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02/05/2020

Merci à Mgr Olivier Le Borgne, évêque d'Amiens

Mgr O Leborgne.jpg

...pour sa lettre aux baptisés de la Somme sur l'absence de messes :


 

 

Jeudi 30 avril

 

<<  Chers amis, chers frères et sœurs,

Le Premier ministre a annoncé mardi dernier les premières mesures pour le déconfinement. Nous ne pourrons pas nous réunir pour célébrer la messe avant le 2 juin. L’épreuve est rude. Après le carême, le temps de Pâques est aussi cette année un temps de dépouillement.

Ma pensée va d’abord vers les catéchumènes qui devaient être baptisés à Pâques, puis à la Pentecôte, ainsi que vers tous les confirmands qui attendent avec impatience le don de l’Esprit Saint. Je les assure de ma communion profonde. Très vite, nous vous ferons des propositions précises pour célébrer le don de Dieu. Ne vous laissez pas troubler. Le Seigneur de la vie ne nous abandonne jamais dans l’épreuve. Redites-lui chaque jour votre amour et votre désir, il vous comblera au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

Ma pensée va aussi vers les personnes durement atteintes par la maladie et vers les familles endeuillées. Elles savent sans doute mieux que tous les enjeux de ce que nous vivons et sont reconnaissantes envers tous les membres de la société qui nous accompagnent dans cette pandémie.

Ma pensée va encore vers les personnes seules ou en précarité : l’exercice de la charité et de la solidarité telles que l’Evangile nous y invite est considérablement gêné. Nous voulons, dans l’Esprit Saint, continuer à être inventifs.

Ma pensée va enfin vers vous tous : l’eucharistie nous manque.

Beaucoup m’ont dit leur profonde tristesse, certains m’ont fait part de leur colère. Je le comprends d’autant plus que je suis passé par là. Pourquoi les rassemblements cultuels seraient plus dangereux que les rassemblements économiques ou éducatifs ? Les chrétiens n’ont-ils pas montré, depuis le début, un sens de la responsabilité aiguisé pour mettre en œuvre les mesures exigées par la situation, y aurait-il à leur égard une certaine défiance ? Quelle conception de la personne humaine promeut-on : n’est-elle qu’un consommateur ? La relation et la dimension spirituelle ne sont-elles pas des dimensions structurantes de la croissance humaine et de la vie sociale ? Ces questions, parmi d’autres, sont légitimes, et il nous faut savoir les poser.

L’Église a plus que jamais à être prophétique. Mais qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui ? Demandons à l’Esprit de venir traverser les sentiments qui nous habitent et nous évangéliser.

Nous respecterons donc les consignes qui nous ont été transmises. Si elles n’autorisent pas la reprise du culte communautaire public, elles permettent cependant un certain nombre d’initiatives, y compris sacramentelles. Soyons inventifs.

Mais n’en restons pas là. Je suis convaincu que l’Esprit Saint nous convoque pour vivre ce temps de jeûne eucharistique imposé de manière… eucharistique !

L’eucharistie n’est pas un dû mais un don. Un don gratuit de la folie de la miséricorde de Dieu. Parfois, nous avons pu regarder les sacrements comme un droit, d’autres fois nous les avons négligés comme banals. Demandons pardon au Seigneur et invoquons l’Esprit pour qu’il nous fasse entrer dans le désir de Jésus : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâques avec vous » (Lc 22,24). Demandons-lui de redécouvrir l’inouï gratuité de son amour aussi pour ne plus jamais regarder une personne humaine comme un objet ou un instrument.

C’est par les tables de la Parole de Dieu et du Corps du Christ, nous rappelle le Concile Vatican II2, que le « pain de vie », le Seigneur, se rend réellement présent et se donne à chaque messe. La meilleure préparation à l’eucharistie et ce qui nous en rapproche le plus quand on ne peut pas y participer, c’est de prier la Parole de Dieu et de vivre un temps d’échange avec notre famille ou nos proches. Certains en font la très belle expérience pendant le confinement. Il faut poursuivre nos efforts en ce sens. Pour que la Parole de Dieu habite en nous et que nous habitions en elle. Pour que nos maisons deviennent, là où c’est possible, d’authentiques églises domestiques.

L’eucharistie n’a pas d’autre visée que de constituer l’Eglise comme Corps du Christ : ainsi, en recevant le corps du Christ, nous devenons membres d’un Corps dont le Christ est la tête, convoquée à une fraternité d’une profondeur divine puisqu’elle a pour fondement le Christ frère (cf. Hb 2). Permettez-moi de vous le dire, j’ai trop entendu dans les suites du synode diocésain : « mais nous le vivons déjà ». C’est vrai, bien-sûr. La vie évangélique ne nous a pas attendus. En même temps, ce n’est pas vrai : cette fraternité est un don toujours à accueillir de manière renouvelée. Et je vois que s’il y a des choses merveilleuses, il y a en même temps encore bien du chemin à accomplir à ce sujet dans nos communautés. En travaillant notre soif de l’eucharistie, que l’Esprit Saint nous y rende disponible.

Le Corps eucharistique, celui du Seigneur Jésus ressuscité réellement présent dans les saintes espèces comme celui qu’il constitue en faisant de nous ses membres, est un Corps livré. L’eucharistie est toujours ordonnée à la charité. Le développement de notre piété eucharistique ne sera authentique que si se développent en même temps la charité et la diaconie. En ces temps difficiles, cela prend une force toute particulière. Et nous convoque. Que l’Esprit Saint nous y prépare.

