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15/04/2020

Pâques singulières pour un étrange printemps

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Ma chronique à Radio Présence (Toulouse-Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne : retour sur le signe qu'ont donné au monde les cérémonies pascales médiatisées de l'Eglise catholique...


https://radiopresence.com/IMG/mp3/15042020_chroeco_airtem...

 

<<  Dans cet étrange printemps dont les plus confinés d’entre nous ont le spectacle de verdure et de soleil sans en pouvoir profiter plus, la semaine de Pâques permet de méditer sur un signe des temps : les cérémonies pascales de l’Eglise catholique, très insolites cette année parce que le public – croyant ou incroyant – ne les a connues que par la télévision et internet ; notamment les offices du pape en la basilique Saint-Pierre.  “Toutes ces cérémonies étaient très impressionnantes. Un curieux mélange d'inquiétude et de réconfort. Confiance dans la Providence !”, écrit un lecteur de mon blog.

Oui, très impressionnantes cérémonies… Et je pense aussi à celle de Notre-Dame de Paris pour le Vendredi Saint avec vénération de la Couronne d’épines du Christ : cérémonie relayée non seulement par KTO mais par des chaînes en continu comme LCI et BFM, et reprise en boucle par France Info. Pourquoi ce vif intérêt de médias grand public ? Parce qu’à Notre-Dame, l’archevêque de Paris a eu la très fine intuition d’accompagner la cérémonie, non seulement de pîèces de violon interprétées par Renaud Capuçon, mais de puissants textes de Péguy, Claudel, Marie-Noël ou Mère Teresa, dont la lecture fut confiée à deux acteurs célèbres : Philippe Torreton et Judith Chemla. Ni l’un ni l’autre ne passent pour croyants : or, dans cette cathédrale à ciel ouvert où règne une atmosphère prophétique, l’émotion des deux acteurs en lisant ces textes était si évidente qu’elle a frappé les téléspectateurs.

C’est sur ça que nous pouvons méditer. Quelques-uns d’entre nous, assez rares, ont commencé par tiquer sur le choix des acteurs : ils ont d’abord été surpris que l’archevêque de Paris n’ait pas fait appel, disaient-ils, "à des artistes catholiques". Mais cette première impression n’a pas duré : voyant que Philippe Torreton et Judith Chemla étaient touchés par quelque chose, eux-mêmes se sont laissés toucher.  Malheur à moi si je n’évangélise pas, dit l’apôtre. Evangéliser veut dire sortir, aller à la rencontre. Le texte mystique de Péguy sur la Couronne d’épines verdoyant au printemps ne laisse indemne ni celui (quel qu’il soit) qui le lit aux autres, ni celui (quel qu’il soit) qui entend cette lecture. C’est ainsi que circule l’espérance du salut. Et que circule d’abord la découverte qu’il y a quelque chose à espérer… C’est de cette découverte-là que le monde actuel a désespérément besoin : autant besoin que n’en avait le vieux monde antique au premier siècle de notre ère. Bon octave de Pâques, et à la semaine prochaine. >>

 

 

 

 

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Commentaires

L'EGLISE EST VIVANTE

> Bonjour Patrick et joyeuses pâques.
Désolé, c'est un peu la galère, cette "continuité pédagogique", entre stress et confinement.
Juste une question, aurais-tu les références des textes lus à Notre Dame ?
En tout cas, j'ai été effectivement surpris du choix des lecteurs mais très touché de leur émotion. Et cela montre une chose, l'Eglise est vivante. Elle sait s'adapter, vivre sa foi et témoigner malgré les circonstances. Non, elle n'est pas un club de vieux largués et refermés sur eux, habitée par le Christ, elle est là, ouverte et vivante.
Alléluia !
joyeuse pâques à tous, en retard, désolé.

VF


[ PP à VF – Je vais demander les références au service de communication du diocèse. Joyeuses Pâques différées ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : VF / | 15/04/2020

VRAI

> Vrai. Dommage que quelques-uns aient cédé au réflexe de pulsions agressives et essayé de démolir en tweets la belle cérémonie de Notre-Dame de Paris (en se disant grands cathos bien sûr). Comme si nous étions une de ces petites sectes qui ne veulent avoir affaire qu'à que leurs affidés.
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Écrit par : Rémi Borchardt / | 15/04/2020

LES TEXTES

> Les textes du Vendredi Saint lus dans la cathédrale :
https://fr.aleteia.org/2020/04/10/les-textes-lus-lors-de-la-veneration-de-la-couronne-depines-a-notre-dame/
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Écrit par : Pauline / | 15/04/2020

> C'est aujourd'hui le premier anniversaire de l'incendie.
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Écrit par : Pierrot / | 15/04/2020

> Merci beaucoup Pauline.
Et joyeuses Pâques.
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Écrit par : VF / | 15/04/2020

à Pierrot :

> Même Emmanuel Macron affirme « nous reconstruirons Notre-Dame en cinq ans » : tous les journalistes parlent de « reconstruction ». C'est un abus de langage : si reconstruction il y a, elle ne vise que la voûte (à hauteur de quinze pour cent), la charpente, la toiture et la flèche, le reste relevant non de la reconstruction mais de la restauration. M. Macron devrait dire « nous restaurerons Notre-Dame en cinq ans » ; or, une telle phrase impliquerait sans doute une flèche restituée à l'identique, ce qui ne semble pas être du goût du chef de l'État. On a vu ce que Pierre Paulin fit dans les appartements privés de l'Élysée, évitons qu'un tel écueil ne se reproduise à la croisée du transept de Notre-Dame...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 16/04/2020

FAIRE DE NOTRE-DAME UN MUSÉE ?

