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23/09/2020

Pourquoi des Français parlent-ils américain aux Français ?

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La pub s’adresse en globish au public français. Mais les associations aussi. Et les initiatives catholiques de pastorale diocésaine ! Le bulldozer transatlantique est passé par là :


https://prod.radiopresence.com/IMG/mp3/23092020_chroeco_airtemps.mp3

 

2165.jpgBonjour à tous. Vous avez remarqué ? La publicité commerciale française s’adresse de plus en plus souvent à vous, à tout le public français, en langue anglaise. Ou plutôt en idiome américain. Par exemple Citroën : sa dernière affiche nous dit que ses voitures sont INSPIRED BY YOU.  Autres exemples : FRENCH DAYS, SMARTPHONES À SHOPPER (shopper écrit s-h-o-p : shop). Ou KIDS AROUND ! ONE NATION, LA RENTRÉE À PRIX OUTLET… Ou CHAUSSURES JD, UNDISPUTEDLes crèmes glacées lyonnaises de la marque WHAT THE FRENCH  (complaisance sur la grossièreté US what the fuck) s’appellent CUBA LOVER ou DO YOU DO…  En 2019 les cahiers Clairefontaine nous disent : SEPTEMBER IS COMING ; en 2018 Princesse Tamtam nous disait WINTER IS COMING… Une autre marque nous annonçait une INCREDIBLE RENTRÉE

Et comme la publicité commerciale donne aujourd’hui le ton à tout le reste, ça influence aussi les associations franco-françaises. Le féminisme, par exemple… En juillet dernier, Me Too (déjà un nom américain) est lancé à Bastia et Ajaccio par des jeunes femmes corses. Elles l’intitulent :  I WAS CORSICA !  De la part d’une île aussi attachée à sa langue et à toute sa culture, c’est un symptôme révélateur.

Et hélas, le monde catholique français n’échappe pas à la contagion. Au contraire : il s’y précipite, comme s’il fallait parler américain aux Français pour être pris au sérieux. Un diocèse au nord de la Loire lance une initiative pour faire connaître aux gens la vie quotidienne des prêtres. Bravo, mais pourquoi cette initiative est-elle intitulée PRIEST EXPERIENCE ? Pourquoi la St Vincent de Paul intitule-t-elle une campagne caritative INNOVATE ? Pourquoi un réseau spirituel se nomme-t-il  LIGHTS IN THE DARK ?  Un autre, LIGHT MY PRAYER ? Pourquoi la paroisse du coin appelle-t-elle ses soirées conviviales CHURCH PARTY ?  Pourquoi une proposition 2019 de vacances spirituelles s’appelle-t-elle MISSION TO PARADISE ?  En 2018, une autre s’appelait HOLY BEACH... Pourquoi des diocèses intitulent-il la tournée paroissiale de l’évêque BISHOP TOUR ?  Pourquoi un lycée catholique nomme-t-il un forum LIFE IS TODAY ?

Oui, pourquoi parler américain aux Français, comme si la langue française était devenue ringarde aux yeux des Français eux-mêmes ?

C’est l’opposé de l’enracinement et de l’inculturation recommandées par Vatican II et par Laudato Si. Et c’est une étrange défaite devant le bulldozer de la mondialisation libérale, dont les papes nous ont pourtant dit quoi penser…  Réfléchissons-y. >>

 

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11:44 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : anglais en france

Commentaires

POURQUOI ?