« Regardez l’humilité de Dieu » dit de manière très profonde un chant liturgique. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de la regarder, mais de nous y laisser entraîner, de la vivre avec Lui, d’entrer dans son mystère pascal de dépouillement, d’offrande et de don. Nous ne pouvons plus offrir ensemble le pain et le vin, offrons-nous avec le Christ qui s’offre « pour la multitude » dans l’incertitude de ces jours. Nous ne pouvons plus célébrer ensemble l’action de grâce de Jésus au Père, plus que jamais alors devenons les hommes et les femmes de l’action de grâce, de la gratitude, à l’affût du travail de la grâce aujourd’hui au cœur de ce monde. Il y a là une responsabilité politique, pour le bien commun. Car à l’affut de la grâce, nous saurons l’accueillir, nous y engager et déployer ce qu’elle veut pour notre monde.

Comme j’ai hâte de vous retrouver pour célébrer l’eucharistie. L’eucharistie nous manque. C’est l’Esprit Saint qui en creuse en nous le désir jusqu’à la douleur. Mais Jésus ne nous manque pas.

Une dernière invitation : profitons de ce mois de mai pour demander et recevoir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. C’est possible dès maintenant. Pour redécouvrir la puissance de l’Eucharistie – « l’énergie nucléaire de l’amour » disait Don Helder Camara -, il nous faut redécouvrir le sacrement de la réconciliation comme celui de la renaissance, de la jeunesse éternelle de Dieu qui nous est redonnée, de son espérance et de notre avenir.

Ce temps que nous avons à vivre est un véritable exode, au sens biblique du terme, une Pâque, un passage vers la terre de salut que Dieu veut nous donner. Ayons confiance. Comme Thomas nous l’a montré dans l’Evangile que nous entendions le dimanche de la miséricorde (Jn 20,19- 29), le Christ ressuscité se donne sans lassitude et ne cesse de déverrouiller toutes les prisons que nous construisons et reconstruisons, même après son passage parmi nous et le don de sa paix et de son Esprit.

« Bonjour Esprit-Saint, je t’aime Esprit-Saint, que tout se passe pour moi, pour nous dans ton souffle, selon ta volonté. »

Alors que nous marchons vers la fête de la Pentecôte et le renouvellement de la consécration du diocèse à Marie, que le Seigneur de la paix vous bénisse. >>

 

 

 

 

 

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Commentaires

LE VICE-PRÉSIDENT

> Ouf ! Vraie parole de pasteur témoin du Christ. Et Mgr Leborgne est vice-président de la Conférence épiscopale aux côtés de Mgr de Moulins-Beaufort.
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Écrit par : PP / | 02/05/2020

L'ENTRETIEN DE Mgr LAFONT

> Oui, voir aussi dans "La Croix" cette autre position déjà citée, très juste et très nette de Mgr Emmanuel Lafont :

"Selon Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, le prolongement de l’interdiction de célébrer des messes publiques doit être l’occasion d’approfondir la Bible et de vivre en solidarité avec les chrétiens persécutés à travers le monde"

Entretien

" La Croix : En métropole, de nombreux évêques, prêtres et fidèles s’impatientent de pouvoir reprendre les messes avant le 2 juin : qu’aimeriez-vous leur dire ?

Mgr E. L. : Cette fixation ne me paraît pas saine ; je la trouve même un peu immature. Dès le début du confinement, j’ai dit à mes frères « nous partons au désert », en leur citant le prophète Osée (Os 2,16). Dieu est en train de nous parler dans ce désert qui se prolonge. Rappelez-vous l’exil à Babylone, quand le peuple hébreu avait perdu le Temple, les sacrifices et le travail des prêtres. Le peuple n’avait plus que la Parole et les prophètes (tels Ézéchiel, Jérémie et le second Isaïe, avec les chapitres 40 à 55) et ce sont eux qui les ont aidés à vivre spirituellement ce temps d’exil comme un temps de conversion. Ce temps de confinement est le moment d’entrer davantage dans la Bible (1) : c’est donc une chance. Et puis, qu’est-ce que deux semaines de plus ou de moins ?
J’ai rappelé à mes diocésains que nous vivons très temporairement ce que 150 millions de chrétiens – toutes confessions confondues – vivent habituellement parce qu’ils sont persécutés. Ce confinement est donc aussi une occasion de vivre en solidarité avec ces chrétiens qui sont dans l’impossibilité chronique de célébrer, ce qui ne les empêche pas de vivre leur foi. Comme disait Thérèse de Lisieux : « Quand on peut avoir les sacrements, c’est bien ; quand on ne peut pas les avoir, c’est bien aussi ! »
Enfin, je dirais que nous pouvons vivre ce mois de mai au Cénacle, en restant en prière avec Marie, comme le pape François nous y invite, dans l’attente patiente que l’Esprit Saint vienne nous saisir. Nous savons que le déconfinement se prépare, alors que les risques d’une seconde vague de contagion sont très possibles et que nous allons devoir vivre avec ce virus pendant encore de nombreux mois. L’épisode des disciples d’Emmaüs nous rappelle que sans le pain de la Parole, le pain eucharistique devient incompréhensible."
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Écrit par : Michel de Guibert / | 02/05/2020

