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05/05/2020

“Une dynamique de discernement et de purification”

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Un article de la Nouvelle Revue théologique tombe à pic pour dissiper certaines polémiques (gratuites et parfois troubles) sur le confinement et la messe du dimanche :


Les échanges publics – sur ce blog, sur Facebook et ailleurs – confirment une difficulté des catholiques français : parvenir à résoudre la profonde divergence de réactions qui ressurgit depuis quelques années devant chaque nouveau problème de l’Eglise. Les synodes sur la famille (2014-2015) par exemple, ou le synode sur l’Amazonie (2019), nous ont vu nous diviser – et certains tomber sans motif dans la panique et les procès d’intention.

Leur fièvre fuse à nouveau maintenant. À propos du confinement sanitaire qui retarde le retour des messes du dimanche,  les accusations gratuites s’accumulent. À travers elles transparaît une mésentente sur le vrai sens de la vie en paroisse : les uns semblent croire que l’eucharistie hebdomadaire leur est due, et que le confinement est un complot contre eux et leurs “droits” [*] ; les autres ont écouté le pape et savent que dans une paroisse tout devrait être service ouvert sur le monde.

Je recommande donc la lecture, crayon en main, d’un article publié dans le numéro d’avril-juin de la Nouvelle Revue théologique  [**] par le P. Alphonse Borras, professeur émérite de droit canonique à l’UCLouvain. Cet article développe les thèmes d’une conférence du 28 septembre 2019 aux équipes pastorales du diocèse de Quimper et Léon.  C'est à lire in extenso ! En voici de brefs extraits :

<< [Les paroissiens] ont à prendre soin les uns des autres, à se prendre en charge mutuellement pour être, devenir et rester chrétiens par l’écoute de l’Evangile, la célébration des sacrements et le témoignage commun au service de leurs frères et sœurs en humanité… La sollicitude partagée traduit tôt ou tard une fraternité à laquelle aspire l’humanité. Cette sollicitude est de près ou de loin (œuvre de) miséricorde. >>

<< La prise en charge pastorale est pour tous. Elle est pour tous les fidèles, et même, bien au-delà, pour tous les êtres humains. Elle est pour le tout-venant, pour “quiconque”… >>

<< La paroisse ne peut plus se perpétuer comme si elle était encore dans une société stable en rapport au temps et à l’espace, […] sous l’autorité de traditions largement reçues par la plupart des citoyens, etc. […] La réflexion sur les reconfigurations paroissiales doit être portée par le peuple de Dieu, dans une perspective missionnaire de communication de l’Evangile et non de reconquista d’un monde (dé)passé.  Le contexte de postmodernité accélérée nous interpelle sur la communication de la Bonne Nouvelle pour rendre ce monde plus fraternel, lui offrir des raisons d’espérer et lui faire goûter la joie de rencontrer un Dieu venu partager notre condition humaine pour que nous prenions part à sa divinité. >>

<< Aussi convient-il de parler de la mission en termes de rencontre, […] avec une attention aux besoins des gens ainsi qu’à la capillarité de l’évangélisation portée par le peuple de Dieu dans son ensemble, par tous les fidèles… Cela renvoie à la nécessité de “sortir” […] – tout le contraire de porter un regard narcissique sur l’Eglise ! […] Cela requiert en tout cas de ne plus faire de sa propre survie la principale valeur de son engagement…. >>

<< Il revient à tous les baptisés de mettre l’Eglise en mouvement de sortie de soi et d’engagement envers les pauvres (cf ‘Evangelii gaudium’ 97). Dans cette perspective résolument missionnaire, ils contribueront à la reformatio de l’Eglise qui l’entraîne à se “conformer” à la forma Christi dans une dynamique de discernement et de purification de ce qui la “déforme” (cf ‘Evangelii gaudium’ 30). Cette conversion ecclésiale voulue par le dernier concile s’impose par fidélité au Christ. >>

 

►  Nouvelle Revue théologique :  www.nrt.be / CLD-NRT 14 rue de l'Eglise, 16120 Châteauneuf-sur-Charente

 

__________

[*] Selon la sociologue D. Hervieu-Léger, la pression sociale actuelle suscite souvent, par contrecoup, un “catholicisme de ghetto” pour des catholiques “qui vivent difficilement leur effondrement numérique, l’effacement de l’encadrement moral du clergé, la disqualification socio-culturelle liée à l’exculturation de la foi”, souligne le P. Borras.