> Ceci est un temple bouddhiste en Thaïlande :
https://thumbs.dreamstime.com/b/wat-niwet-thammaprawat-ratchaworawihan-dans-phra-nakhon-si-ayuttha-tha%C3%AFlande-95954185.jpg
Ridicule n'est-ce pas de construire un temple bouddhiste comme une église gothique, une architecture occidentale dans un pays asiatique ?
Alors pourquoi parler anglais en France ? pour des chants type feu de camp à la messe ?
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Écrit par : E Levavasseur / | 23/09/2020

> "Allez ! et de toutes les nations, faites des Américains".
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Écrit par : E Levavasseur / | 23/09/2020

à Éric Levavasseur :

> Pour faire tendance, pour ne pas faire plouc. Ce qui peut parfois produire l'effet inverse, comme cette femme cadre supérieur qui m'avait demandé il y a dix ans "c'est du Crohn's disease dont vous souffrez ?", ce qui avait failli déclencher un fou rire de ma part.
Laurent Gerra l'a très bien cerné lorsqu'il imite Marc-Olivier Fogiel, certes de manière caricaturale, mais en associant le profil bobo branché sans cesse connecté aux réseaux sociaux à un usage immodéré d'anglicismes : précisément ce que cherche à faire la mercatique à travers publicités et slogans.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/09/2020

> "Le marketing des émotions remplace le débat sur le bien commun." :)
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Écrit par : Michel de Guibert / | 23/09/2020

"FAUTE DE LANGAGE COMMUN..."

> Je découvre avec horreur les ravages des réformes de l'Education Nationale auprès des collégiens: on travaille ici sans manuel en histoire-géo, le but étant, à partir "d'activités" comportant le moins de texte possible, de faire rentrer dans la tête de collégiens quasi-analphabètes des codes verbaux ,techniques, à sortir au bon moment le jour du brevet, la maîtrise de ces réflexes verbeux en lieu de l'effort de compréhension/réflexion.
Attention, il faut mettre "miniature" et non "image" ou "dessin", photo aérienne de... et non monument, ou là là!"
-Que nous raconte la-dite miniature, que nous apprend la-dite photo?- Là n'est pas la question.
En français on ne fait plus goûter à la magie de la lecture, -l'imagination de l'enfant s'envolant librement au fil de mots parfois inconnus, mais aux consonances rocailleuses ou lisses, gourmandes, étranges, drôles,... où l'on accède au sens porté par les flots des images-, non, on noie une oeuvre plus ou moins bien choisie dans un océan de préalables techniques, d'exercices fastidieux, de carcans interprétatifs, spécieuse scolastique de pré-requis qui vaccine à jamais les esprits sains contre toute attirance pour la culture littéraire, laissant les seuls esprits déjà malades trouver plaisir à ces mises à la question de notre patrimoine littéraire.
Et c'est ainsi de tout: non plus donner à goûter en liberté, mais enfermer prématurément dans des jargons de technocrates universitaires, des jeunes intelligences ne disposant pas encore du seul bagage nécessaire pour former un peuple d'hommes libres: un langage commun.
Par langage commun j'entends non seulement la maîtrise du français, de sa logique interne qu'est la grammaire, de son histoire cachée dans les fantaisies de l'orthographe, du vocabulaire qui ouvre au sens de la nuance dans les contrastes, et à des mondes, que dis-je, des univers entiers, aux diversités si fécondes!, mais aussi la mise à disposition de ce fond commun de culture et de repères moraux, substrat non pas à découper-réinterpréter selon les grilles de la bien-pensance actuelle et les caprices de jargonneurs, qui seront démodés demain, formatage enchaînant les esprits, mais au contraire à donner au jeune en lui laissant liberté de s'approprier à sa manière Prométhée, La Fontaine, Yourcenar, Godefroy de Bouillon , Louise Michel ou De Gaulle.
Alors, grâce à ce substrat commun, ce langage et cette culture générale, il aura en partage les mots pour chercher avec ses concitoyens le juste et l'injuste, le bien et le mal, et toutes ces choses qui fondent une communauté politique (Aristoteles dixit).
Les jeunes d'aujourd'hui seraient alors prêts à décider ensemble de leur destin commun, en liberté.

