et autres journaleux à leurs bottes font tout depuis 6 mois (et bien avant) pour la rompre. Il y a eu pas mal d'excès de langage chez des gens qui devraient mesurer l'impact de ceux-ci au lieu de s'emporter pour s'assurer de la popularité de leurs tweets, dans une vision court-termiste.
On a laissé aussi (en tout cas en Belgique) les virologues dépasser le domaine qui étaient le leur. On en arrive à un ministre (ou sinistre) belge qui déclarait aujourd'hui: "vous êtes un danger pour l'autre". On en est là. Je ne laisse rien à la droite mais sur ce coup la gauche est hygiéniste... à mourir, pro-life dirait-on (on a d'ailleurs plus entendu parler des défenseurs-promoteurs du "droit à mourir dans la dignité" ces 6 derniers mois...). Des commerçants se suicident déjà. C'est la sinistrose et la solution sera de rester enfermer jusqu'à l'arrivée hypothétique d'un vaccin (tout le ramdam actuel affirmant leur arrivée prochaine n'est-il pas pour faire grimper des actions? Complotiste le simple fait de s'interroger? Renvoyé à Hold-Up, à Q Anon?).

RR [ PP à RR – Il n'y a évidemment pas "complotisme" dans le fait de s'interroger. Il y a "complotisme" là où il y a... complotisme. Autrement dit : là où des agitateurs profitent de l'inquiétude générale pour y injecter des dingueries.
Il faut TOUT prendre en considération : les mensonges des politiciens, les cafouillages des chercheurs (les sciences commencent toujours par cafouiller : c'est le propre de la recherche), mais aussi les 'fake news' et/ou les folies répandues sous couvert de populisme. Un mal ne doit pas faire oublier l'autre mal. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Raphaël R. / | 19/11/2020

DISCUSSION

> Faire confiance, OK. Il doit être possible de trouver quelques exemples historiques voire actuels où la confiance s'est montrée mal placée. Nous pourrions même être en désaccord sur ces exemples. Cela pose immédiatement le problème du pourquoi et de plusieurs façons.
Faire confiance m'apparait comme un sentiment. Rejeter le sentimentalisme, OK. J'imagine que cela a quelque chose à voir avec le pourquoi. Rejeter les sentiments m'apparait impossible. Faire confiance pourrait bien être du sentimentalisme.
Vous vous faites confiance. OK. Moi, j'en suis incapable. Ce qui nous sépare en découle selon moi. Je ne pense pas être seul dans ma position.
Merci pour la peine prise de me répondre aussi longuement. J'ai pu aller au coeur du problème que j'ai ici. C'est un cadeau que vous m’avez fait.
PS : Je suis Suisse, pas Français.

Didier F


[ PP à Didier F – Merci de votre remerciement, mais j'ai encore dû mal m'expliquer si vous croyez que je "me" fais confiance ! C'est juste le contraire : je n'ai aucune confiance en moi-même. J'ai confiance dans le magistère de l'Eglise sur la très longue durée, d'une part ; et dans les travaux de l'ensemble des chercheurs scientifiques dans la durée (moins longue), d'autre part. Cela dans deux ordres différents.
Ce n'est pas du tout un "sentiment" : c'est même l'inverse ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : DidierF / | 20/11/2020

Mgr AUPETIT

> Sur la question de la messe, le coup de fil à l'archevêque de Radio Notre Dame, vaut son pesant d'or.
Voir: https://www.paris.catholique.fr/coup-de-fil-a-mgr-michel-aupetit-55057.html?fbclid=IwAR1_AxU_4ZoxzpBDdZ744jbdbMKddYC3FAurp0Wo0mEVbAxEGMVlRCJwnHk
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Écrit par : ND / | 20/11/2020

à DIDIER F.

