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10/05/2020

“Quelle part prendrons-nous à la reconstruction relationnelle de la nation ? Quelle place ferons-nous aux situations de pauvreté qui vont surgir de la crise ?"

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Questions à se poser entre catholiques ! Le P. Christian Chanliau, canoniste au diocèse de Montpellier, ‘promoteur de justice’ inter-diocésain pour le Languedoc-Roussillon après avoir été aumônier militaire puis prêtre en paroisse, nous communique cette réflexion cruciale via ma page Facebook : 


 

catholicisme<<   De nombreux prêtres, dont je suis, ont pris conscience ces dernières semaines, que l'Eglise d'avant le confinement avait vécu. Il y a donc une autre Eglise à inventer et à vivre. Quelle part prendrons-nous à la reconstruction relationnelle de la nation ? Quelle place ferons-nous aux situations de pauvreté qui vont surgir de la crise économique ? En fait, quel sera notre regard en interrogeant "le sacrement du frère" ? L'Eglise a tout à gagner si elle se laisse mener là où avant le confinement elle ne voulait pas aller.

À partir de cela nous devrons nous poser la question de ce qu'est l'Eucharistie dominicale. Comment Jésus pourrait-il rejoindre sacramentellement l'Eglise rassemblée si elle n'a pas vécu un enfouissement dans le monde des pauvretés actuelles et si elle n'a pas rejoint l'homme d'aujourd'hui en souffrance de transcendance ? Quelle sera la Vérité de nos messes ?

Le confinement a créé le désir sacramentel, et je m'en réjouis, mais il ne doit pas en rester là. Demain l'Eglise rassemblée pour rompre le pain devra être avant tout celle du partage, à la manière des actes des apôtres. Il faudra revenir aux fondamentaux, relire et vivre le concile Vatican II, en particulier Gaudium et Spes et Ad gentes : car c'est bien une Eglise "ad gentes" [*] qu'il faudra commencer à fonder dès la Pentecôte… >>

 

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[*]  "Ad gentes" au sens de : "vers les gens" (les populations, massivement incroyantes). L'autre sens français de "gentes"  ("nations", "peuples") n'est pas concerné ici.

 

 

 

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Commentaires

> L'enfouissement n'est pas un confinement.
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Écrit par : B.H. / | 10/05/2020

ET LES ÉVÊQUES ?

> « De nombreux prêtres, dont je suis, ont pris conscience, ces dernières semaines, que l'Eglise d'avant le confinement avait vécu » dit le Père Chanliau.
Merci aux prêtres qui se montrent désireux de s'engager, comme il le demande, "ad gentes" et donc sans souci premier des "clientèles"…
Il reste que sur ce thème de la "prise de conscience" et de la capacité des chrétiens que nous sommes à prendre en compte les "pauvretés actuelles" – dans le cadre, cela va sans dire, de "l'hôpital (l'hospitalité ?) de campagne" souhaité par le pape François –, c'est surtout les évêques de notre douce - pardon - rude France qu'il faudra entendre. A condition qu'ils soient sur cette question les hommes d'une Parole et d'un Chemin (Vérité et Vie) capables de s'exprimer d'une seule et même voix – ce qui n'est pas gagné vu la cacophonie des derniers jours sur la sortie du confinement.
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Écrit par : Denis / | 10/05/2020

BRAVO

> Bravo et merci Père Chanliau ! C'est ça qu'il faut dire aux catholiques français pour qu'ils restent ou redeviennent des chrétiens, ouverts au Christ de l'Evangile et non repliés sur leurs peurs réelles ou imaginaires.
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Écrit par : Jean Cotard / | 10/05/2020

CE QU'IL FAUDRAIT FAIRE

> Je me réjouis fort de ce genre de bonne résolution. Il y a tant de domaines où l'Eglise pourrait mieux faire ! Personnellement, vivant dans une grande ville de province éloignée de Paris, je déplore que nous soyons laissés trop souvent à nous-mêmes. Jamais une haute personnalité catholique, responsable ou brillant intellectuel, ne vient nous rendre visite le temps d'une conférence. Même notre évêque, le remarquable Mgr Laurent Dognin, ne nous fait pas souvent le cadeau de sa belle présence et de ses si agréables prêches. Et puis, on attend un jour votre venue, cher Patrice de Plunkett...
Je ferais une comparaison avec la franc-maçonnerie : c'est fréquemment que nous recevons la visite du grand maître de telle ou telle obédience, qui vient défendre sa spiritualité. Chez les catholiques, rien de tel. Certes, les prélats du cru que nous avons (tel le P. Mazéas) sont intéressants, mais on aimerait davantage de variété ! La venue de sommités aurait un retentissement important. On déplore une désaffection des fidèles : ne faudrait-il pas faire un effort militant ? Voilà une bonne résolution à prendre.
D'autre part, pour conclure, je dirais que l'Eglise se centre trop souvent à mon avis sur la jeunesse, oubliant les autres catégories d'âge. Ce jeunisme, si excessif, a le don de m'agacer. C'est bien, et même un devoir nécessaire, de s'adresser aux jeunes et de parfaire leur éducation spirituelle. Mais, du coup, je me sens exclu...
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Écrit par : Bégand / | 10/05/2020

