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09/12/2019

Réflexions chrétiennes et mouvement social actuel

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(Logo du 'Catholic Worker' de Dorothy Day à New York en 1933)

Ma chronique de Radio Espérance (Auvergne Rhône-Alpes) :


https://player.radio-esperance.fr/?radio=antenne-principale&media=audio&option=reecouter&date=1575874254&id=466875

 

<< La colère sociale de grande ampleur qui secoue la société française est interprétée de façon contradictoire selon les opinions et les milieux sociaux. Mais quand un million de gens sont dans la rue, quand le mouvement de grève déborde des fonctionnaires vers les salariés du privé – chose rare dans notre pays –, c’est qu’objectivement il se passe quelque chose et qu’on ne doit pas le réduire à quelques idées simplistes.

Nous n’allons pas ici débattre de la retraite par points ou par répartition. Ni nous demander (même si la question semble vraiment se poser) si tout ça n’a pas pour but de pousser de gré ou de force les citoyens vers les fonds de pension et autres produits financiers : solution dont les Français se méfient plus que les Américains, peut-être à juste titre si l’on se souvient de 2008.

Ce dont on doit aussi parler dans une radio chrétienne, à propos de cette crise, c’est de l’aspect psychologique et moral de ce qui se passe actuellement dans l’Hexagone. Tous les commentateurs en conviennent, le mouvement social auquel nous assistons est le résultat de multiples colères (les hôpitaux, le sentiment d’abandon des habitants de nombreux territoires, etc) : colères qui convergent avec l’inquiétude pour les retraites.  Tout le monde sait qu’il faut faire évoluer le système des retraites ; mais les sondages montrent que les gens ne font pas confiance au pouvoir politique actuel pour concevoir et mener cette évolution.

Pourquoi ce manque de confiance ? Parce que beaucoup de Français ont l’impression que la classe politique vit et fonctionne loin de la société réelle (depuis longtemps, mais aujourd’hui de plus en plus).

Cette impression a déclenché l’an dernier le mouvement des gilets jaunes. L’impression est partagée aujourd’hui par les milieux professionnels les plus divers : le monde médical et hospitalier, le monde scolaire et universitaire, etc.

D’où le mouvement social actuel, qui inscrit le problème particulier de la réforme des retraites dans le contexte général d’une crise de confiance. Quand on en arrive à ce niveau de crise, les gouvernements sont souvent désemparés. Ils savent ne pas pouvoir s’en tirer avec les facilités qu’ils utilisent en période de calme : continuer à parler de "pédagogie" et de "communication" ne ferait qu’aggraver le dialogue de sourds.

C’est pour nous tous le moment de réfléchir à l’idée de bien commun de la société, idée perdue de vue depuis quelques dizaines d’années. C’est le moment de prier et d’agir autour de nous pour que cette idée ressuscite…  >>

 

 

Le-Pape-François.jpg

 

Commentaires

POST-DÉMOCRATIE

> Il ne faut pas sous-estimer nos gouvernants. Ils ont bien-sûr prévu l'opposition massive. Ils vont faire comme pour les gilets jaunes, faire comme s'ils étaient à l'écoute et octroyer généreusement des clopinettes aux enseignants et aux infirmières. Ils feront semblant de vouloir sauvegarder la retraite par répartition alors qu'ils lui donnent le coup de grâce. Et une part suffisante de la population, formatée au libéralisme, sera pleinement satisfaite.
Il faut bien faire comprendre enfin que seuls les très riches sont pris en considération, et que la démocratie est morte, pour pouvoir commencer à réfléchir à la manière d'en revenir au bien commun.
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Écrit par : Guadet / | 09/12/2019

