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17/06/2020

Les soignants dans la rue : "Non au retour à l'anormal", "l'hôpital n'est pas une entreprise.."

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Hôpital Henri-Mondor (Créteil), 16 juin : le départ pour la manifestation

"Les héros en ont plein les dos", "On n'est pas des héros, on veut juste un salaire..." Menacé d'un retour du joug techno-financier, les personnels hospitaliers redescendent dans la rue – malgré Castaner et les provocateurs Black Bloc. Soutenons la lutte des hospitaliers contre le formatage de la société par les "libéraux d'Etat" ! Ma chronique à Radio Présence (Toulouse) et Radio Fidélité Mayenne :


https://www.radiopresence.com/IMG/mp3/17062020_chroeco_ai...

 

<<  Bonjour à tous. Revoilà donc dans la rue les personnels soignants, avec des banderoles disant "Les héros en ont plein le dos" : ils sont bien décidés à ne pas se laisser imposer ce qu’ils appellent un "retour à l’Anormal" ( L apostrophe Anormal).

Ce qu’ils trouvent anormal, c’est le régime imposé progressivement aux hôpitaux depuis les deux derniers quinquennats – et aggravé, disent-ils, depuis 2017 : les coupes budgétaires, les lits supprimés par centaines, l’absence de moyens, les salaires beaucoup trop bas… Tout ça au nom d’une "gestion" qui masque (si j’ose dire) l’emprise du commercial sur le médical.

Que les directives de marché passent avant les soins aux malades, c’est peut-être le sommet d’un processus annoncé il y a déjà plus de 70 ans par l’économiste Karl Polanyi. Dans son livre La Grande Transformation, il annonçait l’avènement d’un système sans précédent. Jusqu’ici l’économie faisait simplement partie de la société. Désormais, le marché économique ("les marchés" dans le langage financiarisé) allait dominer la société : comme si le marché était une entité à part, supérieure à tout, qui non seulement ne dépendait plus des sociétés humaines mais devait les manipuler à sa guise et selon ses normes à lui.

On voit le résultat. Nous pourrions méditer là-dessus. C’est à dire rentrer en nous-même et examiner l’intrusion des réflexes du business dans notre psychologie : comment insensiblement nous en venons à tout subordonner au rentable, ce qui prive de sens la vie humaine en supprimant les dimensions qui faisaient les cultures et les sociétés.

Polanyi n’a pas été écouté en son temps : pourtant il avertissait du danger qu’il y avait à ériger le marché en divinité, en loi suprême, en principe de réorganisation de nos sociétés. On en voit aujourd’hui l’impasse.      

Et l’on commence à entrevoir par où en sortir. Il ne s’agit évidemment pas d’abolir le marché, mais de le renverser de son trône, comme dit le chant du Magnificat, en le réinsérant dans la société humaine : le marché à sa place, et seulement à sa place. Il s’agit de le "domestiquer" pour ne plus être ses domestiques. Il s’agit donc de rendre à l’Etat sa fonction de contrôle pour le bien commun. Il s’agit de rendre aux organisations humaines le premier rôle dans l’activité économique (alors que le système actuel se prétend supérieur à elles, et gouverne de plus en plus par des robots et des algorithmes : voilà le règne de l’Anormal, comme disent les personnels soignants). Ces idées vous font penser à quelque chose ? Eh oui : aux encycliques sociales. Comme dit le pape, tout est lié.  >>

 

► Comme chaque fois, les prétendus anars ont infiltré certains des cortèges pour les faire dégénérer. Le procédé est systématique depuis dix ans : les gouvernements laissent faire les provocateurs. Il s'agit de détourner l'attention du public vers le leitmotiv nul de la "casse". Cherche à qui profite le crime...

 

 

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12:08 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : hôpitaux, manif

Commentaires

POLANYI

> Polanyi, référence majeure. J'ajouterai, encore plus fondamental : Marcel Mauss, son essai sur le don. La société dans laquelle nous vivons est ainsi faite : tout est expliqué dans des livres savants, et personne n'en tient compte. Ceux qui nous gouvernent n'ont, semble-t-il, pas le temps de lire. Dans "Le rivage des Syrtes", autre référence littéraire, je me souviens d'un personnage très vieux, qui passe son temps à étudier la stratégie, et qui explique au héros pourquoi l'invasion ne sera pas empêchée. Tout ceci est très pessimiste ! Le format de "Laudato si'", sa fluidité magnifique, sa portée universelle devraient révolutionner de manière décisive notre époque. Je garde cet espoir, malgré l'apathie présente.
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Écrit par : Bégand / | 17/06/2020

