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16/01/2020

Sur les prêtres mariés : la thèse du cardinal Sarah est "très discutable", son livre est une initiative "attristante"...

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...explique le théologien dominicain Jean-Miguel Garrigues :


<<  OPINION THÉOLOGIQUE DU Fr JEAN-MIGUEL GARRIGUES

De plusieurs côtés on m'interroge sur ce que je pense du livre sur le célibat sacerdotal signé par Benoît XVI et par le cardinal Sarah.

Je pense que le livre sur ce sacerdoce ministériel et le célibat représente une "sortie" de la part de ses auteurs, Benoît XVI et le cardinal Sarah, "sortie" que je considère comme malheureuse et attristante aussi bien sur la forme que sur le fond.

Quant à la forme, elle constitue indéniablement une pression sur le pape au moment même où celui-ci est en train de rédiger l'exhortation apostolique post-synodale à la suite du synode sur l'Amazonie. Or cette pression vient d'un pape émérite qui, au moment de renoncer à sa charge, s'est solennellement engagé à ne pas s'interposer dans le ministère de son successeur et d'un préfet de congrégation, c'est à dire d'un ministre du pape tenu à une loyauté envers lui tant qu'il reste en charge. L'un et l'autre auraient pu faire valoir leurs objections directement au pape et, à la rigueur, au collège cardinalice. Cette manière de prendre l'opinion publique à témoin, surprenante pour ne pas dire choquante en raison des engagements de ses auteurs, ceux-ci la fondent sur la gravité du danger que représente pour l’Église le fond de la question. En raison de celui-ci, ils assument le risque de diviser gravement l’Église.

Quant au fond la thèse théologique d'un lien "ontologico-sacramentel" entre le célibat et le sacerdoce ministériel est très discutable. Contrairement à ce qu'affirment les auteurs du livre, elle n'a jamais été tenue non seulement par la tradition des Églises orientales (orthodoxes et catholique), mais aussi par le magistère des papes récents comme le montre l'ordination de pasteurs protestants mariés entrés dans la pleine communion de l’Église Catholique de Pie XII à Benoît XVI compris. C'est donc une opinion d'école, à savoir de l’École française du XVIIe siècle, dont Maritain avait déjà montré la faiblesse doctrinale chez Bérulle (cf. son chapitre De l’École française dans son livre De l’Église du Christ: sa personne et son personnel).

Si on prend la Tradition dans l'ensemble de sa vie au cours de l'histoire de l’Église, il est clair que, s'il y a incontestablement une très haute convenance entre le sacerdoce ministériel et le célibat, en aucun cas cette convenance, aussi haute soit-elle, ne saurait constituer un lien nécessaire au point d'interdire un élargissement d'exceptions à la discipline du célibat dans l’Église latine. Toute autre chose est l'opportunité pastorale de cette extension, sur laquelle il est normal qu'il y ait des opinions prudentielles divergentes.

 

Fr. Jean-Miguel Garrigues, o.p. >>

 

 

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Commentaires

Mgr SARAH

> La position de Mgr Sarah se défend (il y avait d'ailleurs un très long passage sur le sujet, solidement argumenté, dans son livre 'Le soir approche et déjà le jour baisse') ; et il n'est pas le seul à défendre la valeur éminente du célibat sacerdotal. Une parfaite configuration au christ suppose la virginité perpétuelle, c'est clair... ce qui ne signifie pas pour autant que le sacerdoce et le mariage sont rigoureusement incompatibles. Bref.
Mais qu'est-ce qui lui a pris d'agir ainsi, en instrumentalisant le pape émérite ? Qu'espérait-il ? Là, il a tout gagné, je crois. La cause du célibat des prêtres est desservie et, surtout, le cardinal vient de "flinguer" bêtement ses chances de succéder à François lors du prochain conclave (qui pourrait s'ouvrir d'ici quelques semaines ou quelques mois, si les rumeurs relatives à une prochaine renonciation du pape se confirment). Tout cela m'attriste profondément. Je pense qu'il aurait fait un grand pontife. Francophile, ce qui n'aurait rien gaché !

Feld


[ PP à Feld – N'écoutez pas les rumeurs : d'abord il faudrait savoir qui les fabrique ; ensuite, l'existence d'un seul "pape-bis" provoque assez de troubles pour ne pas y ajouter un "pape-ter", ce qui d'ailleurs donnerait de l'Eglise une image bouffonne. La preuve est faite.
Quant à l'idée que Mgr Sarah aurait fait "un grand pontife", je ne la partage pas du tout. D'une part, parce qu'il ne faut pas confondre enfermement théoricien et spiritualité féconde. D'autre part, parce que la dernière action de ce cardinal (sous l'emprise d'un fabricant de bouquins) semble traduire une certaine fragilité. J'en suis navré pour sa ligue de supporters.]

réponse au commentaire

Écrit par : Feld / | 16/01/2020

LE P. GARRIGUES

> Merci pour cette réflexion du frère Jean-Miguel Garrigues, que je trouve assez juste et équilibrée sur le fond (je réserve mon jugement sur la forme, ne sachant quel est le rôle de chacun, et notamment de l’éditeur, sur la forme).
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 17/01/2020

UN ÉDITORIAL

> Je fais miens les propos de Jean-Pierre Denis dans son dernier édito de « La Vie » :
« L’esprit de faction, odieux sous Benoît, demeure odieux sous François. Diabolique – de diabolos, le diviseur. (…)
Au moment de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, celle des catholiques est mise à rude épreuve. Les peaux de banane succèdent aux coups tordus. L’avenir reste au pardon et à la charité. Et aussi à une certaine légèreté. Après tout, ni la lourdeur ni la rancœur ne sont des critères de catholicité. ­Disputons-nous, soit ! Mais ensuite détendons-nous, et allons nous réconcilier avec nos frères. C’est sur l’amour, a dit saint Jean, que nous serons jugés. »

MG


[ PP à MG – Certes : subjectivement, il faut toujours "se réconcilier avec nos frères". Mais toiut ne se ramène pas à notre subjectivité... Reste le contenu objectif d'un acte qui ne peut être passé sous silence : l'opération Diat-Fayard-Sarah constitue, très concrètement, un coup tordu pour gêner le pape au moment où il prépare un acte magistériel difficile. Nous ne nous tairons pas sur cela. ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 17/01/2020

à Feld :

> Le cardinalat implique un degré de responsabilité maximal à l'égard de l'Église universelle : avant de s'exprimer publiquement, un cardinal, qui plus est haut dignitaire de la Curie romaine, devrait s'interroger sur les conséquences de ses prises de parole.
Sarah est suffisamment intelligent pour comprendre qu'un tel livre publié avec Benoît XVI comme co-auteur de circonstance aurait déclenché six heures plus tard sur toutes les télés d'Extrême-Orient des gros titres du style "le pape giflé par son prédécesseur", suivis par d'autres polémiques sur la toile dans le reste du monde.
Quand on aime l'Église, on fait attention : la barque de Pierre est assez lourde pour ne pas en rajouter.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 17/01/2020

UN BON RÉSUMÉ

> https://www.letemps.ch/opinions/cardinal-sarah-pape-benoit-xvi-celibat-sacerdotal
Court mais bon article du 'Temps', qui résume la situation.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 17/01/2020

EX-'PAPABILE'

> D'une certaine façon, cette crise portera du fruit.
La mise en lumière de la vulnérabilité du cardinal Sarah à la manipulation ouvre les yeux de ceux des cardinaux électeurs qui auraient pu penser à lui comme papabile.