L'AVERTISSEMENT DE GAËL GIRAUD

> Les nouvelles économiques ne vont hélas pas dans le sens d’une recherche du bien commun.
Hier, on annonçait que le groupe aéronautique français Latécoère, fondé en 1917 et fournisseur d’Airbus, Bombardier, Dassault, etc., venait d’être racheté par un obscur fonds nord-américain, Searchlight ; comme à chaque fois, la direction justifie l’opération en affirmant haut et fort que « Latécoère est née en Occitanie et restera à Toulouse » ; les salariés de Belfort et de Florange savent ce qu’il est de ce type de promesse.
À Paris, Pernod-Ricard a dans son capital un autre fonds états-unien, Elliott, qualifié par certains d’ « activiste », c’est-à-dire de prédateur : cet actionnaire minoritaire se plaint dans un communiqué de la « sous-performance » de Pernod-Ricard tout en proposant « un plan d’amélioration opérationnelle plus ambitieux pour combler l’écart de rentabilité » : pure logique comptable qui n’a pour seule ambition que de faire gagner davantage d’argent aux détenteurs de capital en licenciant à tour de bras.
M. Arnault, en s’emparant du joailler américain Tiffany, s’inscrit lui aussi dans le libéralisme le plus contraire à la doctrine sociale de l’Eglise car probablement responsable de coupes franches, in fine, dans les doublons qui apparaîtront au sein du nouveau mastodonte.
Sur ce constat, je recommande la lecture d’un long entretien avec Gaël Giraud, s.j., récemment publié en ligne :
https://lvsl.fr/gael-giraud-les-banques-sont-intrinsequement-hostiles-a-la-transition-ecologique/
Le père Giraud dresse un constat atterrant :
« J’observe qu’une partie de la haute fonction publique française ne croit plus en l’État au sens où elle est persuadée que la République, telle que nous l’avons construite à travers les grands compromis d’après-guerre, est velléitaire, contradictoire, n’a plus les moyens de sa politique ou n’a plus de vision. De sorte que rien ne vaudrait une bonne assemblée sanglante d’actionnaires qui maximisent leurs profits à court terme. Ces propos, que j’entends y compris à l’Inspection générale des finances, font froid dans le dos. »
Et cette phrase, si vraie mais si choquante, en particulier d’un point de vue chrétien :
« Un homme d’affaires du centre-ville parisien se sent plus proche d’un collègue du centre-ville londonien ou new-yorkais que de son compatriote d’Aulnay-sous-Bois. »
La seconde partie de l’entretien donné par le père Giraud est accessible via le lien suivant :
https://lvsl.fr/gael-giraud-nous-sommes-probablement-a-la-veille-dune-nouvelle-crise-financiere-majeure/
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/12/2019

SANS PITIÉ

> Le fonds Eliott est un fonds vautour (hedge fund). Il a mis plusieurs pays à genoux, notamment l'Argentine et le Congo-Brazzaville en rachetant de leur dette bon marché et en attaquant devant la justice américaine ces derniers qui ne pouvaient pas honorer les paiements des intérêts de cette même dette.
Paul Singer, son fondateur est un homme froid et sans pitié, sauf pour le mouvement LGBTQ+ à qui il fait de belles donations....
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Écrit par : Raphaël R. / | 10/12/2019

LE FOND DU PROBLÈME

> Les retraites sont en péril parce que le renouvellement des générations n'est plus assuré.
C'est cela le fond du problème.
un problème très long à résoudre bien sûr mais c'est justement une raison de plus pour s'y mettre tout de suite même si c'est avec 30 ans de retard.
Mais comme personne n'en parle, le problème ne risque pas d'être résolu à terme après ce temps de vaches maigres que serait le passage des générations creuses.
Un système de retraite par répartition ne fonctionne que s'il y a une bonne natalité pour assurer le paiement des retraites.
Personne n'a voulu le voir.
Au contraire tous les comportements individualistes étaient comme encouragés.
Si l'on avait eu une politique nataliste c'est à dire d'aide aux familles désireuses d'avoir un ou plusieurs enfants en plus, une politique d'aide au logement, il y a 35-40 ans, personne ne serait dans la rue aujourd'hui.
Quelqu'un né en 1985 a aujourd'hui 34 ans : il travaille il cotise !
Mais non ! qui parlait d'une telle politique se faisait traiter de pétainiste, de rétrograde.
Le recours à l'immigration massive est tellement plus facile !
Recours qui a entraîné un autre problème car cette immigration était tellement massive qu'on ne pouvait pas s'occuper de chacun, qu'elle s'interdisait toute politique d'accueil ce qui se traduit par une inadaptation, une ghettoïsation, la récupération de tous les malheurs par les trafiquants de drogue et les intégristes, etc.
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Écrit par : E Levavasseur / | 11/12/2019

