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15/05/2020

Macron converti à la "souveraineté" face aux "marchés" ? Bienvenue au Pays Imaginaire !

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Le Pays Imaginaire de Peter Pan se nomme en anglais Neverland : le pays du Jamais. Ou de l'En-même-temps, dans le langage elfique de M. Macron... C'est dans ce langage que notre président jeune-pour-toujours interprète ces jours-ci un rôle de barde souverainiste emprunté à l'Heroic Fantasy :


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Le Pays Imaginaire

 

Le show recommence. Perpétuellement dans le coup d'après et l'en-même-temps, le toujours jeune Emmanuel Macron se dit maintenant capable de sanctuariser ("extraire des marchés") ce qui relève du "bien public mondial" : autrement dit, de défier le free market mondialisé. Et cela dans le nouveau domaine où les marchés voient un gisement de profit sans limite : la biotechnologie et la santé ! On connaît l'incident du 13 mai : le patron britannique de Sanofi, Paul Hudson, a eu la maladresse ou l'arrogance de dire que s'il découvre un vaccin contre le Covid-19, Sanofi (laboratoire "français") le fournira en priorité au marché américain. L'Elysée a fait alors savoir que cet aveu de M. Hudson avait "ému" le président et que le futur vaccin, bien public par destination, devra être – aussitôt – mis à la disposition de la totalité du public mondial. 

S'envolant vers le Pays Imaginaire, M. Macron a ensuite ajouté : "Notre souveraineté nationale et notre autonomie européenne exigent de revoir en profondeur le logiciel de l'Europe et le court-termisme des marchés..." Il oublie : 1. qu'il est lui-même corseté par son allégeance au libre-échangisme global, ce qui l'empêche de peser pour une réforme radicale "des marchés" ; 2. que l'Union européenne issue du traité de Maastricht (donc structurellement libre-échangiste et ultralibérale) n'a pas de volonté politique, ne veut pas en avoir, et se fracturera plutôt que de faire évoluer son économie vers une forme de géo-souveraineté collective. Lorsque l'UE s'énerve momentanément contre les GAFAM, ce n'est qu'au nom de la "libre concurrence" ! Si l'on veut "changer le logiciel", il faudrait enterrer Maastricht pour faire tout autre chose. Paris est présentement incapable de se lancer dans cette aventure ; La Haye, Berlin ou Varsovie ne l'envisageraient même pas.

M. Macron devrait d'ailleurs commencer par balayer devant sa porte. Le 13 mai, 'Reclaim Finance' et Les Amis de la Terre (France) ont publié un rapport dénonçant le rôle majeur des banques et des investisseurs français dans le soutien financier au pétrole et gaz de schiste US : industrie ravageuse sur le plan environnemental et sanitaire, et arme fatale de la géopolitique de Washington !

Depuis 2016, souligne ce rapport, "la Société Générale, le Crédit Agricole, BNP Paribas et le groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) ont accordé 24 milliards d’euros de financement à la production, au transport et à l’exportation de pétrole et gaz de schistes nord-américains... La Société Générale arrive de très loin en tête, ayant à elle seule financé le secteur pour près de 11 milliards d’euros depuis 2016... Axa, Crédit Agricole et Rothschild & Co totalisent 12 milliards d’euros d’investissements en actions et en obligations [dans le gaz de schiste US] : dix investisseurs français concentrent ainsi 96 % des investissements français dans ces entreprises." 

Le rapport ajoute que "BPCE, AXA et Rothschild ont acheté des millions d’actions des entreprises en déroute de ce secteur [américain] entre janvier et mars 2020, misant probablement sur un sauvetage futur, au détriment des populations et du climat". 

"Au moment où cette industrie paraît au bord de la faillite et où l’urgence climatique exige une action immédiate, il serait complètement irresponsable que la finance française continue à miser sur son sauvetage et la reprise de son développement sauvage", concluent les deux ONG : elles appellent donc l'Elysée à contraindre "les banques, assureurs et investisseurs à mettre un terme à leurs soutiens à ce secteur". On va voir si M. Macron, prié de bien vouloir sévir concrètement envers des puissances financières, se sent toujours aussi "Peter Pan contre Captain Hook".