Bernadette


[ PP à Bernadette – Lorsqu'un homme est canonisé de son vivant par tout un milieu, ce n'est jamais bon signe. ]

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Écrit par : Bernadette / | 17/01/2020

TROP CLIVANT

> Ça se voyait depuis un moment, que Mgr Sarah était instrumentalisé. Il se rend compte qu'on l'utilise contre le pape, d'où ses protestations de fidélité, mais je ne pense pas qu'il se soit rendu compte qu'on le faisait agir contre lui.
De fait je ne pense pas qu'il était 'papabile', ou plus depuis un bon moment. Trop clivant, au moins depuis son appel à célébrer 'ad orientem'.
______

Écrit par : Edel / | 17/01/2020

Cher Feld,

> servir l'Eglise est un appel de l'Esprit Saint.
Le cardinal n'a pas à faire une "campagne" et il n'a pas de "chances" à défendre.
Et nous, nous avons à accueillir celui que l'Esprit nous donnera pour nous guider. Relis les actes des Apôtres, le passage où est choisi le successeur de Judas puis celui du choix des diacres. Dieu appelle et décide.
La question du célibat des prêtres et les déchirures qu'elle dévoile montre bien l'obsession sexuelle d'une partie des "fidèles"...A aucun moment le Christ n'en parle. Il appelle qui Il veut, des jeunes, des moins jeunes, des célibataires, des mariés...
Et pardonnez-moi, quand on se dit disciples du Christ et que l'on humilie une partie de ses serviteurs parce qu'ils sont mariés, un sacrement pourtant défendu par Lui... sérieusement, certains ont vraiment un examen de conscience à faire... ou suivre une thérapie, au choix.
Et je ne suis pas d'accord sur ce que tu appelles "une parfaite configuration au Christ". Tu fais quoi de Pierre ? Tu fais quoi de tous les saints mariés dont certains furent de très grands mystiques ?
Je pense que tout dépend de l'appel que chacun reçoit. C'est la rencontre, le dialogue entre le Christ et la personne, au plus profond de l'intime qui fait tout.
Au fait, on m'a dit récemment que le marié des noces de
Cana est l'apôtre Barthélémy. quelqu'un sait-il quelque chose là-dessus ?
______

Écrit par : VF / | 17/01/2020

DEUX CONCEPTIONS DE L'EGLISE

> C'était le frère libraire de l'abbaye de Sept-Fons qui m'avait conseillé le livre "Dieu ou rien" de Mgr Sarah. J'avais été attiré par ce titre qui dégageait un certain désir de radicalité évangélique. Alors j'ai commencé à le lire. Dans les premières pages, j'aimais bien son témoignage sur sa rencontre avec les missionnaires spiritains dans son enfance en Afrique. Et puis pendant tout le reste du bouquin, il ne fait que déplorer la banalisation de l'immoralité, le rejet par le monde du message de l'Eglise et le recul de la foi. J'ai fini le bouquin en me demandant à quoi rimait cette démarche. Comme si l'Eglise n'avait rien d'autre à proposer que des regrets amers. Surtout quand Nicolas Diat qui l'interviewait posait des questions dans lesquelles se trouvait déjà la réponse.
Quand je vois l'attitude de Mgr Sarah aujourd'hui, je commence à me demander s'il n'y a pas entre lui et François deux conceptions de l'Eglise :

– L'une de Sarah, qui consiste avant tout à se protéger. Cette conception attire certaines personnes blessées par les dérives post-conciliaires, ce qui a pu se comprendre dans les cinquante dernières années. Mais elle attire aussi ceux qui veulent faire de la foi le valet de leurs aspirations. Sous prétexte que les racines de la France seraient (j'emploie bien le conditionnel) exclusivement chrétiennes, le chrétien parfait serait celui qui se plie à leurs idées nationalistes, identitaires, maurrassiennes ou que sais-je. Et finalement, ce n'est pas Dieu qu'ils cherchent mais leur idéal politico-sociologique cent fois éculé. Une forme de chantage spirituel. D'ailleurs, ils sont nombreux sur Twitter à défendre le cardinal Sarah en allant chercher la vérité aux confins de l'erreur. D'autres ne se gênent pas pour parler du "pape Sarah" et de "l'imam François". Personne pour mettre Sarah face à ses contradictions patentes. Bonjour le scandale auprès des païens. Le Christ n'a-t-il pas proféré des paroles imprécatoires contre les auteurs de scandales ?

– L'autre conception de l'Eglise est celle du pape François, qui ne cesse d'appeler les chrétiens à "sortir vers les périphéries de l'existence". Certes, ce n'est pas une attitude de sécurité mais c'est la foi qui nous fait prendre une telle option. Comme aurait dit Jean XXIII (je ne retrouve plus la citation), nous ne sommes pas là pour garder la tombe des Apôtres mais pour marcher sur leurs traces.

Je ne doute pas de la bonne foi de Sarah. Il a le droit de défendre sa vision de l'Eglise et du sacerdoce. Cela fait partie du débat nécessaire dans l'Eglise. En revanche, il doit faire attention à ce que sa démarche ne serve pas de tremplin aux anti-François. L'affaire de son livre l'a mis en évidence.
______

Écrit par : Cyril B / | 17/01/2020

ENCORE UN

Encore un message de bergogliophobe (décidément notre loyauté envers le pape les exaspère !). Le voici, encadré d'astérisques et de guillemets, tel qu'il vient de nous être envoyé par "fredi" :

*** "et la tape sur la main et le visage haineux du pape place st pierre, ça témoigne de quoi ?
contrairement à ce que vous affirmez les églises orientales n'encouragent pas mes tolèrent le mariage des clercs (en l'excluant pour les évêques et les moines, par définition étymologique...).
Se servir de l'Amazonie pour faire avancer masquer ce débat est assez hypocrite.
fredi " ***


[PP à "fredi" :
1. Si haine il y a quelque part, c'est dans votre tête.
2. Vous n'avez même pas vu qui était l'auteur du texte sur les chrétiens d'Orient. Et vous n'avez pas compris ce qu'il dit.
3. Par ailleurs vous ignorez l'orthographe. Apprenez donc à lire et à écrire... ]

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Écrit par : fredi / | 17/01/2020

@ PP

> Il ne me paraît pas juste de mettre en cause la probité du cardinal Sarah.
Plus généralement, je trouve malsaine toute cette polémique sur une question somme toute secondaire puisque le célibat des prêtres, même s'il peut être signe d'une vie toute entière donnée au Christ (mais cela peut l'être aussi dans le mariage !), demeure une question purement disciplinaire.
Je ne pense d'ailleurs pas que le pape François soit homme à se laisser impressionner par cette polémique !