 

 

 

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Commentaires

L'ARTICLE

> Belle réflexion du P. Borras sur la postmodernité. On ne peut pas fonder une civilisation sur la crise permanente : crise morale, crise sociale, crise écologique, et donc en ce moment crise sanitaire. Revenir au Logos johannique permettrait de nous ressourcer, voilà ce que j'aimerais lire sous la plume du P. Borras. Je vais lire son article, si je peux me procurer cette revue et si elle n'est pas trop chère, pour voir s'il va jusqu'au bout de ces admirables prémisses.
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Écrit par : Bégand / | 05/05/2020

"TECHNOLOGIE"

> Tout aussi navrant que les grincements des "coincés" salafisto-pharisiens en loden (bien que je trouve ce vêtement élégant), il y a aussi le catho-béat devant la technologie méga-géniale qui fait des e-louanges (avant l'e-péro), des e-chaînes de prière, qui nous annonce que "#lesfidèlessontsuperinventifsaveclesnouvellestechnologies", .. Alors que notre foi est celle de l'Incarnation pas celle du virtuel (j'ai hésité à mettre une majuscule à ce mot tant "l'opinion publique" tend à en faire son nouveau totem)...

PS: sans ne jamais rappeler non plus le coût écologique de ces "prouesses techniques".
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Écrit par : Raphaël R. / | 05/05/2020

LE P. BORRAS

> https://www.youtube.com/watch?v=fTI2x57Xve0
Dans le prolongement de cet article, on pourra écouter cette émission dans laquelle le P. Borras était intervenu sur le thème du sacerdoce, en particulier dans le contexte actuel.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/05/2020

"RIEN COMPRIS"

> "des catholiques “qui vivent difficilement leur effondrement numérique, (...) la disqualification socio-culturelle liée à l’exculturation de la foi”, souligne le P. Borras.
Rien compris. Qu'est-ce que tout cela veut bien dire ?

Fil


[ PP à FIl :
1. que le nombre de catholiques pratiquants dans l'Hexagone est tombé très bas, que les milieux catholiques ne donnent presque plus de vocations aux séminaires diocésains qui doivent fermer les uns après les autres, mais que beaucoup ne se l'avouent pas et refoulent cette réalité : d'où le malaise, les fantasmes et les accusations gratuites contre des boucs émissaires ;
2. que la foi chrétienne ne fait plus partie des références ambiantes de notre société. Ajoutons que cette "ex-culturation" s'est installée après que le l'hyper-individualisme relativiste lié au consumérisme, c'est-à-dire au système économique, est devenu la norme de cette société et son seul horizon.
Ce n'est pas difficile à comprendre. Pour pouvoir le nier, il faudrait vivre dans un monde imaginaire... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Fil / | 06/05/2020

SURPRENANT

> https://fr.aleteia.org/2020/05/04/christophe-castaner-donne-sa-propre-definition-de-la-priere/
Le site Aleteia peut parfois surprendre... À propos de la déclaration du ministre de l’Intérieur, l’article souligne « une vraie question sur l’ingérence de l’État dans la vie de l’Église » en critiquant M. Castaner « car on aurait beau prier de toutes ses forces, le corps du Christ n’est pas donné dans une pochette surprise à la caisse du supermarché du coin », concluant en faisant mention de saint Jean-Paul II « qui avait connu deux totalitarismes ».
Mme de Robien aurait sans doute pu se montrer davantage mesurée : il n’y a pas eu d’ingérence de l’État dans la vie de l’Église mais uniquement exercice par le premier de la police des cultes en vue du maintien de l’ordre public, compte tenu de la crise sanitaire que vit le pays.
Faire un lien, si ténu soit-il, avec les régimes nazi et communiste relève de la mauvaise foi ; se plaindre d’un ministre qui aurait donné « sa propre définition de la prière » alors que celle-ci ne contient rien de théologiquement condamnable est tout aussi gratuit et, au final, décevant de la part d’un site dont le nom pourrait laisser penser qu’il nous conduit vers la vérité.

