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21/04/2020

Le Covid-19 et... le général de Gaulle

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Eric Branca, qui vient de publier un indispensable De Gaulle et les Grands (Perrin), répond à une question originale venue du Québec : 


https://bookmarc.ca/2020/04/16/de-gaulle-et-la-covid-19

 

<< Est-ce que Charles de Gaulle serait bien équipé pour affronter une crise comme celle de la Covid-19 et pourquoi?

Eric Branca – Vous savez, il est toujours imprudent de refaire l’histoire avec des « si »! Mais votre question est pleine d’intérêt parce que, dans ce cas précis, on sait très exactement ce que de Gaulle aurait fait… puisqu’il l’a fait ! De Gaulle ou plutôt la France redevenue une très grande puissance économique grâce à son action...  On l’a oublié aujourd’hui, mais le monde a connu une crise sanitaire très semblable à celle de 2020 : la grippe de Hong-Kong de 1968 qui a tué non pas 130 000 personnes dans le monde, comme le Covid-19 à la mi-avril, mais largement plus d’un million, à une époque où la planète comptait moins de 4 milliards d’hommes. La moitié moins qu’aujourd’hui… En France, cette même grippe de 1968 a tué 17 000 personnes, sur une population de 50 millions d’habitants (contre 65 millions en 2020). C’est dire si l’alerte a été sévère. Pour autant, le système de santé n’a pas été débordé, on n’a pas confiné toute une population chez elle, l’économie ne s’est pas arrêtée, bref, personne n’a pensé une seconde qu’une grippe, aussi contagieuse soit-elle, allait provoquer un collapsus économique planétaire semblable à la crise de 1929.

Pourquoi ? Parce que l’ouragan néo-libéral n’avait pas encore rendu nos sociétés si fragiles ni surtout détruit nos réflexes de survie sous prétexte de rationalité comptable. Parce que la santé publique était encore considérée comme un sanctuaire. Bref, parce que nos hôpitaux avaient les moyens de recevoir tout le monde dans de bonnes conditions, y compris les personnes âgées les plus fragiles. Pensez qu’entre 1980 et 2020 la France a perdu 40 000 lits d’hôpitaux! 1000 par an pendant 40 ans. Sous prétexte de « bonne gestion » on a généralisé les soins dits « ambulatoires », au point qu’en 2019, la doctrine officielle du ministère français de la Santé, c’était qu’un établissement de santé bien géré était un établissement avec zéro lit disponible. Zéro lit disponible, comme zéro stock disponible pour une entreprise prétendument « bien gérée » elle aussi !

Le flux tendu, en fait, c’est la pensée zéro. Le primat de l’immédiateté sur la mémoire, donc sur la projection dans l’avenir. Flux tendu et rationnement (sauf pour les stock options), voilà pourtant le maître-mot du néolibéralisme dans tous les domaines. Y compris d’ailleurs pour la Défense nationale. Est-ce utile d’épiloguer sur le résultat ? Si un ministre avait expliqué cela à de Gaulle, c’est lui que le Général aurait envoyé en confinement immédiatement… Et définitivement. Pas les Français!

Bref, pour lui comme d’ailleurs pour la plupart des dirigeants de l’époque, soyons juste, l’idée que l’hôpital ne possède pas une force de réserve pour faire face à une épidémie de grande ampleur était aussi stupide que d’envisager une économie dépendante de l’étranger pour ses stocks stratégiques, une armée dont les soldats tiennent dans le stade de France et une police qui renonce à entrer dans certains quartiers…  J’ajoute que si la situation n’était pas aussi tragique, on aurait envie de rire en entendant ceux qui ont désarmé la France nous expliquer qu’elle est en « guerre ».

De Gaulle qui, c’est le moins qu’on puisse dire, savait ce qu’était la guerre, n’employait jamais ce mot à tort et à travers. Faire avancer la cause de la paix (en s’opposant à l’hégémonie des super grands) et œuvrer à long terme pour la prospérité et la sécurité des Français dont il avait la responsabilité suffisait à son bonheur. Qui peut dire qu’il n’a pas réussi dans le temps si court qui lui fut imparti et au milieu des crises qu’il eut à affronter?

Quelle fut, selon vous, la pire crise affrontée par le général de Gaulle et comment y a-t-il répondu ?