MG


[ PP à MG – Il ne s'agit pas de morale ni de mettre en cause une "probité". Il s'agit d'un fait : une étrange opération de médias et d'éditeur (Fayard via M. Diat), dont le pape émérite refuse la co-paternité, et dans laquelle le cardinal S. joue concrètement un rôle-clé. Peut-on imaginer qu'il ait joué ce rôle à son insu ? ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 18/01/2020

à PP

> Oui, on peut imaginer, le cardinal Sarah peut être naïf et avoir lui-même été manipulé par des groupes de pression se servant de lui dans son ardeur à défendre le célibat sacerdotal.
______

Écrit par : Michel de Guibert / | 18/01/2020

à Patrice et Michel de Guibert :

> Peut-être que Sarah est trop naïf, mais comment expliquer que Fayard ait pris la décision lourde de publier sous le nom des deux co-auteurs (avec Benoît XVI en premier) sans l'accord exprès du cardinal ?
Il s'agit en effet d'une question juridique que Fayard comme toute maison d'édition connaît parfaitement : en procédant au dépôt légal sous les deux noms, Fayard a dû s'assurer que les deux co-auteurs acceptaient la publication sous cette forme. Tout éditeur établit un contrat avec le ou les auteurs dont les clauses détaillent les modalités de la diffusion, les droits d'auteur, les frais éventuels : comment imaginer un instant, compte tenu des conséquences juridiques connues de Fayard en cas de violation des droits de propriété intellectuelle (comme c'est le cas puisqu'il y a eu atteinte au droit au nom du pape émérite), que cette maison d'édition se soit lancée dans une pareille entreprise sans l'accord écrit, ou à tout le moins verbal, du principal intéressé, le cardinal Sarah ?
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 19/01/2020

à Philippe de Visieux

> Je ne dis pas que le cardinal Sarah n'a pas donné son accord, mais je pense qu'il n'a pas vu de malignité à associer Benoît XVI qui lui avait envoyé une contribution.
Je suis peut-être naïf moi aussi, mais j'ai du mal à voir le mal partout !
C'est l'exploitation de tout cela qui devient malsaine.

MG


[ PP à MG – L'exploitation est médiatique et commerciale à l'origine : c'est là le vice intrinsèque à toute cette opération. Prendre l'opinion publique incompétente à témoin d'une question de haute ecclésiologie est, envers l'Eglise, un acte déstabilisateur en soi. Le devoir des deux signataires était de communiquer leurs réflexions au pape seul. D'autant que la vision du célibat sacerdotal exprimée par le cardinal Sarah est très controversée ! Il y a une irresponsabilité grave dans son attitude. Je dis cela en tant que fidèle entouré d'autres fidèles, tout aussi choqués que moi par le procédé, qui est trouble en liui-même. Si vous appelez ça "voir le mal partout", alors mettons le discernement en vacances et n'en parlons plus. ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 19/01/2020

RÉFLEXION SACERDOTALE

> Si, tout comme le sacerdoce, le mariage doit désormais s'interpréter selon le Nouveau Testament et si les deux états doivent être lus dans leur spécificité ; il s'ensuit alors que le sacerdoce et le mariage ne sont pas incompatibles sur le fondement ontologique du caractère sacerdotal - lequel ne communique pas au prêtre une essence mais des facultés sacrées -, mais en référence à la valeur d'un charisme particulier et à la discipline de l'Église latine en référence à ce charisme.
On sera reconnaissant à nos deux auteurs d'avoir mis en lumière la haute convenance de l'engagement au célibat des prêtres latins et d'avoir réaffirmé l'utilité pour l'Église d’une vie sacerdotale entièrement référée au ministère du Christ et réalisant à l'extrême sa donation sponsale à l'Église. Il est parfaitement exact de dire que l'existence réservée des prêtres latins manifeste à l'extrême un Autre, sa relation cultuelle avec le Père et sa relation salutaire et nuptiale avec son Corps qui est l'Église.
Mais cette existence réservée, en pleine syntonie avec la pratique du ministère sacerdotal, ne découle pas de l'ordination elle-même. Elle résulte d'un charisme qui permet à l'extrême de lire dans la pratique sacerdotale le Christ-Epoux qui en est la source et l'Epouse spirituelle qui en est le destinataire et comme le résultat. Comme l'Église appelle aux ordres dans les conditions qu'elle pose (l'ordination n'est pas un droit de la personne), elle peut très bien n'appeler aux ordres que les détenteurs de ce charisme accompagné et vérifié sérieusement. L’Église de droit propre latin le fait : c'est un bien précieux résultant d'un don inestimable. Des Églises de droit propre oriental ne le font pas, elles qui sont tout autant des Églises catholiques à part égale et entière.
De surcroît, une telle réflexion sur l’excellence de principe du célibat des prêtres ne saurait se nourrir d'une confusion entre la sainteté de l'ordination et celle de l'état de baptisés ou de l'état religieux. Si la distinction prêtre/religieux fut parfois invoquée pour amoindrir les exigences de la vie sacerdotale, elle continue de devoir exister pour éviter la confusion des états de vie et du sens des engagements. Saint Thomas d’Aquin distinguait à juste titre la profession des conseils évangéliques comme moyen de perfection du religieux et l’assomption du ministère pastoral dans la force de l’ordination reçue, comme moyen de perfection de l’évêque (ST 2-2, 184, 4). Ainsi la profession des conseils conduit-elle formellement à la sanctification de soi (même si elle rayonne sur les autres), tandis que la réception de l’ordination conduit formellement à la sanctification des autres (et à se sanctifier de cette manière).
L'ensemble de ces considérations justifie à mon sens plusieurs choses :
– l'Église n'a jamais consacré l'exigence de la continence puis du célibat des prêtres comme étant divinement révélée, par un acte du Magistère infaillible (qui ne peut être qu’universel, en vertu d’une déclaration définitive - solennelle ou non - du Pontife Romain ou du Collège des évêques).
– Il en résulte que l'exigence du célibat des prêtres relève à la fois de la reconnaissance ecclésiale d’un charisme reçu par les candidats et d'une pratique disciplinaire légitime. Il en résulte que l'Église n'est pas tenue à une observance absolue de cette règle qui, n'appartenant pas à la substance du sacrement de l'ordre, ne constitue pas une règle de droit divin, insusceptible de dispense et d'assouplissements.
– De fait, des assouplissements ont été actés, en général dans le cadre d'un retour de communautés ecclésiales (la TAC) ou d'Églises orthodoxes dans la pleine communion de l'Église catholique (l'Église roumaine au 16è siècle), sans oublier le traitement de cas individuels ni la permanence d'Églises orientales catholiques dans une discipline différente. Or, dans l'Église, l'assouplissement de règles renvoie à la nature de ces règles qui sont alors des règles de droit ecclésiastique, non des règles de droit divin pour lesquelles aucune dispense n'est recevable. S'agissant des retours d'Églises orthodoxes à l'Église catholique ou de la présence d'Églises orientales catholiques, sans doute eut-il été utile de tenir compte de l'égalité en dignité des Églises et des rites de droit propre consacrée par le Concile Vatican II (OE n°3), ainsi que de la situation actuelle d'Églises orientales persécutées...
– A ce sujet et dans ce livre, une dévalorisation affichée des pratiques légitimes de ces Églises d’Orient m'a profondément gêné.
De ces considérations, il résulte qu'un nouvel assouplissement, même très restreint, de la règle du célibat des prêtres latins requiert de toute façon la plus grande prudence. D'un côté il s'agit d'honorer un droit des fidèles aux sacrements (c.213), droit qui, à tort, a été nié dans ce livre. Je pense particulièrement au sacrement de pénitence, dont il n'est pas fait mention expresse, un sacrement qui concerne de très près le salut éternel des fidèles qui est la loi suprême de l’Église (c.1752).
D'un autre côté, il s'agit de ne pas risquer de prendre des décisions ecclésiastiques en réponse à des requêtes mondaines qui atteignent le corps épiscopal lui-même, et pas seulement de l'extérieur. La mondialisation idéologique existe, de même que le rationalisme et l’utilitarisme de l’Occident, et personne ne peut prétendre en être immunisé. Ce qui s’envisage en Amazonie ne peut s’abstraire de ce qui se passe en Allemagne. Le courant passe dans les deux sens : l’unité du corps des évêques est donc impliquée. Dans un acte grave relevant de la prudence, et quelles que soient les justes intentions et motivations, la question du contexte doit être sérieusement prise en compte.
Le « contexte » en question ne se limite d’ailleurs pas à des questions idéologiques ou théoriques ou ecclésiastiques ; il existe aussi des situations très concrètes et des réactions prévisibles de prêtres en situation de fragilité.
Comme finalement le Pontife Romain est jésuite, et qu'à ce titre il décide en personne sur la base d'un sentir spirituel, j’ose me féliciter du cri d'alarme motivé des deux auteurs de ce livre, cri d’alarme à mes yeux recevable (c.212§3 et c.375), mais ne constituant pas un achèvement théologique et canonique.
Quant à la forme, il est vrai qu'elle rend criante l'incongruité de la figure sentimentale du "pape émérite" à laquelle avait été attaché un devoir de silence surréaliste renforçant cette figure même.
Ainsi pourra-t-on d'abord s'en remettre à Dieu dans la prière et dans la prière pour le Pontife Romain ; de même pourra-t-on miser sur le caractère spirituel, imprévisible et très personnel du Pontife Romain en question (lequel peut et sait s'affranchir de la "synodalité" ou de la « subsidiarité » quand il l’estime nécessaire), afin que le sens et la règle de la réserve des prêtres latins pour l'exercice fructueux de leur ministère soient conservés dans un contexte problématique et que demeure l’unité de l’épiscopat autour de Pierre, fût-ce dans la douleur collégiale.
Pour des raisons et sur des fondements sensiblement différents, j'en arrive à la même conclusion pratique que nos deux auteurs : dans le contexte social et ecclésial actuel, il m’apparaît que la fermeture à toute évolution est pour l’heure une mesure prudente et nécessaire ; mais il incombera au pape François d'en décider.
Salvo meliori iudicio.
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Écrit par : Père Christian / | 20/01/2020