LES SYNDICATS ET LA MONDIALISATION LIBÉRALE

> Ce que relève E Levavasseur est tout à fait vrai.
Il faut ajouter une autre face dudit problème: la désindustrialisation. même un décroissant a besoin de vêtements, de vaisselle, de meubles, d'appareils de chauffage, et pourra vouloir photographier, écouter de la musique à la radio ou par disques et CD etc toutes choses venant d'industries qui ont été massacrées par un libre-échange déséquilibré générateur de marges commerciales pour les distributeurs mais dévastateur en termes d'emplois donc de cotisants ou contribuables.
Toutes les réformes que font nos gouvernants depuis l'ouverture des frontières visent à abaisser le coût du travail et la pression fiscale sur les entreprises pour des raisons de compétitivité internationale.
Tant que les syndicats ne récuseront pas clairement la mondialisation économique, ils auront tout faux.
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Écrit par : PF. Huet / | 11/12/2019

LA DOCTRINE SOCIALE DE L'EGLISE

> Que dit la DSE (doctrine sociale de l'Église) de la crise que traverse la France? (RCF, la Matinale):

"Depuis plus d’une semaine la France traverse une période de grève causé la réforme des retraites. Qu’en dit la doctrine sociale de l’Eglise ?

Bien commun, Solidarité, Justice, Option préférentielle pour les pauvres, Familles… Ce sont les valeurs auxquelles la doctrine sociale de l’Eglise nous invite à réfléchir pendant cette période de grève et de réforme du système des retraites. Le père Grégoire Catta directeur du service nationale famille et société de la conférence des évêques de France explique."

https://rcf.fr/la-matinale/que-dit-la-doctrine-sociale-de-l-eglise-de-la-crise-que-traverse-la-france
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Écrit par : Raphaël R. / | 13/12/2019

THOUVENEL

> Le regard du syndicaliste chrétien Joseph Thouvenel sur cette crise, sur Radio Vatican:
"Réforme des retraites en France: le regard d'un syndicaliste chrétien
Jeudi noir ce 5 décembre en France. De nombreux syndicats appellent à la mobilisation pour dire «non» à la réforme des retraites proposées par le gouvernement.
Qu'est-ce qu'une réforme des retraites «juste» ? Analyse avec Joseph Thouvenel de la CFTC.
Transports à l'arrêt, écoles fermées, mobilisation des retraités, étudiants et enseignants avec 250 manifestations prévues en France: le bras de fer s'est engagé jeudi 5 décembre avec le pouvoir autour de la future réforme des retraites, promesse phare d'Emmanuel Macron pour son quinquennat.

À l'origine de l'appel, le futur «système universel» de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires). Un système ainsi «plus lisible et plus juste» selon l’exécutif, une «précarisation» des retraités selon les opposants. La mobilisation française s’annonce déjà forte et durable et réveille le spectre du mouvement de grève de 1995, qui avait paralysé le pays pendant un mois et contraint le gouvernement d'alors à reculer sur la réforme.

Chacun devrait «vivre décemment de sa retraite», explique Joseph Thouvenel, secrétaire confédéral de la CFTC, la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens. Une réforme de retraite «juste» est une réforme basée sur le précepte de Saint-Thomas d’Aquin, détaille le syndicaliste, «chacun de part son labeur doit pouvoir vivre dignement avec sa famille, et épargner».
Place du syndicalisme chrétien
Dans une France de plus en plus sécularisée, quel est alors la place du syndicalisme d’inspiration chrétienne ? «Nous recherchons ce qui le plus juste, non pas à l’instant présent mais dans la durée», avance Joseph Thouvenel. Et pour ce, le sens du collectif prime et puisque chacun a désormais conscience de vivre sur la même planète, il faut également être co-responsables dans les sujets socio-économique.

Panne de l'ascenseur social
Joseph Thouvenel, qui vient de publier un ouvrage sur les 100 ans de la CFTC, 100 ans de syndicalisme chrétien, et après, estime qu’aujourd’hui, certains Français développent une peur vis-à-vis du futur, ils se disent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, «alors qu’historiquement, les générations précédentes prenaient l’ascenseur social et chacun pouvait se dire “moi c’est peut-être difficile mais ça sera mieux pour mes enfants”».

Pour lutter contre la désespérance, il faut ainsi une société qui permet à tous d’accéder à la transcendance."
https://www.vaticannews.va/fr/monde/news/2019-12/france-mobilisation-reforme-retraite-joseph-thouvenel-cftc.html
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Écrit par : Raphaël R. / | 13/12/2019

L'ARTICLE

> L'article mentionné dans le sujet de RCF sur la doctrine sociale de l'Église et la réforme des retraites:
https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/economie/489446-la-reforme-des-retraites-vue-par-la-doctrine-sociale-de-leglise/
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Écrit par : Raphaël R. / | 13/12/2019

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