à Michel de Guibert

> On peut se demander pourquoi des gens qui ne se confessent plus ou si rarement, exigent de communier machinalement chaque semaine. Plus leur pratique de la communion la dévaluée, plus ils disent y tenir et la considèrent comme un dû.
Je pourrais comprendre le tapage actuel de ces "catholiques frustrés" si les églises étaient pleines les jours de confession individuelle.
Et s'il y avait beaucoup de séminaristes dans ce pays.
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Écrit par : Marie-Dominique / | 02/05/2020

à Marie-Dominique :

> Lorsque j'étais à Taïwan, des religieuses âgées assuraient parfois le 'service d'ordre' de certaines paroisses en contraignant tous les fidèles à se mettre en rang pour communier. Il m'est arrivé de me heurter à l'une d'elles qui m'avait quasiment poussé l'épaule pour que je me mette debout et rejoigne prestement la file centrale : en pays confucéen, se singulariser est mal vu puisque l'harmonie du groupe social s'en trouve rompue. Je lui ai expliqué que la communion ne devait en aucune manière relever d'aucune automaticité : même hors situation de péché grave non confessé, tout fidèle peut considérer, ce jour précis, ne pas être "digne de Le recevoir" pour toute raison connue du seul for intérieur (inattention lors des lectures, arrivée en retard à l'église, pensées mauvaises forgées à l'écoute de l'homélie voire convoitise charnelle) : demander une bénédiction en lieu et place de la communion eucharistique est alors tout à fait approprié et certainement pas moins spirituellement fécond.
Recevoir le Christ présent dans l'Eucharistie n'est pas un acte ordinaire : la messe n'est pas un self-service. De même que nul ne doit être poussé dans l'allée centrale contre sa volonté, il n'est pas souhaitable de quitter l'église une fois reçu le Corps du Christ, comme si on avait obtenu ce qu'on était venu chercher.
L'un des exemples les plus touchants en ce domaine fut donné par Louis XV qui, parfaitement conscient de l'immoralité de sa conduite mais incapable d'y mettre fin, a préféré des années durant se priver de l'Eucharistie : au lieu de jouer la comédie, il préféra se priver des sacrements et des sacramentaux (le toucher des écrouelles) pour ne pas les profaner. Quotidiennement, il priait Dieu de l'aider à le sortir de l'ornière : indiscutablement, il aima le Christ.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/05/2020

CONFESSIONNAUX ?

> "Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation", oh oui, avec joie ! Mais... quid du respect des distances, des gestes barrières ? Comment chuchoter ses péchés à un mètre minimum de l'oreille sacerdotale ? Faudra-t-il définir de nouvelles consignes, à passer aux fourches caudines des autorités publiques ? Ou bien, chiche ! On remet en service le bon vieux confessionnal, avec ses hygiaphones pré-intégrés, fleurant bon le bois ciré ?
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Écrit par : Valérien Kempf / | 02/05/2020

ÉCOLES

> Le cas de figure que je crains : dans une commune d'une certaine importance où le maire a décidé de ne pas rouvrir les écoles publiques (du type Montreuil), le développement d'un "cluster" à partir d'un école catholique qui aura recommencé à accueillir des élèves le 11 mai. Et si médiatisation de la chose il y a...
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Écrit par : Feld / | 02/05/2020

"FLIPPANT"

> A écouter, le point de vue du P. Daniel-Ange (que j'ai trouvé particulièrement en forme ! Quand on pense qu'il a 87 ans... ) sur cette période de confinement :
https://www.enfantsdemedjugorje.fr/12-avantages-du-coronavirus-avec-la-participation-surprise-du-pere-d-a/
Même si je trouve que, sur certains points (notamment, le "retour à l'essentiel"), DA est exagérément optimiste...
Il n'en ressortira pas que du bien, de cette épreuve collective :
- l'installation dans une "société du tout-écran" est maintenant irréversible (avec des GAFAM qui pourront se targuer d'avoir - bien- plus fait pour la sauvegarde du lien social que les Etats eux-mêmes) ;
- idem pour la société de surveillance généralisée (cf. ce que décrit très bien Alain Damasio dans 'Les furtifs') ;
- quant à l'effondrement du système économique (voire à l'effondrement tout court, surtout dans des pays profondément divisés comme le nôtre), n'en parlons même pas.
Ce qui est flippant, je trouve, c'est que ce nous vivons ressemble au passage de certaines BD ou certains films post-apocalyptiques où les héros se remémorent les débuts de l'écroulement, sur le mode : "au début, nous pensions tous que la situation reviendrait à la normale, à un moment ou à un autre... qu'il ne pourrait pas en être autrement".
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Écrit par : Feld / | 03/05/2020

"DÉCHAÎNEMENT"

> Ceci n'est pas mal non plus :
https://www.facebook.com/EGobilliard/videos/2765033870293103/?eid=ARCq2zZY3wQVIJI9tmtWyfbY4NotoDhFE3Ghm95dCaUeNrcq8BbmLbxrse_MzKlEu39EqahAOadcZLyv

Je trouve le déchainement actuel assez inquiétant. Il me paraît déborder des cercles habituels et avoir davantage pignon sur rue. J'aimerais croire que ce n'est qu'une impression.
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Écrit par : Jean-Marie Poublanc / | 03/05/2020

PERSONNE N'EST JUGÉ ICI

> Je ne crois pas que ce soit une bonne chose de juger des gens qui ne se confessent plus.
Comment comprendre le «  tu ne jugeras point « face aux reproches de chrétiens fervents pratiquants   , et comment comprendre la notion de « sainte église catholique «  quand celle ci à montrer au cours des siècles le pire et le meilleur ?
La méfiance vis à vis de l’église peut s’expliquer , malheureusement.
Je crois que c’est une croix à porter.