 Celle, justement qui l’a fait émerger dans l’histoire : l’effondrement de la France et de ses élites, ou prétendues telles, en moins de six semaines, au printemps 1940. Lisez ou relisez les Mémoires de guerre, tout est dit en peu de mots sur ce traumatisme originel quand, le 16 mai 1940, alors que lui-même monte au front, il croise des soldats qui refluent en troupeau et auxquels les Allemands ont seulement confisqué leurs armes en leur criant : « Nous n’avons pas le temps de vous faire prisonniers! ». Il écrit : « Alors, au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute, au récit de cette insolence méprisante de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans bornes. Ah! c’est trop bête! La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue. Il y a, pour cela, de l’espace dans le monde. Si je vis, je me battrai, où il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et lavée la tache nationale. Ce que j’ai pu faire, par la suite, c’est ce jour-là que je l’ai résolu. »

Serait-il exagéré de comparer la crise actuelle au péril nazi qui a déferlé sur la majeure partie de l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Non seulement exagéré, mais injurieux pour la mémoire des 50 millions de morts de ce conflit. Comparer un virus à un ennemi est un biais utilisé par les dirigeants incapables pour dissimuler leur propre impéritie. Les virus et les microbes ont toujours fait partie de la vie : ils ne sont ni mauvais ni bons, ils existent.

Ce n’est pas le Covid-19 qui a dévoré les stocks de masques dont nos hôpitaux disposaient pour protéger nos soignants ; ce n’est pas le Covid-19 qui a englouti le gel hydro-alcoolique que nous n’avions pas;  ce n’est pas le Covid-19 qui a empêché le gouvernement d’acheter, en temps voulu, les tests qui auraient permis de détecter sur une grande échelle et de soigner à temps ceux qui en sont atteints, au lieu de mettre une population entière aux arrêts de rigueur ; ce n’est pas le Covid-19 qui a rendu notre pays dépendant des molécules que nos laboratoires (quand ils existent encore) ne produisent plus et que fabriquent à leur place les Chinois ! Ce n’est pas le Covid-19 qui a convaincu nos dirigeants de fermer les dizaines et dizaines de petits hôpitaux qui pourraient aujourd’hui servir à accueillir dans de bonnes conditions les personnes âgées ou les patients non justiciables des urgences, afin que nos structures les mieux équipées se consacrent à l’essentiel !

En un mot comme en cent, ce n’est pas le Covid-19, mais le virus néo-libéral qui empêche nos dirigeants de penser… Enfin pas tous : puisqu’en Allemagne, en Suisse et en Corée du Sud, où, que je sache, l’économie de marché n’est pas sacrifiée – bien au contraire – on dispose d’assez de tests pour déterminer qui doit être « confiné » et qui peut aller travailler, avec, bien sûr, les précautions qui s’imposent. Et où, surtout, on a gardé assez de lits disponibles (9 pour 1000 habitants en Allemagne, contre 6 pour la France) pour ne pas avoir à choisir qui a le droit d’être soigné et qui ne l’a pas…  >>

 

 

 

 

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2e DB, 1944

 

 

 

12:00 Publié dans Histoire, Idées | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : coronavirus, macron

Commentaires

LES PETITS

> Qui à opposer à un De Gaulle ou un Churchill, parmi les "grands" dirigeants d'aujourd'hui ?…
Il est vrai que nous ne sommes pas "en guerre", et que Hitler était incomparablement plus destructeur que le coronavirus.
Reste que l'ordre de comparaison qui doit nous occuper aujourd'hui, à mon pauvre avis, n'est pas de savoir qui est le plus grand, le plus riche, qui est celui qui fait le plus de chiffre, qui a la plus grande "force mécanique" – le plus de lits, de respirateurs, de tests ou de masques… Mais qui est le plus proche des petits, qui est assez "petit" pour vaincre l'infiniment petit qu'est le coronavirus !
Qui est le plus proche des tout-petits ?
– A part le Christ et sa Mère, je ne vois pas.
Qui a assez d'autorité, au regard du Seigneur et de son humble Servante pour obtenir la Miséricorde espérée de Dieu, à savoir la fin de la pandémie ?
– Les enfants, si seulement la grâce leur était faite d'être appelés à renouveler les promesses de leur baptême en priant à cette intention…
C'est en tout cas ma conviction.
Problème : dans cette époque ou le "psy" ne cesse de polluer le "spi", tout le monde, même nos évêques, craint de traumatiser les enfants. Les appeler à prier pour le salut de ce bas monde, pensez-donc ! Les pauvres petits, ils n'ont pas mérité cela…
Reste que Jésus l'a dit : "Laissez les enfants venir à moi" (Mc 10, 13-16 ; Mt 19, 13-15 ; Lc 18, 15-17)
Reste que les enfants ont du cœur, et que nous savons combien l'élan de leurs cœurs touche les Cœurs de Jésus et de Marie (Lourdes, Fatima, L'Ile-Bouchard…).
Reste que, si nous sommes inquiets, cette inquiétude ne doit pas paralyser nos cœurs et nos esprits. Dans notre tradition chrétienne, elle est au contraire une invitation à l'action, au combat spirituel. Dieu nous appelle au bonheur, à la paix et la joie. Il nous appelle à trouver en Lui ce bonheur, cette paix, cette joie et nous donne la prière pour les conquérir. En particulier la prière des enfants.
Oui, MM. les évêques, faites prier les enfants, agenouillez-vous avec eux… Si besoin est, nous serons nombreux à venir les protéger de l'aboiement des chiens et autres avatars de l'esprit mauvais que suscitera votre prière commune !
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Écrit par : Denis / | 21/04/2020