FAYARD

> Bon, je ne connais pas trop la législation dans ce domaine, mais comme le livre était annoncé depuis un bon moment aux USA, est-ce qu'il n'y a pas eu une proposition à Fayard de l'éditer en langue française. Fayard n'a peut-être pas pensé à vérifier que le dossier était régulier côté américain.

Bernadette


[ PP à B. – L'opérateur du livre est M. Diat, qui est français et travaille avec Fayard... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Bernadette / | 20/01/2020

SIGNE FORT

> Le célibat du prêtre est un signe prophétique fort s'il est vécu pour ce qu'il doit être, non une règle dont on pourrait s'affranchir, mais cette annonce : pour témoigner de l'amour fou de Dieu, je choisis de renoncer au plus beau des dons qu'Il pourrait me faire sur cette terre, une épouse et des enfants, parce qu'ainsi je proclame que Dieu est infiniment meilleur que le meilleur de ses dons et que lui seul peut réellement combler l'attente du cœur de chaque être humain.
Jésus disait bien que certains choisissaient d'être eunuques pour le service du Royaume (il y a ceux qui sont nés ainsi, ceux qui le sont par la faute des hommes, ceux qui choisissent de le devenir pour le Royaume).
Par ailleurs, le prêtre non marié est plus libre pour annoncer l'évangile. On peut plus facilement affronter une menace de mort envers soi qu'envers sa femme et ses enfants.
Mais il est vrai que le sacrement de l'ordre et le sacrement du mariage ne s'excluent pas par nature. Il y a peut-être dans l'Eglise en Occident une volonté égalitariste ? Pas normal que certains puissent avoir un sacrement de plus que les autres ! Plus sérieusement, le célibat a été instauré comme règle parce que dans la société civile du Moyen-Age, le fils reprenant la profession de père, des fils sont devenus prêtres sans avoir la vocation, ce qui était un sérieux problème. Etre prêtre n'est pas une profession qu'on endosse par pression communautaire, parce qu'on est le fils aîné du prêtre et qu'il faut assurer la continuité.
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Écrit par : Bernadette / | 20/01/2020

SUR LE FOND

> Sur le fond, je me permets de lister les questions principales soulevées par ce livre :
- le caractère ontologico-sacramentel du sacrement de l'ordre : son origine dans la notion même de caractère sacramentel, déjà affirmé en 2 Tim 1, 6 (dans le texte grec selon le P. Joseph Lécuyer, expert au Concile Vatican II).
- les effets de ce caractère : la collation d'une "potestas sacra" pour exercer les 3 charges fondamentales du Christ-Tête (ce sont les "munera") : enseigner, sanctifier, gouverner. Cette "potestas sacra" consiste en une "puissance active", c'est à dire en des facultés d'exercer le "ministerium" du Christ comme un "servitium" (le ministère du Christ comme un service). Ces facultés prises dans leur unité découlent de l'ordination elle-même qui en est donc la condition "ontologico-sacramentelle". Cependant, l'exercice légitime (et parfois valide) de cette "puissance sacrée" dépend d'une détermination canonique appelée "officium", qui renvoie à la l'exercice effectif et à la juridiction sur des fidèles. A ce niveau proprement juridictionnel, la faculté d'exercice ne découle plus de l'ordination reçue mais de la nomination par un autre ayant juridiction (l'évêque diocésain nomme un prêtre curé de la paroisse). Ainsi, l'évêque émérite conserve-t-il la "potestas sacra" d'exercer les 3 "munera" (il reste "évêque" pour toujours) mais n'est plus habilité juridiquement à l'exercer sur le diocèse dont il était "évêque diocésain".

- la conséquence pour le célibat des prêtres latins : le célibat des prêtres latins ne résulte en aucun cas du caractère sacerdotal comme l'effet de sa cause ; le caractère sacramentel ne saurait donc être son fondement "ontologico-sacramentel". C'est donc un abus de langage et de pensée que de l'affirmer.