Bernard


[ PP à Bernard – Pas de procès d'intentions, svp. Personne ne "juge" personne ! Ce qui est à "juger", ou plutôt à évaluer, ce ne sont pas les gens : ce sont les attitudes, qui sont des faits. La chute libre du nombre de confessions à partir des années 1980 est un symptôme, comme la chute libre des entrées au séminaire. On en connaît les causes, au nombre desquelles la formidable pression d'une société qui ne veut plus entendre parler : 1. de responsabilité personnelle (il ne faut plus se "culpabiliser"), 2. d'un engagement à vie, ce qui explique aussi la chute du nombre de mariages religieux et même civils dans tous les milieux.
Si le très petit nombre des confessions signifie un affaiblissement/affadissement du sens transcendant de la communion, on doit se poser la question de la catéchèse pour enfants mais aussi pour adultes. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est le cardinal Ratzinger au moment de ses conférences de 1983 à Lyon et Paris... Et je vous garantis qu'il ne "jugeait" personne.
Il est d'ailleurs temps de renoncer à ce réflexe de crier au "jugement" chaque fois que quelqu'un propose un diagnostic qui déplaît. Ou alors on renonce à voir et à comprendre ? Et on rejette les passages des Actes qui recommandent la correction fraternelle ?]

réponse au commentaire

Écrit par : Bernard B. / | 03/05/2020

"FAIM"

> https://fr.aleteia.org/2020/05/03/reprise-des-messes-les-catholiques-ont-faim/
J'avoue que le titre de cet article m'a laissé de marbre : "Reprise des messes : les catholiques ont faim !", comme si ces quelques semaines passées loin de l'Eucharistie mais avec tout de même trois messes quotidiennes en ligne (Rome, Lourdes et Paris) étaient à la limite de l'humainement tolérable.
"La communion fraternelle à travers l’écran ne me suffit plus, j’ai besoin de l’eucharistie réelle, j’ai faim !" : expression pour le moins curieuse et sans doute incompréhensible pour les millions de chrétiens qui, en Chine, au Viêt Nam, dans l'ancienne Union soviétique, ont dû vivre leur foi dans la clandestinité la plus totale, sans évidemment pouvoir communier eucharistiquement et ce pendant des dizaines d'années.
Non, les catholiques n'ont pas "faim", comme si dès le déconfinement, ils allaient pouvoir se goinfrer de Présence Réelle et se sentir mieux. Le chrétien doit avoir soif, comme le Christ sur la Croix, ou comme la Vierge au pied de celle-ci, sans comprendre le sens des choses mais en continuant à croire envers et contre tout. N'oublions jamais que la Cène a été instituée en même temps que le lavement des pieds : la première n'est pas dissociable du second et de l'esprit de service et d'humilité qu'il implique nécessairement.

P.S. L'article évoque les confessions en mode "drive-in", sur un parking, comme cela est déjà pratiqué dans le diocèse de Limoges. Une fidèle souhaite la même chose pour l'Eucharistie : "j’essaye d’imaginer comment nos prêtres pourraient nous déposer l’Eucharistie à la maison ! N’est-ce pas possible de faire un « drive » !"
La communion en mode 'McDo', en quelque sorte : plutôt qu'un 'drive-in eucharistique' (frisant un peu le ridicule), un approfondissement quotidien de la Parole ne serait-il pas le meilleur moyen de nourrir cette attente ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/05/2020

à Marie-Dominique :

> « Communier machinalement chaque semaine » : étant atteint de maladie coeliaque, je suis allergique au gluten, ce qui ne me permet pas de communier au Corps du Christ, ne pouvant communier au Précieux Sang qu’exceptionnellement, lorsqu’aucune parcelle d’hostie consacrée n'a été déposée dans le calice. Cela signifie que je ne communie eucharistiquement qu’une fois par an, dans le meilleur des cas. Cette privation est en réalité une force puisque la communion spirituelle, l’adoration du Saint-Sacrement, la méditation de la Parole de Dieu ouvrent à un coeur à coeur qu’une communion exécutée « machinalement » ne permettrait sans doute pas. La privation alimentaire, de manière générale, élève l’âme : la règle de saint Benoît proscrit viande, vin et épices (également interdits aux moines et moniales bouddhistes, ce qui n’est pas un hasard). Il m’est arrivé de prier en me contentant d’une salade verte alors que mes convives dégustaient lasagnes et pizzas : d’une épreuve pour les sens, la privation peut devenir un chemin spirituel insoupçonné.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/05/2020

à Bernard B.

Si c'est votre... jugement à son sujet, le mieux pour vous est de cesser de lire une personne aussi pénible !
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Écrit par : à Bernard B. / | 04/05/2020

"GUGUSSES"

> Pour rire un peu à la barbe de ces gugusses qui ne peuvent plus se passer de la messe (et de l'eucharistie) comme l'autre de son tennis ou de sa pêche au lieu de mettre à profit ce temps suspendu (prière, méditation,.. d'avance je m'excuse auprès des familles 4 enfants en appartement avec télétravail), ah les grandes âmes..