LA RUPTURE NÉCESSAIRE

> Beaucoup parlent des changements à apporter après l'épidémie. Mais on sera bien obligé de se rendre compte que rien ne peut changer, sauf à empirer, si on ne rompt pas avec l'idéologie libérale capitaliste individualiste qui a imprégné toute notre époque. L'expérience nous rendrait plutôt pessimistes mais, si l'Église relève le défi lancé par le P. Christian Chanliau, à la suite du pape François, elle pourra vraiment apparaitre à tous comme porteuse de bonne nouvelle pour un vrai changement en profondeur.
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Écrit par : Guadet / | 10/05/2020

QUI SONT CES GENS

> https://www.renaissancecatholique.org/le-grand-declassement/
Qui sont les gens de ‘Renaissance catholique’ ? À première vue, ils ne sont pas FSSPX mais à les lire, on croirait entendre Lefebvre : « l’Église, depuis le concile Vatican II, a souhaité être réduite au droit commun. Plus de privilèges ! L’Église libre dans l’État libre ! Nous vivons les ultimes conséquences de cet aggiornamento. » L’auteur propose pour faire pression sur le gouvernement... « la sonnerie du glas, chaque jour, dans toutes les églises de France, à une heure donnée » ! Contrairement au P. Chanliau, il suggère un véritable retour en arrière : « il faudra rebâtir et, sans doute, renouer avec l’esprit des pratiques et des méthodes qui avaient permis à notre pays de devenir la ‘fille aînée de l’Église’ ».
Une vision très passéiste de la réalité ecclésiale : si, effectivement, « le catholicisme sociologique, qui par son poids démographique, assurait, d’une certaine manière, la protection de l’Église confrontée à une laïcité de combat, n’existe quasiment plus », il n’est pas certain que l’Église du Christ puisse se contenter d’une masse de chrétiens d’habitude : on imagine ce que cela donnerait pendant la messe à l’heure du portable omniprésent.
Très critiquable, enfin, est le lien suggéré entre la crise sanitaire actuelle et la Révolution : « pour la première fois depuis la Terreur et la Révolution française les catholiques de France, en cette année 2020, auront été privés de la participation à la messe ». À ceci près que sous la Terreur, la guillotine fonctionnait à plein régime ; en 2020, les commissaires de police présentent leurs excuses aux curés pour les incursions policières en pleine messe. Il faut savoir raison garder.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/05/2020

AU-DELÀ DES PEURS

> Peurs réelles ou imaginaires, peu importe. Le Christ nous appelle à marcher au-delà de nos peurs. Les Apôtres aussi avaient peur. Mais confiants dans le Seigneur ils sont allés là où aucun de nous ne peut aller par ses propres forces.
Finalement, nous avons une chance inouïe de vivre en notre époque, qui est bien plus semblable à celle des débuts de l'Eglise que nous ne pouvons l'imaginer. Le Seigneur nous fait confiance pour une tâche vraiment importante, que bien sûr nous ne pourrons remplir qu'en nous mettant sous la direction de l'Esprit.
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Écrit par : Bernadette / | 11/05/2020

@ Philippe de Visieux

> Si vous me le permettez, ne vous préoccupez pas de ça, sauf si vous entreprenez un dialogue avec eux pour les amener à comprendre leur erreur; dans ce seul cas oui, il est important de savoir ce qu'ils disent.
Mais si nous conseillons de ne pas se focaliser sur la peur mais de se tourner vers Dieu, ne nous focalisons pas sur les peurs de ces gens.
Inconsciemment il y a là une certaine manière de se repaître des erreurs d'autrui et de pontifier.
Car en plus on peut facilement tomber dans la comparaison auto satisfaisante : "comme ils sont bêtes et comme je suis intelligent !"
Cher ami, si je vous dis cela ce n'est pas pour faire la leçon mais pour vous faire profiter de mon expérience car moi aussi j'ai fait cette erreur. Ne m'en veuillez pas surtout.
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Écrit par : E Levavasseur / | 12/05/2020