- le siège du caractère sacramentel de l'ordre à l'origine d'une méprise : selon Saint Thomas d'Aquin (ST 3, 63, 4), le siège du caractère sacramentel (baptême, confirmation, ordre) n'est pas l'âme elle-même mais les facultés de l'âme. Celles-ci sont rendues capables d'exercer la triple fonction sacrée du Christ (prophète, prêtre, roi). Ontologiquement et à la différence du Christ, le prêtre n'est donc pas prêtre dans toute sa personne humaine. Une chose est d'affirmer que le prêtre engage toutes ses facultés humaines dans l'exercice de son ministère sacré (lequel résulte de facultés particulières), avec l'apport inestimable de son célibat (qui trouve son sens et son efficacité dans ce contexte); autre chose est d'affirmer que le prêtre devient ontologiquement prêtre dans son essence fondamentale, ce qui va à l'encontre de son essence humaine inamissible et première, ainsi qu'à l'encontre de la pluralité des conditions ontologico-sacramentelles dont il est porteur (il y en a 3 : baptême, confirmation, ordination). Dans ces conditions, par l'ordination, le prêtre cesserait d'être un homme ; il cesserait aussi d'être baptisé et confirmé. Par cette étrange processus de corruption et de génération, dans son être fondamental et essentiel, il ne serait plus "que prêtre" par son ordination. Une telle doctrine emporte une autre conséquence : la confusion entre l'ontologie du Christ et l'ontologie du prêtre. Moralité : s'agissant de la condition des prêtres, la notion "d'ontologie" est à manier avec des pincettes et à ne pas attribuer indifféremment au caractère sacramentel et au charisme du célibat.

- la fonctionnarisation du clergé : elle ne découle pas de la description ecclésiale des conséquences de l'ordination (la collation de fonctions sacrées), mais d'une désacralisation de l'ordination elle-même dans un contexte de désacralisation de la Parole de Dieu, qui devient alors un pur objet de "libre pensée". Dans ce contexte il y a évidemment la pression pour "le mariage des prêtres". Cependant, il ne faut pas confondre l'appréciation d'un contexte délicat avec une réflexion fondamentale sur l'essence de ce qui est.

- le fondement ontologique du célibat : il ne se trouve pas dans l'ordination, mais dans un charisme conféré par Dieu en vue d'un exercice radical du ministère de prêtre exercé dans la force de l'ordination.

- le caractère formellement disciplinaire d'une exigence de l'engagement des prêtres latins au célibat (avec la continence perpétuelle qui y est attachée). Dans le cas contraire, tout assouplissement porterait atteinte à la substance du sacrement de l'ordre, en infidélité radicale (et hérétique) à la Parole du Christ. Cela signifierait que l'Église catholique s'est souvent montrée hérétique au cours de son histoire et de l'histoire de Papes très différents mais présumés catholiques. Aucun acte définitif du Magistère universel de l'Église n'a jamais reçu cette position.
A moins d'entrer dans des procès d'intention, l'affirmation de ce caractère disciplinaire ne conduit pas par lui-même à minorer l'excellence d'un charisme ni sa haute convenance avec l'exercice du ministère sacerdotal. D'un point de vue canonique, la pratique de l'assouplissement des règles (la dispense) implique un jugement sur la nature de la règle, à savoir qu'elle n'est pas de droit divin mais de droit ecclésiastique. Cela n'empêche pas, bien au contraire, d'apprécier l'origine sacrée du célibat (un charisme divin), ni de situer le célibat dans un rapport étroit avec la réception et l'exercice de l'ordination, qui sera de ce fait un rapport de haute convenance.

- L'égalité en dignité des Églises catholiques de droit propre différent : on la trouve déjà chez Léon XIII, qui avait estimé que l'unité de foi pouvait coexister avec des traditions rituelles (liturgiques, mais aussi disciplinaires) différentes. Cela nous conforte sur l'égale dignité de ces Églises (Vatican II, OE n°3) et sur la nature formellement disciplinaire de l'engagement au célibat des prêtres de droit propre latin. En parlant de la discipline de ces Églises, on parle de la qualité de ces Églises et on compromet les relations avec ces Églises qui sont tout autant catholiques que l'Église de droit propre latin, à laquelle j'appartiens. Le Saint-Esprit y étant pour quelque chose, l'unité n'est pas l'uniformité.

- la balance à exercer entre les droits des fidèles et le contexte de leur exercice : le droit des fidèles aux sacrements (c.213), le salut des âmes comme loi suprême de l'Église (c.1752) ; mais aussi le contexte de désacralisation en Occident, le contexte des situations délicates de prêtres, le caractère mondial de l'Église (Amazonie et Allemagne, dans les deux sens) et de la communion du Collège des évêques autour de Pierre.

- Comme je l'ai affirmé, dans un jugement personnel prudentiel et respectueux, je ne suis pas favorable à une ouverture disciplinaire, en quelque lieu que ce soit, en raison du contexte socio-ecclésial dont j'ai parlé. Il m'appartient alors de prier pour le Pontife Romain François à qui incombe un discernement en vue d'une décision.

- J'ai tenu à ne pas m'exprimer sur le contexte de parution du livre. L'histoire se chargera elle-même de résoudre ce problème, un problème essentiellement de vérité.

- Pour nos deux auteurs, j'estime qu'ils se sont exprimés en respect des c.212§3 et 375, et que leur intervention risquée était nécessaire dans un contexte d'actualité. Dans l'exercice de leur droit/devoir, la difficulté persistante découle cependant de cette dénomination de "Pape émérite", canoniquement incongrue et vraisemblablement fondée sur une erreur théologique, à savoir la confusion entre le caractère sacramentel et l'office. Le sentiment n'est pas toujours une bonne source théologique et canonique. Et pour le reste, avec l'aide de Dieu, on verra.
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Écrit par : Père Christian / | 20/01/2020

QUESTION

> Questions au père Christian (avec force guillemets, vu mon incompétence) : la dérive qui consiste à voir de l'« ontologico-sacramentel » dans la règle du célibat ecclésiastique ne participe-t-elle pas du « cléricalisme » dénoncé par le pape François ?
Pour illustrer mon propos : ne devrions-nous pas réviser en profondeur certaines « antiennes » pieusement servies aux fidèles dans cet ordre d'un « ontologico-sacramentel » quelque peu « divinisateur » du prêtre ; ainsi par exemple, de la fameuse formule propagée par le bienheureux Antoine Chevrier, prêtre lyonnais fondateur du Prado : « Le prêtre est un homme mangé »… ? (car enfin, si le prêtre agit « in persona Christi », celui qui, dans l’Eucharistie, est « mangé », c’est bien Jésus, et non le prêtre par lequel se perpétue le mystère de sa divine Présence au milieu de nous ?).