En 2008, en Précipauté du Groland, on proposait l'abbé en Sub': https://www.youtube.com
/watch?v=9gGI2A3NYM0 (autodérision vs pharisianisme)
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Écrit par : Raphaël R. / | 04/05/2020

NOUVEAU CLUSTER ?

> https://www.lefigaro.fr/actualite-france/vers-une-reprise-des-ceremonies-religieuses-fin-mai-20200504

Si un cluster venait à se développer dans une église catholique à la Pentecôte, il est peu probable que l’opinion publique fasse preuve de mansuétude ; le gouvernement aura beau jeu de rappeler ce qu’É. Philippe a dit à la tribune de l’Assemblée : « je leur demande instamment d’attendre en conscience pour que nous n’ayons pas à regretter une décision précipitée. » Il faut laisser du temps au temps, aurait dit Mitterrand.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/05/2020

LES ÉNERVÉS REMETTENT ÇA

> https://www.lefigaro.fr/actualite-france/la-priere-n-a-pas-forcement-besoin-de-lieu-de-rassemblement-castaner-choque-de-nombreux-croyants-20200504

Nouvelle polémique : M. Castaner affirme que « la prière n'a pas forcément besoin de lieu de rassemblement, où on ferait courir un risque à l'ensemble de sa communauté religieuse ». De nouveau, réactions outrées de certains catholiques.
La conférence épiscopale, prudente, n'a pas commenté ces propos. Elle a eu raison, car M. Castaner n'a fait que dire une réalité : oui, la prière n'a pas "forcément" besoin de lieu, et tout le sens de cette affirmation réside dans cet adverbe. Le chrétien prie à l'église, il prie également devant un paysage lui rappelant la beauté de la Création, il prie au cimetière ou dans le métro. Lorsqu'un risque de propager un virus à la communauté existe, la prière doit s'exercer hors de tout lieu de rassemblement.
Nos catholiques scandalisés par des propos de pur bon sens devraient regarder la situation iranienne où un déconfinement sans doute prématuré entraîne depuis hier l'arrivée d'une seconde vague, tout aussi mortelle que la première.

PV


[ PP à PV – Qui donc déjà est l'affreux franc-maçon qui a dit : "Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra" ? Un vrai progressiste, sans doute... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/05/2020

à Philippe de Visieux

> Moins les catholiques sont nombreux en France, plus certains d'entre eux s'enferment dans une névrose confondant la religion avec une esquive magique des réalités. Tout bon sens leur est maintenant en horreur.
Leur version du catholicisme est en train de s'éloigner du christianisme, religion incarnée.
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Écrit par : JJ Mansart / | 05/05/2020

à Philippe de Visieux :

> certes, ce que rappelle M. Castaner n'est pas faux, mais est-ce au ministre de l'intérieur de le faire ? Il eût pu se contenter de dire que les circonstances et les précautions qui en découlent imposent de ne pas se rassembler trop vite.
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Écrit par : Sven Laval / | 05/05/2020

LA CONFESSION

> Sur la confession, quelques remarques quand même : la chute libre remonte à loin, voire à très loin. Les statistiques qu'on trouve dans l'ouvrage de Guillaume Cuchet la situent autour de 1965, pas 1980.
Mais bon, les clercs ont leur part de responsabilité dans cet état de fait. Pour me confesser, je dois soit poser une journée de congés, soit faire 50 km en train et changer de diocèse, et ce dans une agglomération de 220 000 habitants.
J'ai les moyens de prendre le train tous les mois, mais ça n'est pas le cas de tout le monde.
Sans parler des prêtres qui vous regardent comme un ovni quand vous vous confessez plus que pour Noël et Pâques, sans que ce soit justifié par l'assassinat de la belle-mère...

Edel


[ PP à Edel – Sans doute est-on favorisés dans la région parisienne : s'y confesser ne pose aucun de ces problèmes.
Sur les chiffres de Cuchet : le premier décrochage (après 1965) est venu d'une mauvaise compréhension du message du concile. Celui-ci ne disait nullement de laisser tomber le sacrement ; il disait de mieux comprendre que l'âme du catholicisme n'est pas la peur de l'enfer, mais la foi dans le salut en Jésus-Christ, ce qui devrait être connu de tous depuis deux mille ans. Mais si cette mise au point a convaincu beaucoup de gens que la confession devenait inutile, c'est qu'ils avaient une notion profondément fausse de la religion ! Et qu'elle leur venait de paroisses qui s'était reposées pendant des décennies sur l'idée d'un Dieu-gendarme à l'affut des délits et crimes...
Ceux qui ont tiré parti (abondamment) du livre de Cuchet pour s'en prendre une fois de plus et rétrospectivement au concile (en regrettant "l'Eglise d'avant" qu'ils n'ont pas connue) étaient donc à côté de la plaque.]