 

 

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Commentaires

LE MAIRE

> J'apprécie beaucoup l'humour (ce n'est pas ironique).
Et on imagine bien Bruno Le Maire en Premier ministre dans cette ambiance : il a toujours la phrase qu'il faut pour "enchanter le monde" mais il ne me donne aucune envie d'être enchanté par lui.
"Chante la Vie", "Danse la vie". La dernière séquence va nous coûter 200 milliards. Mais nous Français sommes les meilleurs !
Chante la vie, danse la vie !!
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Écrit par : Olivier le Pivain / | 16/05/2020

"COMÉDIEN"

> En bon comédien, il poursuit le jeu de sa comédie. Plein d'opportunités sont en cours, ce serait le moment de renverser la table, il ne le fera pas. Il est tenu. Son discours européen est toujours là. Et pourtant, il lui suffirait de le demander aux Français. Pour ou contre UE.
Il ne veut pas sortir de sa zone de confort. S'il voulait répliquer et être un vrai chef d'Etat où il gagnerait la partie, ce serait de dire : "Nous sortons de l'UE et voilà ce que nous allons faire et comment nous allons le faire et ce que cela apportera à notre pays."
C'est maintenant que se prend la décision.
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Écrit par : Alain De Vos / | 16/05/2020

À Olivier Le Pivain

> vous devriez "penser printemps".
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Écrit par : E Levavasseur / | 16/05/2020

"TOILE D'ARAIGNÉE"

> Faire sortir la France de l'Europe ? C'est ce qu'il ferait s'il était un vrai chef d'Etat. Peut-être en aurait-il des velléités, je ne le pense pas absolument sans cœur. Mais il n'est pas libre, ce n'est pas au peuple qu'il a des comptes à rendre, mais à ceux qui l'ont porté financièrement là où il est actuellement et qu'il n'a pas intérêt à décevoir. Il se pensait devenir puissant, il n'est qu'une mouche dans une toile d'araignée patiemment tissée.
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Écrit par : Bernadette / | 16/05/2020

MESSAGE IMPORTANT DE L'ÉVÊQUE DE CHARTRES

> Message de Mgr Christory, évêque de Chartres.

"Laudato Si du pape François -
Méditation sur l’écologie intégrale :
la racine humaine de la crise écologique"

« Chers amis et diocésains d’Eure & Loir,
Toute activité humaine a un impact plus large que ce pour quoi elle agit ou produit. Par exemple, les entreprises fabriquent des millions de masques quotidiennement pour nous protéger, mais ces masques sont jetés parfois à terre au grand dam des employés municipaux qui craignent le virus. Tout progrès humain ou toute technique nouvelle ne peut s’exonérer d’étudier les effets collatéraux de sa production.
Dans le chapitre troisième de son encyclique 'Laudato Si' que nous lisons ensemble ces jours pour nous préparer au cinquième anniversaire de sa parution - le 24 mai -, le pape François aborde un sujet complexe car philosophique « la Racine humaine de la crise écologique ».
Pour faire une comparaison avec un fait très actuel pour le diocèse, si vous construisez une maison, il importe de vérifier que le sol en dessous soit sain et solide, pour éviter ce qui nous arrive en plein centre de Chartres, rue du Cheval Blanc, avec un effondrement des caves médiévales probablement dégradées par des fuites d’eau depuis les égouts. Le Saint Père concentre son propos sur le « paradigme technocratique dominant ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Dans les sciences, un paradigme désigne un modèle fondé sur des principes et des méthodes partagés par la communauté scientifique, qui a valeur de croyance voire de théorème, d’où sa valeur universelle pour l’ensemble des personnes. Dans le passé, nous n’avions jamais eu une telle préséance de la technique. Aujourd’hui elle est tellement dominante, notamment via l’incontournable réseau Internet, que penser une autre culture est vu comme vouloir une contre-culture dont les petits bras seront incapables de contrer la logique de fer de la technique dominante...»

Il m’est bien entendu difficile de résumer les pages denses du texte que je vous invite à lire tellement il est éclairant sur ce que nous vivons. Un petit virus a bouleversé tout le système économique et technique, mais ce dernier est puissant et cherche à retomber sur ses pieds, comme un sumo déséquilibré un bref instant, pour redonner le plus vite possible à l’organisation technique son pouvoir, pouvoir qui grandit d’autant que la crise permet de l’augmenter par la surveillance et le traçage des citoyens au nom de la sécurité.
Le pape reconnait que la technique apporte depuis des siècles beaucoup d’éléments positifs à la vie des hommes et cela dans de nombreux domaines de compétences qu’il serait trop long de citer. La dureté du travail a été modérée par les machines. Les moyens de transport permettent à chacun la découverte du monde. Les sciences et les techniques médicales sont extraordinaires pour sauver des personnes malades...