L'Education Nationale n'a pas d'autre mission que d'offrir à tous les enfants, d'où qu'ils viennent, ce langage et ce substrat communs.
Il sera bien temps ensuite, selon les orientations professionnelles (qui oui peuvent commencer tôt, si ces fondamentaux sont acquis, si le goût a été éveillé pour oser s'aventurer plus loin par soi-même), de s'ouvrir aux langages techniques propres à sa spécialité, électricité ou médecine, lettres classiques ou boulangerie.
Un dernier point: à surévaluer ces outils techniques que sont les mots d'une spécialité universitaire, d'une fonction ou d'un métier, aux dépends du langage du peuple, on en arrive à ne pas écouter un citoyen lambda ou un non-initié, non parce que ce qu'il dit est sans intérêt, mais parce que ce n'est pas dit dans les formes, avec les mots autorisés. C'est ainsi que l'on observe, à l'occasion de la crise covid, un mépris de certains technocrates du monde politico-médical, qui ignorent les questions et remarques pertinentes d'un peuple qui écrit comme il cause et qui cause comme son monde, passant à côté de l'occasion de renouveler leurs professions et rendre au contraire les patients co-responsables de leur santé, les populations co-décisionnaires des politiques de santé. Et quand bien-même certains le souhaiteraient: on se heurte à une vraie tour de Babel.
On ne se comprend plus entre concitoyens, faute de ce langage commun pourtant là, qui ne demande qu'à être de nouveau proposé à tous.
Et pour en venir à cette invasion du seul langage commun universel qui nous reste, la nature ayant horreur du vide, ce United-States of globish, une volonté politique pourrait en venir à bout,d'exception culturelle s'imposant aussi à la publicité par exemple, non ?
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Écrit par : Anne Josnin / | 23/09/2020

PARALLÈLE ?

> Parallèle saisissant entre le monde de la pub, ouvertement au service de l'argent, et celui de l'Eglise, officiellement au service de Dieu. Difficile de ne pas penser à la terrible apostrophe de Maurice Clavel: "Vous n'êtes pas allés au monde, vous vous êtes rendus au monde."
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Écrit par : PF Huet / | 23/09/2020

L'ILLUSION

> C'est le "rêve américain" d'une certaine bourgeoisie conservatrice.
Elle croit que les USA sont le royaume de la Foi ("reconnue par l'Etat" : chose essentielle pour cette bourgeoisie).
Illusion qui ne repose que sur le jeu de Trump, alors qu'il n'a rien de catholique et ne se pose en pro-life que pour plaire aux électeurs évangéliques.
Les conservateurs français oublient juste que les deux tiers des évêques américains condamnent la politique économique et sociale de Trump et son art d'envenimer toujours les divisions du pays.
L'épiscopat des Etats-Unis refuse de choisir entre Trump et Biden.
Le comité électoral des "Catholics for Trump" n'est pas reconnu par l'Eglise. Il est lié au réseau anti-François : Vigano etc.
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Écrit par : Churubusco / | 24/09/2020

MILIEUX

> Les milieux d'affaires n'imaginent pas qu'on puisse parler autrement qu'en "Wall Street english" dans la vie moderne. Les jeunes retraités de ces milieux sont très présents autour des évêchés. C'est une explication.
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Écrit par : Nathalie Amet / | 24/09/2020

"NE PAS S'ISOLER"

> à Nathalie Amet – Il y a trois ans j'ai eu un échange de courriels avec un responsable d'une belle initiative pastorale lyonnaise mais affublée d'un titre en anglais. Je lui ai demandé pourquoi l'anglais dans Lyon. Il m'a répondu : "On ne peut pas s'isoler". Je lui ai demandé : "S'isoler... de quoi ?" Il n'a pas répondu.
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Écrit par : PP / | 24/09/2020

PAS LES JEUNES

> Qu'on ne dise pas qu'on anglicise tout "pour plaire aux jeunes". Avec cet argument de "plaire" on finit par brader ! Et les jeunes Français méritent qu'on leur transmette une vision française, c'est du respect pour leur avenir.
En plus il faut dire que ces campagnes catholiques "pour les jeunes" ne touchent souvent que les paroissiens, donc de plus en plus âgés...
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Écrit par : Sandrine Demange / | 24/09/2020