réponse au commentaire

Écrit par : Edel / | 05/05/2020

PARIS... ET AILLEURS

> Sur la confession, je n'ai jamais dit que c'était la faute au concile ! J'ai failli ajouter que la pratique anté-conciliaire de la confession (qui subsiste dans certains pays, me semble-t-il, notamment en Irlande), me semble avoir été en grande partie responsable du décrochement rapide. "Cinq du troisième, trois du huitième - Ego te absolvo etc., dites un Pater et deux Ave", il est certain que ce n'est pas le meilleur moyen pour que les gens bénéficient pleinement des grâces du sacrement...
Ici les cérémonies avec absolution collective subsistent malgré l'interdiction romaine, et les horaires de confessions font que celle-ci est de fait réservée aux gens sans emploi. Dans ma paroisse de ville : un jeudi sur deux, de 14h à 16h. Il y a moins pire, mais ça reste compliqué, sans parler des horaires théoriques où l'église s'avère fermée (ici la plupart des églises, même en ville, sont fermées sauf pour la messe dominicale) ou le prêtre, introuvable. Comment voulez-vous faire ?
J'ai connu Paris. J'y ai pris l'habitude de la confession fréquente. Mais le fait est qu'ici, même en divisant la fréquence par deux, on vous prend de suite pour un intégriste (y compris les prêtres). Je profite de chaque passage à Paris pour mes recherches pour sauter de l'INHA à Saint-Louis-d'Antin.
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Écrit par : Edel / | 05/05/2020

à Edel :

> L'Église qui est en France, c'est "Paris et le désert français" : dans le Lunévillois où l'on compte deux ou trois prêtres actifs pour des dizaines et des dizaines de clochers, le sacrement de réconciliation n'est tout simplement plus disponible, à moins de faire un long aller-retour en voiture à des heures très encadrées, une fois par semaine voire par mois. La nature pastorale de l'acte a laissé place à une quasi prestation de service : prêtres fatigués ou disposant de peu de temps, ce qui ne permet plus d'accompagnement spirituel.
Île-de-France mise à part, nous vivons tous plus ou moins en Amazonie !

PV


[ PP à PV – Pourquoi les familles catholiques, la tant célébrée "génération Jean-Paul II", ne donnent-elles presque pas de prêtres ? ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/05/2020

PAS D'ACCORD

> Euh vous m'avez fait rire avec la "déclaration" de Castaner sur la prière... Certes, certains "enragés" le sont réellement pour réagir au quart de tour, ce n'est pas une raison suffisante pour faire de cette déclaration une parole d'évangile ! St Christophe ^^ sans blague !!
Quand aux rassemblements religieux ils ont bon dos comme a bon dos le malheureux rassemblement évangélique de Mulhouse... Ces croyants sont les responsables, disent certains malveillants et nous serions prêts à acquiescer ? Cela évite surtout de regarder ailleurs vers les vrais responsables...Qui était au théâtre le 7 Mars pour inciter les français à continuer à sortir ? Qui a menti sur le début de l'épidémie ? En Chine ? Qui avait interdit le rassemblement de Mulhouse ? Personne et pour cause.. En Italie c'est le match de foot Bergame/Valence qui a disséminé dans toute la. Lombardie... Ailleurs c'est une petite station de ski autrichienne.. Rien à voir avec des rassemblements de croyants... Dont on se fiche qu'ils soient croyants en réalité sauf pour les étriqués d'esprit qui ne méritent pas qu'on s'y attarde. Ce n'est pas parce que un certain nombre de nos compatriotes n'ont plus confiance dans l'église ou ont délaissé la foi chrétienne qu'il faut adapter notre discours à n'importe quel prix. Ce n'est pas ainsi non plus à mon avis que l'on gagne en respect. De l'autre "côté" il y a aussi des "enragés" pas plus récupérables que les nôtres...Il vaut mieux penser aux personnes sincères qui ne sont pas aveuglées ou enfermées dans une idéologie ou dans la haine.
Zéro risque... Ça n'existe pas à moins de rester entièrement confinés ad vitam jusqu à un vaccin... Dans les années 50 la grippe asiatique a fait 100 000 morts, dans les années 60 la grippe de Hong Kong 30 000. Il faut rester raisonnable. Ce virus il va falloir vivre avec pendant un certain nombre de mois.. Et si la seconde vague n'a pas lieu dans les semaines qui viennent, cela pourra aussi bien être à l'automne prochain.. On en sait rien... et ce n'est pas en restant reclus et pétrifié chez soi en suspendant toute activité que le problème sera réglé.
Le confinement n'est qu'une méthode artisanale pour gagner du temps, il est très utile ponctuellement, en aucun cas une solution. D'ailleurs un certain nombre de pays s'en sont sortis pas trop mal sans confinement radical. Cette situation devient maintenant absurde, on est obligé de reprendre une vie, de sortir comme aussi de rouvrir les lieux de culte, et plus tard aussi les bars, les restaurants... Tout cela avec des mesures évidemment. Et ne pas perdre de vue ce qui nous fera sortir de là ce n'est pas le confinement, ni la grave crise économique, cette bombe a retardement dont on ne mesure pas encore tous les effets et dégâts, mais les tests massifs(que nous n'avions pas), l'isolement strict des malades, la distanciation et les masques, ainsi que la recherche.

