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24/06/2020

Procès Fillon : ce n'est pas l'affaire Dreyfus

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"On saura le 29 juin la sentence du tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire de François Fillon et son épouse Penelope. Pendant quelques jours le dossier a été masqué par le tapage autour de quelques phrases d’une magistrate retraitée devant une commission d’enquête parlementaire..."  Ma chronique à Radio Présence (Toulouse) et Radio Fidélité Mayenne :


https://www.radiopresence.com/IMG/mp3/24062020_chroeco_airtemps.mp3

 

 <<  On saura le 29 juin la sentence du tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire de François Fillon et son épouse Penelope. Pendant quelques jours le dossier a été masqué par le tapage autour de quelques phrases d’une magistrate retraitéee devant une commission d’enquête parlementaire :  Mme Eliane Houlette, ex-procureure financière, a en effet déclaré (après avoir dit le contraire précédemment) qu'en 2017 la hiérarchie judiciaire avait exercé sur elle des “pressions”. Aussitôt les anciens supporters de M. Fillon à la présidentielle ont relancé l’idée que ce procès était un coup monté, visant, disent-ils, à leur “voler la présidentielle”. Dire cela, c’est de bonne guerre sur la scène politique. Mais est-ce la réalité ? On en doute.

En effet les “pressions” de 2017 n’étaient pas venues du pouvoir politique mais du Parquet national financier. Elles ne visaient qu’à faire nommer vite un juge d’instruction (magistrat indépendant, lui, contrairement à une procureure). Et l’affaire Fillon n’était pas l’affaire Dreyfus : le dossier n’était pas vide, il s’agissait du million d’euros versé par l’Etat – les contribuables – à Mme Fillon pour un travail d’assistante dont on n’a pas trouvé trace... C’est cela qui va faire l’objet du jugement du tribunal de Paris rendu lundi prochain.

Pourquoi parler de cette histoire ici et maintenant ? Parce qu’elle fait du bruit, que ce bruit ne va pas toujours dans le sens de la réalité, et que le fond de l’affaire mérite une minute de réflexion. 

En effet : si les juges confirment le réquisitoire, donc s’il y a bien eu détournement de fonds publics pour plus d’un million d’euros, alors le procès n’était pas abusif. Ce qui donne un certain malaise, en revanche, c’est le réflexe d'un parti politique ne voulant plus admettre aujourd’hui ce qu’il avait dû admettre en 2017, à savoir le contenu de l’enquête Fillon ! Et que l’on nous assure, trois ans après, que sans cette histoire M. Fillon entrait à l’Elysée. Ce qui n’a rien d’évident... Par ailleurs (et je vais étonner mes confrères journalistes persuadés que M. Fillon était le candidat du catholicisme), il y a au moins une chose évidente : le programme socio-économique ultralibéral de M. Fillon était incompatible avec les recommandations des encycliques. C’est connu de tout lecteur de Centesimus annus de Jean-Paul II, Caritas in veritate de Benoît XVI et Laudato Si’ du pape François ! Oui, chers confrères journalistes, pour vous ce sont des lectures exotiques. Vous pourriez quand même, peut-être, y jeter un coup d’œil…  >>

 

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10:44 Publié dans En 2012, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fillon

Commentaires

SON HYPOCRISIE

> Tout à fait d'accord. Un détail, cependant : depuis quarante ans, l'État, ce ne sont plus les seuls contribuables mais ces derniers et l'agence France Trésor qui gère la dette publique. M. Fillon était parfaitement au courant de l'état de "faillite" du pays, ce qui lui valut d'ailleurs une remontrance présidentielle. Alourdir la dette nationale d'un million supplémentaire dans son seul intérêt et de manière frauduleuse démontre l'hypocrisie du personnage - en Corse, il annonçait aux agriculteurs que l'État criblé de dettes ne pouvait plus rien pour eux, tandis que via Madame, le même homme s'arrosait copieusement depuis des années.
Entre Dieu et Mammon, il faut choisir...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/06/2020

> Ce sont des lectures exotiques pour bon nombre de catholiques aussi…Malheureusement.
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Écrit par : ND / | 26/06/2020

à ND

> Ceux qui aiment mieux relire 'Le Camp des saints' ?
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Écrit par : Sigismond / | 27/06/2020

@ Sigismond

> Il n'est pas nécessaire d'être lecteur de Raspail pour ignorer les encycliques. Allez à la sortie d'une Eglise et écoutez les gens. Dans nos pays occidentaux où un bon nombre font des études supérieures, les catholiques font le grand écart: leur foi a été cultivée jusqu'à l'âge de 10 ans environ, et leur cerveau profane jusqu'à l'âge de 22-23 ans. Bac+5, bac -8. Lorsque cela atteint des questions "gênantes" comme Dieu et la science, beaucoup de gens perdent la foi. En revanche, sur les questions sociales, on peut tout à fait vivre plus ou moins confortablement avec les âneries débitées dans l'enseignement supérieur et une foi pas trop cultivée. Et puisque tout le monde fait comme ça, pourquoi chercher à en savoir plus…?
Pourtant les papes sont extrêmement clairs, si l'on veut bien se donner la peine de les lire, et qu'on ne se drape pas dans la mauvaise foi. Lisez par exemple 'Quadragesimo Anno' :
"29. Tandis que chancelaient les faux dogmes du libéralisme qui paralysaient depuis longtemps toute intervention efficace des pouvoirs publics, l’encyclique déterminait dans les masses elles-mêmes un puissant mouvement favorable à une politique plus franchement sociale ; elle assurait aux gouvernants le précieux appui des meilleurs catholiques, qui furent souvent, dans les assemblées parlementaires, les promoteurs illustres de la législation nouvelle. Bien plus, c’est par des prêtres, profondément pénétrés des doctrines de Léon XIII, que plusieurs lois sociales récentes ont été proposées aux suffrages des Parlements ; c’est par leurs soins vigilants qu’elles ont reçu leur pleine exécution. "
Ou encore :
"15. Au milieu de ce concert d’approbations, il y eut cependant quelques esprits qui furent un peu troublés ; et par suite l’enseignement de Léon XIII, si noble, si élevé, complètement nouveau pour le monde, provoqua, même chez certains catholiques, de la défiance, voire du scandale. Il renversait, en effet, si audacieusement les idoles du libéralisme, ne tenait aucun compte de préjugés invétérés et anticipait sur l’avenir : les hommes trop attachés au passé dédaignèrent cette nouvelle philosophie sociale, les esprits timides redoutèrent de monter à de telles hauteurs ; d’autres, tout en admirant ce lumineux idéal, jugèrent qu’il était chimérique et que sa réalisation, on pouvait la souhaiter mais non l’espérer."
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Écrit par : ND / | 28/06/2020

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