Écrit par : Denis / | 20/01/2020

LES DEUX SACERDOCES

> Bonjour,
Il me semble que les tria munera (fonctions de prêtre, prophète et roi) sont attachées au sacerdoce commun (= baptismal), donc pas spécifiquement au sacerdoce ministériel (= hiérarchique).
L'articulation entre sacerdoce baptismal et ministériel est donc d'abord interne (puisque tout prêtre est d'abord baptisé), mais il est aussi externe entre laîc et prêtre.
Pour que les deux sacerdoces soit ordonnés l'un à l'autre, il faut donc une catabase (abaissement) du sacerdoce ministériel et une anabase (montée) du sacerdoce baptismal, même si la phrase de Lumen Gentium §10 n'est pas forcément claire (en tout cas, elle est toujours débattue) : "Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ".
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Écrit par : Antoine D. / | 20/01/2020

CONFIGURÉ AU CHRIST

> Le prêtre est un homme mangé.
C'est une formule qui doit effectivement être comprise correctement.
Le prêtre est appelé à se conformer au Christ. De même que le Christ était disponible à tout appel, ainsi doit être Son disciple. (Si quelqu'un te demande de faire un kilomètre avec lui, fais-en deux). Mais cela doit être ancré dans une intense vie de prière (telle était celle de Jésus) sinon vient l'activisme et le dessèchement du cœur. Et quand on marche vraiment avec le Christ, vient la tentation de l'orgueil : croire que ce que l'on a réussi vient de soi, et non de l'action de Dieu à travers soi.
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Écrit par : Bernadette / | 22/01/2020

LE PRÊTRE ET LE BERGER

> Il y a une différence de degré entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidèles dans le sens ou le sacerdoce ministériel vient se rajouter au sacerdoce commun des fidèles : l'homme appelé à devenir prêtre est d'abord un baptisé qui a à répondre de ce sacerdoce de baptisé.
Les deux sacerdoces ont une différence essentielle de la même façon que l'homme et la femme ont entre eux une différence essentielle.
Pourtant l'homme n'est pas supérieur à la femme (ce que d'aucuns ont pas mal cru par le passé et que d'autres croient encore de nos jours), non plus que la femme n'est supérieure à l'homme (une "théorie" fort à la mode à l'époque actuelle mais qui a probablement existé dans un lointain passé). La nature, qui expose à la science qu'un nouvel être nait de la rencontre d'un gamète mâle et d'un gamète femelle mais jamais de la rencontre de deux gamètes de même sexe le proclame hautement.
De même le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidèles sont complémentaires. La communauté chrétienne porte le prêtre dans son sacerdoce tout comme le prêtre porte et dirige la communauté chrétienne.
Si le prêtre croit être le chef qui doit tout diriger et décider parce qu'il a reçu l'onction, au lieu d'être attentif aux besoins des fidèles, il n'est pas dans son rôle. C'est comme le rôle de berger. Le berger n'a pas à décider : aujourd'hui je mène le troupeau à tel pâturage, départ à telle heure, arrivée telle heure, descente au ruisseau à telle heure. Il a vu qu'il fallait aller à tel pâturage parce que les autres sont épuisés, d'accord. Mais le départ devra peut-être être retardé pour attendre que le soleil soit plus haut levé car un vent glacial souffle qui serait préjudiciable aux agneaux encore fragiles. Ou encore il faudra descendre plus vite au ruisseau car la journée est très chaude et il n'y avait pas de rosée sur l'herbe. Les animaux les plus fragiles sont déjà en souffrance. Le berger doit être à l'écoute de son troupeau. Il ne doit pas dire aux agneaux : sortez immédiatement de la bergerie et cessez de trembler ni aux brebis malades : vous boirez plus tard,à l'heure que j'ai choisie, pour le moment mangez.
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Écrit par : Bernadette / | 22/01/2020

"MANGÉS"

> Merci à Bernadette pour ses observations sur le prêtre, "homme mangé".
Dans cet ordre d'idées, j'ai été confronté - comme laïc engagé dans une action pastorale –,à un curé qui s'abstenait de me répondre ou justifiait son manquement à diriger cette action pastorale au prétexte qu'il était déjà surbooké et ne dormait que cinq heures par nuit.
Pour ma part, je ne veux pas être dupe du "curé manageur" qui se cache assez souvent sous "l'homme mangé".
Chacun l’aura compris : le propos du père Chevrier est mystique ; mais s'il trace une ligne, montre un but, celui de la sainteté du pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, il ne saurait concerner seulement, à la suite de Jésus-Christ, les prêtres et religieux(ses), mais englobe de mon point de vue tout fidèle laïc désireux d'accomplir pleinement sa vocation.
De fait, pourquoi le prêtre seul serait-il
 « mangé » ? Pourquoi les « managés » ne seraient-ils pas mangés, eux aussi, avec leur « manageur » ? Après tout, des « brebis », nous en avons tous à notre garde, à la mesure de notre vie familiale et sociale, et de son témoignage évangélique…
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Écrit par : Denis / | 22/01/2020

Merci Bernadette

> ...pour votre excellente description du BON berger, mais combien dans nos villes ont-ils connaissance de la vie pastorale et ne connaissent du mouton que le morceau présent dans leur assiette (et encore faudrait-il qu'ils soient capable de distinguer de quel animal la viande provient).
Pour ceux-ci, et être encore plus explicite, peut-être peut-on ajouter/souligner que le bon berger ne s'appuie pour ses décisions sur aucune moyenne chiffrée issue d'un tableur excel (ou autre), mais uniquement sur son attention (le bien être) de chacune des bêtes de son troupeau. Et on pourrait noter aussi qu'il n'exerce jamais seul mais s'appuie sur de fidèles serviteurs (que sont ses chiens) qui l'aident à diriger et protéger son troupeau.
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Écrit par : franz / | 22/01/2020

@ Bernadette et Denis

> vos développements sur le prêtre "homme mangé" me ramènent à une lointaine conférence que j'avais faite sur la vocation de la femme.
J'y parlais de la vocation de l'homme résultant de sa prise de conscience, par la contemplation de la femme, de ce que, contrairement à ce que donne à voir son corps, il est construit sur un manque et une impuissance: manque d'un lieu organe"nid" pour accueillir la vie en gestation, impuissance à donner sa chair et son sang naturellement par la maternité, depuis les premières règles de la toute jeune fille dont le corps apprend déjà à se donner, parfois dans la douleur, jusqu'à l'allaitement où le corps se fait nourriture pour l'enfant.
De la prise de conscience de ce manque et de cette impuissance naît d'un même mouvement son amour de reconnaissance pour la femme qui lui donne de devenir père, et la découverte de sa vocation profonde, qui est aussi dans le don charnel de sa personne, mais à inventer d'une façon culturelle, là où la nature indique à la femme sa vocation oblative.
D'où, dans nos cultures traditionnelles: comme on glorifiait la maternité, on glorifiait le sacrifice du soldat qui offre sa vie, son sang par les blessures au combat, son corps en rempart, pour le pays; d'où la vie du prêtre qui, par le sacrifice de la messe, coeur de sa vie sacerdotale, rappelle à tous le don de la chair et du sang du Christ pour la multitude.
(peut-être ce qu'obscurément recherchaient nos ancêtres anthropophages?).
Et comme le premier grand marial, c'est Jésus, je ne doute pas qu'il ait trouvé sa mission sacerdotale dans la contemplation de l'humble quotidien de sa mère, toute donnée, chair et âme, le tablier à la ceinture, le pichet à la main, à nourrir et abreuver la tablée de la maison.
Etre ainsi mangé est alors tout le contraire d'être "dévoré", puisque qu'on ne devient pas ce qui nous dévore malgré nous: au sens propre le chrétien dans l'arène ne devient pas chair et sang du lion, au sens figuré nous ne sommes pas vidés de nous-mêmes par nos enfants ou vampirisés par notre paroisse, mais c'est ceux à qui nous nous donnons en nourriture qui, par la communication du mystère eucharistique, deviennent à leur tour l'alter Christus que nous sommes alors: ma famille, mes paroissiens, mes malades, tous ceux à qui je me donne librement, par amour ("Ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne"), par qui je me laisse "manger", deviennent par mon don in persona christi à leur tour alter Christus.
C'est ainsi que le mystère de l'Incarnation s'étend à la Création toute entière, sans que nulle créature ne soit engloutie-anéantie dans la bouche terrifiante d'un Léviathan, mais chacun par transsubstantiation devenant hostie vivante et unique: deux natures en un seul corps, et par la communion des saints, tous les hommes un seul Corps du Christ étendu à l'humanité toute entière, et même à la Création toute entière. Voilà comment je comprends "être mangé".
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Écrit par : Anne Josnin / | 22/01/2020