à Nathalie Amet et PP

> Oui, pour leur diocèse ils travaillent dans le même esprit de "punchline marketing" que chez Citroën ou Peugeot. C'est la langue du business. Ils ne veulent donc pas s'isoler du business. Comme ils sont bénévoles et efficaces, l'évêque surmené ("surbooké") les laisse faire... Déjà heureux qu'ils soient là pour assurer...
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Écrit par : Aurélie Gasquet / | 24/09/2020

@ Philippe de Visieux

> Il fallait donner libre cours à votre fou-rire!
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Écrit par : PF Huet / | 24/09/2020

KARIM DUVAL

> Je remets ici cette vidéo tellement lucide de Karim Duval sur le franglais :
https://www.youtube.com/watch?v=vzEJjhtSevQ
Cet humoriste est sans doute le meilleur actuellement. On peut même se demander s'il ne lit pas 'La Décroissance' :
https://www.youtube.com/watch?v=VaEDLG7aIN0
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Écrit par : Alex / | 24/09/2020

PAR LA TÊTE

> Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais même au sein du Quai d'Orsay, on impose l'anglais dans des réunions où il n'y a que des Français... Le poisson pourrit par la tête...
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Écrit par : Fernand Naudin / | 24/09/2020

"PLOUC" ?

> Plutôt d'accord avec Philippe, "plouc" est très certainement le problème central. Mais est-ce que ce sont les entreprises et autres qui ne veulent pas avoir l'air de l'être, où est-ce le publicitaire qui veut donner au consommateur l'impression qu'il ne l'est pas s'il adhère au produit vanté de cette façon ? Paradoxalement, le consommateur qui s'y laisse prendre se révèle alors effectivement être un authentique plouc. Et par une sorte d'effet Streisand, pour parler cash, plus il le cache plus ça se voit. Un jour il s'en rendra compte et ça s'arrêtera parce que jusqu'au bout il ne veut pas en être un. Reste à savoir si le plouc est indécrottable. Il n'y a aucune raison de désespérer.
Notre président et sa start up nation, est-il un publicitaire ou un plouc ? Ou les deux ?
Quand on regarde de l'international, le Français est souvent épinglé pour être le gugusse qui ne parle pas anglais; mais avec un soupçon d'admiration parce que c'est assumé, parce que le gugusse n'aurait tout simplement rien à fichtre d'être un plouc ou pas.
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Écrit par : Yvan / | 24/09/2020

L'EGLISE DEVRAIT ÊTRE LA PREMIÈRE À RÉSISTER

> Le problème est que l'anglais s'impose en dehors même de l'américanisation. Il a commencé à dominer le commerce mondial avant que la puissance américaine s'affirme. Il est la langue de la mondialisation marchande qui, en tant qu'idéologie dominante, se présente comme le vrai chemin de la fraternité universelle. C'est par cette idolâtrie mensongère que l'anglais s'impose, encore plus que par l'américanisation.
Mais, dans l'un ou l'autre cas, l'Église catholique devrait être la première à résister.
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Écrit par : Guadet / | 24/09/2020

à Guadet :

> Durant la négociation du traité de Versailles, Britanniques et Américains militèrent pour un usage de l'anglais. Proposition acceptée par Clemenceau dont l'ex-épouse était Américaine ; c'était la première fois depuis plusieurs siècles que le français ne régnait pas sur la diplomatie puisque le traité fut rédigé en français et en anglais. Le début d'une longue histoire, hélas peu favorable à la France.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 25/09/2020