PV


[ PP à PV – L'outrance mal informée (parfois peu éclairée) marque trop souvent certains commentaires cathos depuis 2013. Ce glissement du vocabulaire les rend perméables à la propagande d'officines mal intentionnées : en ce oment c'est la TFP qui orchestre la campagne "la messe tout de suite", sournoisement dirigée contre les évêques sans que les cathos abusés s'en rendent compte. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/05/2020

SUR LE COMMENTAIRE DE L'ARTICLE

[" PP à FIl :
1. que le nombre de catholiques pratiquants dans l'Hexagone est tombé très bas, que les milieux catholiques ne donnent presque plus de vocations aux séminaires diocésains qui doivent fermer les uns après les autres, mais que beaucoup ne se l'avouent pas et refoulent cette réalité : d'où le malaise, les fantasmes et les accusations gratuites contre des boucs émissaires ;
2. que la foi chrétienne ne fait plus partie des références ambiantes de notre société. Ajoutons que cette "ex-culturation" s'est installée après que le l'hyper-individualisme relativiste lié au consumérisme, c'est-à-dire au système économique, est devenu la norme de cette société et son seul horizon.
Ce n'est pas difficile à comprendre. Pour pouvoir le nier, il faudrait vivre dans un monde imaginaire..." ]

Merci, voilà qui est clair.
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Écrit par : Fil / | 06/05/2020

PAS SI SIMPLE

> Excellente analyse (selon moi) de François Huguenin (sur RCF ce matin)
"Reprise des cultes: le retour du vieux clivage progressistes / réactionnaires

par François Huguenin
Les récentes décisions du gouvernement pour la reprise des cultes ont fait réagir les catholiques: faut-il éviter les églises par charité, ou retrouver l'eucharistie qui est nécessaire?

L’impossibilité de retourner à la messe à partir du 11 mai a provoqué une protestation des évêques de France qui avaient pourtant proposé un plan très précis avec toutes les précautions sanitaires possibles. Or, voici que depuis une semaine, un débat faire rage entre catholiques : entre ceux qui reprochent aux évêques de France leur attitude et ceux qui les soutiennent.
Des deux côtés, certains arguments sont recevables. Il est évident que les religions, dans cette affaire, sont largement discriminées et pâtissent du fait que, pour nos gouvernants, les considérations spirituelles sont reléguées au dernier plan. D’un autre côté, il apparaît que ce jeûne communautaire et eucharistique peut permettre à chacun d’entre-nous de désirer plus ardemment l’essentiel et de retrouver d’autres manières de prier.
Il y a différentes sensibilités dans l’Église et l’on devrait pouvoir discuter posément des choses. Pour ma part, je me reconnais nettement dans la première position : l’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne, la prière communautaire est irremplaçable et le refus de nos politiques de prendre en compte la foi des personnes m’attriste.
Mais dans ce débat, les dérapages ne sont plus contrôlés. À gauche comme à droite, on pense avoir le monopole du bon christianisme. Du coup, on excommunie à coup de post Facebook ou de tweet assassin, redonnant vie au vieux clivage progressistes contre réactionnaires. Du côté progressiste, on a entendu que les évêques survaloriseraient l’eucharistie au détriment de la Parole de Dieu (comme s’il fallait choisir entre l’un et l’autre) et que ceux qui réclament la messe manqueraient de charité en risquant de contaminer leur prochain ! Et du côté réactionnaire, on s’est engouffré dans la brèche pour déclarer que les progressistes étaient décidément de faux chrétiens ne croyant pas vraiment à l’eucharistie, et pour crier à la persécution avec des saillies typiques d’un christianisme de forteresse assiégée.
En 1968, l’immense théologien Louis Bouyer, dans un essai décapant, au titre choc, "La décomposition du catholicisme", avait montré que progressistes et intégristes, comme il les nommait, étaient des frères siamois. Si nous voulons que, dans l’Église, demain ne soit pas comme hier, il nous faudra en finir avec ces postures mortifères par leur agressivité et leur prétention à posséder la vérité que nous ne pouvons qu’inlassablement chercher."