Mais ce pouvoir croissant, d’une part met la main sur toutes les facettes de la vie humaine, comme la nouvelle et séduisante domotique qui gérera la maison et tous les appareils connectés, et d’autre part donne ce pouvoir à une très petite minorité de gens fort puissants puisque peu à peu ils savent tout sur la vie de tous, comme les GAFA. Le pape dit que « l’homme est nu, exposé à son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les éléments pour le contrôler ». (N° 105)
Par ailleurs cette technique prétend transformer le monde et s’est construite sur l’illusion que la planète pouvait indéfiniment répondre à ses exigences, or nous constatons l’effondrement des biotopes épuisés par l’abus de leur exploitation. On ment aux humains pour mieux faire du profit. Le marché doit aller de l’avant puisqu’il a la valeur de sa croissance financière, mais pas pour ce qu’il apporte d’essentiel à l’homme. Aussi produit-il une déshumanisation de la société entière, la rupture des modes de vie agricole ancestraux, la migration de survivance et toutes les graves dérives que l’on peut rassembler sous l’expression d’exploitation des êtres humains par des formes d’esclavage innovantes.
Face à ce paradigme technologique, pouvons-nous espérer une nouvelle culture respectueuse ?
Le pape redit plusieurs fois « tout est lié ». Une véritable écologie devra donc servir une authentique humanité faite de relations entre les hommes, avec soi-même, avec la nature et avec Dieu. C’est bien le Seigneur en effet qui a créé ce monde comme un bien voulu par son Amour et confié à la sagesse des hommes enseignés par l’Esprit Saint. Or le pape constate que « les gens ne semblent plus croire en un avenir heureux ». La société cherche à les distraire, favorisant une culture des loisirs, comme l’exprime actuellement la question grave de la réouverture des plages et des salles de cinéma qui semblent plus intéresser les médias que la réouverture des maisons de retraite où meurent d’isolement nos anciens. Tout est lié, aussi faudra-t-il un renouveau de l’anthropologie pour que l’être humain se découvre serviteur aimé de Celui qui lui confie le monde, invité à des relations humaines qui respectent chacun.
Il ne s’agit pas de créer un culte à la Terre, qui rejetterait l’homme et qui prônerait un bio-centrisme niant la place de l’homme pourtant responsable et apte à construire un chemin vers une meilleure vie pour tous. Comme tout se tient, le pape note que la voie de l’unité du projet écologique ne peut accepter l’avortement, l’euthanasie et les manipulations génétiques de l’embryon humain contraires au respect de l’être humain. L’écologie intégrale ne le sera que si nous recherchons le bien de tous et de toute partie de la création.
Sur ce chemin du renouveau écologique, il y a le travail de l’homme, qui est un bien car il lui permet d’apporter sa part de créativité, d’énergie et de service. Une société humaine sans travail se retournerait contre l’homme qui subirait la puissance de la technique et tomberait dans l’oisiveté désespérante. Le travail est aussi l’espace de la vie sociale où les hommes s’associent pour produire les biens essentiels à cette vie renouvelée. La richesse à rechercher n’est pas le gain financier mais l’apport social et le bonheur de chacun. En ce sens, le travail, qui n’est pas que l’emploi rémunéré puisque de très nombreuses personnes travaillent sans salaire telles les femmes et même parfois des hommes dits « au foyer », ce travail devrait inclure la gratuité et la contemplation.

Nous avons par notre foi le don de l’Espérance. Mère Teresa disait qu’il ne fallait jamais céder un pouce de terrain au désespoir, car c’est l’arme du démon. Eclairé par la Parole de Dieu, dans la puissance de la louange aussi pour les créatures et notre soeur la Terre, j’invite chacun à réfléchir à sa part dans ce projet culturel nouveau, à ses relations dans les quatre directions cités, à sa consommation des biens. Comment agissons-nous dans le milieu humain et naturel qui nous entoure ? Comment nos choix favorisent une meilleure écologie ? Comment nos achats servent et respectent la création ? Faut-il continuer à vivre comme « d’habitude » ou est-ce que l’expérience de ce confinement nous a appris une autre voie ? En quel lieu puis-je réfléchir sur cela avec d’autres personnes ?

