Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/06/2020

Le politique et la justice : d'Aristote à Donald Trump

73908b20d8ed55e248747b0f148dd573.jpg

Ce qui se passe aux Etats-Unis, et l'attitude de la Maison Blanche... Ma chronique de ce mercredi matin à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne :


http://www.radiopresence.com/IMG/mp3/03062020_chroeco_airtemps.mp3

 

<<  Bonjour à tous. Si la fonction noble du politique avait une belle définition, c’était bien celle-ci, héritée d’Aristote : le politique doit maintenir un équilibre juste, donc protéger la Cité contre l’oppression et la corruption. Dans son traité La politique, Aristote ajoute (je cite) : « Le caractère propre de l’homme par rapport aux autres animaux, est d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre la famille et la cité. »

Au cours de l’histoire, les Etats ont plus ou moins suivi l’idéal de justice d’Aristote. Dans le cas particulier des Etats-Unis d’Amérique du nord, leur texte fondateur, la Constitution de 1787, commence par cette phrase : « En vue de former une union plus parfaite, d’établir la justice, d’assurer la paix intérieure », etc. 

Où en sont aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler les démocraties occidentales ? où en sont les Etats-Unis ?

Les démocraties occidentales oscillent entre le souci classique de justice et le règne de la rentabilité financière, système dont la justice n’est pas l’un des paramètres. (C’est le moins qu’on puisse dire). Elles oscillent aussi entre deux tendances contraires : le respect de l’Etat de droit par tous, et les affrontements d’opinions émotionnelles.

Quant aux Etats-Unis, que les Français prenaient pour le parangon de la démocratie moderne, ils sont pour le moment présidés par un personnage aux yeux duquel le vrai et le faux n’existent pas et qui ramène tout à sa méthode personnelle : envenimer les émotions collectives, remobiliser sans cesse ses partisans en leur désignant des boucs émissaires dans tous les domaines.

On le voit ces jours-ci de façon éclatante à propos de la mort d’un Noir, asphyxié au cours d’une interpellation par des policiers de Minneapolis. Une mort qui fait suite à beaucoup d’autres comparables, et qui soulève l’indignation aux Etats-Unis et à l’étranger.

Or cette bavure indéfendable a trouvé un défenseur : le président américain ! M. Trump multiplie les tweets agressifs : sans un seul mot de compassion envers la victime de cet homicide, il s’en prend exclusivement aux manifestations de colère en les attribuant, dit-il, à des "terroristes gauchistes", auxquels il promet (je le cite) "les balles" de la garde nationale et de l’armée.

C’est le langage qui plaît aux supporters de M. Trump. Il ne se soucie que d’eux, à quelques mois de l’élection présidentielle. M. Trump montre ainsi sa viscérale indifférence envers le juste et l’injuste. Et surtout envers "la communauté de sentiments qui engendre la cité" – comme dit Aristote, que M. Trump doit prendre pour l’ex-époux de Jackie Onassis.

La perte de ce qui fonde la Cité : au fond, n’est-ce pas cela qui menace le plus les démocraties occidentales ?  >>

 

 

 

 

 

25f9c1066090c2cfc95ede1724322a54.jpg

 

 

11:03 Publié dans Idées, Trump | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : trump

Commentaires

L'AMÉRIQUE EST MALADE

> Que Donald Trump ait un aspect caricatural, oui, bien sûr. Mais caricature de quoi ?
Et s'il n’était que le révélateur un peu plus cru que d’habitude, de l’aspect libéral de la Grrrrande Démocratie américaine censée montrer la voie à l’univers entier et modèle de notre droite ?
Et si les émeutiers fustigés par une autre partie de notre opinion publique n’étaient que la caricature de l’autre aspect de ladite Grrrande Démocratie, libertaire et communautariste, et modèle de notre gauche ?
La violence est une composante de cette nation « modèle » , au moins depuis le début de la « conquête de l’Ouest » . La guerre qui a tué le plus d’Américains est la Guerre de Sécession: autant que toutes les autres !
C’est l’Amérique qui est malade, avec ou sans Trump !
______

Écrit par : PF. Huet / | 03/06/2020

PLUTÔT UN RAPPEUR

> Confondre Aristote, philosophe de l'Antiquité, avec Aristote Onassis ? Encore faudrait-il qu'ils aient une "culture" remontant à plus de dix ans en arrière. Ils doivent plutôt penser qu'il s'agit d'un rappeur ou autre histrion sans renommée.
______

Écrit par : Bernadette / | 04/06/2020

U..S.A. : L'ÉPISCOPAT PROFONDÉMENT DIVISÉ

Pourtant fin avril, l’archevêque de New York nous a expliqué que Donald Trump était un « gentleman »… rien de moins et qu’il était particulièrement sensible aux sentiment de la communauté religieuse de son pays. https://www.ncronline.org/news/opinion/grace-margins/call-president-trump-cardinal-dolan-reveals-his-true-colors
Lorsqu’on a critiqué ses propos louangeurs, il a expliqué qu’il ne faisait qu’appliquer la politique d’accompagnement du pape François...
https://www.americamagazine.org/politics-society/2020/05/01/cardinal-dolan-defends-comments-about-trump-argues-he-has-critics-both
Dans trente ans, il y aura des athées qui vont prétendre que l'Église de François était du côté de Trump. Ce sera absurde mais ils auront du matériel avec lequel travailler.

François Sarrazin



[ PP à François Sarrazin :

L'épiscopat US est notoirement divisé.
D'un côté, les évêques qui marchent avec le pape et l'Eglise universelle.
De l'autre, ceux qui marchent avec les milliardaires de la droite républicaine nationale-religieuse... par lesquels ces évêques-là sont financés, et qui haïssent François.