MENTALITÉ DE COLONISÉS

> Ça ne date pas d'aujourd'hui. Ça a dû commencer dans les années 1950, bien avant ma naissance, avec James Dean, etc. L'image des braves GI's de 1944 a dû compter beaucoup, comme ceux qui avaient installé leur artillerie dans les champs autour de la ferme de mon grand-père, lors du siège de Brest, et qui donnaient des chewing-gum à mon père alors enfant, en l'appelant John.
La généralisation de la TV et du transistor a fait franchir un palier supplémentaire: les yéyés, tout ça. C'était censé faire bien moins plouc de s'appeler Johnny Hallyday (yeah !) que Jean-Philippe Smet.
Mais maintenant que l'«entertainment» US se déverse par tous les tuyaux de l'internet, il n'y a plus grand choses à faire. Toutes les digues sont rompues. Cela ne m'étonne pas que de nombreuses paroisses s'y mettent. L'université, où je travaille, avait résisté assez longtemps. Mais depuis 4 ou 5 ans, c'est le raz de marée. Etudiants et jeunes collègues ont majoritairement comme références culturelles les produits anglo-saxons, tandis que des cours sont dédoublés en anglais (en Bretagne on pourrait imaginer que certains cours se fassent en breton, sans aucune version française en parallèle, comme ils se font en catalan à Barcelone; mais non, la référence c'est l'anglais). Alors que même les grandes surfaces comme Leclerc avaient un peu abandonné les décorations d'Halloween après la vague autour de l'an 2000, lancée par France Télécom, Coca Cola, MacDonald's et quelques autres, nous avons le droit depuis 3 ans chaque fin octobre à des citrouilles et des sorcières, des squelettes ou des toiles d'araignée en plastique dans les couloirs comme dans n'importe quel MacDo d'il y a 20 ans.
Et peu de monde y trouve quelque chose à redire. Si vous le faites, vous passez pour un ringard et un rabat-joie.
Quelques observations encore: depuis longtemps, nos journalistes de la radio ou de la TV font un effort pour prononcer à peu près comme les anglophones les noms propres anglais ou US. Aucun n'ira dire Clinton avec un "in" comme dans Tintin et un "on" comme dans Dupont. Ils auraient trop honte de mal prononcer la langue des dominants. En revanche, aucun n'est gêné pour prononcer n'importe comment (c'est-à-dire à la française) les noms propres des autres langues. On entend ainsi même de pseudo-spécialistes parler des pièces de "Tchékove" ou des films de "Mikalkove". Même chose pour les langues régionales. Il y a quelques années (je n'ai pas vérifié depuis), quand on appelait l'office de tourisme de Rennes, on avait le droit à un message d'accueil enregistré en trois langues. En français ("Bienvenue à Rennes"), en anglais ("Welcome to Rennes") et en breton ("Degemer mad e Roazhon"). Le français était prononcé par une personne francophone. Pour l'anglais ils avaient fait appel à une anglophone pour avoir un accent british parfait. Mais le message en breton était prononcé avec un accent français à couper au couteau. Il était là juste pour l'exotisme touristique, la "Breizh Touch" comme disent les gens du marketing culturel par ici (une expression que même Alan Stivell acceptait de reprendre il y a un an pour défendre le maintien des toponymes bretons, dont le rôle serait désormais de conserver cette "Breizh Touch" à l'ouest de la région; il doit penser que dans le contexte actuel, il n'y a pas le choix: si on veut convaincre les "décideurs", il faut leur parler le langage du marketing et de l'économie).
Tout cela montre au fond chez les Français une mentalité de colonisés.
Le français est désormais dans une situation qui présente des analogies avec celle dans laquelle le breton et d'autres langues régionales se trouvaient il y a 70 ans. Si l'on voulait sortir de sa condition de paysan et de "plouc", il fallait abandonner sa langue maternelle et adopter le français (même chose d'ailleurs pour les indigènes des colonies). Les Bretons ont largement accepté cela. Quoi que dise parfois le mouvement politique breton, ils ont été assez largement complices de leur déculturation. Eh bien maintenant, à leur tour, les Français font de même. En acceptant l'anglais, ils veulent montrer qu'ils ne sont pas des ploucs.
Sauf que comme disait à peu près le Béarnais Bayrou dans un de ses livres (il ne dit pas toujours que des bêtises), leur anglais, c'est comme le formica qui avait remplacé les vieux meubles dans les cuisines de son enfance: c'est cela qui signe le provincialisme" (Bayrou, 'Abus de pouvoir', 2009, p. 132).
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Écrit par : JM / | 25/09/2020