PAS ÉVIDENT

> A propos du comm' de "fredi" (rapporté sous "ENCORE UN")...
Il me semble que le message ("> et la tape sur la main et le visage haineux [...] faire avancer masquer ce débat est assez hypocrite.") n'est pas de lui. "fredi" ne l'avait que cité (fautes d'orthographe incluses). Sans l'approuver. Bien au contraire, puisqu'il l'a introduit en s'affirmant loyal au pape ("un message de bergogliophobe (décidément notre loyauté envers le pape les exaspère !)")

F.


[ PP à F. – Pas évident à la lecture... Et l'intéressé n'a pas rectifié. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Fondudaviation / | 22/01/2020

RÉPONSES

> Merci pour quelques questions
1. A mes yeux, le fait de faire découler le célibat du sacerdoce comme la conséquence nécessaire d'une cause "ontologico-sacramentelle" constitue une erreur théologique qui confond les dons de Dieu, et rend de ce fait moins lisible la spécificité du sacrement de l'ordre qui marque de la même façon l'ensemble des prêtres, qu'ils soient célibataires (dans l'Église catholique de droit latin) ou parfois mariés (dans la plupart des Églises catholiques de droit oriental, et chez les anglicans et autres protestants passés au catholicisme). Bien entendu, le célibat consacré à l'exercice du ministère a une haute convenance avec la réception de l'ordination sacrée. Ce n'est pas seulement l'accessoire qui suit le principal, comme on dit en droit.

1. Il faut d'abord savoir ce qu'est l'ordination sacrée. C'est l'acte liturgique par lequel Jésus-Christ, par le moyen de l'Église, confère trois facultés à un homme pour qu'il exerce trois charges qui résument la mission de salut que le Christ continue d'exercer à l'égard des hommes, qu'ils soient réunis ou à réunir dans Son Église : enseigner, sanctifier, gouverner. Ces 3 facultés et charges sont communiquées à tous les baptisés ; mais elles sont communiquées une nouvelle fois et par un autre sacrement (l'ordre sacré) à ceux qui doivent les exercer cette fois envers l'Église prise comme un tout. En exerçant ses facultés, la personne ordonnée pose des actes salutaires ; mais encore, elle représente le Christ, comme Tête et comme Epoux de l'Église. Ce n'est pas de l'orgueil mal placé, c'est la résultante de ce que le Christ a voulu et veut, pour poursuivre Sa propre mission dans l'histoire à travers ses prêtres. Et il n'y a ici aucun motif de "cléricalisme", selon l'expression chère à notre Pape François :

D'abord, l'exercice des 3 facultés sacrées se réfère au Christ et au Sacerdoce du Christ (dans l'épitre aux Hébreux, le Christ est prêtre par l'offrande qu'il fait de lui-même en entrant dans le monde). A ce sujet, Benoît XVI et le Cardinal Sarah ont profondément souligné la nécessité de comprendre le Christ et les prêtres du Nouveau Testament à travers la catégorie du Sacerdoce nouveau (l'offrande salutaire que le Christ fait de lui-même, service de culte au Père et de salut pour les hommes). Et ils ont bien fait, car le risque pour les prêtres (et pour tant d'autres) est de comprendre le ministère de prêtre comme une fonction socio-caritative ou un "boulot" à temps plus ou moins partiel, finalement profane (c'est à dire déconnecté de la Révélation divine et de la tradition catholique qui comprend évidemment des activités et une doctrine sociales). C'est en raison de l'origine sacrée de leurs facultés et charges et de leur finalité salutaire qu'avec nos deux auteurs je soutiens le vocabulaire du "sacerdoce" pour parler des prêtres et de leur ordination.

Ensuite, l'exercice des facultés et charges spécifiques de la personne ordonnée ne peut ni se vivre ni se comprendre sur une île déserte, mais dans une relation vivante avec le corps des personnes ordonnées (avec en tête l'évêque du diocèse et l'évêque de Rome) et avec le corps de l'ensemble des baptisés, qui sont tout à fait capables de nous enseigner et même de nous reprendre, ceci de multiples manières. Ca fait du mal au cléricalisme et du bien à l'humilité. Ca commence par reconnaitre les facultés et charges qu'ils ont reçu par leur baptême et par leur permettre de prendre leur place dans le service du Christ et de l'Église qui est l'Epouse.

Ensuite, le mariage selon le Nouveau Testament est lui-même un sacerdoce (un exercice éminent du sacerdoce commun, consacré entre baptisés par un sacrement qui représente efficacement l'union du Christ et de l'Église dans un couple composé de l'homme et de la femme qui deviennent une seule chair). Voir Ep 5. On y trouve tout : le Christ et l'Église, l'homme et la femme, et la vie morale qui va avec : celle du don, du service et du sacrifice mutuels.

Enfin, le cléricalisme est impossible parce que les prêtres sont des hommes pécheurs, et que l'orgueil, qui est la racine de tous les péchés, est cette horreur qui consiste justement à rejeter le sacerdoce, à savoir : le culte de Dieu et l'offrande de soi en vue de la croissance intégrale des autres.

2. On peut alors comprendre la nature et la vérité du célibat exercé dans le cadre de l'exercice des facultés et fonctions sacrées. La nature, ça vient de la naissance. Or le célibat ne naît pas de l'acte sacramentel de l'ordination ni de la grâce sacramentelle de l'ordination. En régime chrétien, la grâce précède et accompagne les engagements. Autrement, il est impossible de les vivre bien longtemps et avec la même qualité. Ne résultant pas de l'acte de l'ordination, le célibat n'est d'aucune façon une conséquence "ontologico-sacramentelle" du sacrement de l'ordination. En philosophie, les mots ont un sens, en particulier le vocabulaire de la causalité efficiente. Le célibat consacré (à l'exercice des facultés et charges du prêtre) est une grâce que le Christ donne à ceux qui sont appelés à le représenter dans l'exercice de ces charges à l'égard de son épouse qui est l'Église. Elle est en forte convenance avec l'exercice des ordres sacrés. Mais elle relève du "choix de Dieu" sur une personne, pour la disposer à recevoir l'ordination dans une portion de l'Église dans laquelle c'est la tradition de l'exercer dans le célibat, en représentation "criante" de la présence de l'Epoux et de la nature spirituelle de l'Epouse.