Marie-Do


[ PP à Marie-Do – La priorité pour des chrétiens croyants est de témoigner de l'Evangile, pas de se faire "respecter" ou de défendre leurs "droits".
Regardez les faits : autant il serait injuste d'accuser de quoi que ce soit la POC évangélique (Mulhouse) puisqu'à l'époque de son rassemblement la grande alerte n'avait pas commencé, autant il est avéré que ce rassemblement a déclenché le cluster alsacien.
De plus : qui donc, à propos de ce cluster, a accusé la foi chrétienne en elle-même ? Personne à ma connaissance. Les seuls à avoir affirmé que cette accusation existait sont des chrétiens énervés, d'ailleurs catholiques ! et se trouvant être issus du milieu "catholique" où l'on hait le pape François et les évêques français...
Haine que ne partagent évidemment pas la majorité de catholiques français, qui marchent, eux, avec l'Eglise, et sont donc loyaux envers le pape et les évêques – dont la position dans cette affaire de confinement est connue. Je vous suggère de lire ci-dessus la lettre admirable du vice-président de la Conférence épiscopale, évêque d'Amiens. ]

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Écrit par : Marie-Do / | 06/05/2020

TOUT LE MONDE AIME LE SECOURS CATHOLIQUE

> Certains cathos français feraient bien de balayer devant leur porte au lieu de saisir toute occasion de hurler qu'on les désavantage. S'ils donnaient plus de prêtres, s'ils vivaient en véritables communautés paroissiales ouvertes à tous et solidaires de tous, ils ne ressentiraient pas de malaise existentiel.
Ils trouvent qu'on les néglige dans la société ? Le Christ n'a pas annoncé dans l'Evangile qu'être son disciple donnerait droit à la notabilité et au respect du ministre !
Qu'ils se demandent pourquoi ils ont l'impression de ne pas être aimés, alors que tout le monde aime le Secours catholique ou les Oeuvres de l'ordre de Malte.
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Écrit par : Michel-Henri / | 06/05/2020

@ Philippe de Visieux :

> c'est amusant, parce que le diocèse voisin où je peux aller en train... c'est Nancy, avec l'église Saint-Sébastien. Metz c'est bien pire (et ne me lancez pas sur le Concordat).
Mais Paris (avec Nanterre et Versailles) et le désert français, ça oui ! Il y a des divergences de diocèse en diocèse, mais le quart nord-est m'a l'air assez sinistré.
Quant à la "génération Jean-Paul II", les familles... c'est aussi un phénomène très parisien, ou des grandes villes : Lyon, Bordeaux... Dans ma paroisse, les rares familles sont d'origine extra-européenne.
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Écrit par : Edel / | 06/05/2020

à Edel :

> À propos de l’ouvrage de G. Cuchet, l’une des thèses défendues par l’auteur est que la baisse de la pratique a plus ou moins coïncidé avec l’abandon du discours pastoral sur les fins dernières : une étude a montré que la dernière référence aux fins dernières dans une paroisse bretonne remonte à 1965, suivie d’un grand silence dans le bulletin paroissial. Le concile n’est évidemment pas en cause, mais bien l’allongement de l’espérance de vie, l’accès aux antibiotiques, un bien-être matériel inconnu jusque-là : la mort était de moins en moins objet d’appréhension, la médecine la reléguant de plus en plus loin et avec de moins en moins de souffrance.
Avant cela, les fins dernières hantaient le quotidien de beaucoup d’hommes et de femmes inquiets à l’idée qu’ils pourraient être victimes d'une mort soudaine, sans pouvoir ‘se reconnaître’ avant leur grand passage : rappelons l’exemple de Mgr Paul Buguet, qui fut traumatisé par la mort de son frère écrasé sous une cloche – sans avoir donc eu le temps de ‘se reconnaître’ –, potentiellement damné pour l’éternité : cette crainte poussa Buguet à construire Montligeon, sanctuaire dédié à la prière pour les âmes du Purgatoire.
Autant de considérations balayées deux générations plus tard, au son d’ 'On ira tous au Paradis'...
Qui aujourd'hui se rend encore au mont Saint-Michel en sachant l’abbaye et le culte de saint Michel Archange intimement liés aux fins dernières ?

PV


[ PP à PV – Le rôle de "conducteur des âmes" que le Moyen Age confiait à l'Archange est découvert en visitant le Mont par les touristes guidés par le conférencier François Saint-James (cf mon livre 'Les romans du Mont Saint-Michel'). Cela depuis des années !
Et beaucoup des pèlerins y vont en pleine conscience de cette spiritualité des fins dernières. J'en ai souvent été témoin. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/05/2020

@ PP :

> je suis tout à fait d'accord avec vous sauf sur la question du rassemblement de Mulhouse. Qui est à traiter comme n'importe quel rassemblement et non pas comme un rassemblement évangélique ou religieux sauf pour ceux qui y trouvent une aubaine pour se défouler sur la "religion" en général.
Il est dommage de ne pas avoir conscience que les évangélistes de la POC ont été traités de tous les noms et attaqués jusque sur leur site facebook, de manière totalement inacceptable car ne se tenant pas au rassemblement en lui-même mais sur leur foi et ce qu'ils sont. Ce n'est pas être énervé de le dire, de nombreux pasteurs s'en sont fait l'écho, le Conseil national des évangéliques de France également. Le journal La Croix ou le journal La Vie en ont fait également des articles.
http://www.lavie.fr/religion/protestantisme/la-porte-ouverte-chretienne-une-eglise-souvent-victime-du-lynchage-mediatique-26-03-2020-104978_18.php
https://www.infochretienne.com/je-defends/

Il va sans dire que je ne suis ni évangéliste ni catholique "énervée" ou tradi ou je ne sais quoi. J'en suis même très loin et ne défend pas non plus spéçialement la réouverture à tout prix des églises et autres lieux de culte. Mais il y a aussi des choses qu'on est en droit de dénoncer quand ça dépasse les limites.