RR


[ PP à RR – La théorie est une bien belle chose. Mais développer la question de cours habituelle (avec rituel "rejet des extrêmes"), c'est esquiver le problème concret actuel : une campagne de bishop-bashing déguisée en revendication de la messe tout de suite. Pourquoi bishop-bashing ? Parce que la CEF, qu'on le veuille ou non, joue le jeu civique et sanitaire.
Et qu'on présente cela comme une attitude de démission...
Le "malaise des catholiques" – ou d'un certain milieu parmi les catholiques, gibier de toutes les agitations internes depuis 2013 – est instrumentalisé par ceux qui orchestrent cette campagne. Parmi lesquels la TFP elle-même, qui nous bombarde de mails cauteleux dont le message subliminal est : "Les évêques nous privent de la messe, tournez-vous vers nous et envoyez-nous vos signatures". C'est le coup des "filiales suppliques" qui recommence, avec cette fois la CEF comme cible au lieu du pape François.
Mais évidemment, l'esprit craintif d'un certain milieu catho donnera toujours raison à ceux qui noient le poisson (quel que soit le sujet) dans l'eau tiède du "ni progressisme ni intégrisme", même quand ce n'est pas du tout le sujet.]

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Écrit par : Raphaël R. / | 06/05/2020

CE QUI EÛT ÉTÉ VRAIMENT ANTI-CATHOLIQUE...

> Force est de reconnaître que ça continue à s'exciter. "La dernière interdiction du culte remonte à 1793", "La République française, (...) persécutrice de l'Eglise tout au long de son histoire"... peut-on lire ici ou là. Houla, on se calme... Et un minimum de décence, quand on connaît la situation de ceux qui sont VRAIMENT persécutés.
Cher Patrice, à 200% d'accord avec ce que vous écrivez sous le commentaire de Fil. La foi chrétienne ne fait plus partie des références ambiantes de notre société (contrairement à ce qui était le cas je dirais jusqu'à la fin des années 1980) et beaucoup ne veulent pas le voir. Encore moins en tirer les conséquences.
Autre facteur qui peut également jouer : une certaine rivalité mimétique avec l'islam (j'ai lu cette expression un jour sous la plume de Fabrice Hadjadj). On veut (se ?) prouver que le catholicisme , c'est, quelque part... l'islam en mieux. Et, partant, on adopte ses travers et on s'imprègne de ses catégories mentales. Communautarisme obsidional et attitude victimaire qui se veut conquérante. Avec le risque de n'arriver ... qu'à se rendre encore plus odieux aux 95 % de nos concitoyens qui pensent, peu ou prou, que le christianisme est un "boulet" hérité du passé. Et qui ne comprendraient pas que l'on prenne le risque de faire mourir des gens pour avoir le droit de manger un bout de pain le dimanche matin !
Je suis peiné de voir que des évêques sont entrés là-dedans (et pas toujours avec pondération...).
M... , du point de vue de l'ordre public stricto sensu, une messe c'est comme une pièce de théâtre ! Ni plus, ni moins. Des gens assis au coude à coude dans un lieu fermé, pour une heure ou plus. Rien d'antireligieux de la part de pouvoirs publics d'assimiler ceci à cela.
Une attitude vraiment anti-catholique (en semblant "caresser Versailles Rive gauche dans le sens du poil") eût été, justement, d'autoriser les messes dès la fin du confinement. Avec la certitude de pouvoir détourner la colère du peuple vers les "cathos" en cas de nouvelle vague du COVID (qu'un office eût été ou non le fait générateur d'un nouveau cluster... une population en colère n'a pas besoin de preuves tangibles pour assouvir sa haine). Et de discréditer l'Eglise encore un peu plus... "out" pour contrer les involutions à venir, que ce soit en termes de fondamentaux de l'existence humaine que de justice sociale...

Feld


[ PP à Feld – Très juste. Bravo. J'adhère entièrement : surtout au dernier argument, qui tape dans le mille.]