> Pour ma part, je suis sincèrement reconnaissant à Didier F. de s'être montré si franc (et à vous, Patrice, de l'avoir publié). Je voudrais l'exhorter fraternellement à être moins dur envers lui-même, à ne pas se sous-estimer lui-même, à avoir confiance dans sa propre quête de vérité (qu'il a exprimée d'une manière très émouvante).
Quel conseil lui donner? Avant tout, de se centrer inlassablement sur la personne de Jésus. Au commencement, en chemin, à la fin, toujours la personne de Jésus. De lire et relire sans relâche les quatre Evangiles. De découvrir à partir de Jésus et la Trinité et l'Eglise. De penser avec Jésus, de prier avec Jésus, de vivre avec Jésus. Le reste suivra. Le voyage vient à peine de commencer.
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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 20/11/2020

OLIVIER REY

> Petit apport au débat-sujet (avec ci-dessous le fascicule d'Olivier Rey L’idolâtrie de la vie)

"Sauver les vies à tout prix, tel est le maître-mot qui préside à toutes les décisions politiques, qui bouleverse nos existences au quotidien depuis le début de la crise du coronavirus. Mais de quelle vie parle-t-on exactement : celle qui s'approvisionne dans les supermarchés, qui n'ont jamais fermé ou la vie qui se ressource, s'enrichit ou s'élève à l'école, dans les bibliothèques ou dans les églises, qui, elles, furent toutes fermées. C'est le sujet de "L'idolâtrie de la vie"(Gallimard, Coll. Tracts), le dernier ouvrage du philosophe français Olivier Rey, chercheur au FNRS et enseignant la philosophie à l'université Paris-I."

https://rcf.fr/spiritualite/temoins-de-la-foi/l-idolatrie-de-la-vie-olivier-rey-0
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Écrit par : Raphaël R. / | 20/11/2020

MISE AU POINT CONCERNANT LE PAPE

> J'ajouterais en commentaire à ce qui a été écrit que le pape n'a pas "fait un truc pas clair avec une statue d’une divinité sud-américaine" : François est un adorateur du seul et unique Dieu Père, Fils et Saint Esprit.
Les gens qui ont fait un "truc pas clair" sont un Autrichien et ses comparses lorsqu'il volèrent cette statue et la jetèrent dans le Tibre. Ils croyaient que cette ancienne déesse inca, la Pachamama, avait fait l'objet d'un culte en présence du Saint-Père : il n'en était évidemment rien, la statue représentant la terre nourricière "sans intention idolâtre" précisa le pape.
Ne laissons pas se distiller l'idée selon laquelle le Saint-Père aurait pu commettre des actes hérétiques : une phrase en apparence anodine (sans aucunement vilipender son auteur, cela va de soi !) ne doit pas laisser place au moindre doute quant à la foi du successeur de Pierre.

PV


[ PP à PV – Merci d'avoir apporté cette précision nécessaire. Comment vacciner nos frères et soeurs catholiques contre le délire de fausses rumeurs qui déferle en tous domaines (religion comprise) via le web ? Égarement quasi-psychédélique : plus facile, il est vrai, que de se mettre (ou de rester) en face de la seule cause réelle de nos maux sociaux, le totalitarisme de l'argent.
Cet instinct de dérobade fait que des "rebelles" d'ultragauche convergent maintenant avec des "rebelles" d'ultradroite, dans un chaos mental dont rien de bon ne sortira. Ce vertige de l'irrationnel a eu un précédent (pré-technologique) : l'Allemagne de Weimar. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/11/2020

FOI ET RAISON

> En lisant ce message de Didier, votre réponse et les commentaires, c'est l'encyclique "Foi et raison" qui me revient à l'esprit.
C'est peut-être le temps de la relire.
Je suis frappé de voir dans différents messages ici et ailleurs, comment la raison n'est plus considérée... Si je fais confiance aux scientifiques, c'est qu'il est raisonnable de le faire (et soit je suis suffisamment scientifique moi-même pour analyser leurs travaux, soit je fais confiance à d'autres scientifiques qui font cette vérification).
Dans le domaine de la Foi aussi, la raison est d'une grande aide pour comprendre et accepter (au moins jusqu'à un point où on se jette à l'eau dans la confiance).
Le drame que nous vivons, c'est que certains ont été infantilisés (depuis longtemps) par des gouvernants d'un côté et un certain cléricalisme de l'autre, qui fait qu'ils ont perdu l'habitude d'analyser ce qu'on leur dit ou ce qu'on leur demande (l'esprit critique).
Et notre Eglise est divisée, et pas seulement en 2 camps... c'est beaucoup plus complexe. Mais il y a ceux qui font usage de la raison (même sans être d'accord) et ceux qui suivent untel ou un autre parce que "je le sens bien comme ça" (sic).
______