Marie-Do


[ PP à Marie-Do – L'administration française a toujours pris des libertés envers la vérité, et là c'était sur les dates. Mais il n'y avait pas d'antichristianisme dans le fait de signaler le rassemblement de la POC comme ayant été l'origine du cluster alsacien (puisque c'est un fait).
Ensuite, comme toujours avec l'internet et les réseaux "sociaux", ce fait porté sur la place publique a déchaîné (comme tous les faits brûlants) les "émotions" et le grand n'importe quoi. Mais avec une coloration laïcarde de type Charlie Hebdo : plus souvent anitreligieuse en général qu'antichrétienne en particulier. La France étant ce qu'elle est, c'était inévitable dès l'instant où les services officiels avaient identifié un groupe religieux comme origine de la contagion...
Mais comme cette contagion est un fait avéré, le terrain est mauvais pour crier au complot christophobe !
Il n'y a pas de complot christophobe en France. Il y a une société radicalement déchristianisée et plus ou moins hostile à toutes les religions organisées : cela sous l'emprise d'une ambiance hyper-individualiste en tous domaines y compris le spirituel (c'est à relier au consumérisme).
On ne peut s'étonner que cette hostilité latente (fondée sur une ignorance involontaire) colore les réactions dominantes, dans une situation de spéciale panique due à une épidémie (relisez 'Le Hussard sur le toit' !)

ps / Je connais personnellement la POC, que j'ai visitée lors de mon enquête de 2008 pour mon livre de 2009 sur les évangéliques. ]

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Écrit par : Marie-Do / | 06/05/2020

à PP dans votre réponse à Marie-Do

> Selon Josiane Chevalier, préfète du Grand Est, interrogée sur France Inter, l'épidémie « est partie de ce rassemblement évangélique » et « d'un non-respect des mesures barrières. On paie le prix fort de cette non-prise en compte des mesures de base »
C'était injuste et mensonger sur la question des mesures-barrières qui n'existaient pas à cette date !

MG

[ PP à MG – C'est un mensonge sur les dates pour mettre en cause un rassemblement. Mais ce n'est pas une attaque contre la foi chrétienne en elle-même (cf. ma réponse ci-dessus à Marie-Do). Pour mémoire : les pires ennemis de la POC depuis dix ans ont été dans les rangs non du laïcisme, mais du protestantisme le plus officiel : l'ERAL (Eglise réformée d'Alsace-Lorraine)... ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 06/05/2020

à Patrice :

> En effet, et je dois avouer avoir compris le sens véritable du pèlerinage au mont Saint-Michel en vous lisant : avant cela, je l'ignorais.
Mais, pèlerins informés mis à part, qui sait encore parmi nos contemporains déchristianisés que le Mont est lié aux fins dernières ? Le fait est hélas trop peu connu : le délire 'Halloween' est plus vendeur...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 07/05/2020

à Edel :

> "Le fait est qu'ici, même en divisant la fréquence par deux, on vous prend de suite pour un intégriste" : très juste ! J'ai assisté en Lorraine à une conversation entre un curé et une dame âgée qui lui demandait s'il pouvait la confesser le lendemain (un samedi), ce à quoi le prêtre lui répondit, sur le ton de l'humour (avec une pointe de sincérité) : "mais vous n'avez rien à vous reprocher, voyons ! Avec la vie que vous menez, quel péché pouvez-vous faire ?".
Un missionnaire belge (âgé), à Taïwan, m'a quant à lui affirmé que la messe commence par un acte de contrition : les péchés y sont donc remis en bloc, ce qui ne justifie plus vraiment le recours à la confession. Malgré l'énormité de la chose, il ne plaisantait pas !
Concernant la Lorraine, il est vrai qu'elle est pastoralement sinistrée : l'église nancéienne où vous vous confessez était naguère tenue par les jésuites qui, faute de vocations, ont dû fermer boutique. Ma paroisse, près de Lunéville, pourrait s'appeler Notre-Dame des Courants-d'Air, comme dans 'Le Petit Baigneur' : le curé et les prêtres coopérateurs sont injoignables, l'église ouverte mais le presbytère fermé, sans accueil assuré par l'une ou l'autre personne. La messe dominicale est rarement présidée par le même célébrant, qui doit d'ailleurs quitter l'église après y avoir officié : la vie spirituelle serait tragiquement pauvre si nous ne pouvions nous raccrocher à KTO !

P.S. Concernant le concordat : s'il ne permet pas à lui seul l'affluence dans les églises mosellanes, ne pensez-vous pas qu'il assure à tout le moins un certain confort matériel aux institutions ecclésiales ? Ainsi, le séminaire de Metz fonctionne sur fonds publics, le diocèse possède une faculté de théologie au sein de l'université de Lorraine, les prêtres ont le statut de fonctionnaire et l'évêque, le traitement d'un général d'armée ! Je me souviens qu'un ami rencontré au MEJ avait pu effectuer son service civil à l'archevêché de Strasbourg : c'eut été impossible en France 'de l'intérieur'.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 07/05/2020

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