"PLAN MARSHALL"

> Et comme on parle plan Marshall en réaction à la crise, un petit retour par l'Histoire là aussi ne fait pas de mal: http://www.lcp.fr/emissions/les-coulisses-de-lhistoire/294457-le-plan-marshall-sauve-lamerique
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Écrit par : Anne Josnin / | 21/04/2020

L'ÉVOLUTION

> Oui, enfin, il y a quand même quelques détails qui clochent dans la réponse de Branca, à commencer par le fait que l'épidémie de grippe de Hong Kong a sévi en France pendant l'hiver 1969-1970, et non dès 1968, c'est-à-dire à un moment où de Gaulle n'était plus au pouvoir (il avait cessé ses fonctions le 28 avril 1969 à midi). De Gaulle n'a donc pas eu a affronter cette grippe comme Président. La gestion ne cette grippe nous en apprend plus sur les années Pompidou. On n'allait quand même pas stopper l'«expansion» (le terme à l'époque était sans doute plus utilisé que celui de croissance dans la langue politique) pour quelques morts de la grippe ! Par ailleurs la situation hospitalière n'était pas si bonne que ça (dans bien des domaines les 30 "Glorieuses" furent assez piteuses). Libération en 2005 citait à ce sujet un ancien interne d'un hôpital de Lyon: «Les gens arrivaient en brancard, dans un état catastrophique. Ils mouraient d'hémorragie pulmonaire, les lèvres cyanosées, tout gris. Il y en avait de tous les âges, 20, 30, 40 ans et plus. Ça a duré dix à quinze jours, et puis ça s'est calmé. Et étrangement, on a oublié.»
Pierre Veltz, qui cite cet article, dans 'Télos' (https://www.telos-eu.com/fr/societe/covid-19-meme-en-temps-de-crise-un-peu-de-recul-ne.html) observe entre autres que ce qui a changé depuis 1969-1970, c'est «que nous avons augmenté la valeur de la vie humaine, en même temps que les médias et l’internet nous ont apporté une transparence et créé un niveau d’exigence sans commune mesure avec celui du passé». 1969-1970, c'était une époque où bien des générations avaient conservé l'ancien rapport à la mort. ce n'est pas pour rien que c'est au milieu des années 1970 que Philippe Ariès publie ses deux livres fondateurs sur l'histoire des hommes devant la mort. Le changement sur ce sujet était encore tout récent à ce moment-là. C'est ce que rappelait aussi G. Cuchet dans une récente tribune du Figaro https://www.lefigaro.fr/vox/monde/guillaume-cuchet-le-virus-ou-la-mort-imprevisible-que-nous-avions-oubliee-20200410
Et la pastorale de l'Église a joué un rôle dans ce changement des mentalités. Dans son ouvrage ('Dieu change en Bretagne', 1985) devenu classique sur la changement religieux dans une paroisse de Bretagne (Limerzel dans le Morbihan), Yves Lambert observait que c'est en 1964 ou 1965 (j'écris ça de mémoire) que le bulletin paroissial a parlé pour la dernière fois des fins dernières. Par la suite il n'en a plus jamais parlé. L'Église, dont la pastorale jusque-là reposait encore très largement sur le "memento mori" médiéval, et en Bretagne ce n'était pas rien, s'est mise à ne plus parler que de la vie. D'où d'ailleurs peut être ce nouveau "credo" des années 70 sur le "Dieu qui chante et qui fait chanter la vie" (je parle là de la religion populaire et de ses transformations).
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Écrit par : jean-michel / | 21/04/2020

> Les questions/paragraphes qui suivent cet extrait de ses réponses, ne sont pas dénuées d'intérêt, non plus.
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Écrit par : Fondudaviation / | 21/04/2020

RISQUE

> Difficile de comparer la grippe de 68 et la pandémie actuelle sur la base de chiffres qui sont définitifs pour la grippe espagnole, et en cours pour la pandémie actuelle.
Ne pas oublier que cette pandémie démarre seulement pour les pays les plus peuplés de la planète .
Tirer déjà des conclusions donc ? Trop hâtif très certainement, avec l’immense risque de ne pas pouvoir éviter les biais cognitifs tant la peur , l’angoisse, peuvent entraver le fonctionnement normal du cerveau.