> https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Michel-Pastoureau-Il-faudrait-deconsacrer-Notre-Dame-transformer-musee-2020-04-15-1201089514

Nous y voilà ! Même Michel Pastoureau, que l'on avait pu écouter dans 'La foi prise au mot', en est à suggérer l'exécration de Notre-Dame. Il affirme l’impossible cohabitation des touristes et des croyants dans la cathédrale : la "solution de moindre mal", à ses yeux, reviendrait à attribuer aux seuls touristes (et derrière eux, aux tour-operators) l'intégralité du monument, au détriment des fidèles forcés de devenir touristes eux aussi. L'île de la Cité aurait deux de ses plus beaux exemples d'architecture religieuse (la Sainte-Chapelle et Notre-Dame) réduits à leur seul intérêt touristique. Pastoureau oublie de préciser que même le plus athée des touristes, en entrant dans une église, ne peut rester totalement insensible à la dimension spirituelle de sa visite (en cela, Michel Charasse qui refusait de pénétrer dans tout lieu de culte était logique avec lui-même). Faire découvrir Notre-Dame à un touriste chinois non catholique, c'est débuter un chemin d'évangélisation : démarche bien comprise par l'archidiocèse qui a créé, dans les chapelles latérales, un petit sanctuaire mexicain, puis plus récemment un autel dédié aux saints de Chine avec calligraphies au mur. Si Notre-Dame devenait une annexe du Louvre, cette dimension disparaîtrait : on visiterait la cathédrale comme on visitait ses tours, en n'ayant en tête que les gargouilles et Quasimodo.
Sachons opposer un non ferme à toute tentative d'exécration, qu'elle vienne du lobby LGBT, de hiérarques en tablier ou de médiévistes titrés !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 16/04/2020

à Philippe de Visieux :

> Les propos de M. Pastoureau semblent relever de l'à-quoi-bonisme ou de la lassitude : en somme, puisque certains entrent dans Notre-Dame pour des raisons purement touristiques et en ressortent avec les mêmes dispositions, autant tout laisser tomber, semble-t-il dire. Mais que serait une cathédrale qui deviendrait un musée ? Rien, en fait. Une réponse intéressante a été apportée à M. Pastoureau dans "la tribune de l'art" (voir lien ci-dessous).
Joyeuses Pâques à tous les lecteurs de ce blog (et à son auteur, bien sûr).

https://www.latribunedelart.com/deconsacrer-notre-dame-soyons-serieux-une-reponse-a-michel-pastoureau
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Écrit par : Sven Laval / | 17/04/2020

SENSUM FIDEI

Avant de lire la chronique de Patrice de Plunkett, j'ai écouté la chronique de France Culture sur la cérémonie de la vénération de la couronne d'épines. La chroniqueuse parlait de la messe de Pâques du vendredi (saint). Au-delà de la confusion liturgique (après tout excusable en ces temps troublés...), il y avait un sensum fidei et une espérance qui m'ont touchée. Je me suis dit que le sensum fidei populaire cher au Pape François existait dans nos vieilles nations chrétiennes déchristianisées.
https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/notre-dame-un-modele-de-resilience
Et du coup, j'ai regardé le documentaire sur France 2 "Sauver Notre-Dame" diffusé le 14 avril : Notre-Dame blessée et sauvée, prophétie de ce que vit l'humanité actuellement... On peut regarder le documentaire jusqu'au 14 avril.
Joyeuses Pâques, puisque ce jour dure une semaine...
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Écrit par : Véronique SM / | 17/04/2020

à Sven Laval :

> "Mais que serait une cathédrale qui deviendrait un musée ? Rien, en fait" : tout à fait d'accord avec vous.
On peut en trouver un exemple au château de Lunéville, récemment restauré : propriété du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, le bâtiment a retrouvé sa « chapelle », mais celle-ci est dorénavant transformée en salle de spectacles. Le lieu de culte est pourtant magnifique, réplique de son pendant versaillais ; les autorités départementales (dont beaucoup portent le tablier) n’ont pas daigné y réintroduire croix, autel, bénitiers, laissant l’estrade vide. Une visite il y a quelques années me fit découvrir ce lieu au son d’un « concert » de rock métal qui s’y donnait, là même où l’Eucharistie était jadis quotidiennement célébrée : devant une telle torture, autant ne plus parler de « chapelle » mais de salle polyvalente ! À titre de comparaison, l’exemple de la chapelle du musée d’Unterlinden à Colmar choque moins le fidèle que je suis : quoique la messe n’y soit plus célébrée, le retable d’Issenheim y a été placé en plein centre, respectant la dimension sacrée du lieu et permettant au touriste un recueillement qui n’est hélas plus possible à Lunéville.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 20/04/2020

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