Écrit par : Xavier / | 21/11/2020

LE PSEUDO-'FRANCE SOIR'

> A propos de la Suède , voici un article qui remet la réalité à sa place à partir des données chiffrées .
http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/chronique-ndeg39-leclatante-victoire-de-la-suede-saffirme-jour-apres-jour-sur?fbclid=IwAR27tC1Nxrn6i63oB5sf96_QT-4WjAm4aFookF5cshY36yPBNMvaQ-4ASfY
J'apprécierais que vous le publiez .
Cordialement

L.


[ PP à L. – Ce "France-soir" est une imposture : un ex-journal fabriqué maintenant par des inconnus indéfinissables, spécialstes des fake-news. Je le répète : notre blog n'est pas là pour servir de caisse de résonance supplémentaire au délire des fausses nouvelles et des diversions orchestrées. Et je regrette que des ami(e)s s'y laissent prendre. ]

réponse

Écrit par : Larnicol / | 21/11/2020

DÉVIANCES EN TOUS GENRES

> Pardon mais lorsque la Science ou le Progrès sont érigés en totem intouchable, il s'agit pour moi d'idolâtrie. J'ai vu des amis scientifiques sur FB déclarer "les scientifiques sauvent le monde" (les habitants d'Hiroshima et Nagasaki confirmeront..) ou se réjouir du Prix Nobel de science pour les ciseaux génétiques CRISP-R CAS9... La gouvernance des "experts" où le politique accepte tout et son contraire pour ne pas paraître hors du coup, où les acteurs sociaux sont envoyés sur la touche, où on essaye de nous convaincre qu'il vaudra mieux continuer cette vie confinée en faisant des e-péros,e-rencontres, e-messe, e-etc... même après la covid est tout sauf démocratique. Ils utilisent la pandémie comme politique du "fait accompli" avec ses inévitables effets cliquets. S'il y a probablement un abandon à la facilité du complotisme dans des extrêmes droites, gauches, religieuses, ésotériques, collapsolologues, etc..., il y a aussi un hygiénisme d'extrême centre: droite libérale et sociale-démocratie à l'unisson (ils savent quelles tranches de la population vote pour eux...). Il est presque interdit ou soupçonneux d'évoquer la prévention en matière de défenses immunitaires. Vivement un vaccin (les 3 firmes communiquent dans les médias avant la publication scientifique. Précipitation?) pour que tout reprenne comme (pire qu') avant...
Il y a heureusement quelques lucioles dans cette obscurité en témoigne cette analyse dans un média mainstream que je vous invite sincèrement à écouter (ou lire):
https://www.rtbf.be/info/dossier/chroniques/detail_jeune-et-belge-la-double-peine-bertand-henne?id=10635113
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Écrit par : Raphaël R. / | 21/11/2020

DE MOINS EN MOINS ZEN

> https://mobile.twitter.com/CardJosephZen
Égarement et fausses rumeurs : le cardinal Zen, tout sauf zen ces derniers jours, vient de donner l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Critiques acerbes contre l'accord sino-vatican, attaques ad hominem contre le cardinal Parolin, avalanche de faits dont certains concernent le pape émérite : l'homme qui avait promis de se taire fait maintenant du Trump. L'Église n'appartient à personne, faisons confiance à l'Esprit Saint !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/11/2020

Bouche d'Or et la messe

> Dans sa très nourrissante méditation de la parabole du bon Samaritain le pape François dans sa dernière encyclique cite Saint Jean Chrysostome « Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici [à l’église] avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité » (FT 74). Combien parmi ceux qui manifeste bruyamment leur peine de ne pouvoir assister à la messe se désolent en ces temps de confinement d'être entravés dans l'accomplissement de leurs œuvres de miséricorde ?
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Écrit par : bertrand / | 22/11/2020