PS : A lire cet article , je me demande surtout comment des gens reconnus comme sensés ( capable de prendre les bonnes décisions) ont pu autrefois garder la tête froide dans des situations dramatiques ?
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Écrit par : Bernard B. / | 21/04/2020

à Jean-Michel

> Pas d'accord avec vous sur la grippe de Hong-Kong. Primo de Gaulle était encore là en 1969 quand elle s'est mise à taper dur. Et surtout secundo, en 1969-1970 les équipements hospitaliers n'étaient sûrement pas parfaits mais en tout cas plus solides qu'aujourd'hui, et personne au sommet de l'Etat n'aurait eu l'idée de souhaiter sans le dire la disparition de la CNAM ("pognon de dingue") comme le font les américanolâtres de LREM et du gouvernement.
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Écrit par : Sebastien Joliot / | 21/04/2020

LA MORT ET L'HOPITAL

> Le fait que les gens arrivent à l'hôpital dans un état désespéré auquel la science de l'époque ne peut apporter de remède n'est pas le signe que l'hôpital n'est pas bien conçu. Encore à l'heure actuelle, hors période d'épidémie, il arrive que des malades meurent d'une maladie bénigne sans qu'il y ait manque de soin ou faute médicale et il y a encore des maladies, des cancers notamment, pour lesquels la science ne peut pas grand chose.
En 1968, la mort faisait encore partie de la vie, on savait qu'elle pouvait frapper à n'importe quel moment. Des enfants mouraient de tuberculose malgré tous les soins qu'on leur apportait. Et il y avait pourtant des mesures prophylactiques pour prévenir la propagation de la maladie : dans toutes les administrations, gares, etc, il y avait des hygiaphones. Les enseignants surveillaient particulièrement les élèves : pas question de cracher ailleurs que dans son mouchoir, si l'on crachait un peu trop souvent, même sans présence de sang, les parents étaient avertis de consulter. Les enseignants (et probablement d'autres professions exposées) passaient chaque année une radiographie des poumons.
A l'heure actuelle, l'idée de la mort c'est : quelque chose de très lointain que l'on programmera quand on sera très vieux (environ 200 ans pour la jeune génération car on nous promet des progrès spectaculaires dans l'espérance de vie)et qu'on se sentira trop diminué. Alors, découvrir que la mort peut frapper à l'improviste quand on n'y pense pas, cela secoue.
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Écrit par : Bernadette / | 22/04/2020

PÉRIPHÉRIES

> Vous avez raison, Bernadette. Enfant, je me rappelle vendre des timbres spéciaux pour aider des camarades atteints à aller en sanatorium dans les Alpes (je suis de 1966).
De même, au début de ma carrière de professeur ou pour mes camps scouts, je passais régulièrement des radioscopies de poumons. Cela à cessé dans la première moitié des années 90, il me semble.
Je crois que ce refus de la mort vient du vide presque total de la vie chez nombre de nos contemporains. Cet été, j'ai été à un mariage d'une amie. Je me suis retrouvé le seul catho plusieurs jours au milieu d'une bande de trentenaires athées avec une belle part de lgbt...Pour de la périphérie, cela en a été...Et bien, j'ai quelques belles discussions sur la spiritualité, Dieu etc. Et ce qui m'a frappé, c'est l'angoisse qui imprègne leur vie. Certains le reconnaissent ouvertement, d'autres sont dans le déni et courent après qui la carrière, le consumérisme, les conquêtes, etc. Et ceux qui en parlent bloquent sur l'idée de Dieu car ils n'ont comme vision que celle d'un XIXe rance, un Dieu frappant la vie d'interdits, dogmatiques (au sens péjoratif), supérieur, dominateur. Le Dieu d'Amour, proche, miséricordieux, qui souffre et pleure avec nous, ils n'en n'ont jamais entendu parler! En gros, ils voient les chrétiens comme on voient les islamistes dans les médias...
C'est pourquoi le pape François qui parle sans cesse de la miséricorde et de la tendresse de Dieu est vraiment missionnaire dans son temps. Et les "chrétiens" qui brandissent anathèmes et interdits tout le temps devraient aller voir un psy.
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Écrit par : VF / | 22/04/2020

PSYCHOSE

> La grosse différence avec la grippe de 69 c'est qu'on n'avait pas des médias créant une psychose collective pour une légère surmortalité touchant surtout les personnes très âgées.
C'est le sens de la mort devenue inacceptable sauf si elle est décidée par l'homme (avortements, euthanasies).
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Écrit par : Ludovic / | 23/04/2020

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