QUI

> Si vous deviez désigner le plus malfaisant pour la langue française, qui serait-ce ? Et pourquoi le président ?
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Écrit par : Yvan / | 25/09/2020

> Voilà une vraie question écologique.
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Écrit par : Volimbert | 26/09/2020

LE PAYS GALLO

> D'accord avec JM en tout ce qu'il dit et pour l'accent à couper au couteau des annonces en breton.
Le plus ridicule étant que l'usage du breton à Rennes se veut couleur locale alors que c'est une colonisation : la région de Rennes et l'Ille-et-Vilaine ont leur propre parler local, le gallo, dans lequel on ne dit pas Roazhon mais Rèn (si tant est que cela s'écrive).
Mais comme la France envers les États-Unis, le pays gallo a un complexe d'infériorité à l'égard du pays bretonnant.
Et on a vu fleurir un ridicule Saozon Sivinieg à l'entrée de Cesson-Sévigné. Ce n'est pas parce que des francisations bébêtes ont été faites en pays bretonnant qu'il faut en faire des bretonnantes en pays gallo.
Pendant longtemps les bretonnants étaient les "bouseux" ils étaient regardés avec un amusement dédaigneux (et bête).
Dès qu'ils ont assumé leur héritage à partir des années 60, disons, il s'est opéré une inversion et maintenant ils sont fiers de leur culture et c'est le pays gallo qui ne s'assume pas, qui est complexé.
La France n'a qu'à faire la même chose : assumer son passé, sa culture et le rapport s'inversera, ce seront les américanisés qui seront complexés et chercheront à renouer.
Je ne me suis pas installé chez moi, vers Saint-Malo, notamment parce que j'en avais marre de la Bretoniaiserie de pacotille et de la corsairitude à la con (et je suis descendant de...)
Le déclin du français,la perte de prestige de la culture française même auprès des Français, les poussent à retrouver des racines régionales, ce qui est très bien en soi, malheureusement c'est souvent du toc qui leur est proposé pour renouer.
Je pense au refus des patois du Pays d'Oc au profit de ce montage universitaire qu'est l'occitan, langue créée à partir des différents parlers locaux pour avoir une langue commune.
D'accord s'ils le veulent mais que ce ne soit pas présenté comme "la langue de nos grands-parents", c'est faux et malhonnête.
Ici dans le Quercy, tous ceux qui parlent le parler local utilisent le mot "patois" ils n'en n'ont pas honte, ils assument et n'y voient rien de dégradant, de péjoratif et ils lèvent les yeux au ciel quand ils entendent parler de "l'occitan" et rient ouvertement quand ils l'entendent parler (et ils ne le comprennent pas, ce qui est tout de même un comble !)
Comme c'est beau quand ils parlent patois ! c'est rocailleux et plein de malice !
Tant qu'on y est : à Toulouse Sup de Co Toulouse a été rebaptisée "Toulouse Business School of Economics" mais les noms des stations de métro sont doublées en "occitan".
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Écrit par : E Levavasseur / | 26/09/2020

A Volimbert:

> cela concerne l'écologie des neurones...
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Écrit par : VF / | 26/09/2020

à Anne:

