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04/06/2020

À quoi sert le coronavirus – [3] Le grand détournement

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Sous prétexte de “relancer la croissance”, les principales industries polluantes sont à l’offensive pour obtenir : 1. des aides publiques sans contreparties, 2. l'abandon ou la suspension des régulations environnementales ! C’est ce que dénoncent l’Observatoire des multinationales et Les Amis de la Terre / France : 


la crise,lobbies

 

Dans un rapport publié hier sous le titre Lobbying - l’épidémie cachée [*], les deux ONG avertissent le public : un tour de passe-passe est en cours, grâce auquel la crise économique née de la pandémie sert de prétexte pour détourner les aides publiques vers des industries… qui se trouvent être les plus polluantes.

S’il en est ainsi, la pandémie – une des retombées du saccage de l’environnement – va finalement servir à accroître le saccage.

Comment l’offensive est-elle accueillie par la Macronie ?  Diversement… Songeant à leur avenir politique, l’un(e) ou l’autre de ses notables se disent choqués. Mais en solo. Et sous des angles limités. Par exemple Brune Poirson : la secrétaire d’Etat à la “Transition écologique et solidaire” ne proteste (La Provence, 2/05) que contre la nouvelle marée de recours au plastique. Ce lobby-là, dit-elle, on l’a “fait sortir par la grande porte à l’occasion de la loi anti-gaspillage de janvier dernier”, mais il est “en train de revenir par la fenêtre”… 

Commentaire des deux ONG : Mme Poirson n’a pas tort sur ce point, mais le plastique n'est qu'un des fronts de l'offensive des pollueurs. L’automobile, l’agro-industriel, le chimique et les autres sont à la manœuvre. “Les grandes entreprises ont cherché à capter la plus grande partie des aides publiques mobilisées par le gouvernement, et à orienter les plans de relance, en échappant à toute contrepartie véritablement contraignante, que ce soit en matière climatique, sociale ou de dividendes. Ainsi, Renault et Air France ont bénéficié d’une aide de plusieurs milliards d’euros, et un fonds de 20 milliards d’euros de sauvetage des entreprises « stratégiques », a été utilisé pour aider la firme parapétrolière Vallourec dont les difficultés dataient de bien avant la crise… Au nom de l’urgence, des décisions cruciales pour le « monde d’après » sont prises, souvent en quelques jours seulement, en toute opacité, dans le cadre d’un tête-à-tête entre gouvernement et industriels. La crise montre clairement que les dispositifs de transparence et d’encadrement du lobbying et des conflits d’intérêts en France sont inadaptés. Les voix des syndicats, de la société civile et même des parlementaires sont plus marginalisées que jamais.”

  Que demande le rapport de l’Observatoire des multinationales et des Amis de la Terre / France ?  “La mise en place d’un dispositif effectif de transparence, d’un observatoire indépendant de la réponse à la crise, et de conditions pour les aides publiques. Au-delà de la transparence, il faut adopter des mesures politiques contraignantes pour que les lobbies privés ne bénéficient plus d’un accès privilégié aux décideurs, via notamment un encadrement strict des conflits d’intérêts, du pantouflage et des portes tournantes (allers-retours de décideurs entre la haute fonction publique et les entreprises privées). Dans certains secteurs comme les énergies fossiles, il faut créer un véritable pare-feu entre lobbyistes et décideurs, demande que nous portons dans le cadre de la campagne européenne Fossil free politics lancée en octobre dernier...”

 

 

Intégralité du rapport (27 pages) :

https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2020/06/...

 

 

 

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Commentaires

AMATEURS

> Prévisible. Face à la montée vertigineuse du chômage (déjà + 800 000 ) et à la chute abyssale des recettes fiscales qui s'annonce, on ne pouvait pas attendre de notre gouvernement amateur et immature qu'il fasse autre chose que du très court terme.
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Écrit par : PF. Huet / | 04/06/2020

LE VRAI POUVOIR

> Le vrai pouvoir est dans la coulisse et le reconnaître n'est pas "du complotisme", juste du réalisme. Sinon les élus eux-mêmes ne prendraient pas la peine de se disculper en jurant qu'ils se méfient du lobbying. Et la loi ne prendrait pas la peine de rechercher et punir les conflits d'intérêts. Etc.
Et puis ras le bol de ce couperet des journalistes : srtigmatiser comme "complotisme" toute réflexion sur l'influence du pouvoir financier sur la classe politique. Surtout quand on pense que les médias ont tout fait il y a trente ans pour installer le dogme "le mal ce sont les idéologies, le bien c'est l'économie libérale", comme si le libéralisme n'était pas une idéologie.
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Écrit par : Martin Vissian / | 06/06/2020

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