Exemple de prélat américain fidèle au pape et désapprouvant Trump : Mgr Wilton Gregory, archevêque de Washington.
Le 2 juin, il a solennellement protesté contre les poses "religieuses" du couple présidentiel en campagne : une visite des Trump à l'église dédiée à saint Jean-Paul II, le lendemain du jour où Trump avait fait matraquer une manifestation pacifique... pour dégager la rue par laquelle il voulait aller se faire photographier (Bible à la main) devant une église épiscopalienne ! Exhibition électorale qui a profondément choqué le desservant épiscopalien du lieu.
Déclaration de Mgr Gregory :
“I find it baffling and reprehensible that any Catholic facility would allow itself to be so egregiously misused and manipulated in a fashion that violates our religious principles, which call us to defend the rights of all people, even those with whom we might disagree,”
D'où fureur du site catho-trumpiste 'LifeSite', lié à la chaîne de télévision (anti-François et ultra-trumpiste) EWTN : il se répand en imprécations contre Mgr Gregory... dans un article déchaîné aussi contre le mouvement de protestation 'Black Lives', avec tous les arguments d'extrême droite habituels en ce domaine. Dont celui-ci, particulièrement tartufe, qui consiste à condamner le 'Black Lives' en accusant ceux qui le soutiennent de... ne pas combattre l'avortement ! Opposer ainsi deux formes de soutien à la vie (comme si l'une des deux était négligeable), est une manipulation morale honteuse et un sophisme minable. Mais les Américains n'en ont pas le monopole : les intégristes français en usent couramment depuis trente ans. ]

réponse au commentaire

Écrit par : François Sarrazin / | 06/06/2020

À François Sarrazin et Patrice :

> Il reste un point à clarifier, celui du financement du Saint-Siège. On le sait, une part importante du budget du Vatican repose sur des dons venant d'Amérique. Cet argent est d'autant plus nécessaire que les musées et villas pontificaux ne rouvrent qu'au compte-gouttes, d'où un manque à gagner qui ne sera pas sans conséquence sur le fonctionnement du gouvernement de l'Église universelle.
Dans quelle mesure le Siège apostolique peut-il accepter d'être financé par des milliardaires américains dans leur vaste majorité anti-François ?
Ou, a contrario, doit-il refuser ces millions d'argent frais, quitte à réduire son train de vie sinon certaines de ses missions ?
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2020

> https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Le-possible-depart-soldats-americains-laisse-lAllemagne-sans-voix-2020-06-08-1201098162
M. Trump souhaite retirer un tiers des troupes américaines stationnées en Allemagne. Troupes qui n'ont rien à faire en Europe, mais auxquelles nos voisins allemands, atlantistes comme jamais, demeurent attachés contre toute raison. Cinquante ans après 'U.S. Go home', l'Allemagne est donc "sans voix", et nous tout autant devant cette américanolâtrie : mais pourquoi l'Europe aurait-elle besoin d'être ainsi chaperonnée par l'oncle Sam ?

PV


[ PP à PV – Les Allemands quant à eux ne sont pas guéris du traumatisme de leur écrasement à l'Est en 1945 : ils s'étaient alors jetés dans les bras des Américains. Cette "scène originelle" est le fond subliminal de leur attitude actuelle. Ils relaient donc la propagande anti-russe de Washington, dont l'objectif (par habitude) est de maintenir le Vieux Continent sous sujétion géostratégique US – même si Trump est incapable de cohérence, et si la géostratégie US regarde désormais vers l'Asie.
Le drame est que la classe politique européenne est complice de ça : sous prétexte officiel de "péril russe", mais pour des raisons réelles d'affinités financières Bruxelles-Washington.]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2020

à Patrice :

> Dans le film 'La chute' ('Der Untergang'), on voit Goebbels suggérer à l'état-major de se rendre aux Américains, puis on apprend qu'Himmler projetait de rencontrer Eisenhower pour lui proposer de lutter conjointement contre les Soviétiques (et ne sachant pas s'il devait le saluer militairement ou à la manière nazie).
Options toutes rejetées par Hitler : on voit le dictateur fou de rage à l'annonce de la rencontre entre ce même Himmler et le comte Bernadotte à Lübeck fin avril 1945.
La peur des Russes ressort très nettement dans le film : c'est aux Américains que les plus hauts gradés de l'Allemagne hitlérienne souhaitaient se rendre.
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/06/2020

SLAVES ET ALLEMANDS

> C'est aux Américains que les hauts gradés de l'Allemagne hitlérienne voulaient se rendre. Cela tombe sous le sens. Etant donnée la doctrine nazie assimilant les Slaves à des sous-hommes, et les traitements qui leur ont été infligés in situ ou dans les camps, vouloir se rendre à un Russe, c'était jouer à la roulette russe avec plusieurs balles dans le barillet. Il faut vraiment une très grande élévation d'âme pour ne pas saisir l'occasion de la vengeance aveugle dans ces situations-là.
______

Écrit par : Bernadette / | 10/06/2020

ÉVANGÉLIQUES CONTRE TRUMP

> Je ne sais pas si cela vous intéressera, mais j'ai découvert que certains prédicateurs évangéliques américains appellent à ne pas voter Trump. Un ouvrage vient même de sortir en juin: "The spiritual danger of Donald Trump".
Lien sur un article de Rob Schenck: https://www.revrobschenck.com/blog/2020/2/17/why-i-will-not-vote-for-donald-trump
Du même auteur: https://www.revrobschenck.com/blog/2020/6/2/the-president-walks-to-church
______

Écrit par : ND / | 16/06/2020

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.