> Chère Anne, toi aussi, tu te retrouves en collège rural après le lycée.On y vit des choses différentes mais qui peuvent être sublimes (tu verrais la tête de mes bambins des bouchures quand ils sont à Rome devant le Colisée ou la basilique Saint-Pierre en vrai...).
Mais pour revenir sur tes propos, d'après mon expérience, ce ne sont pas les Historiens universitaires qui démolissent l'enseignement de l'Histoire, ce sont les psycho-pédagos et les technocrates de l'appareil. Si seulement on retrouvait les manuels du temps de Milza ou Goubert...
Ils ont fait de l'Histoire une "choses" civique alors qu'elle est la vie de l'Humanité, elle est chair et parole...
Désolé, il faut que j'y aille, mais je reviendrais là-dessus.
courage et UDP.
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Écrit par : VF / | 26/09/2020

LA "CULTURE" SHOWBIZ

> Si l'anglais s'impose comme langue universelle, le show-biz américain s'impose comme culture universelle. Écoutez France Musique : jazz, comédies musicales américaines, musique de films américains, chanteurs américains, interprètes dans leurs succès outre-atlantique. Les Français ne connaissent plus Messiaen mais ils connaissent le moindre jazzman. En peinture tout le monde connait Pollock, personne ne connait Manessier, plus intéressant mais bêtement français.
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Écrit par : Guadet / | 26/09/2020

'FATIMA' ANGLOPHONE

> Hier soir, je regardais au cinéma 'Fatima', en version originale, qui est... l'anglais !
Je ne savais pas s'il fallait rire ou pleurer en voyant sœur Lucie parler avec l'accent britannique des bonnes familles, parfaitement coiffée et maquillée (mais dans un anglais avec fort accent portugais lorsqu'elle était âgée, l'actrice étant brésilienne !) ; sa mère tout aussi anglophone ressemblant davantage à la comtesse de Ségur qu'à une paysanne portugaise du début du siècle dernier ; l'évêque parlant quant à lui anglais avec un accent portugais à couper au couteau, etc.
Pourquoi donc utiliser l'anglais dans un film sur Fatima ? Le portugais aurait dû être l'unique option car quoi de moins vraisemblable qu'une Vierge Marie s'exprimant dans un anglais avec accent portugais à une sœur Lucie interprétée par une actrice espagnole parfaitement anglophone ? C'est oublier que sœur Lucie était enfant, bergère et quasiment analphabète au moment des apparitions...
Tout ceci n'est pas sérieux : l'usage du portugais aurait-il fait "plouc" ? Pourtant, choisir l'anglais revient à une inacceptable distorsion historique qui retire à ce film une bonne dose de crédibilité.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/09/2020

à Guadet :

> L'aspect culturel est tout à fait fondamental. Écoutez Deutsche Welle dans sa version dite internationale et vous ne trouverez aucun journaliste allemand : des Américains, des Britanniques qui parlent anglais... Rien de bien différent de la BBC ou de CNN !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/09/2020

LES COMMERCIAUX CONTRE TAVARES

> Vos 2 premières photos sont des pub du groupe PSA , Peugeot-Citoen-Opel.
J'y vois un bras d'honneur fait par les commerciaux à leur patron, le franco-portugais Carlos Tavares qui promeut l'usage et l'enseignement de notre langue dans les relations entres les filiales de divers pays.
A noter par ailleurs que cet intéressant personnage dénonce l'imposture de la voiture électrique et déclare en produire parce qu'on y est obligé par les contraintes règlementaires.
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Écrit par : PF Huet / | 28/09/2020

2 recommandations :

> Claude Hagège : Contre la pensée unique
et le sketch des inconnus sur les publicitaires.
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Écrit par : Benoit C. / | 28/09/2020

VOLCAN

> Les scientifiques ne sont pas les derniers.
Ainsi l'observatoire volcanologique de La Réunion annonce une inflation du dôme volcanique.
Il s'agit bien sûr du gonflement annonciateur d'éruption.
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Écrit par : PF Huet / | 29/09/2020

SAVE THE DATE

> Et l'éducation nationale annonce aujourd'hui aux enseignants la tenue des états généraux du numérique avec un fier "Save the date".
______

Écrit par : Jean-Marie / | 12/10/2020

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