> Il n'y a pas que l'aspect financier. Si les fermetures d'établissements et les réductions d'effectifs soignants sont bien réels, la part des dépenses publiques de santé demeure des plus honorables comparée à celle des autres pays développés aux bien meilleurs résultats.
N'oublions pas que notre mortalité COVID par millions d'habitants n'a toujours pas été rejointe par celles des USA de Trump ou du Brésil de Bolsonaro dont nous nous gaussons.
Que se passe-t-il? Ce n'est pas simple!
- part importante de personnel non soignant
https://www.lci.fr/sante/covid-19-coronavirus-pandemie-les-hopitaux-francais-sont-ils-reellement-handicapes-par-une-trop-forte-proportion-de-personnel-administratif-2151215.html
- bureaucratie paralysante, en particulier les Agences Régionales qui accablent les hôpitaux de directives effroyablement complexes.
http://www.francesoir.fr/ars-syndrome-de-letatisation-sanitaire?fbclid=IwAR1AHslTvqO8dc4Z5ngnrtDdwXKOJdXyp7p3NQi42qZpuCynXKB4n7hVDeU
Toujours est-il que le résultats est désastreux malgré les efforts des soignants, comme le montrent les diagrammes de cet article:
http://www.francesoir.fr/le-confinement-tout-ce-que-lon-ne-vous-pas-dit-aberration-humaine-sanitaire-economique?fbclid=IwAR2qrR_ja3j3BfHbQ6RHrr6l-7GAojTMd-J4yIxuaXQCoFciFttY8dsskGs
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Écrit par : PF. Huet / | 17/06/2020

PROFITEURS DE GUERRE ?

> Il y a très, très longtemps (dans une galaxie lointaine ?), on avait la sagesse de dire "l'intendance suivra". Les petits malins de la spéculation, des écoles de commerce et du dieu argent ont fait en sorte qu'elle "précède" désormais de manière systématique. En admettant avec Macron (admettons...) que "nous sommes en guerre", ce n'est pas avec une pareille stratégie qu'on gagnera quoi que ce soit, sauf à être profiteur de guerre bien sûr.
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Écrit par : Fernand Naudin / | 17/06/2020

DEUX POIDS

> Deux poids deux mesures.
Manif des réseaux "antiracistes" à la République samedi : très peu de médias parlent des hurlements antisémites poussés par des manifestants sans être désavoués par les autres.
Manif des soignants hier : tous les médias montent en mayonnaise les heurts avec la police. Alors qu'ils sont visiblement fabriqués par des provocateurs infiltrés : tout le monde le sait mais la plupart des médias ne veulent pas le savoir.
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Écrit par : Alain Marty / | 17/06/2020

MENTEURS

> Il faudrait aussi crier un bon coup et assez fort que le gouvernement nous ment. Aurore Berger parle des milliards donnés à l'hôpital en oubliant de parler des milliards qui lui sont enlevés. Dans mon domaine, je me souviens des discours sur la culture il y a vingt ans : on nous montrait que le budget de la culture n'avait pas beaucoup diminué en oubliant de dire que c'était un magouillage comptable, de nombreuses dépenses d'autres ministères ayant été ajoutées telle quelles.
De nombreuses personnes croient toujours que s'intéresser à la politique consiste à écouter des discours, et ne se rendent compte de leur manque de crédibilité que quand ils sont touchés eux-mêmes. Aujourd'hui c'est au tour des professionnels de santé, mais ça ne fait pas encore une majorité. La majorité de la population mondiale préfère croire aux beaux discours d'une ploutocratie tyrannique et continuer à vivre hors de la réalité.

Guadet


[ PP à Guadet – Je n'ai pas la même impression. La population (Sauf les plus grands naïfs) n'y croit apparemment pas. Dans les sondages, des majorités de plus en plus massives se déclarent sceptiques sur la classe politique et les dirigeants des partis, quels qu'ils soient...]

réponse au commentaire

Écrit par : Guadet / | 18/06/2020

à PP (répondant au commentaire de Guadet) :

> Oui, mais entre cette prise de conscience et les actions concrètes pour essayer de parvenir à "autre chose", il y a un monde. N'est pas le grand Charles (DG) qui veut.
Car, devant ce qui semble être notre impuissance foncière, l'on se demande : à quoi bon ? Et surtout, finalement, l'homme s'habitue à tout.
Ce qui nous aurait fait hurler (et aurait été de toute façon invraisemblable ! ) il y a encore quelques années nous laisse maintenant presque indifférents..
Entre autres :
- des affrontements à l'arme lourde entre bandes mafieuses ethniques ;
- des manifestations interdites autorisées ;
- un président de la République conversant avec les donateurs londoniens de sa campagne électorale, comme un PDG rendant des comptes à des actionnaires...
Comme dirait en substance le grand Frédéric (N), et ce que ne désavouerait pas le grand Michel (H) : rien ne vaut rien. Rien ne se passe et cependant tout arrive. Et c'est indifférent.
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Écrit par : Feld / | 18/06/2020

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