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Écrit par : Feld / | 07/05/2020

STÉPHANE BERN ET Ste THÉRÈSE

> "La foi chrétienne ne fait plus partie des références ambiantes de notre société", mais on peut espérer une ...effusion de l'Esprit Saint sur celle-ci. Après tout, pas plus improbable que ce que nous vivons actuellement...
Lundi soir, sur France 3, j'ai regardé un "Secrets d'Histoire" qui était un véritable chant d'amour de Stéphane Bern pour Sainte Thérèse de l'EJ :
https://www.france.tv/france-3/secrets-d-histoire/1420601-therese-la-petite-sainte-de-lisieux.html
Une telle émission - qui, pour ma part, m'a ému aux larmes- a forcément touché des gens hors "cathosphère"... en plus, Stéphane Bern y parle de la Présence réelle comme d'un réalité (et non pas en disant "comme le pensent/croient/disent les catholiques...")
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Écrit par : Feld / | 07/05/2020

PENTECÔTE

> Les catholiques qui, à la Pentecôte, pour ne pas risquer la contamination, préfèreront la messe télévisée (ou sur internet) à leur messe paroissiale "IRL" seront-ils en état de péché mortel ?
Ne riez pas : je me pose sérieusement la question !

Feld


[ PP à Feld – Ne vous la posez pas : elle n'a pas lieu d'être !]

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Écrit par : Feld / | 07/05/2020

à Patrice :

> La TFP (dont j'ignorais l'existence !) semble être extrêmement discrète quoique défendant une approche pour le moins incongrue de la doctrine chrétienne. Je viens de tomber sur cette plaquette dont le titre seul en dit long : "Inégalités justes et nécessaires - l’idéal catholique d’une société fraternelle, parce qu’harmonieusement inégalitaire".
http://tfp-france.org/wp-content/uploads/2013/10/Apercu-sur-les-inegalites-justes-et-necessaires.pdf
Sont-ils FSSPX ? Leur page d'accueil est très "Église de toujours" : Mgr Vigano y exhorte les prêtres à ne pas « permettre que la liberté de l’Église soit entravée ! ». Comment des évêques français pourraient-il tomber dans un panneau aussi gros ?

PV


[ PP à PV – Qualifiée de secte il y a dix ans par 'Famille chrétienne', la TFP est un groupe d'origine catholique fondé au Brésil autrefois par le Pr Plinio Correa da Oliveira et son épouse ("canonisée" par le groupe), dans un milieu de grands propriétaires terriens à la brésilienne auprès desquels Bolsonaro ferait figure de progressiste. Lié à la plus folle extrême droite ultra-réactionnaire locale et à des milieux nobiliaires occidentaux très... fatigués, la TFP s'est muée aujourd'hui en officine internationale d'agit-prop intégriste, beaucoup plus extrême que la FSSPX elle-même.
Elle s'est spécialisée dans la "récupération" des vagues de grande peur dont une partie des cathos français sont firands : cela prend régulièrement la forme de campagnes de courriers et de mails sur des sujets d'intérêt catholique (défense de l'école, droit à la vie, mariage gay, maintenant "droit à la messe"), campagnes dont le but est de récolter chaque fois des signatures.
Depuis 2013 son autre spécialisation est la pétition contre le pape François : les "respectueuses démarches" et autres "filiales suppliques" pour adjurer le pape de ne pas trahir le Christ, etc. Et ça marche chez les affolés, nombreux hélas en ce moment.
Savoir aussi que la TFP collabore avec certains instituts cléricaux en Italie et aux USA. Et que des livres anti-Vatican II recommandés par les sites ultras français sont écrits par un universitaire proche de la TFP. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 07/05/2020

LE P. DOMINIQUE DEGOUL s.j.

> https://www.jesuites.com/celebration-de-la-messe-quest-ce-qui-est-en-jeu/
Excellent article du P. Dominique Degoul, sj : "Personne ne meurt en cette vie de ne pas recevoir la communion. Personne ne sera damné dans l’autre monde parce qu’il lui a été impossible d’assister à la messe. Non, il n’est pas question de vie et de mort. Il est question de quelque chose de grave, mais c’est une autre chose que la vie et la mort, temporelle ou éternelle. Il faudrait mettre “l’Eucharistie au centre de sa vie” ? Je suis prêtre, religieux, je suis présent à la messe presque tous les jours depuis 15 ans, et c’est pour moi comme une évidence. Mais ce qui est au centre de ma vie, c’est le Christ, ce n’est pas la célébration : celle-ci est sacramentelle : signe de la grâce efficace. Elle n’est pas “le Christ”."