à Eric Levavasseur

> Permettez-moi de ne pas être de votre avis. J'en connais bien quelques-uns. Je sais qu'il y a très peu de chances de les convertir. Il faut parler quand même de ce qu'ils racontent, mais c'est pour montrer aux gens que leurs idées ne sont pas bonnes. Sinon on les laisserait continuer à influencer des catholiques inquiets, et il y en a de plus en plus en France. C'est un vrai souci.
Je ne crois pas être "autosatisfaite" quand je dis cela.
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Écrit par : Geneviève Enaud / | 12/05/2020

@ G Enaud

> Vous avez parfaitement le droit de ne pas partager mon point de vue.
Pour ce qui est de la difficulté à leur parler, je m'attendais à cette remarque, elle revient toujours mais ce n'est pas une raison comme vous le savez.
C'est un milieu que je connais très bien, j'en connais beaucoup et j'ai moi-même été l'un deux pendant des années (mais avec une certaine distance toujours).
Cela me vaut aujourd'hui encore des regards soupçonneux par exemple si je parle de sortir des "catés-youpi" et des "messes-waouh" pour transmettre un peu plus ce que le Christ a enseigné et faire un peu moins de sentiments ?
Cela c'est quand le groupe de cathos "mainstream" autour de la table, lors d'une réunion de paroisse, n'ignore pas automatiquement mon avis au prétexte de mon passé.
Au début ça les intéresse parce que c'est nouveau pour eux, puis ils font le rapprochement parce que j'ai eu la bêtise de leur en parler, et à partir de là... c'est fini; alors que je ne faisais que rappeler, par exemple, que le Missel Romain est fait pour être suivi et que la messe n'est donc pas une succession d'initiatives personnelles continuelles destinées à obtenir le bien-être des paroissiens par leur épanouissement personnel avec Jésus comme vague prétexte.
Pour revenir aux gens dont parle Philippe de Viskeux, ils forment une périphérie susceptible et inquiète, qui exige un apostolat particulièrement patient et la connaissance de ses réflexes, de son mode de pensée, de son vocabulaire etc., patience et connaissances que je n'ai pas avec le catholicisme-Dorothée auquel je viens de faire allusion (youpi, waouh, sentimentalisme et américanisation, grande place pour la com, jeunisme).
Pour évangéliser les Cambodgiens il faut parler khmer et aimer les Cambodgiens ; pour ses périphéries-là, c'est la même chose, il faut connaître leurs us et coutumes et aimer ces gens.
Pour ce qui est d'exposer et démonter leurs arguments, (et quand je relis le commentaire de Philippe de Visieux, je vois que c'est d'ailleurs en gros ce qu'il fait mais rapidement), il faut le faire je pense dans des articles dédiés.
Un article dédié permet de se poser, de poser les arguments donc d'éviter les raccourcis auxquels condamne inévitablement le fil de la plume/du clavier.
Le but c'est selon saint Paul "le souci d'instruire" et l'écueil à éviter, comme dit précédemment, la comparaison flatteuse.
C'est un point de vigilance pas une fatalité.
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Écrit par : E Levavasseur / | 13/05/2020

à Éric Levavasseur :

> Cher Éric, merci pour votre commentaire. À vrai dire, ce qui me préoccupe le plus est la présence médiatique de voix soi-disant catholiques qui, au final, embrouillent le message de l'Église universelle. Je ne vise pas que les initiatives de l'ex-nonce Viganò, mais aussi les récentes tensions au sein de l'épiscopat, l'infiltration par différents groupes extrémistes, les vidéos lefebvristes proposées sur YouTube (par conséquent en concurrence directe avec celles de KTO ou de VaticanNews).
Pour nous qui sommes avertis, cela ne pose pas de difficultés, mais qu'en est-il des si nombreux hommes et femmes qui, éloignés de la foi, s'interrogent et tentent une première approche ? Quelle image reçoivent-ils de l'Église ? Comment évangéliser dans ces circonstances ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 13/05/2020

à Bégand :

> La question des visites pastorales m'a souvent intrigué. Dans beaucoup de diocèses, il semble que l'évêque soit peu visible de ses diocésains : la messe dominicale à la cathédrale n'est d'ailleurs pas toujours présidée par lui.
N'est-ce pas le rôle d'un évêque que de sillonner sans relâche les routes de son diocèse pour l'évangéliser à la saint Augustin, plutôt que de s'enfermer à l'évêché et d'y enchaîner réunion sur réunion ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/05/2020

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