Suivons le Pape François

> "Mettez le bordel ! Mettez le feu dans les diocèses ! Ne restez pas enfermés dans vos communautés ! L'Église doit sortir dans la rue." (29 juillet 201 aux JMJ de Rio).
Et aussi : "Je n'apprécie pas les jeunes qui ne protestent pas."
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Écrit par : Phil / | 22/11/2020

INFOX-SOIR

> A propos du pseudo "France-Soir" et de la Suède :
la Suède a eu lors de la première vague un taux de mortalité rapporté à la population comparable à celui de la France, mais très largement supérieur à celui de ses voisins scandinaves, Norvège, Danemark et Finlande, qui ont adopté une politique de confinement efficace.
La deuxième vague a encore peu touché la Suède, mais déjà la Suède a reconnu ses erreurs passées et a dû adopter des premières mesures de barrière sanitaire dont elle avait cru pouvoir se passer auparavant.

Merci PP de relever l'imposture que constitue ce titre "France Soir" devenu un organe militant des fake-news relatives à la covid.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 22/11/2020

@ PP répondant à Philippe de Visieux

> Je crains comme vous que ce que nous vivons ne débouche sur "rien de bon". Je me souviens qu"à un "grand débat" sur RND, il y a quelques années de cela, Victor Loupan avait dit qu'une période prérévolutionnaire était souvent très longue. Plusieurs décennies. Là, j'ai l'impression (mais comment en être sûr ? ) qu'on assiste à la bascule entre cette période prérévolutionaire et la phase révolutionnaire proprement dite. Sans que cela me réjouisse plus que cela. Car il ne faut pas oublier qu'une révolution, c'est l'opération visant à remplacer une élite défaillante par une autre, elle carrément abjecte...
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Écrit par : Feld / | 22/11/2020

"VIEILLE LUNE FREUDIENNE"

> À propos du passage:
"J’aime beaucoup l’idée de Marshall Rosenberg disant que l’on comprend vraiment un criminel quand on peut dire sincèrement qu’il a commis son acte pour de bonnes raisons et qu’à leur place nous ne pourrions pas affirmer pouvoir faire mieux".
Oui, on reconnaît cette vieille lune freudienne "on ne fait un mal que pour un bien" - un bien réel, ou ressenti subjectivement tel.
Probablement d'ailleurs s'agit-il d'une problématique empruntée à la dialectique hégélienne.
Tout à l'opposé la lapidaire appréciation d'Honoré de Balzac (in: 'L'Envers de l'histoire contemporaine') :
"Tout criminel est athée".
Sous-tendu, tout acte criminel est attenté contre Dieu.
De sorte que se mettre à la place du criminel, comme il est suggéré, est se placer hors Dieu, fût-ce à titre expérimental: la volonté de comprendre est une chose, mais ce type d'expérimentation ne se conçoit que si celle-ci ramène vers Dieu (via, peut-être, la compréhension, au reste ?).
Je ne sais si Marshall Rosenberg insinue qu'à la place du criminel nous n'aurions pas été déterminés à d'autres choix, si ce le cas, je ne souscris guère.
Le crime, celui qui met hors-Dieu (comme l'on est hors-jeu aux jeux de balle) et hors religion, j'y pense très souvent, pour des cas variés, par exemple (et entre autres) à propos des atrocités de Daesh et affidés, à propos de Bernard Preynat, à propos du crime écocide, et j'ai cru discerner une ligne sans ambiguïté lors du discours du Pape François au Caire d'avril 2017 déclarant à l'Islam, sous l'égide de l’université Al-Azhar:
"Nous sommes tenus de dénoncer les violations contre la dignité humaine et contre les droits humains, de porter à la lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion et de les condamner comme falsification idolâtrique de Dieu : son nom est Saint, il est Dieu de paix"
Et encore:
"Toute autre forme d’extrémisme [que la charité] ne vient pas de Dieu et ne lui plaît pas !"
Dans cet ordre d'idée, je reconnais volontiers que j'ai traîné et ressassé des années (plutôt des décennies) durant les versets de Genèse XXXIV sans les comprendre ni y trouver le moindre enseignement, avant d'enfin entr'apercevoir que Dieu est totalement absent de ce chapitre, tandis que le premier mot du premier verset du chapitre suivant est, justement, Dieu...
______

Écrit par : Aventin / | 23/11/2020

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