PV


[ PP à PV – Le P. Degoul a raison, ce qui n'étonne pas de lui ! Tous les signes, fussent-ils sacramentels, peuvent devenir idoles si l'on pose sur eux un regard idolâtre... au lieu de les voir pour ce qu'ils sont : des signes. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 07/05/2020

D'ACCORD

> Bravo Feld, je suis entièrement d'accord avec toi. Et j'en viens à me demander si certains "cathos" ne veulent pas vraiment servir de cibles pour justifier je ne sais quelles posture ou action plus ou moins violente qui serait injustifiable sans une victimisation (injustifiable auprès de leur public versaillais mais pas en tant que chrétien: se rappeler de la joue droite et de l'attitude du Christ au sanhédrin). Ce n'est pas nouveau, repensons à ce que des "chrétiens" ont fait à Corinthe ou Alexandrie au IVe/Ve s...
Il n'y a qu'a relire les actes des apôtres bon sang et on aura le chemin à suivre. Bien sûr, si l'on veut suivre le Christ et pas en faire un étendard de l'Occident, seule vraie civilisation (ou autre "France fille ainée"...).
Je ne sais plus quel grand saint répondait que la seule chose qu'il faut garder comme disciple du Christ si l'on a tout perdu est la prière. Je crois que c'est padre Pio mais je ne suis plus sur.
La relation intime, personnelle avec la Christ vivant est le coeur de toute vie chrétienne, à mon humble avis.
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Écrit par : VF / | 07/05/2020

@ Feld

> S'il en est une qui ne nous laisse pas tomber et trace son chemin au milieu des cathos tétanisés (Jean Vanier, P. Finet etc.), c'est bien la petite Thérèse. Après s'être occupée de l'équipe de tournage de cette émission (v. l'article de ‘Famille chrétienne’ - https://www.famillechretienne.fr/foi-chretienne/saints-et-temoins-de-la-foi/un-documentaire-secrets-d-histoire-exceptionnel-sur-sainte-therese-de-lisieux-273448 ) et sans doute du bon Stéphane Bern, elle aura certainement touché bien des cœurs de téléspectateurs.
Pour ceux qui s'interrogeraient sur l'extraordinaire rayonnement de la jeune carmélite, je me permets de rappeler l'acte-source – et résumé de toute sa vie consacrée – qui peut nous aider à le comprendre, dans la foi de l'Eglise : il s'agit bien sûr de son fameux Acte d'offrande à l'Amour miséricordieux (dont l'émission, sauf erreur de ma part, n'a pas parlé).
Sainte Thérèse le prononça il y a 125 ans tout juste (nous jubilerons donc dans un mois !), le dimanche 9 juin 1895, en la fête de la Sainte Trinité…
Le voici :
« Offrande de moi-même comme Victime d’Holocauste à l’Amour Miséricordieux du Bon Dieu
« Ô mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Eglise en sauvant les âmes qui sont sur la terre et (en) délivrant celles qui souffrent dans le purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma Sainteté.
« Puisque vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu’à travers la Face de Jésus et dans son Cœur brûlant d’Amour.
« Je vous offre encore tous les mérites des Saints (qui sont au Ciel et sur la terre) leurs actes d’Amour et ceux des Saints Anges ; enfin je vous offre, ô Bienheureuse Trinité ! l’Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma Mère chérie, c’est à elle que j’abandonne mon offrande la priant de vous la présenter.
« Son divin Fils, mon Epoux Bien-aimé, aux jours de sa vie mortelle, nous a dit : “Tout ce que vous demanderez à mon Père, en mon nom, il vous le donnera !” Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs ; je le sais, ô mon Dieu ! (plus vous voulez donner, plus vous faites désirer). Je sens en mon cœur des désirs immenses et c’est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah ! je ne puis recevoir la Sainte Communion aussi souvent que je le désire, mais, Seigneur, n’êtes-vous pas Tout-Puissant ?… Restez en moi, comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie…
« Je voudrais vous consoler de l’ingratitude des méchants et je vous supplie de m’ôter ma liberté de vous déplaire, si par faiblesse je tombe quelquefois qu’aussitôt votre Divin Regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même…
« Je vous remercie, ô mon Dieu ! de toutes les grâces que vous m’avez accordées, en particulier de m’avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C’est avec joie que je vous contemplerai au dernier jour portant le sceptre de la Croix ; puisque vous (avez) daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j’espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion…
« Après l’exil de la terre, j’espère aller jouir de vous dans la Patrie, mais je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour, dans l’unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Cœur Sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement.
« Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !…
« A vos yeux le temps n’est rien, un seul jour est comme mille ans, vous pouvez donc en un instant me préparer à paraître devant vous…
« Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m’offre comme victime d’holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu’ainsi je devienne Martyre de votre Amour ô mon Dieu !…
« Que ce martyre après m’avoir préparée à paraître devant vous me fasse enfin mourir et que mon âme s’élance sans retard dans l’éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour…
« Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon cœur vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu’à ce que les ombres s’étant évanouies je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Eternel !… 
Marie, Françoise, Thérèse de l’Enfant Jésus, de la Sainte Face – rel. carm. ind.
Fête de la Très Sainte Trinité, le 9 juin de l’an de grâce 1895. »
______