Je pense enfin que le Concile a consacré l'égalité en dignité des Églises catholiques et de leurs disciplines différentes. Il faut faire attention en parlant des Orientaux. Cela ne relève pas d'abord de la politesse mais d'un regard de foi dans le Saint-Esprit. En effet, l'Église ne résulte pas d'un diktat disciplinaire fût-ce en provenance du Christ, mais du Saint-Esprit qui est le Don et qui fait résulter la catholicité de l'Église d'un échange des dons entre des portions d'Église qui, comme l'avait dit Léon XIII à propos des Orientaux catholiques, portent toutes la même foi tout en ayant des patrimoines différents. C'est le même raisonnement qui avait été avancé par le Siège apostolique lorsqu'il s'était agi d'accueillir les groupes d'anglicans avec leurs prêtres, qui avaient alors été ordonnés dans l'Église catholique. Et ceux qui étaient mariés furent eux aussi ordonnés, tout en usant saintement de leur mariage, sans qu'aucun interdit d'ordre "ontologico-sacramentel" ne vienne les perturber dans l'exercice de leur ministère ni dans leur vie de couple marié "dans le Seigneur".

Tout en souhaitant qu'un discours plus achevé continue de parler de ces choses qui sont profondes et belles, et interdisent de faire de la Révélation une "libre-pensée" et de l'Église une ONG séculière (les deux vont ensemble et le mariage des prêtres va avec) ; je souhaite cependant et pour ma part, dans le respect du pape François et dans la prière à ses intentions, que l'ordination de personnes mariées (diacres ou non) reste clairement fermée dans cette part de l'Église appelée "latine", en respect de la beauté et de la fécondité de cette tradition qui lui est propre et qui constitue le trésor spirituel et humain de ses fidèles et de ses prêtres.
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Écrit par : Père Christian / | 22/01/2020

@ Anne Josnin

> En résonance avec ce que vous dites sur le don de la chair et du sang, ‘Lumen Gentium’ nous éclaire. Le don total de nous-même est inscrit dans le « sacerdoce commun » reçu au baptême. Chaque baptisé est consacré « pour être une demeure spirituelle et
 un sacerdoce saint, de façon à offrir, par toutes les activités du chrétien, autant d’hosties spirituelles, en proclamant les merveilles de celui qui, des ténèbres, les a appelés à son admirable lumière (cf. 1 P 2, 4-10). » Le texte insiste (LG 10) : « (…) tous les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu (cf. Ac 2, 42-47), doivent s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu (cf. Rm 12, 1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et rendre raison, sur toute requête,
 de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle (cf. 1 P 3, 15). »
C’est dit : des « hosties spirituelles » aux « victimes vivantes », nous avons bien vocation à être « mangés ». Un peu plus loin, ‘Lumen Gentium’ précise la portée de cette vocation sacrificielle : « Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans 
le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent
 à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective. » Ici, chaque mot a son importance. Dans ce qui est attendu des laïcs – et aussi 
du prêtre, même si cela n’est pas dit – l’un de ces mots, « renoncement », peut interpeller. L’expression vient de l’évangile de Matthieu (16,24) : « Alors Jésus dit à ses disciples : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.” »

Tout bon théologien vous le dira : il s’agit de renoncer aux « œuvres mortes »
 du péché, pour embrasser la réalité
 « céleste » de notre condition à la suite du Christ ressuscité, en étant « dans »
 ce monde, mais pas « du » monde.
______

Écrit par : Denis / | 23/01/2020

LA LOGIQUE DE L'HUMILITÉ

> Plus j'y pense, plus il me paraît impossible que notre pape “jésuite et franciscain” bascule lui aussi dans le célibat ecclésiastique considéré comme “ontologico-sacramentel” voire dogmatique…
Bien au contraire, la logique du pontificat de François, en bon “serviteur des serviteurs” ne devrait-elle pas l'amener à poser les gestes de la plus grande humilité ? Et, notamment, à renoncer à toute primauté de juridiction sur l'Eglise universelle, au sens où l'entend l'Eglise orthodoxe qui estime que l'apôtre Pierre n'a pas reçu de pouvoir de juridiction sur tous les apôtres hors la responsabilité de les “affermir”, et en tire toutes les conséquences ?
Il resterait aux successeurs de Pierre… et de François à offrir au monde le plus important, la priorité des priorités qui est aussi la “der des der”, la grâce suprême… Il leur resterait à vivre jusqu'au bout le charisme que Jésus le Christ a mis entre les mains du chef et prince des apôtres, qui est de “lier” son Eglise “sur la terre” comme “dans les cieux” (Mt 16, 18-19) pour lui donner corps glorieux. Qui est de remettre à son Seigneur ce qu'Il a lui-même annoncé : une Eglise affermie, liée… enfin unie et “une” pour l'éternité !
______

Écrit par : Denis / | 23/01/2020

à propos de "PAS ÉVIDENT"...

> En effet, je rejoins votre réponse dubitative : j'ai été "enduit d'erreur" par la présentation inhabituelle (de votre part) du comm' de "fredi".
En général, vous citez les comms' en les introduisant par le signe " > ", puis vous reportez votre réponse (ou commentaire) à la fin, sous la forme : [ PP à F. – ...].
Or, pour "fredi", vous lui avez directement répondu, avant même de le citer. J'ai pris votre introduction comme étant de lui.

Logique, donc, qu'il n'ait pas réagi ni rectifié.

F.


[ PP à F. – Seuls les plus beaux échantillons de logorrhée bergogliophobe ont droit à ce traitement "'entre lame et lamelle". Il consiste, entre autres, à ne pas les faire précéder du signe > qui introduit les commentaires dignes de ce nom.
Mais je tiens compte de votre observation et modifie la présentation de "fredi" en l'encadrant d'astérisques : ***
Ainsi ce sera plus clair. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Fondudaviation / | 23/01/2020

À LIRE DANS 'LA CROIX'

> https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Croient-ils-vraiment-cest-lordination-dhommes-maries-mettre-danger-lEglise-catholique-2020-01-30-1201075197

Remarquable article du frère Éric Tillette de Clermont-Tonnerre, o.p.
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 30/01/2020

HYPOTHÈSE

> Juste pour comprendre : si le Siège apostolique s'oriente vers une formulation qui permet de généraliser une pratique qui sera dans une premier temps limitée à un territoire immense mais quasi vide (dont il est bon en effet de ne pas oublier qu'il a aussi droit d'être rapproché du bon Dieu), que penser du rappel de l'impossibilité de prévoir des entorses à la discipline en vigueur dans l'Eglise latine ?
J'ai du mal à comprendre comment ce qui a été tenu pour impossible jusqu'ici serait subitement la voie à suivre.
Eclairez-moi.

belisaire


[ PP à 'belisaire' – Comment pourrait-on vous "éclairer" sur une simple hypothèse ? Cessons de spéculer dans le vide et attendons le document du Magistère pontifical. ]

réponse au commentaire

Écrit par : belisaire / | 03/02/2020

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