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21/06/2020

Ce qu’il faut craindre… et ne pas craindre

jésus-christ,catholiques

Autour de l’évangile de ce dimanche (Matthieu 10 :26-33) et des réflexions de spirituels – dont Hans Urs von Balthasar –, pour ne pas se faire une fausse idée du “témoignage de foi” :


“Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour eux devant mon Père des cieux. Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux” – dit le Christ aux disciples. Il y a une seule façon de se déclarer pour Lui, c’est de le suivre. Il y a mille façons de le renier, dont la pire est de se déclarer pour nous-mêmes (comme un clan) en croyant nous déclarer pour Lui… “Refuser de témoigner quand l’occasion se présente est plus grave que d’encourir la haine ou le mépris”, dit un commentateur spirituel de Mt 10:26-33 ; mais il précise : il s’agit de témoigner “de notre appartenance au Christ”, pas d’une idéologie de groupe.

On dit beaucoup : “témoigner de notre foi”. Mais témoigner veut dire attester autre chose que nous-mêmes, et foi veut dire confiance-adhésion. Adhérer à quoi ? Non : à qui... Le christianisme n’est pas foi en une doctrine ni même un livre. Il est foi en une Personne, celle, unique, de Jésus Christ. Suivre sa Personne n’est pas affirmer une identité collective ; c’est nous laisser déposséder de nous-même. Commentant Mt 10:26-33, Hans Urs von Balthasar prévient : “Un seul ennemi serait à craindre, celui qui pourrait faire périr l’âme ; cela n’arrive pas si le témoin est fidèle à sa mission” – et cette mission implique l’imitation du Christ c’est-à-dire la dépossession : non l’affirmation d’un groupe en tant que groupe.

D’autant qu’en ce moment chacun proclame “identité” n’importe quoi : cacophonie postmoderne avec laquelle la foi au Christ n’est pas de nature (ou surnature) à rivaliser ! D’où l’urgence, en tant que chrétiens catholiques français, de nous mettre mutuellement en garde contre la dérive identitariste – qui n’est pas réaction immunitaire mais contamination par une pathologie postmoderne. Urgence d’autant plus grande que nos médias, propagateurs de la surenchère des “identités communautaires”, qualifient désormais d’identitaires les manifestations chrétiennes les plus classiques : ainsi se manifeste la radicale ignorance qui caractérise l’époque dans une société déchristianisée jusqu’à l’os.

Situation consternante ?  Saint Paul (non dans le texte de ce dimanche mais en 2Co 1:8-9 ou 2Tm 4:9-16, signale Balthasar) "éprouve plusieurs fois le sentiment d’abandon de Jérémie, mais comme lui il ajoute : ‘Le Seigneur m’a assisté et rempli de force, il me délivrera de toute entreprise perverse’. Et il sait plus encore : que ses souffrances sont introduites dans celles du Rédempteur et reçoivent d’elles une signification de salut…” La tentation du désespoir est une “entreprise perverse”.

 

 

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Commentaires

"À NE PAS COMMETTRE"

> Oui ce sont dezs choses à rappeler sans cesse parce que beaucoup restent rétifs à comprendre. Ils sont entraînés par le courant médiatique même s'ils croient réagir là-contre.
Ils ne se demandent pas si ce courant dit vrai ou non, ils acceptent sa façon de poser les problèmes. "Puisque les médias disent que faire une procession du St Sacrement c''est identitaire, alors soyons identitaires". Ça s'appelle accepter la vision de l'adversaire et c'est la première faute à ne pas commettre dans un combat intellectuel ou moral ou spirituel, même si le spirituel n'est pas dans la même sorte que le moral et l'intellectuel.
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Écrit par : Binus Bodart / | 21/06/2020

à Binus Bodart :

> Jean-Luc Marion rappelait dans un entretien que la 'Marche des Fiertés' et une procession catholique sont deux manifestations du fait religieux ; cela, les médias ne sont pas près de l'admettre !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/06/2020

FERRY-TONKIN

> La pathologie postmoderne qui nourrit le mouvement actuel de déboulonnage des statues n'a pas que des effets négatifs. Le général Faidherbe dont le nom a été donné à d'innombrables rues, avenues et autres établissements scolaires est l'une des premières cibles au titre de son action et de son racisme comme gouverneur du Sénégal; certes c'était un général "de gauche" (c'était rare à son époque), franc-maçon notoire qui s'est opposé à l'évangélisation du Sénégal et de toute cette région d'Afrique, favorisant l'Islam qui maintenait les populations dans la soumission.
Mais ensuite viendra le tour de Jules Ferry ! François Hollande, dès son élection, a organisé une célébration autour de la statue de Jules Ferry dans le jardin des Tuileries; les représentants de l'enseignement catholique avaient été sommés d'y participer et cela avait valeur d'avertissement pour la suite. Hollande et la gauche ont "découvert" à ce moment-là l'autre face de Jules Ferry, l'initiateur de la politique coloniale de la IIIe (à laquelle s'opposa à l'époque la droite catholique, non pas par humanisme mais pour ne pas distraire l'opinion de la revanche contre l'Allemagne). Engager une "déjulesferrysation" de la France va être un chantier colossal, il va falloir débaptiser des milliers d'écoles, de collèges, de lycées, de rues, d'avenues...Encore des dépenses !
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Écrit par : B.H. / | 22/06/2020

C'EST À LIRE

> https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-06/developpement-doctrine-fidelite-nouveaute-pape-magistere-concile.html
Superbe et profond article de Sergio Centofanti, sur le site des médias du Vatican. Tout est dit :
"Certaines critiques doctrinales du pontificat actuel montrent une distance progressive mais de plus en plus nette par rapport au Concile Vatican II. Non pas à partir d'une certaine interprétation de quelques textes, mais à partir des textes du Concile eux-mêmes. Certaines lectures qui insistent pour opposer le pape François à ses prédécesseurs immédiats finissent donc même par critiquer ouvertement saint Jean-Paul II et Benoît XVI, ou en tout cas par faire taire certains aspects fondamentaux de leur ministère, qui représentent des développements évidents du dernier Concile."
L'auteur note avec justesse qu'après chaque concile, un groupe de fidèles se détache de l'Église :
"Cela s'était déjà produit en 1870: les « vieux catholiques » avaient alors condamné le Concile Vatican I pour le dogme de l'infaillibilité pontificale".
À la suite de Benoît XVI, exhortons tous nos frères et soeurs à ne pas « figer l'autorité magistérielle de l'Église à l'année 1962 ».
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/06/2020

BENOIT XVI AUJOURD'HUI

> https://rapidesnouvelles.com/le-pape-emerite-benoit-xvi-revient-au-vatican-demain/

J'ose formuler l'espoir que celles et ceux qui tenteront d'instrumentaliser à nouveau l'évêque émérite de Rome se souviendront de cette photo avant de passer à l'acte : Benoît XVI, qui semble au bout de ses forces physiques, fait mal au coeur. Prions pour lui.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/06/2020

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