Il est temps de forger un nouveau paradigme culturel éclairé de spiritualité et soutenu par la Parole de l’Evangile. La Vierge Marie a changé totalement de vie par son simple fiat à l’invitation de l’ange. Elle s’est offerte pour un projet nouveau qui l’a dépassée, qui l’a menacée et qui l’a bouleversée mais qui serait celui que Dieu lui proposait. Et elle avait en elle un coeur assuré que cet appel était plus grand pour elle comme pour son peuple que ce qu’elle avait peu échafauder dans ses rêves et ses raisonnements de jeune femme juive. Aussi, s’est-elle offerte intégralement. Puisse-t-elle nous inspirer un grand élan et un courage fidèle pour que nous sachions dire à Jésus : "me voici". »
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Écrit par : isabelle / | 17/05/2020

LES GERMANIQUES PRÊTS À QUITTER L'EURO ?

> https://www.youtube.com/watch?v=R2uLbCe-D-8
Gaël Giraud, s.j. a été auditionné il y a quelques jours par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Excellente prestation, comme à l’accoutumée.
Interrogé par une sénatrice sur l’avenir du couple franco-allemand, le jésuite fit une confidence pour le moins atterrante. À [1:25:00], le P. Giraud révéla qu’il y existe « un plan de sortie de la zone euro par les pays du nord », ce plan non officiel ayant été concocté par les banques centrales d’Allemagne, d’Autriche, des Pays-Bas et de Finlande pour instaurer une « zone euro nord, qui [serait] en fait une zone mark étendue pour le cas où ça chaufferait trop au sein de la zone euro avec les pays du sud ». Interrogé sur l’opportunité pour la France de rejoindre une telle zone, le jésuite fut très clair : « il ne faudrait surtout pas y aller ; il faudrait en ce cas prendre la tête d’une zone euro sud, plutôt que de devenir les Grecs de la zone nord ».
Réponse pertinente en effet, mais qui ne serait probablement pas celle retenue par Bercy, comme le religieux le souligne également.
Et le P. Giraud de conclure : « il ne faut pas être naïf. Nos voisins allemands sont prêts à mettre fin au projet fédérateur européen si leurs intérêts immédiats étaient trop menacés par la crise avec les pays du sud ».
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 18/05/2020

L'ÉNIGME MACRON

> Personne ne sait (sauf peut-être son épouse ? ) qui est vraiment M. Macron. Ce qui est certain : c'est un esprit supérieur, très représentatif de l'inspection générale des finances (en tout cas des inspecteurs que j'ai pu croiser). Capable à mon sens d'une grande profondeur d'analyse... voire d'une grande profondeur tout court, y compris même peut-être spirituelle. Avec le risque d'être fasciné par sa propre intelligence et de ne plus écouter que lui-même.
Je pense qu'il est totalement conscient d'être un (relativement) jeune représentant de l'ancien monde, et qu'il ne pourra certainement pas "renverser la table". Ses derniers discours sont remplis de messages subliminaux, je trouve. Souhaite-t-il (consciemment ou non), en cristallisant la colère du peuple sur sa personne, et tout en défendant l'ancien système avec énergie et talent, provoquer une accélération de l'Histoire à partir de laquelle tout est possible, le meilleur comme le pire ? Un Jaruzelski en version néo-libérale ?
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Écrit par : Feld / | 19/05/2020

@ Feld

> Macron, esprit supérieur ? d'une grande profondeur ? Peut-on le croire encore aujourd'hui ? J'étais prêt à le croire lors de son premier grand discours face au Congrès qu'il avait réuni à Versailles, discours que j'ai écouté intégralement. Or il n'y avait aucun fond, aucune idée, aucune trace d'esprit ou de profondeur. Un travail correct d'étudiant en première année d'université : "bien écrit mais sans idée originale".
Dans ses discours, ce "puceau de la pensée", comme dit Emmanuel Todd, se contente de récupérer des lieux communs qu'il essaye de tordre à son avantage mais auxquels il ne croit manifestement pas : écologie, spiritualité, "jours heureux", patriotisme, résistance.
De Gaulle, Obama, Poutine, et même Chirac ou Mitterrand étaient capables de faire des discours qui semblaient, au moins, avoir de l'esprit et de la profondeur, mais de lui je n'ai jamais senti ça.
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Écrit par : Guadet / | 19/05/2020

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