Écrit par : Denis / | 07/05/2020

LE PAPE RACONTE "UN EXEMPLE DE RIGIDITÉ"

> Le pape François sait bien que nous sommes confinés. Il a fait une homélie le 5 mai, où il a donné l'exemple d'une femme qui pensait être en péché mortel, quand elle s'était aperçue que par erreur de réflexion, elle avait manqué la messe du dimanche. Le pape a dit d'elle "Quelle rigidité !!".
Voici l'exemple complet qu'il a raconté :
Une dame l'aborda un jour, car elle avait été à un mariage avec célébration de la messe le samedi, et pensait que par conséquent elle n'avait pas besoin d'y aller le dimanche.
Après coup, elle avait réalisé que les lectures de la messe n'était pas les mêmes et donc qu'elle avait manqué la messe dominicale. Aussi elle confiait au père Bergoglio qu'elle venait le voir, car elle était en état de péché mortel.
Quelle rigidité ! a dit le pape....
Il sait bien que nous sommes confinés. C'est aussi pour nous qu'il donne cet exemple-ci.
Dans cette attitude, a relevé le pape, «la liberté fait défaut. Et on ne peut suivre Jésus sans liberté». Bien sûr, parfois «la liberté va plus loin et on dérape» - observe le pape - «mais le pire est de déraper avant» d’aller à la rencontre de Jésus, de passer la porte de Jésus.
______

Écrit par : Isabelle Meyer / | 07/05/2020

LE P. FINET

> Un des intervenants sur ce fil (ou sur un autre, je ne retrouve plus) a évoqué le "Père Finet", après avoir parlé des déviances de Jean Vanier. Je me suis demandé qui était cet "autre" P. Finet, car pour moi il n'était pas imaginable que... Et pourtant si :
http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/abus-sexuels-emprise-revelations-des-foyers-de-charite-sur-leur-fondateur-06-05-2020-106122_16.php?fbclid=IwAR17-ojCOSK6X0peWxqdLI9_HmxuP9dLyzChDSmR_bDMbLbSJsaGbKsRTbo
Complètement abasourdi (encore plus que pour J. Vanier, ce qui n'est pas peu dire ! ). Avec cette interrogation aussi lancinante que douloureuse : comment se fait-il que Marthe Robin, qui lisait dans les âmes, ne se soit rendue compte de rien ? Sinon, elle l'aurait "viré", non ?

Feld


[ PP à Feld – Lisez les documents publiés par les Foyers. Il ressort de l'enquête que durant la dernière partie de sa vie, Marthe Robin se plaignait de voir de plus en plus rarement Finet et de n'être plus tenue au courant de la marche de son oeuvre (notamment sa cléricalisation, contraire à l'intuition fondatrice). Ceci explique cela. La seconde moitié du XXe siècle aura été, pour l'Eglise catholique, une époque de "fondateur malsains". Signe des temps. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 08/05/2020

à Denis :

> Oui, nous avons de quoi être tétanisés par ces nouvelles révélations sur l'abbé Finet, qui s'ajoutent à l'interminable cortège des Jean Vanier, Marie-Dominique Philippe, etc., d'un cardinal Pell dont on apprend qu'il savait depuis des années les pratiques pédophiles de certains de ses prêtres sans avoir rien fait.
Également troublés par le refus d'une congrégation belge, les Frères de la Charité, de cesser d'approuver l'euthanasie, d'où son exclusion récente, que l'on espère temporaire, de l'Église.
Tristes de voir en de nombreux endroits le visage d'une Église froide, dépourvue de chaleur humaine car trop faible numériquement, parfois engluée dans les sables mouvants du cléricalisme sinon de l'arrogance.
Nous aurions de quoi être abattus par tant de désolation. Cependant, c'est probablement dans la grande perestroïka ecclésiale menée par notre pape que l'Église se régénérera : en menant cette enquête sur l'abbé Finet, les Foyers de Charité ont cherché à établir une sombre vérité, conscient que ce chemin est nécessaire et qu'il sera salutaire. Cette démarche étendue à l'Église universelle est certainement conduite par l'Esprit saint.
Nous sommes un peu comme Job qui refuse de croire que le malheur qui l'atteint ait pu être la conséquence de ses actes ; s'il ignore tout de l'origine de cette adversité, jamais il ne perd sa foi dans le Seigneur. Sachons suivre l'exemple qu'il nous donne.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 08/05/2020

LA N.R.T.

> Quelqu'un souhaitait lire l'article, si du moins la revue n'était pas trop chère.
Je signale que, peut-être jusqu'à la fin du mois, la 'Nouvelle revue théologique' est en accès libre sur Internet. Profitez-en. Vous y découvrirez bien des choses intéressantes... Voici le lien : https://www.nrt.be
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Écrit par : Jean-Claude / | 08/05/2020

GARDER LA TÊTE FROIDE

> Cet article d'A. Borras est remarquable, comme d'habitude. A. Borras est un habitué des articles intelligents. Il a beaucoup travaillé les questions relatives au diaconat.
Pour ce qui est des querelles ou controverses autour de la célébration eucharistique : on pourrait peut-être garder la tête froide... Que se passe-t-il ? Un épisode de retrait, de jeûne, qui nous fait exercer la patience. Nul n'est empêché de prier, simplement. Ayons un peu de liberté, et de bienveillance. Exerçons notre foi, même dans la nuit ou l'obscur.
"Effrayant" de constater combien la foi en Jésus Christ se dévoie en fatras religieux.
Ou "triste" plus sobrement.
Mais il est vrai que chacun voit midi à sa propre porte... Donc un peu de silence ne nuirait à personne. Et si nous relisions l'évangile selon Marc, ou les lettres de l'Apôtre Paul.
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Écrit par : Jean-Claude / | 08/05/2020

@ Raphaël R

> Merci de votre commentaire Technologies" qui m'a fait beaucoup rire tant il est bien vu.
Cependant les BCBG ne portent plus de lodens depuis la fin des années 80 ! Je dis cela car plusieurs commentaires sur cette page montrent un désir de ne reprendre ni les clichés ni les expressions toutes faites.
E-pero catch your bishop.... le recours à l'électronique pour créer un dynamisme virtuel cache bien mal l'absence de formation doctrinale et spirituelle.
Et pourtant les gens sont ravis dès qu'il y en a. Et c'est un dû.
Jésus ne cesse d'enseigner ! Il faut donc en faire autant.
S'il n'y a pas d'enseignement alors il ne peut y avoir de fond et il ne reste que le sentiment, lequel est très volatil et rend ultra-sensible, sensible à la peur, on le voit bien en ce moment : ces pétitions à n'en plus finir c'est le résultat d'un manque de formation doctrinale au bout du compte.
Quand on est bien formé, on ne croit pas n'importe qui ni n'importe quoi, on sait que les épreuves font partie de l'existence chrétienne et on est discipliné, on ne s'affole pas.
Il y a des groupes de prière mais prier cela s'apprend ! les apôtres eux-mêmes le demandent.
Amitiés
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Écrit par : E Levavasseur / | 09/05/2020

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